Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM "S ET MEDICALE DES ANTILLES, OU TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES, ESPAGNOLES ET POF..TUGAISES. DDIE ET PRSENTE AU ROI DOCTEC El MDECINE DE LA FACnLxi. DE PARIS , ANCIEN MEDECIN DU GOUVERNEMENT A SAINT-DOMINGUE, ET FONDATEUR DC LYCEE COLONIAL, MEDECIN DE l'hOSPICE CCVlt DS BBAUaiONT, ET MEMBRE DE LA SOCIT HNNENNE DE PARIS ET DE PLUSIEURS AUTRES SOCIts SAVANTES. Xe4'iite paD c). Cso. GD)coiwtti/l/2'. Le jus exprim de la canne sucre , relui du citron et l'eau limpide des ruisseaux qui serpentent dans tous les jardins , fournissent a l'instant une boisson salutaire , qu'une feuille frache et roule du - bananier, ou qu'un ptale dtach de la popote, peuvent retenir... Partout , dans ces climats fortuns , le Carabe trouvait sous ses pas les plantes que rclamait la maladie d'un pre , d'un parent ou d'ua-anai 1.. Ces insulaires avaient-ils d'autres moyens curatifs ?.... (discours PRELIMINAIRE.) IinperilisslmcB gentes , herbas in auxiliuin vulnertint inorborumqiie noi'erunl. C. Cels. , ad PrKS. TOME TROISIEME. PARIS. 5o; CHAPPRON , rue de la Grande-Truanderie , n Veuve RENARD, libraire, rue Gaumartin , n. i^; Chez i LEVRAULT, libraire , rue de la Harpe , n. 8i ; ' MALEPEYRE, libraire, rue Gt-le-Cur, u. 4; Et chez les principaux Libraires. 1827. / #^ j '2 IFILOll MlI(GlLl DES ANTILLES. IV"^ CLASSE. DES SUBSTANCES VEGETALES QUI PEUVENT AGIR SUR l'estomac, OU LE CANAL INTESTINAL, PAR LEURS QUALITS VENENEUSES OU MEDICAMENTEUSES. PLANTES TOXIQUES CORROSIVES , ET TOXIQUES NARCOTIQUES. SOMMAIRE. l'iNTRT de la socit faisant un devoir aux natura- listes voyageurs de signaler au public les vgtaux vn- neux qu'une main coupable , ou inexprimente , pour- rait employer , nous traiterons avec le plus grand soin la classe des toxiques que nous diviserons en deux par- ties. Nous ne pouvons donner assez de renseigneraens pour clairer , du flambeau de la doctrine et de Texp- ToME III. "ig^ Livraison, i (M rit'iice , le mdecin lgiste qui lient en ses mains la vie ou la mort d'un accus. La plupart des vgtaux de cette classe ne peuvent tre introduits dans le conduit alimentaire , mme des doses fractionnes , sans y porter le trouble et la dsor- ganisation. La reconnaissance des signes qui dclent la prsence des poisons est donc d'une extrme importance pour le mdecin , puisqu'il doit baser son traitement , et dterminer l'antidote convenable , d'aprs la nature des symptmes qui se prsentent , et l'altration d'un ou de plusieurs systmes de l'conomie. On divise ces signes en deux classes. Les uns sont gnraux et communs tous les empoisoiinemens \ les autres particuliers , c'est- -dire relatifs l'action de telle ou telle substance vn- neuse. C est pourquoi l'on reconnat l'influence d'un narcotique un tat convulsif ou de dlire, aux nauses, aux pandiculations , une tendance irrsistible au som- meil , la stupeur, la ltliargie , aux tremblemens, aux soubresauts , la roideur ttanique de la mchoire , au regard fixe , morne , hagard , symptmes qui dno- tent l'impression du narcotique sur les nerfs et le cer- veau ^ les narcotiques suspendant soudainement les fonc- tions de l'estomac et du conduit intestinal. Le poison chimique ou mcanique , introduit dans les voies diges- tives , produit au contraire une sensation pungitive et dchirante , des hmorragies , des vomissemens opini- tres d'une matire porrace , des sueurs , des mouve- mens convulsifs , la tumfaction du ventre , et des diar- res excessives , des syncopes , des vertiges , et plu- sieurs autres symptmes qui appartiennent certaines maladies aigus. Les peuples les plus anciens ont fait usage des poisons ( 3) |)our st; dfaire de leursennemis. Les Francs , dit Alibert, dans leurs guerres contre es Maures , trempaient leurs armes dans le suc de Tellbore noir qui crot sur les Pyrnes , et dont le venin est si subtil , qu'un boeuf piqu d'une de ces flches meurt en huit minutes. De nos jours , l'art de fabriquer les poisons n'est que trop connu aux colonies o l'exaltation de l'imagination , o la soif des vengeances, o la jalousie implacable, et toutes les passions dchanes rendent l'homme honteux lui-m^me. Que de plantes , sous la zone torride , pro- curent aux criminels des armes leur atroce frnsie. La plupart des plantes laiteuses qui y croissent en abon-' dance , surtout ce suc qui dcoule des arbres de ce genre, et produit, par oxignation, une espce de caoutchouc, offrent l'homicide une source empoisonne, dans laquelle il peut tremper ses traits. Les vgtaux vireux lui fournissent aussi ces tristes moyens de des- truction. Mais la mme main qui plaa , dans les solitu- des de l'Amrique, des vgtaux nuisibles , permit aussi aux plus puissans antidotes de les accompagner. Le mancenillier donne son tronc pour appui au cdre blanc ( Bignonia Leucoxylon), et la terre qui laisse regret paratre le sombre feuillage du qubec , offre au malheu- reux, qui eu fait usage, l'antidote que son sein a retenu pour neutraliser les effets funestes de son feuillage. Il n'existe pas , proprement parler, de poisons dans la nature -, leur action n'est que relative , puisqu'il n'est aucune substance qui , convenablement employe , ne puisse tre profitable et salutaire aux vivans. L'action des poisons minraux, vgtaux et animaux ^ sur notre conomie, est en raison directe de la sensibi- lit constitutionnelle de Tindividu. Alibert a prouv ce 1* ( 4 ) fait en donnant de fortes doses de deutoclilorure de mer- cure des animaux dormeurs , tels que le hrisson , qui n'ont prouv que de l'agitation et une forte con- traction des organes gastriques sans que la mort s'en- suivt, et sans qu'ils en parussent fort incommods, (L'mtique n'agit pas de mme sur tous les individus. ) La mme exprience , faite sur des animaux d'une sus- ceptibilit nerveuse , trs-excitable , les a fait prir promptement. On sait que Snque , impatient de quit- ter la vie , prit vainement du poison , sa sensibilit phy- sique tant mousse par une hmorragie copieuse qu'il venait d'prouver. Les hommes de la nature sont moins accessibles l'influence des poisons que les citadins effmins par une vie luxurieuse , et les progrs de la civilisation. L'estomac des Lapons et des habitans des autres contres hyperborennes , est peu impressionna- ble , et les irritans les plus actifs peuvent peine d- terminer la contractilit musculaire. L'action dltre des substances vnneuses change aussi en raison des divers degrs de sensibilit dpartis aux diffrentes espces d'animaux. Le Cabiai , que le D. Alibert nourrit pendant quelque temps , sans accident , avec des racines de jusquiame, mourut subitement lors- qu'on remplaa cette nourriture par de la cigu. Les remdes qui calment les douleurs s'appellent ano- dins -, ceux qui provoquent le sommeil , ont le nom d'assoupissans , d'hypnotiques et de narcotiques. Les narcotiques n'agissent pas toujours de la mme manire , et leurs parties constituantes diffrent donc entre elles. Or , pourquoi classer l'opium et la cigu dans la mme catgorie , puisque les prtres gyptiens et ceux d'Athnes calmaient l'ardeur de leurs passions ( 5 3 avec a cigu , taudis que les Orientaux les excitent avec l'opium ? Cette question pourtant peut se rsoudre eu songeant que l'opium, petite dose, est calmant , et qu' dose plus leve il devient excitant. La cigu donne des niouveniens pileptiques , des vo misscmens convulsifs , des contractions de nerfs ef- frayantes , que l'opium ne donne pas. L'opium ne doit point s'administrer s'il y a trop de fivre et trop de plnitude , ou trop de faiblesse e\ d'i- nanition. Il faut craindre d'arrter ou mme de ralentir quelque vacuation naturelle devenue ncessaire. Si l'opium augmente la sueur, il diminue par cons- quent la scrtion de l'urine. S'il donne au sang plus de fluidit et d'activit , administr trop forte dose , il retarde le mouvement de la bile , engorge les viscres , embarrasse le cerveau , engourdit les nerfs. Mais il a son correctif puissant ( mme la dose d'empoisonnement), dans l'usage du suc de citron qui dissipe , comme par encliantement, jusqu'aux moindres vestiges , ces sympt- m.es \ au lieu que pour l'empoisonnement par la cigu , l'mtique est prfrable. Les malades qui peuvent vo- mir sont ordinairement guris. Les poisons les plus redoutables , comme le remar- que judicieusement Alibert , sont ceux qui attaquent la fois , et non d'une manire successive , l'conomie animale , parce que la nature n'a pas le temps ncessaire pour coordonner ses plinomnes de raction , et sa r- sistance est infructueuse. Plusieurs poisons aussi n'ont point d'action directe sur les nerfs ) mais ds qu'ils en- trent en contact avec le sang , alors l'animal meurt sou- dainement. Chaque systme de notre organisation est particulier (6) rement affect par telle on telle substance dltre. Cer- tains poisons introduits dans Festomac ne sont pas dl- tres , et sont promptenient mortels s'ils sont soumis l'action des absorbans. Magendie et Delille ont prouv cet axiome par V up as -tient qui ^ administr lapins pe- tite dose, devient le stimulant le plus nergique de la moelle pinire , et donne promptement la mort en frappant le systme nerveux d'un spasme universel qui suspend les fonctions de la respiration. Les poisons Acres sont moins nergiques que les cor- rosifs ^ ils ont aussi des modes d action trs-diffrens les mis des autres. En gnral ils produisent, pour la plu- part, des effets beaucoup plus marqus lorsqu'ils sont injects dans le tissu cellulaire ou les vaisseaux , que lorsqu'ils sont ingrs dans Festomac ; nanmoins ils ragissent sur cet organe. Les poisons narcotico-crcs diffrent des premiers , et encore bien qu'ils aient une influence sur Festomac et sur les intestins , ils agissent particulirement sur les systmes nerveux et circulatoire -, ce qu'on observe dans l'empoisonnement par la belladone , les datures , la jus- quiame , les cbampignons , dont l'action sur Festomac est lente. Les poisons narcotiques , proprement dits , sont les plus dangereux de tous *, ce qui a fait dire au clbre Vau- quelin , en parlant du daphne alpina et autres bois lai- teux , (( que les plantes acides sont rarement craindre, )) mais quil faut se dfier des autres. En effet les alcalis vgtaux sont les principes actifs des poisons les plus nergiques. Cette cinquime espce d'alcali vg- tal est due M. Pelletier qui l'a trouve dans l'corce de la fausse An gusture. Pourtant la substance la plus d- ( 7 ) llre ne diffre souvent d'une substance salutaire et nutritive que par l'addition ou la soustraction d'une pe- tite quantit d'hydrogne de carbone ou d'azote. L'ana- lyse chimique , autrefois trs-imparfaite , offre mainte- nant des rsultats plus satisfaisans. Si elle altre souvent ce qui constitue la vertu d'une plante, ce qu'on recon- nat l'insipidit des eaux distilles des plantes peu odo- rantes , et non aromatiques ^ le feu y dveloppe quelque- fois des principes qui n'existaient pas avant que le mixte ft soumis son action. L'analyse des anciens ne four- nissait qu'une huile empyreumatique , du phlegme, etc. , qui se formaient par la chaleur. L'analyse de nos jours . au moyen de gaz , est bien prfrable. Au dix-septime sicle, un arrt du Parlement proscri- vit l'mtique dont l'utilit est maintenant reconnue in- contestable. Les prparations hroques , tires des substances vgtales vnneuses , durent aussi inspirer de la mfiance , et tre employes , en tremblant, par les praticiens d'abord incertains , et sans exprience sur leurs effets. La science a fait tant de progrs dans cette partie de l'art de gurir, et les Fontana, Fodr, les Orfila , les Magendie, Roques, et beaucoup d'autres zls observateurs, ont consacr tant de veilles des exprien- ces multiplies , dont le succs tait destin l'humanit souffrante, qu'on marche prsent d'un pas plus assur, en profitant des travaux de ces illustres savans , paimi lesquels on doit Magendie d^avoir prouv que la ma- nire (Vagir des mdicamens et des poisons , esL la mme sur riiomme que sur les animaux. Ces plantes hro- ques , soumises au creuset du chimiste , et leurs parties constituantes tant signales, deviennent, employes seules , des mdicamens simples , mais d'une ne-igie prcise! (8) Quant la reconnaissance des plantes vnneuses , ?f leur port , nous devons prvenir le lecteur f[ue la cou- leur , presque toujours sombre , glauque ou bleutre du feuillage de ces plantes suspectes, leur aspect sinistre, leur odeur vireuse , leur saveur acre , signalent leurs proprits dltres , dans lesquelles cependant la mde- cine , comme nous l'avons dj dit , est parvenue trou- ver de puissans secours. Ainsi , comme l'observe judi- cieusement le D. Roques, dans le systme physique, le bien est toujours plac ct du mal ; d'o rsulte une sorte d'quilibre qui en fait l'harmonie. Ils semblent aussi nous avertir que partout la vie et la mort sont en prsence. Comme les bestiaux , si utiles l'agriculture , pris- sent quelquefois pour avoir brout de ces herbes vn- neuses , mles leur fourrage, malgr l'instinct qui les porte s'en garantir, j'indique les vgtaux funestes dont ces animaux domestiques peuvent faire leur pture, afin d'engager en extirper la race. Dans la seconde partie de ce volume , je traite des plantes reconnues an- livnneuses par les naturels, dont l'exprience a t confirme par des praticiens dignes de foi! Que de puis- sans motifs pour s'attacher faire connatre ces dange- reux vgtaux ! Toutes les classes de la socit y sont intresses, et particulirement les magistrats, les m- decins, les propritaires colons, et les personnes ver- tueuses ({ui, par charit vanglique, aiment secourir les malheureux. ( Principes gnraux du traitement. ) Le traitement opposer ces bubs tances mortifres (9) est Tariable. En rgle gnrale de toxicologie, ii est dangereux de suivre une thorie purement systmati- que sur l'influence de tel mdicament. D'aprs l'analyse de ses principes constiuans, il est prfrable de con- sulter les faits que rappellent l'exprience, l'observation, l'tude de la nature , et de ne s'attacher qu'aux effets des mdicamens , et leur manire d'agir sur notre co- nomie. C'est ainsi, toute prvention part , que le mdecin aux colonies , abstraction faite pour un instant de sa thorie rpressive , ne doit pas ddiigner d'asso- cier l'exprience , quoique routinire des naturels , aux moyens rationnels avous par l'art *, car , si , d'aprs Or- fila , l'albumine , et particulirement les blancs d'oeufs dlays dans l'eau , sont le vritable antidote du sublim <:orrosif et des sels cuivreux *, si , comme Ta dcouvert Gallet , le sucre dissipe promptement les accidens causs par le vert-de-gris -, si la poudre de charbon de bcs bouillie dans de l'eau sucre aromatise est encore le contre-poison du sublim et de l'arsenic , pourquoi ne voudrait -on pas que les sauvages aient aussi eux des moyens simples tirs de la nature? Ne sait-on pas qu'une forte dcoction de quinquina^ ou de noix de galle chauffe 36 ou ^o , peut dcomposer l'mtique , et arrter les progrs mortels de son empoisonnement? ! ! Le premier soin , dans tous les cas d'empoisonne- ment , est d'exciter , par le vomissement , l'expulsion des substances prsumes dltres. On a cru que l'es- tomac, dj gravement impressionn par la prsence des poisons irritans, avait besoin d'une plus forte dose d'mtique pour oprer sa contraction ^ mais c'est une erreur qui pourrait devenir funeste , et qu un mdecin prudent doit rejeter. Si le poison est encore ( o ) dans l'estomac , il faut clioisir la voie la plus courte , et le faire rejeter par les voniissemens ^ mais s'il a franchi le pylore , et qu'il corrode les intestins _, il est prf- rable de l'expulser par les voies basses. Ces deux moyens souvent deviennent nuls et mme contraires, si le poison a dj produit des ravages , et enflamm la muqueuse ^ c'est alors qu'il faut recourir aux remdes adoucissans ^ sdatifs , ou mme , selon Alibert, la loi des affinits relatives. Quand le poison agit trs-rapidement et con- centre son action principale sur l'estomac , la maladie devient promptement mortelle , sans prsenter des symp- tmes trs -graves. Il est de principe galement, s'il y a gastrite , de ne pas employer les vomitifs minraux , mais de titiller le pharinx avec une plume et d'adminis- trer de l'eau chaude. Il sera bon de se rappeler aussi qu'en cas d'vanouissement prolong, il est dangereux de faire respirer trop long-temps l'ammoniaque liquide , le gaz qui s'en dgage enflamme le pharynx et les voies ariennes , et peut occasioner la mort, ainsi que l'a re- marqu le D. Nysten. Nous terminerons ce sommaire un peu minutieux, mais indispensable , par observer nos lecteurs que si les poisons n'taient considrs que d'aprs les ravages qu'ils exercent sur l'conomie , il et t dangereux d'en in- troduire l'histoire dans ce livre ^ mais la thrapeuti- que retire souvent de la manipulation de ces plantes dltres des avantages inapprciables , et que rien , souvent, ne peut remplacer. Une plante, videmment vnneuse, a quelquefois les mmes principes que d'au- tres espces innocentes du mme ordre , et n'en diffre que par son activit , que le mdecin prvoyant doit diminuer en fractionnant les doses. Cest dans ce cas ( ' ) qu'il faut soigneusement apprcier la maladie, le tem- prament, Tidiosyncrasie , et la sensibilit physique de l'individu qu'en a traiter. Dans l'histoire particulire des plantes vnneuses que nous allons passer en revue , nous les considrerons donc sous les rapports de leurs principes nuisibles , et sous ceux de leurs proprits mdicamenteuses utiles l'conomie ^ mais nous nous tairons et jetterons un voile pais sur les compositions meurtrires de cette classe rprouve des Mages ou Caperlatas de l'Amrique. Jl est prudent de vouer ces recettes anti-sociales au nant d'o elles n'auraient jamais d tre retires, et dont L nature frmit. AA/ VV% VV^ VV\ VV' VV%VV\ VVVVV* CVV\VVVVVVV\ VVV VVVVVVVVX VVVVV* VV VX-VVVVVXAA/V^ i {_ MANCENILLIER VENENEUX. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. l'arbre de mortj Hippomane mancinella , Lin., Spec. Plant, n. i ; Moncie Monadelphie. Juss., Eu- phorbiaces folio venenata,Mancinello arbor seu Massini- lia dicta. Commell., Hort., vol. i,p. i3i, tab. 68. Ar- bor venenata , Maneinello dicta. Raj. , vol. 2 , p. 1646. Juglandi affinis arbor julifera , lactescens, venenata, pjri- folia, Mancanillo his paris dicta. Sloan Farn., 129, Hist. 2, p. 3, tab. iSg. Mancanilla pyrifani , Plum., Gen. p. 49, tab. 3o. Niss., vol. 6 , tab. 109. Catesb. Carol., 2, p. 96., tab. 95. Arbor americana Maneinello dicta, fructu pomi ve- nenato,nucleisseptenisetpluribus, in ossiculo miiricato, to- tidemloculis dispcrsato, inclusis. Patr. Alm., p. 44* Pbyto- grapli. , tab. 142 , f. 4- Hippomane arboreum , lactes- cens, raraulis ternatis, petiolis glandula notatis. En anglais, Manch-Ancel ; en carabe, Bougoutri. C'est le Pon:iaro Picedo d'Oviedo, liv. 9, cb. 12. C'est aussi le Fionii-Peril veleiio du mme, chap. 78, ou Massilinia major. Caractres gnriques. Fleurs monoques. Dans les mles , un calice bifide , un seul filament cliarg de quatre anthres. Dans les femelles, un calice trois divisions , plusieurs stigmates , un drupe renfermant une noix multiloculaire loges monospermes. Caractres particuliers. Fleur mle. Chaton: p- rianthe bifide , corolle nulle. Fleur femelle, Prianthe bifide :, corolle nulle ^ stigmates trois parties ^ fruit /y. ^J3. 7/trat/arf /)e,rcoiir/l/\. /^i/ui (,3) ioyau ^ feuilles ovales , oblongues, dentes en scie, deux glandes leur base. (Vivace.) Histoire naturelle. Cet arbre redoutable , de TA- * mrique quatoriale , auquel on a donn le nom d'Hyp- pomane , parce que ses chevaux sauvages qui paissent son feuillage ou mangent de les pommes deviennent furieux, croit sur les bords de la mer, et ceint les anses des plages inondes des Antilles \ il appartient aux rives sablonneuses de l'Amrique et aux marais qui en sont voisins , et qu'on appelle Salines *, on pourrait leur appliquer ce que Rosset dit de l'aune et du peuplier : Les noirs Mancenilliers , amoureux des rivages , Couronnent les marais de leurs sombres feuillages ; Et leur corps amphibie , levant ses rameaux, A son tronc sur la terre , et ses pieds sous les eaiix. Par une sorte d'aberration , que notre insuffisance ne peut comprendre , la nature loin d'avoir imprim sur le Mancenillier vnneux le sceau de rprobation, en signalant son approche funeste par un feuillage sus- pect , des fruits ternes ou dcolors , par des mana- lions nauseuses, a pourvu cet arbre perfide de tous les charmes qui peuvent inviter le voyageur altr cueillir ses fruits sduisans par leur odeur agrable de citron, leur forme et le vif clat de leurs couleurs. Mais mal- heur Timpiudent qui porte ce fruit ses lvres ! il trouve une mort douloureuse dans une pulpe succu- lente , qui lui promettait une sensation agrable. C'est ainsi que plusieurs plantes vnneuses ont l'enveloppe sduisante du vice -, mais par une admirable prvoyance, le Mancenillier offre un tronc pour appui au Nandhiroba ( '4 ) OU au Mimosa scandens , qui en deviennent le contre- poison. Toutes les parties du iVJancenillier contiemient un suc laiteux , abondant , vsicant et d'une excessive caus- ticit. Les fruits , semblables aux pommes d'Api , ont d'abord une saveur insipide, bientt remplace par une sensation acre et brlante, qui excorie en peu d'instans la langue et le palais ^ c'est un des plus violens poisons que fournit le rgne vgtal. On doit redouter ces fruits, et viter mme de rester long-temps expos aux manations de cet arbre , ou d'tre atteint, dit Moreau de Jonns , par le suc corrosif qui dcoule de ses feuilles quand ell^s sont laves par la pluie , ou brises par le vent, car il devient vsicant, ainsi que le prouvent les accide'ns arrivs M. de Tussac et deux garons de serre de Paris. Aussi, quoique cet arbre puisse former des alles de promenade , par la beaut de son aspect et la rapidit de son accroissement , on est forc d'y re- noncer -, la police mme les fait arracher mesure qu'il en renait , afin d'en dtruire l'espce , car l'exprience prouve qu'il est dangereux de dormir l'ombre d'un Mancenillier. Un ngre y fut trouv mort. Le bois du Mancenillier qu'on disait nu des plus belles couleurs , est au contraire mou, trs-blanc et fi- landreux ^ il n'est d'aucun usage , et pas mme bon brler, car la fume paisse qu'il produit est non-seu- lement dangereuse respirer, mais, selon de Tussac, peut empoisonner les mets qu'on ferait cuire avec ce beis. On ne confiait autrefois le soin de l'abattre qu' des criminels condamns au supplice : encore par hu- manil faisait-on allumer autour du tronc des feux, pour dtruire l'corce et sou sue vnneux j mais on se con- ( i5 ) lente prsent irtre masqu , et de se garnir les mains de gants. Les poissons et les erabes mangent impunment des fruits du Mancenillier , mais ces animaux deviennent des poisons pour Fiiomme -, c'est ce que M. deTussac et moi nous avons observ plusieurs fois St.-Domingue. Il est prudent, dans la saison o le Mancenillier pro- duit ses fruits , de ne manger de ces poissons ou de ces crustaces , qu'aprs les avoir prouvs en les mettant cuire avec une cuiller d'argent, qui noircit, si leur estomac a reu de la pulpe de ces fruits. Enfin tous les animaux qui mangent de ces fruits , except l'Ara , dit Dutertre , deviennent malades et leur cliair uoire et comme brle. Il est dangereux de man- ger de ces animaux-, Plumier en a fait l'exprience ses dpens. S'il arrive qu'il tombe une goutte de ce suc sur une plaie , et qu'on n'y remdie pas promptement , la gangrne survient. Lorsque les pommes du Mancenil- lier tombent de l'arbre , elles ne pourrissent point comme celles d'Europe , quand bien mme elles tom- beraient dans l'eau , mais elles deviennent ligneuses , dures et flottantes. Analyse chimique. La tige et les feuilles produisent un suc laiteux , lequel condens offre les proprits du Caoutchouc. Ces parties contiennent beaucoup de tanin, de l'acide galiique , peu de gomme et de rsine , plus une matire fculente verdtre. Le miasme dltre, qui devient si funeste aux hommes qui le reoivent , parat tre de l'hydro-carbone , combin au gaz hydro- gne carbon. PiiopRiTs DLTRES. Lcs vcrtus nuisiblcs rsident ( i6 ) dans toutes les piirlies de Faibre et de ses fruits, et particuliiement dans le gaz mortifre qui s'en exhale. Tout le suc laiteux occasione des ampoules doulou- reuses par son application , et excite des maladies ry- sipJateuses , comme le prouve Plumier par un fait qui lui est personnel, et qui se gurit par l'application de compresses imbibes de lait froid , circonstance qui le priva de donner une description complte de cet ar- bre qu'il redouta toute sa vie. Symptmes d'empoisonnement. Sentiment d'ardeur dans la bouclie , le pharynx, l'sophage, l'estomac et les intestins^ ventre tumfi et brlant, horripila- tions , sueurs froides et visqueuses , syncopes frquen- tes , lvres ulcres causant un prurit insupportable , emphysme de la tte. Les symptmes augmentent en raison de la susceptibilit nerveuse. Secours et antidotes. On doit un ngre d'avoir indiqu le premier une infusion des feuilles du Mdi- cinier mutifde , comme antidote du poison du Man- cenillier. Ce remde, qui agit comme vomi-purgatif, remplit la premire indication ( V^. vol. II , P. i4^)- Les moyens employer aprs les vacuations sont les muci- lagineux aciduls et les potions huileuses. Tussac re- commande , comme spcifique , l'eau sale ou l'eau de mer. Ainsi la nature place toujours le bien ct du mal. Les lotions faites avec cette eau calment aussi la douleur cause par l'excoriation produite par le suc du Mancenillier. On trouve encore un antidote dans le cdre blanc ( Bignonia leucoxylon)^ qu'on rencontre tou- jours prs de ces arbres. ( -7 ) Les ngres appliquent sur les pustules, qu'excite sur In penu le lait du Mancenillier , Tcau elaire qu'ils re- cueillent avec superstition de la coquille de riierniite ou soldat. (Agatliine.) Plumier indique aussi pour rernde , prendre int- rieurement , riuiilc d'oli\e et l'eau tide comme vomitif adoucissant ^ mais il faut , dil-il, en user j)rompement, car une heure aprs en avoir mang, il n'y a plus de remde (ce qui me parat un peu exagr, si l'on se rappelle la gurison indique plus haut ) et l'on ne fait plus que languir, et traner une vie courte et mal- heureuse. On emploie k l'extrieur la racine pile du Solajuini mexicamim magno flore de C. B -, autrement mer- veille du Prou ou belle de nuit, dont les feuilles sont )) longues d'une palme , larges de trois pouces , d'un vert gai , lisses , polies et douces comme du satin , laquelle plante porte des fleurs longuettes comme le )) lizet , mais polyptales -, elles sont violettes par de- )) hors et blanches par dedans, fermes de jour et ou- vertes de nuit. )) Plumier ajoute que cette racine amortit entirement le venin , et que mme elle arrte la gangrne com.meuante. Il appelle cette plante herbe aux flches. (Tom. II , trait III, chap. I , V. ) Les anciens Carabes empoisonnaient leurs flches avec le suc du Mancenillier , et celui de plusieurs apo- cynes frquentes dans le pays. Le clbre Orfila place le Mancenillier au rang des poisons narcotico-cres. Comme il ne cause ni torpeur ni assoupissement , j'ai cru devoir le placer parmi les caustiques. Tome IIL 89^ Livraison. 2 ( '8 ) Caractres physiques. Le Mancenillier parvient or- dinairement une lvation de vingt trente pieds ^ on le prendrait au premier abord pour un poirier d'Eu- rope ^ son corce est lisse , grise , trs-paisse et lactes- cente \ ses feuilles , pourvues de longs ptioles , sont, ovales , pointues , crneles en leur bord , alternes , d'un vert obscur et luisant en dessus , et d'un vert plus paie en dessous. Elles sont munies, leur base, d'une glande dprime rougetre. Les fleurs sont disposes en cbatons, ou pis lches et terminaux. Les fleurs mles sont agglomres , et l sur l'pi , en paquets arron- dis. Une caille , munie de deux glandes sa base, sert d'involucre chacun de ces groupes de fleurs , et cha- cune d'elles est compose d'un priantlie simple , trs- petit et bifide sou sommet. Le filet est surmont de quatre anthres didymes. Les fleuf-s femelles sont si- tues au bas de l'pi : leur priantlie est triphylle et ca- duc , l'ovaire est supre , et porte un style court qui se partage en sept stigmates \ le fruit est un drupe charnu, dont le noyau, gros, sillonn, hriss de pointes, of- fre plusieurs loges garnies, chacune, d'une semence. Proprits mdicinales. Lherminier , pharmacien la Guadeloupe , a prpar un extrait de Mancenillier par le procd ordinaire , en employant des feuilles oxides. Cet extrait peut remplacer , dit ce chimiste , celui du Rlnis toxicodendron , et son emploi peut tre nppliqu la maladie aflVeuse , connue sous le nom 'eJephantiasis. On en a obtenu des succs dans le trai- tement de l'hmiplgie , en l'employant graduellement depuis douze grains jusqu' deux gros. ( 9) Mode d'administration. La dose de Texlrat est de- puis douze grains juscju' deux gros , mais pris progrs sivemeit. EXPLICATION nr LA PLANCHE CENT CINQUANTE-TROI'? , La plante est presque de grandeur naturelle. 1 . Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Fruit coup transversalement. 2* ( 20 ) ^A/ \IV\ VV>IVVVVV^\X>VV'VV*(VV>IV\'\A/V^/VVVV\*'VVVVVVlV\A(VVVVVVVVVVVVVVAAA'V*^\/VVVV>M^/\^^^ GLUTTIER DES OISELEURS. ( Toxique corrosif. ) Synonymie, Vulg. Mancenillier feuilles de Laurier. Hip- pomane biglandulosa , Linn. , Moncie Monadelphie. Juss., Euphorb. Mancaiiilla laurifoliis oblongis , Plum. Hippomane foliis ovato-oblongis, serratis, basi glandulo- sis, Linn., Spec. , p. 1191, n. 'i. Hippomane arboreum , lactescens , ramulis ternatis, pctiolis glandul notatis , floribus spicatis mixtis, Brown , Hist. Jam. , p. 35 1. Ti- tbymalus arbor americanus mali medicae foliis ampliori- bus tenuissim crenatis, succo maxime venoso, Pluck., Ain. 369, t. 229, f. 8. Roi , Suppl. 428. Sapium aucuparium foliis oblongis, acuminatis , serrulatis , petiolis apice bi- glandulosis, Tussac. Caractres gnriques. Fleurs uuisexuelles , ru- nies sur le mme chaton, dont les femelles occupent la base. Fleurs mles : calice monophylle campanule , deux ou trois divisions obtuses et conniventes *, deux ou trois tamincs dont les filamens, plus longs que le calice, sont runis seulement leur base , carts dans le reste de leur longueur ^ anthres didymes. Fleurs fe- melles : calice petit, monophylle , campanule , bord trois ou cinq dents ^ ovaire suprieur, ovale, un peu saillant ^ style court ; trois stigmates ouverts et subuls ^ capsule arrondie , compose de trois coques , s'ouvrant par trois valves fendues en deux leur sommet ^ une semence globuleuse dans chaque loge. p/. /.;/ J^kJai^re .Av^wtty/rA Pt Otw&ri^/ Scu/n iUA'TiEii lYES ins'ELi^.vns ( ^i ) Caractres partict liers. Fleur nuilc. Chaton : p- riantlie bifide*, corolle nulle. Fleur femelle. Prian- thetrifide-, corolle nulle -, stigmate eu trois parties-, cap- sule trois coques ^ feuilles ovales oblongues , crneles, deux glandes h leur base. ( Vivace. ) Histoire naturelle. Le Gluttier des oiseleurs, non moins funeste que ses congnres , habite les mmes lieux que le prcdent. Il fournit aussi du caoutchouc , mais d'une moindre consistance que celui du Mancenil- lier que nous venons de dcrire ^ c'est pourquoi il sert aux Antilles de glu pour prendre les oiseaux que ce suc fait prir , dit Tussac ( Journ. de Bot. de Desvaux , T. I, p. 171 ). Il sert aussi d'instrument de vengeance. C'est dans l'obscurit des nuits , au milieu de la paix de la nature et du sommeil de ses matres , que le ngre africain, empoisonneur, ourdit ses projets de mort. Assis, en fumant , la porte de sa case ou de son ajoupa, son imagination aigrie par des craintes d'esclavage se met d'accord avec ces nuages pais qui si souvent cachent le disque de la lune. Son plan tant bien arrt, il se lve en dlire , et seul possesseur de son secret fatal, il s loi- gne en silence de sa femme et de ses enfans qu'il laisse accroupis une partie de la nuit autour d'un foyer fumeux entretenu par la combustion modeste d'pis de Mas privs de leurs grains ou de bouse de vache, seul moyen d'loigner lesmiryades de maringouins qui ne leur lais- seraient prendre aucun repos sur leur natte , o ils cou- chent le corps nu , et souvent couvert de ces insectes dvorans. Excit par le dmon du meurtre , ce criminel insens s'enfonce dans l'paisseur des bois qui l'environnent, ou ( 2^ ) se plisse au milirn des lianes sur le bord des rivires ou de la mer, et y cueille la pomme du MancenJllier , la fleur de la grande Aristoloche, les Ahouas, les Apocins et au- tres vgtaux pernicieux dont il fait un monstrueux m- lange dans les chaudires qu'il destine cet usage, et qu'il transmet ses enfans qu'il fait hriter de sa haine injuste contre tous les blancs. La vertu, la bont de ses mai trs ne peuvent suspendre un instant l'excution de son arrt fatal. Saint-Domingue , si long-temps sous l'in- fluence du poison, a eu le triste exemple de l'empoison- nement de la famille entire de madame la comtesse Ros- signol de Robuste, ma parente , par ses ngres ingrats , combls de ses dons , et dont elle tait la tendre mre ; c'est au moyen du suc de Mancenillier donn dans le caf aux enfans et grandes personnes. Cette mre inconsola- ble , regrettant au milieu de ses douleurs atroces d'- chapper la mort cruelle dont ses enfans taient frap- ps , appritque leurs estomacs phlogoss avaient t ex- coris. Qu'on juge prsent des souflrances que ces tres innocens ont prouves ! Les coupables furent reconnus, et ayant avou leur crime , la justice les livra aux flam- mes sur le lieu mme qui les avait vus commettre une telle abomination. Ils montrent sur 1 chafaud en riant et sans repentir , en annonant que leur mort dsire devait transporter leurs mes dans leur pays pour y re- vtir un autre corps. C'est l leur genre de superstition. ( Voyez mon essai sur les murs des Guinens transpor- ts Saint-Domingue, 3* vol. de mes Voyages d'un na- turaliste.) Caractres physiques. Arbre de trente pieds, d'un port lgant, cime luisante, et dont les rameaux sont ( -^-^ ) nombreux , longs . peu diviss , presque toujours tendus horizontalement. Toutes ses parties contiennent un suc caustique , laileux, qui dcoule goutte goutte lorsqu'on les entame. Les feuilles sont parses et situes principalement vers l'extrmit des rameaux^ elles sont ovales, lancoles, denteles ( avec quelques dents plus grandes , parses parmi les autres) , d'une consistance coriace , luisantes, veines transversales nombreuses. Le ptiole est court , rougetre, et porte, la naissance du disque de la feuille , deux glandes oblongues , obtuses et ouvertes , d'un rouge orang. Les pis sont terminaux, lches, un peu pais, verdtres , longs de six pouces^ les fleurs sont sessiles, et ont chacune, leur base, deux glandes oblongues^ obtuses, un peu planes , d'un vert jauntre -, les calices sont d'un noir pourpr. Analyse chimique. Le suc de ce Mancenillier tant parfaitement semblable celui de l'espce prcdente , nous ne croyons pas ncessaire d'en rpter l'analyse. Proprits dltres. Trente grains de ce suc, don- ns un chien,- lui ont fait prouver, aprs cinquante minutes, les symptmes suivans : Ecartement et roideur ttanique des membres , du rachis et du cou \ chute sur le ct, tremblement-, relchement bientt suivi d'une nouvelle attaque annonce par des mouvemens convul- sifs de la face et des paupires ^ immobilit des yeux , di- latation de la pupille, ttanos gnral. Il n'y a ni vomisse- ment, ni bave , ni aboiement-, la langue sort de la bou- che , sa couleur est ple, ainsi que celle des lvres-, les urines coulent involontairement, et la respiration,. ( M ) suspendue par la contraction des muscles du tronc, amne bientt la mort. L'extrait , mis en contact avec les blessures , n'amne aucune suite fclieuse. Il n'en est pas de mme si on le fait pntrer entre des muscles , ou sous la peau , ou qu'on en enduise une flche. Autopsie. Les animaux empoisonns par les fruits des Mancenilliers , contiennent encore ce poison dans l'estomac ou le duodnum, qui cependant ne sont pas phlogoss ^ mais on observe le passage du sang noir dans les cavits artrielles, ce qui dtermine l'asphyxie. On serait port croire , dans ce cas , que ce suc peut corroder la membrane muqueuse, ou agir imm- diatement sur les nerfs sans causer la mort , qui n'a lieu qu'au moyen de l'absorption qui forme un mlange im- mdiat du poison et du sang. La mort provient donc de l'asphyxie qui rsulte de l'immobilit de la poitrine , pendant le ttanos, et qui suspend la respiration. Secours et antidotes. Les vomitifs ou purgatifs doivent tre employs, dans le premier temps de Fem- poisonnement, d'aprs l'organe o l'on prsume tre le poison. Viennent ensuite les boissons mucilagineuses , acidules , ou l'eau de mer , ou bien encore un autre contrepoison rput , le Cdre blanc , Bignonia Leu- coxylon, dont j'ai dj parl dans l'article prcdent. Si ces moyens ne iuss"ssent pas, et que Timmobilit du thorax , suite du ttanos , menace de suHocation , il faut dans ce pril imminent , comme le conseillent Deliie et Magendie , provoquer un exercice respiratoire arficiel , qui donne assez de temps pour faire vacuer le poison. (25 ) Proprits mdicinales. Oi cMiiploie l'exlrait des feuilles oxides dans la paralysie et les afTections cuta- nes rebelles. J'en ai vu d'assez heureux cfl'ets. Mode d'administration. L'extrait se donne progres- sivement depuis dix grains jusqu' deux gros. Quant l'antidote par le Bignonia Leucoxylon , on prend sur-le- cliamp le suc trs-adoucissant des feuilles de cette Big- none l'intrieur , la dose d'une once par heure , jus- qu' diminution des symptmes. Il calme bientt les douleurs que cause le suc acre des Mancenilliers. On peut se contenter de mcher les feuilles , et de les appli- , quer sur le lieu enflamm. Ce moyen simple russit tou- jours aux naturels du pays qui l'emploient uniquement avec confiance et scurit. D'autres recommandent, pour les ruptions causes par le contact de ce suc vnneux, des applications d'huile et de crme , ou d'ammoniaque liquide tendu d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT CINQIJNTE-QUATRE , La plante est reprsente au tiers de sa grandeur naturelle. 1. Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Semence. 4- Capbsule entire. ( '(> ) MAACRxMLLIER A FEUILLES DE HOUX. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Pomme Zombi. Hippomane spinosa , Linn., Moncie Monadelphie. Jussieu, famille des Eu- phorbes. Tithymalus arborescens pomiferus aquifoliae foliis, Plum. Caractres gnriques. Fleur mle. Cliaton^ p- lianthe bifide ^ corolle nulle. Fleur femelle. Prianlhe trifide ; corolle nulle ^ stigmate en trois parties ^ fruit noyau. Caract^res particuliers. Feuilles comme ovales, cientes , pineuses, et semblables celles du grand Houx d'Europe. Histoire naturelle. On trouve cette espce dans plu- sieurs les Antilles et Saint-Domingue, particulire- ment au Boucan du Latanier , vers le Port Piment. Son feuillage est plus agrablement vari que celui des deux autres espces, et ses fruits ctes sont ou d'un jaune d'or , ou d'un rouge de vermillon ^ il se plait sur les bords de la mer ou des rivires. On trouve souvent sur ce Mancenillier un gui fruits rouges qui est trs- vnneux. L'histoire de cet arbre me rappelle le trait atroce d'une jeune ngresse africaine laquelle on avait confi le soin de nourrir une de mes nices. Oubliant /o^y I*' TAfo)/ore J)f^(vu/'/t/\. J'tnjt (tairtt^ J'eu^ . 3Li:^^CE:N^lLIJEI AFEriLOSS oEiiorx. ( ^7 ) le plus sacr des devoirs, et se meltcint au-dessous des animaux si dvous leurs nouriissons ^ insensible au rrinie d'abrger les jours d une tendre victime qu'elle ;dimentait de sa propre substance, voulant la punir d'une couleur qu'elle dtestait , elle s'enfona sous desmangles du jardin qui recelaient un Mancenillierqui avait chapp aux reclierclies de son matre , saisit la pomme fatale qu'on retrouva auprs d'elle, et, d'un pas assur et non chancelant , elle revint sans remords se placer l'ombre d'un Tamarinier qui bordait la grande case -, et l , pendant l'absence de ses maitres , elle re- garde sans motion sa fille adoplive , et laisse chapper, demi-voix , ces mots qui terminent le monologue fa- milier cette classe d'individus : P'ti mound'-ci-a-h )) tou va porter faute parens tou. )) En achevant ces mots , sur cette infortune , Elle rpand le suc d'une herbe empoisonne. Un cuisinier fidle , le bon Aza . qui savait Tappr- cier , et se mfiait d'elle , eut peine entendu la fin du monologue, qu'il courut avertir ses mitres ; mais, lilas ! Berthe avait fui , emportant sa victime. On la chercha en vain pendant long-temps , et se voyant dcouverte , elle s'tait donn la mort prs de l'enfant qui rendait les derniers soupirs au milieu des angoisses les plus afi'reuses , et emporta les regrets striles de sa mre inconsolable dont elle tait l'unique hritire. Mais voilons cette scne d'horreur ! Les Manceuilliers of- frent un moyen de dfense au faible rat de cannes con- tre le chien son ennemi^ car les fruits de cet arbre l'empoisonnent s'il en mange. (Etudes del nature , t. 2, ( >- ) p. 57 I . ) Bernardin de SRnt-Pierre avnit dt-j fait celte observatioii en Europe , en parlant de la taupe qui s'entoure dans son souterrain des dbris du Colchique. Caractres physiques. Cet arbre vient presqu'aussi grand que les prcdens. Son bois est blanc et tendre ^ son corce paisse , unie et toute marbre de diver- ses couleurs. Ses branches se sous-di visent plusieurs fois en deux rameaux tendus comme des bras , mais rougetres et garnis de plusieurs feuilles de la mme grandeur et de la mme forme que celles de nos Houx. Le bout des derniers rameaux, continue Plumier, dont j'ai emprunt cette description, est termin par une queue longue d'environ six pouces, toute charge de plusieurs petites grappes composes de trs -petites graines jaunes en faon de chaton. Les fleurs sont ses- siles sur les rameaux , un peu au-dessous des queues ou chatons. Les fruits sont des pommes ctes un peu plus grosses que nos noix , jaunes comme la pomme d'api , ou rouges comme le minium. Elles ont fort peu de pulpe , mais un noyau gros et trs-dur. Analyse chimique. La partie la plus active est celle qui se dgage l'tat de gaz , lorsqu'elle ne reoit point directement les rayons du soleil. Le reste de l'analyse est propre tous les Mancenilliers. Proprits dltres. Je fis avaler un jeune cro codile cinquante gouttes de ce suc ^ il prouva au bout d'une heure une roideur ttanique, et des convulsions , au milieu desquelles il mourut. J'eus l'imprudence de m- cher une de ces feuilles , j'prouvai de suite une cuisson brhuite , suivie d'inflammation , de ptyalisme et de ( 29 ) dmangeaison ^ le lendemain l'piderme se leva. L'eHct dii suc est beaucoup plus prompt s'il est inject dans les veines , ou mis en contact avec le tissu cellu- laire sous-cutan de la partie interne de la cuisse. Ce suc caustique , qui a la proprit d'enflammer les mem- branes muqueuses , exerce une action stupfiante sur le systme nerveux. Symptmes d'empoisonnement. Ils sont les mmes que ceux des deux espces prcdentes. Secours et antidotes. Les plantes mucilagineuses , employes seules , peuvent peine mousser les vertus caustiques de ce Mancenillier ^ c'est pourquoi l'on doit recourir aux moyens indiqus dans l'histoire des deux espces prcdentes. Proprits mdicinales. On emploie son extrait dans les fivres quartes rebelles , et dans toutes les lsions de la sensibilit organique. Mode d'administration. (Voyez ci-dessus Gluttier des Oiseleurs. ) Explication de la planche cent cinquante-cinq. La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. C3o) iVV>^'VVVV^^/V\A/V\'VVVVVVV\>VVVVVVVV'V\l^ LOBLIE A LONGUES FLEURS. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Qubec. Morz' Cabrit. Tliib des ruisseaux. Lobelia longiflora , Lin. , Sjngnsic Monogamie. Juss. , famille des Lobliaees; Tournef. , Rapuntium tracbelium, ch. 2 et 3. Tracbelium soncbi- folio , flore albo , tubulo longissimo, Plum. Chevalier, p. 176. Rapunculus aquaticus foliis Cichorii, flore albo, tubulo longissimo , Duhamel. En espagnol : Matta Ca- vallo. Rabienta Cavallos. Caractires gnriques. Calice adhrent : limbe cinq divisions -, corolle irrgulire, tubulcuse , souvent fendue^ limbe cinq lobes ingaux, bilabij tamines soudes parles filets et les anthres; style termin par un stigmate ordinairement bilob \ capsule semi-infrc , couronne par le calice , deux loges qui s'ouvrent en deux valves par le sommet (Richard). Caractres particuliers. Tige droite ^ feuilles al- ternes , lancoles, dentes ^ pdoncules trs-courts. la- traux -, tube de la corolle filiforme , trs-long. Histoire naturelle. Cette plante , funeste pour tout ce qui a vie , aime le bord des rivires. Lorscju'elle n'est point en fleurs, ses feuilles ressemblent tant aux Pissenlits d'Europe , que douze soldats de la cinquim.e lgre au- /y. .sb\ '/'hetn^0/^c J}^^c^tt/*i\. PtM^' . Oti^r^ic/ \i*cu/f>. >OB.lE A L0NG1T5 FI.flFK.^ (3, ) raient l viciimes de cette mprise Saint- Marc ( le Saint-Domingne) sans les secours que jefus assez heureux cle leur prodiguer. Je dinais chez le gnral Dessalines o Ton vint m'annoncer que des soldats qui venaient d'entrer l'hpital ne pouvaient plus parler. Je me ren- dis sur-le-champ auprs d'eux, et les trouvai tous affligs d'une glossite effrayante , et ne pouvant articuler aucun son. L'un d'eux , en rpondant par crit mes ques- tions , m'annona qu'en se promenant avec ses camara- des sur le bord de la rivire , ils avaient cueilli du Pissenlit, et qu'ils en avaient fait une salade. Pressen- tant leur erreur, j'envoyai un infirmier chercher une touffe de Qubec qu'ils reconnurent. J'eus le bonheur de les gurir par le traitement indiqu plus bas. Il est malheureux qu'une aussi jolie plante soit aussi redouta- ble : car elle diapr agrablement les bords des fontaines ou les rives touffues des fleuves aux Antilles. Quel- quefois : Le Qubec lanc se peint dans les ruisseauxj D'autres fois aux regards cache sa perfidie. Les bestiaux qui frquentent les pturages o se trouve cette herbe empoisonne en meurent souvent , ou , s'ils n'en ont mang qu'une petite quantit, ils donnent un lait qui transmet ceux qui en boivent une qualit vn- neuse signale par les symptmes propres cette Lob- lie. Les chiens , les chats qui mangent de l'animal en prouvent aussi de grands accidens. Cette mprise , en Europe , a lieu pour la Cigu , car, comme le dit Cas tel 1 La Gnisse , au retour de la verte saison, Ne peut sous la rose et dans l'herbe menue Distinguer l'odeur l'infidle cigu. ( 32 ) Le genre Lohelia est consacr Ja mmoire de Ma- thieu LoBEL, FJamaiid, mdecin de Jacques I*r roi d'An- gleterre , et botaniste distingu du seizime sicle. Catiactres physiques. Sa tige est haute d'un pied , herbace, rameuse, feuille , hrisse de poils courts. Ses feuilles sont alternes, lancoles, fortement et irr- gulirement dentes, presque roncines, vertes, molles, lgrement velues en dessous , longues d'environ cinq pouces^ les pdoncules sont axillaires, solitaires, uni- flores , trs-courts , un peu velus ainsi que les calices ; les corolles sont blanches, tube filiforme, long de trois ou quatre pouces , et limbe presque rgulier ou- vert en toile. Analyse chimique. Les tiges rcentes et la touffe de la plante fournissent un suc laiteux o l'on distingue une grande quantit de mucilage joint une saveur acre et amre \ mais lorsque la plante a donn ses fruits , et qu'elle est moins pourvue de principes aqueux , elle ac- quiert , comme les Campanules , une saveur acre qui , dans le Qubec , devient caustique et corrosive. Proprits dltres. Le suc du Qubec , appliqu sur la peau, dtermine une inflammation et une phlogose de l'estomac, accompagne de vomissemens douloureux , lorsqu'il est donn l'intrieur. Il suffit de se frotter les yeux aprs avoir touch les feuilles pour avoir un ry- siple des paupires. Son odeur est nausabonde. Symptmes d'empoisonnement. Les personnes qui en ont pris l'intrieur prouvent une inflammation de la langue qui se tumfie , sort de la cavit buccale, et cons- C 33 ) litue Taffectiori de celte partie, R^peleglossite. Bientt on observe des nauses , vomissemens , vertiges , vision confuse, fivre avec exacerbations irrgidires. Enfin le mal se termine ou par la paralysie avec coma, ou mme par la mort dans six ou sept jours. Les bufs, chevaux, mulets , moutons ou cabris qui en ont brout , enflent prodigieusement. Secours et antidotes. Comme les remdes de la na- ture sont toujours suprieurs aux obstacles , et ses com- pensations au-dessus de ses dons , on trouve aisment les moyens de prvenir une mort assure , eu scarifiant pro- fondment la langue , s'il y a glossite , et en combattant tous les symptmes inflammatoires , alors mme qu'on a recours aux vomitifs pour expulser la matire vn- neuse -, puis aux savoneux , aux adoucissans , comme le lait, et l'extrieur des cataplasmes moliens , hui- leux , si l'on veut adoucir l'rosion produite par ce suc. Certains mdicastres nois prtendent dcouvrir la pr- sence du suc de Qubec ml aux aiimens , en mettant cuire avec , un oignon blanc , qui devient bleu ou brun noirtre , si ce suc dltre y est ml , et qui reste blanc si ces mmes aiimens ne sont point empoisonns. Le docteur Chevalier faisait avaler une once d'orvitan dans une chopine de vin aux animaux enfls pour avoir mang du Qubec. Il dit avoir guri par ce moyen des mulets , dont l'un entre autres tait empoisonn ds la veille et fort enfl. Proprits mdicinales. Cette espce de Loblie tant administre par une main prudente , et aprs avoir t corrige de ses principes caustiques, est, dit-on, plus Tome IlL 39* Livraison. 3 (H) puissante encore contre les maladies vnriennes que la Loblie anti-syphilitique. On fait, dans les douleurs aigus , des applications stupfiantes avec l'huile dans laquelle on a fait bouillir par pinte : Qubec , une once ^ fleurs de Ketmie Ambrette , et mucilas^e de Ketmie Gombo , de chaque une once. Les mmes doses des plantes servent pour fomentations en substituant Fhuile trois livres d'eau rduites deux par Tbullition. Lorsque les dartres tendent une dgnrescence par une phlogose imprvue, on doit, dit Alibert , recourir sans dlai aux applications narcotiques , opiaces et sa- turnines. Dans ce cas on associe aux quatre onces de la dcoction ci-dessus une once de Laudanum et deux on- ces d'actate de plomb liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE CEJST CINQUANTE-SIX. La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle 1. Tube des tamines. 2. Capsule coupe transversalement. M.zJ- / /woi/o/v JJfES FLECHS ( 35 ) ^vvvvvvvvvvl^A'Vvvvvvvvvvv\^^vvvvvvvvvvv\A^<\v\vvvv^/vvvvvvvvv\v^(Vvvvv^^AA.l^^\^^^ ARISTOLOCHE (grande.) ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Tue-Cochon. Poison manger de cochon. Aristolochia arborescens , Linn. Gynandrie Hexandrie. Jqss. , famille des Asarodes. Richard. Aristolochies. Tourn. Personnes. Aristolochia grandiflora. Swartz. Wilden. Caulis, siifirutescens, infern suberosus, ramulis herbaceis, striatis, foliis alternis, cordatis, nervosis , gla- bris , acutis , integris; petiolis longis teretibus ; pedunculis unifloris ; corollas florum limbo maximo , in appendioem longam desinente. Tussac. BroAvn. fVivace.) Cunt-FloTver Poisoned-H .p \ .* ' > des Anglais de la Jamaque. eat. . j o 1 Cauactres gnriques. Ovaire infre^ calice mo- noptale , souvent irrgulier , soud par sa base avec Fovaire*, tamines au nombre de six douze, libres et distinctes , ou soudes ensemble et faisant corps avec le style et le stigmate^ le style, quand il est libre, est simple et termin par un stigmate six lobes. Le fruit est une capsule six loges , qui contiennent chacune plusieurs graines , attaches Fangle interne. ( Ri- chard. ) Caractlres PARTICULIERS. Fcuilles altcmes , tamines Tome III. 4o* Livraison, 4 ( 36) soudes avec le style et le stigmate. Feuilles cordi formes lancoles^ tige releve, sous-ligneuse. (Vivace.) Histoire NATURELLE. On remarque avec admiration, dans les hautes forts du Nouveau-Monde , de grandes Aristoloches enibrasser troiement le tronc des arbres , s'enlacer dans les branches , s'lever en tortillant jusqu' la cime , et dtacher de cette colonne de verdure, de lon- gues guirlandes diversement festonnes , qui retombent vers la terre. Les belles fleurs de cette liane flexible contrastent avec le vert du feuillage^ on est envieux de les cueillir, mais peine une d'elles est-elle arrache de sa tige, qu'une odeur cadavreuse , qui a beaucoup de rapport avec la \ulvaire d'Europe , semble annoncer sa funeste influence sur l'conomie. Cette odeur , facilement im- prgne est tenace, et se dissipe difiicilement malgr tous les moyens de propret qu'on emploie pour la dtruire, et la faire oublier. La fleur de cette Aristoloche , selon Tussac, porte , parmi les ngres des colonies anglaises, le nom trivial et impropre de Cunt-Flower , que la dcence ne permet pas de traduire en franais. Cette fleur a d'ailleurs des coideurs ternes et jaspes \ c'est le cas de faire remarquer, d'aprs l'auteur de Paul et ^irginie, que les plantes vnneuses oflient , comme les animaux nuisibles, d'aflreux contrastes par les couleurs meurtries de )) leurs fleurs, o le noir, le gros bleu et le violet )) enfum , sont en opposition tranche avec des nuan- )) ces tendres ^ par des odeurs nausabondes et viru- lentes^ par des feuillages hrisss, teints d'un vert noir, et de blanc en dessous : tels sont les Aco- nits. Je ne sais, continue le savant observateur, (3?) )) si les embryons de leurs fruits ne prsentent pas, ds )) les premiers instans de leur dveloppement , des op- positions dures qui annoncent leurs caractres mal- )) faisans : si cela est, ils ont encore cette ressemblance )) commune avec les petits des btes froces. Tussac prvient qu'un troupeau de cochons , avant t conduit dans des bois o crot cette Aristoloche, avait entirement pri , aprs en avoir mang les ra- cines et des jeunes tiges. Il invite les Colons dtruire, dans les environs de leurs habitations, cette plante meurtrire dont les ngres empoisonneurs savent tirer un parti si funeste. L'Aristoloche , dont il s'agit , tant cultive en Eu- rope , demande le plein air et le soleil. Elle se mul- tiplie de couchages. Caractres physiques. L'Aristoloche grandes fleurs, dit Tussac, a les tiges simples, presque ligneu- ses, et subreuses, jusqu' quelques pieds au-dessus du collet de la racine ^ se divisant et subdivisant en une infinit de rameaux herbacs , grles, filiformes, stris, qui s'entortillent autour des arbres , et sont orns de grandes feuilles alternes , en forme de cur , nervures bien prononces. Ces feuilles entires , glabres des deux cts et pointues, sont portes par des ptioles trs- longs, qui sont d'un diamtre plus considrable que les tiges. Les pdoncules, plus longs que les ptioles, sont munis de feuilles-, ils sont solitaires, anguleux, et munis, vers le milieu , d'une bracte ronde perfolie ^ ils portent une seule fleur d'une grandeur et d'une forme extraordinaire^ elle est tubuleuse , le tube qui est hexa- gonal , a huit neuf pouces de long , et plus d'un pouce 4" ( 38) et demi de diamtre dans certaines parties : au-dessus de sa base , qui est pointue , il y a une courbure qui forme une espce de ventre ^ il se redresse ensuite , devient plus troit, et presque gal dans son diamtre, jusque vers son sommet , o il se courbe encore et se dilate en forme de ventre , se termine par une ouverture ovale , oblique , entoure d'un grand limbe plan , en forme de cur^ de sept huit pouces de diamtre^ ayant des nervures saillantes , qui partent des bords de l'orifice , et s'tendent en forme de rayons jusqu' la marge du limbe , dont la pointe se termine par un appendice linaire de plus d'un pied de longueur. Dans l'intrieur de l'orifice de la corolle, on aperoit comme un double tube adoss l'autre , dont les bords sont crnels et garnis de duvet pourpre. Le tube de la corolle est extrieurement tortueux , et d'une couleur blanchtre ^ le dedans est d'un pourpre fonc , ainsi que l'orifice , qui est garni de poils de mme couleur ^ le dessus du limbe est jasp de blanc jauntre et de pourpre, le dessous est blanchtre. Les tamines, au nombre de six, sont sessiles sous le style, sur une petite colonne hexagone, entoure d'un anneau cyathiforme pourpre. L'ovaire est infre, hexagone, et surmont de six stigmates linaires. Le fruit est une capsule oblongue , hexagone , six loges polyspermes, s'ouvrant par sa base et ressemblant un encensoir. Les graines sont obrondes , compri- mes et trs-nombreuses. Proprits chimiques. Le suc de l'Aristoloche (39) grandes fleurs contient de Facide galKque et un prin- cipe gomnio-rsineux. Proprits dltres. Ayant fait avaler un rat de cannes une cuillere du suc des feuilles et de la tige de cette Aristoloclie , il mourut au bout d'une heure. Le suc produit aussi un efi'et vsicant sur la peau. Symptmes d'empoisonnement. Sa tte tait enfle , ayant acquis le double de son volume. Secours et antidotes. L'ammoniaque tendu d'eau, employ intrieurement et extrieurement, a toujours rempli le but qu'on se proposait. Proprits mdicinales. Je ne lui en connais point. explication de la plante cent cinquante-sept. La plante est rduite au quart de sa grandeur naturelle. 1. Fruits dont les valves commencent se sparer. ( 4o ) ' 'VVVVV\iV\'VVW\'VVV VVVV\/VVVWV'VVWV>'VVWVVW VVVVVVVVVVV\'VV'WWVWVWWW\W\IV^ WXIVWWVW AHOUAI DES ANTILLES. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Bagag:e collier ; noix de serpent Gerbera Thevetia. Linn. Pentandrie Monogynie. Jussieu , famille des Apocynes. Ahouai nerii folio , flore luteo. Plum. Amer- Icon. 18. Gerbera foliis linearibus , lon- gissiniis confertis. Jacq. Amer. 485tab. 34- Nerisadfinis, anguslifolia , lactescens , flore luteo. Plucbn. Alm. p. 260, tab. 207, f. 2. Ycotli. Hern. Mex. 443- Pluck. t. 207, f. 3. Caractres gnriques. Fleurs monoptales , fa- mille des Apocynes, arbres reniplis d'un lait caustique, et munis de belles fleurs. Ils ont beaucoup de rapport avec les Taberns , les Camriers et les Francbipaniers. Fleur calice court , compos de cinq folioles pointues. Une corolle mouoptale , infundibuliforme , dont le tube , plus long que le calice , est resserr ou rtrci son entre par cinq dents presque conniventes , et s'vase ensuite en un limbe campanule , partag en cinq dcoupures oblongues , obliques , et ouvertes en toile -, cinq tamines courtes , renfermes dans le tube de la corolle , et un ovaire arrondi , charg d'un style filiforme de la longueur des tamines , et termin par un stigmate bifide. Le fruit est une noix charnue, arrondie , ventrue , et qui renferme un ou deux noyaux obtusment anguleux. ( Encycl. mth. ) Caractres particuliers. Feuilles linaires , trs- longues , serres et sessiles. Histoire naturelle. Cet arbrisseau, qu'on rencontre J'/.Jo^. TTietn/ore JJe^cauf/f/\ T^fiJ' {Ja^rt^/ tAut^t . ^ AOl'iiAi i>KS ANTILLES, ( 4- ) souvent Cayenne et aux Anlilles, produit un fruit v- nneux qui excite le vomissement. L'corce de l'arbre est un drastique violent que les naturels emploient pour se purger , ainsi que celle du Cerbera manghas. Les na- turels du pays emploient les fruits de l'Ahouai pour orner leurs jarretires , leurs tangas , ou leurs ceintures, afin d'entendre le bruit que font ces noyaux secs , lors- qu'ils se heurtent les uns contre les autres , ce qui remplace pour eux les grelots. C'est tort que le Pre Labat recommande l'amande du fruit ' Ahouai , ap- plique en cataplasme , comme propre neutraliser le venin de la morsure du serpent sonnettes ^ c'est au contraire un poison trs-actif. Sa description , qui n'a aucun rapport avec celle de l'Ahouai , prouve qu'il a confondu avec le Nand Jiiroba scandens , vulgairement appel Noix de serpent. CA.RACTi:PtEs PHYSIQUES. Cet arbrisscau , de douze quinze pieds , d'un port lgant , dont les rameaux cy- lindriques sont parsems de tubercuJes qu'ont laisss les feuilles aprs leur chute, est abondamment rempli d'un suc laiteux trs-caustique. Ses feuilles sont parses , troites , linaires , pointues , trs-entires , glabres , longues de quatre cinq pouces , et ramasses vers le sommet des rameaux. Ses fleurs sont jaunes , grandes , odorantes , la plupart solitaires stir leur pdoncule , et disposes vers l'extrmil des branches dans les aisselles des feuilles. Il leur succde un fruit verdtre , arrondi, charnu , laiteux, et qui renferme un noyau triangu- laire , qui s'ouvre seulement d'un ct , et comme par un sillon. Analyse chimique. La dcoction des feuilles et des ( 40 fruits verts donne une couleur brune , et pour r- sultat , un principe extractif amer gommo-rsineux. PiioPRiTs DLTRES. Toutcs Ics parties de cette plante sont videmment vnneuses. Un jeune ngre ^ qui me suivait la chasse , mangea des fruits verts de l'Ahouai , et prouva les symptmes suivans : Symptmes d'empoisonnement. Pouls faible et ver- miculaire , nauses et borripilations , dlire et autres symptmes nerveux , tels que pleurs et ris involontaires, convulsions irrgulires ; agitation extrme , chants , cris et loquacit -, regard fixe et hagard: carpologie. Secoxrs et antidotes. J'employai d'abord pour vo- mitif de l'eau tide , et je titillai Tarri re-bouche avec les barbes d'une plume imbibe d'huile , afin d'viter l'inflammation de l'estomac dj irrit par la prsence de cette pulpe corrosive*, mais le malade ayant t atteint du coma , je fus forc de recourir l'mtique , et je n'eus qu' me louer de ma dcision. J'employai ensuite tour tour les boissons gommeuses et acidules , et l'enfant fut parfaitement guri. Proprits mdicinales. Les ngres emploient l'ex- trait de la plante la dose de deux grains dans les fivres quartes rebelles. Je n'en ai point fait usage- Mode d'administration. T1 parait que deux grains quivalent une dose de quinquina. On pourrait ob- tenir peut-tre plus de succs de l'extrait alcoolique , mais il faudrait le donner dose bien fractionne. explication de la plante cent cinquante-huit. La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. 1 . Fruit entier. 2. Fruit dpouill de son corce. J'/.lo y/ifot/or'e /Jf^cortf/{7\ J^f'n.r . (Ttr7-te/ ili'i/^ corAiiK TiiiniiLOiiiK ( 43 ) vvvvvvvvvvv\A/vv**vvv\>'vvv*vv\^/vvvvvvvvvvvvvvvvvvvv^A^vvvvvvl\(V vvvvvvvvv vv^ viw GOUARE TRICHILIOIDES. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg-, Bois rouge, Bois a balle. Guarea tri- chiliodes , Linn. Oclandrie Monogynlf^. Jussieu , famille des Azedarachs. Guidonia nucis Juglandis foliis, major. Plum. Gen. 4- Burra.,Amer. t. i^'j ^. i. Trichilia foliis oblongo - ovatis , pinnatis, nitidis , racemis Iaxis. Browii. Jam. 279. Melia (guara) floribus octandris. Jacq. Amer. 126 , t. 176 , 87 , et Pict. p. 53. Jito Marcg". Carctues gnriques. Calice moiiophylle , court , ouvert , et quatre dents. Quatre ptales linaires , pointus , deux ou trois fois plus longs que le calice ', en outre un tube particulier , presque cylindrique , entier, ou lgrement crnel en son bord , de la longueur des ptales , et qui environne le pistil. Huit taniines d- pourvues de filamens , et constitues par autant d'aiith- ses sessiles , attaches au bord interne du tube. Ovaire suprieur , globuleux , surmont d'un style simple , un peu saillant hors du tube staminifre , stigmate en tte orbiculaire , aplatie en dessus. Le fruit est une capsule paisse et charnue , sphrode , ombilique lgrement son sommet , quadrilocuaire , se parta- geant en quatre valves , pourvues chacune d'une se- mence oblongue , tunique en son ct extrieur. ( En- cycl. mth. ) ( 44) Caractres particuliers. Calice quatre dents j quatre ptales j nectaire cylindrique , portant les an- thres son ouverture -, capsule quatre loges , quatre valves , semences solitaires. Histoire naturelle. Le Gouar est un arbre laiteux qui crot dans toutes les forts vierges des Antilles. On le rencontre frquemment l'ile de Cuba , Saint- Domingue , la Jamaque , Cayenne et dans la terre-ferme de l'Amrique mridionale , o les ngres l'emploient plus souvent comme poison que comme mdicament. En gnral , la plus grande partie des plantes et des arbres qui fournissent un suc laiteux > ou qui ont une odeur dsagrable , sont d'une qualit pernicieuse et destructrice. A l'exception de quelques espces de Convolvulaces , et d'une seule espce de Tithymale , et quelques espces de Periploca, dont on fera connaitre dans leur histoire les qualits mauvaises , il faut se mfier de toutes les autres , ou s'en servir avec la plus grande rserve. C'est pourquoi , ditPoupe- Desportes , il faut se mettre en garde contre toutes les familles des Apocins , des Priploques , des Tithymales , des Convolvulus et des Figuiers. On le nomme Bois balle , cause de la forme de son fruit. Caractres physiques. Le Gouar a beaucoup d'ana- logie , par sa fructification , avec les Azdarachs. Il s'lve la hauteur de vingt-cinq trente pieds. Ses feuilles sont alternes , ailes avec impaire , et composes de onze folioles et plus , ovales-lancoles , entires , glabres , opposes , et ptioles propres fort courts ; leur ptiole commun est long d'un pied et plus. Les ( 45 ) fleurs sont petites , blanchtres , inodores , et disposes sur des grappes axillaires , composes, longues au moins de six pouces. Leurs ptales sont velouts ou cotonneux en dehors. Analyse chimique. Le suc laiteux du Gouar contient du mucilage j plus , une substance rsineuse d'une saveur acre et amre , qui , en s'paississant , devient caustique. Proprits dltres. Le suc gommo-rsineux de cet arbre agit de la mme manire que celui du Mance- nillier. Il excorie la peau , et est promptement mor- tifre s'il est pris une certaine dose. L'auteur du mot Impj^giation , du Dictionnaire des sciences mdicales , observe avec raison que les substances vnneuses, quelle que soit leur origine, qui ont une action corrosive sur la peau , ou sur les surfaces qu'elles touchent , n'ont qu'une action tout--fait locale , et de laquelle il ne peut rsulter ni absorption ni imprgnation. Le Gouar est dans ce cas. Au contraire , le venin de la vipre , par exemple , s'introduit dans l'conomie , y porte le ra- vage et mme la mort. L'imprgnation alors est plus ou moins rapide , et marque par des phnomnes g- nraux plus ou moins funestes. Il est un certain nombre de substances animales , vgtales , ou mme minrales , dont l'absorption cutane, pulmonaire ou gastrique, revt quelques-uns des caractres de l'imprgnation. L'opium l'intrieur ou l'extrieur, le mercure administr de mme , etc. , ont une action qui , locale d'abord, s'tend toute l'conomie, et en modifie la manire d'tre. On trouve aussi aux Antilles le Guarea obtusifoUa , ( 4<3) foliis subtiijugLs , foliolis oho^atis , extimis jjiajonus , racemis brevissimis , qui a les mmes pi oprils. Symptmes d'empoisoisnement. Ils sont les mmes que ceux des ISlanceiiilJiers. Secolrs et antidotes. On donne une infusion des leuilles dn IMcdicinier mutilide , qui agit comme vomi- purgatif, s'il n'y a pas trop d'irritation^ et dans le cas contraire , des mncilagineux et des boissons acidules ou huileuses , suivant l'indication. Proprits mdicinales. Le suc qu'on retire de l'- corce de cet arbre , est un violent vomi-purgatif dont on tolre l'emploi dans certaines maladies clironiques qui rsistent aux moyens ordinaires. (Voyez ci-dessus la classe des Drastiques.) La dcoction de Fcorce agit avec moins de violence. Mode d'administration. Le suc concrte se donne depuis dix grains jusqu' vingt-quatre. Ou prpare avec , une teinture alcoolique qui , la dose d'une demi- once , remplace la teinture hjdragogue , appele vul- gairement eau-de-vie allemcnide. Explication de la planche cent cinquante-nelif. La plante est rduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle. 1. Fleur entire. 2. Tube des tamines ouvert. 3. Ovaire et pistil. 4- Fruit. 5. Semenee, P/.j/>'o. (47 ) iVV* V VV\(VVVVVVVVVVVVVVVVVVV\^ VV>\V\\^VVVV%V\%VVVV\ \ V>/VVVVV^\AA\\VVV^ w^ CESTREAU NOCTURNE. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Le Galant de nuit. Cestruni nocturnum. Linn. Pentandrie Monogjnie Tournef. Jasminodes appendix. Juss. famille des Solanes. Cestrum floribus pediincu- latis, fascieulis pluribus subpaniculatis , coroUis virescen- tibus, baccis albis subsphaericeis.Lamk. Jasminodes foliis pisbaminis , flore virescente noetu odoratissimo. Dill. Eltb. i83,t. i53 , f. i85. Caractties gnriques. Fleurs nionoptales de la fa- mille des Solanes, ayant du rapport avec les Liciets, dont elles diffrent nanmoins en ce que les filamens de leurs tamines ne sont pas velus leur base. Feuilles simples et alternes \ les fleurs presque semblables celles du jasmin viennent par bouquets on en corymbes axil- laires -, tamines dans quelques individus denticule au milieu ^ baie uniloculaire , polvsperme *, ovaire sup- rieui , arrondi, surmont d'un style de la longueur du tube de la corolle , stigmate un peu pais et obtus. Caractres particuliers. Fleurs pdoncules \ feuil- les cordiformes ovales, (\ivace.) Histoire inaturelle. Les bois ombrags o se plait le Cestrau qui y fleurit en aot et septembre , exhalent le soir une odeur suave et agrable qui embaume l'air de (48) la nuit , mais trop forte pour tre respire dans les ap- partemens. Les Carabes en ornaient leurs temples aux jours de crmonie , el Todeur de ces fleurs galait celle des parfums aussi doux que les vux Que la bouche innocente lve vers les dieux. Castel. Caractres physiques. Le Cestrau nocturne est un arbrisseau de six neuf pieds , rameux dans sa partie su- prieure , et dont l'corce du tronc est cendre et lgre- ment crevasse ou comme subreuse. Ses rameaux sont cylindriques , glabres , ponctus , et verdtres ou d'un gris rousstre. Ses feuilles sont alternes , ptioles, ovales-pointues ou ovales-lancoles, glabres, d'un assez beau vert qui ressemble celui des feuilles du citronnier, et quelquefois panaches d'un blanc jauntre. Les fleurs sont verdtres , viennent par faisceaux pdoncules et un peu en panicule , dans les aisselles des feuilles suprieu- res. Leur corolle est glabre, tube grle un peu courb, et divisions mousses leur sommet et lgrement irrgulires. Il leur succde des baies presque spbri- ques, blanches connue des perles, biloculaijes, et un peu moins grosses que des pois. Il vient trs-bien en serre. Analyse chimique. La saveur de la plante est fade et herbace j l'odeur de son feuillage est ftide et nausa- bonde. Du reste elle offre les mmes principes chimiques que toutes les Solanes. Je n'ai rien de complet offrir ce sujet. Proprits dltres. Le suc du Cestrau peut tre absorb ainsi que celui de plusieurs Solanes , et dans ( 49 ) ce cas il dtruit la sensibilit, et rend immobile. Intro- duit dans l'estomac d'un chat, la dose de six gros, l'animal est mort en deux heures -, cependant ce poison agit plus nergiquement tant mis en contact avec le tissu cellulaire de la partie interne des cuisses. Symptmes d'empoisonnement. Cris plaintifs , mou- vemens envulsifs gnraux ou partiels, faiblesse, ou paralysie des membres, particulirement des abdomi- naux ; dilatation de la pupille ; abolition des organes des sens , nauses , vomissemens , surtout si la substance vnneuse a t applique sur la peau ulcre ou sur le rectum ^ respiration ordinaire. Autopsie. J'observai les vaisseaux des mnnges et du cerveau engorgs de sang -, les poumons violets et peu crpitans-, les ventricules contenant un sang coagul^ nulle trace d'empoisonnement dans l'estomac , les poi- sons narcotiques tant promptement absorbs et ports dans le torrent de la circulation , o ils produisent les mmes accidens que s'ils eussent t injects dans les poumons , la plaie , le pritoine ou les veines, et le tissu lamineux sous-cutan. Secours et antidotes. Il faut de suite provoquer le vomissement et administrer aprs son effet des boissons acidules. Proprits mdicinales. Son extrait n'est pas ddai- gner dans les affections spasmodiques , et particulire- ment dans la danse de saint With, dans quelques cas de manie et d'pilepsie. ( 5o ) Mode d'administration. On prpare l'extrait en pi- lules qu'on ordonne progressivement depuis deux jus- qu' cinq, mais on doit en continuer pendant long-temps l'usage. I1.XPLICATI0N DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE. La plante est de grandeur naturelle. 1. Corolle ouverte pour faire voir l'insertion des tamines. 2. Calice et pistil. 3. Fruits. P/.JJ T/,e./. .^ X.//, GirrF/r a rbome 8 cei^t. ( 5i ) lvvv\^'vvvv>v^\\v^v\^\\\vvvvvv'VV^vv*\\^/v\vvvvvvvvvvv\'>vv^^^A^vvv\vvvvv\^\v^ft)^A\\^/vv,vv(V\vv\^ GOUET ARBORESCENT. ( Toxique cojtosIJ. ) Synonymie. Arum arborescens, Linn. Gynandrie Polyandrie. Tournef. Classe 3. Personnes. Secl. i. Juss. , famille des Arodes. Ricliard, Arodes. Arum caulescens rectum, foliis sagittatis. Linn. mill. Dict. n 17. Arum arborescens , sagittariae foliis. Plum. Amer. 44* Tour- nef. 169. Raj. Suppl. 575. Petiv. Gaz. t. 1 16 , f. 5. Aninga. Pison. En anglais. Tree Arum. En malabarois. N'a-tsjmbic. CarAct:res GiNRiQUES. Spatlie convolute roule encornet, peu ouverte. Spadice clavifornie , nu sa partie suprieure , couvert infrieurement de trois fleurs femelles , qui consistent en un pistil nu , dans le milieu d'tamines qui constituent autant de fleurs mles. Le fruit est une baie globuleuse , pisiforme , renfermant une graine. (Richard. ) Caractres particuliers. Spathe raonopliylle , cu- cuUe : spadice nu en dessus , femelle en dessous , sta- minifre dans le milieu. Tiges droites, feuilles sagittes. Amrique mridionale. (Vivace.) Histoire naturelle. Le Gouet arborescent , ainsi que tous ses congnres , aime dvelopper sa vgta- tion dans les lieux humides et ombrags , o il fleurit Tome IH. ^x*" Livraison, 5 ( 52 ) en fvrier et avril. On le cultive en Europe dans quel- ques serres o il se fait bientt remarquer par Tlgance et la singularit ^e son port. On le multiplie de graines venues de l'Amrique mridionale , sa patrie , ou en clatant des racines dans le temps o sa vgtation est inactive. Il aime une bonne terre , beaucoup d'eau et de chaleur , enfin une serre tempre pour l'hiver. Les racines sont les seules parties de la plante qui soient en usage dans l'conomie domestique , mais il faut leur enlever par la torrfaction et la fermentation la causticit de leur suc , et alors elles procurent une fcule amilace dont on tirerait srrand narti dans tout autre pays que celui des colonies florissantes o le Cra- teur verse avec profusion ses dons et ses bienfaits , et o les forts reclent tout ce qui peut assurer l'existence du voyageur gar. Caractres physiques. La racine de cet Arum est de la grosseur du bras , de la longueur de vingt trente pouces , blanchtre et noueuse en dehors , blanche in- trieurement , tendre et d'une saveur doucetre. Elle ne pousse (ju'une seule tige , droite , haute de cinq six pieds , de deux trois pouces de diamtre , ferme , cylindrique , nue et noueuse. Les feuilles couronnent la tige , et y forment un faisceau terminal. Elles sont au nombre de cinq six , d'un pied de lougueur , p- tioles et sagittes , lisses , membraneuses , d'un vert fonc en dessus , et plus clair en dessous , avec des ner- vures saillantes. Le ptiole a environ un pied de lon- gueur , et est creus en forme de gaine dans sa moiti infrieure , cylindrique dans le reste de son tendue , et pais de trois quatre lignes. Les pdoncules naissent (53) au sommet de la tige , dans les aisselles des feuilles , paraissent plus courts que les ptioles ^ ils portent cha- cun une spatlie oblongue , pointue , resserre ou tran- gle vers son milieu comme le col d'une calel)asse , paisse comme du cuir , lisse , verte en dehors , blanchtre en dedans , avec le fond d'un rouge obscur. La partie in- frieure ou fleurie du chaton est jauntre , longue d'en- viron deux pouces , et la suprieure . c[ui est nue , est un peu plus longue , moins paisse , d'une couleur ple, et comme rticule en sa superficie. Cette partie sup- rieure se fltrit et tombe , et l'infrieure devient une espce de grappe , compose de plusieurs baies de couleur pourpre, et de la grosseur de nos pois chiches. (Encycl.)H. Analyse chimique. La racine de cet Arum est forme de beaucoup d'amidon , d'un suc acre et laiteux, causti- que et brlant , lorsque la racine est frache. Ce prin- cipe acre est trs-volatil et soluble dans l'eau , comme celui des familles monocotyldones. Proprits dltres. Toutes les parties de la plante, except la racine , contiennent une sve si acre, qu'tant appliques, frachement coupes, sur la langue, elles oc- casinent une chaleur mordicante , bientt suivie d'une douleur vive , de gonflement , et surtout d'une abon- dante scrtion de salive , ce qui a fait , dit-on , employer cette plante par des matres cruels et irrflchis , qui la faisaient tenir dans la bouche de leurs ngres jusqu' l'aveu de leur faute. Ces temps de barbarie n'existaient plus lors de mon sjour Saint-Domingue. Symptmes d'empoisonnement. Un jeune chat, auquel j'avais fait avaler une once du suc des feuilles , a mani- 5^^ ( 54 ) fest il douleiu ({lie lui Taisait prouver le contact , en terniiant et se roidissaut^ mais il parat, d'aprs d'au- tres expriences , que ce suc vnneux n'est pas suscep- tible d'tre absorb, et qu'il ne produit son effet dl- tre que lorsqu'il est introduit dans l'estomac. Secoues et antidotes. On emploie contre cet em- poisonnement les vomitifs doux, et aprs leur effet , les boissons mucilagineuses , et celles acidules d'aprs l'tal prsent du malade. Proprits mdicinales. La racine dans son tat naturel est un drastique violent qu'emploient certains ngres , mais dont il faut user avec une grande prcau- tion. Les mdicastres du pays la prescrivent dans les obstructions , et en topique sur les reins contre le lum- bago , et l'huile de l'amande des fruits , en frictions con- tre les douleurs arthritiques. Poupe Desportes et Che- valier ont recommand comnie rsolutifs , les cata- plasmes faits avec ses racines contre la nphrite , et leur dcoction en bains , dans les douleurs articulaires , r- centes et anciennes. Mode d'administration. La poudre de la racine s'ad- ministre en pilules depuis deux jusqu' six grains , et pour purger , celle de douze vingt -, mais je n'en con- seille pas l'emploi. explication de la planche cent soixante-un. La plante est rduite au vingtime de sa grandeur naturelle. j'/.l'jl TAeo^ore Dt*4rr<>urfz/K /^uta' (laf^i^/ *.fcitp . c oY/r ^1'. 'SE^ii r% ( 55 ) VVVVVV\\'VV\'VVVVVVVVV\\'VVVVVVVVVV\VVVt VVVVVV\'\A'\'X'VV'VV\VV\^V\-\AAV\VVA'VVVvVVVV^ VWVWv\A .v\ vwwv f / GOUET VENENKUX ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Canne marronne ; Canne sguine de Ni- colson. Canne de Madre. Arum seguinum Linn. Gjnan- drie Polyandrie. Tournef. Personnes. Juss. et Richard. Arodes. Ariini caulescens suberectum , foliis lanceo- lato-ovatis. Linn. Jacq. Amer. 23g, t. i5i, etc. Pict. p. 117, t. 229. Mill. ic. t. 295. - Arum caulescens, Cannae indicae foliis. Plum. Anar J\^^ t- 61 et t. 5i. F. H. Tourneforl, iSg. Arum caule geniculato , Cann indicae foliis , summis labris dgustantes mutos reddens. Sloan. Jam. Hist. 1 , p. 168. Raj. Suppl. 575. Canna indica venenata , ourari- forti. Pluck. Alm. 79. xArum caule erecto g:eniculato inferne nudo , foliis oblongo-ovatis. Brown. Jam. 33i. Caractres gnriques. Spatlie monopliylle crnele-, spadice nu en dessus , femelle en dessous , staminifre dans le milieu. (J. H. C. ) Caractres particuliers. Tige presque releve *, feuilles lancoles, ovales, quelquefois perfores comme celles du Dracon'uun pertuswn. (Amrique mridio- nale. \ ivace. ) Histoire na-tuhklee. Cette plinte que Ton trouve frquemment aux Antilles , et principalement Saint- Domingue , la Martni([ue, Cuba et la Jamaque , se plait dans les prs. Les btes cornes vitent de fourrager cet Arum ^ dont le suc est acre , caustique et vnneux. On marque le linge avec le suc cle ce Gouet , ( 56 ) et les caractres tracs ne s'ei'aceiit jamais. Quelques liabitans , dit Nicoson , font entrer cette plante dans la composition d'une lessive qui sert purifier le sucre. Caractres physiques. Cette belle plante s'lve la hauteur de cinq six pieds ^ elle a l'aspect d'un jeune bananier, ou plutt d'un balisier par la ressem- blance de ses feuileri. Sa ^c droite, d'un ponce de diamtre , cylindrique , nue , articule , nuds trs- rapproclis les uns des autres , verte , substance spon- gieuse , est remplie d'un suc laiteux , vnneux et trs-cre. Ses feuilles forment un bouquet terminal ^ elles sont grandes , rapproches les unes des autres , ptioles , ovales, lancoles comme celles d'un bali- sier , pointues , trs-lisses , garnies en dessous de ner- vures obliques: ces feuilles sont de la longueur de dix- huit pouces, et ont des ptioles canaliculs infrieure- ment , amplexicaules , et, comme l'a observ Jacquin , chancres prs de leur sommet; les anciennes feuilles se fanent et tombent mesure qu'il en pousse d'autres. Les pdoncules sont plus courts que les ptioles, nais- sent au sommet de la tige dans les aisselles des feuilles, et portent des spathes oblongues , lancoles , d'un vert ple en dehors , et de couleur pourpre en dedans. Le chaton est comme un double pilon jauntre , presque de la longueur de la spathe , et dout la partie sup- rieure , qui se fltrit pendant la maturation des ovaires, est charge d'espces de verrues ttragones , appeles nectaires par Jacquin. ( Encycl. Mth. ) AwALYSE CHIMIQUE. La racinc dessche des Aruw produit , selon Bucholz : Huile grasse 0,6. Matire extractive , analogue au sucre incristallisablc 4 ? 4- (57 ) Gomme 5,6. Madrn analogue la bassoriiic i8. Amidon et eau ^i livres. Cent parties de la racine donnent i , 3 , parties de cendre , qui contient du car- bonate de potasse , du carbonate et du pliospliate de cliaux. (Chimie organiqtie de Virey. j PriOPraTs dltres. Donn la dose de deux gros, le suc de cet Arum est si irritant qu'il peut occasio- ner la mort en quelques heures, en enflammant les or- ganes avec lesquels il est mis en contact , et en parve- nant dans le torrent de la circulation par le secours des absorbans. ^ Symptmes d'empoisonnement. Action directe sur le systme nerveux dont ce suc dtruit la sensibilit: tant seulement appliqu sur des plaies , il est promptement absorb . et opre souvent avec plus d'nergie que s'il n'est qu'introduit dans le canal digestif, o il cause nanmoins les plus grands dsordres. Secours et antidotes. Ils consistent appliquer, dans ce cas , les mmes moyens thrapeutiques que pour les Anun. Proprits mdicinales. J'ai vu de si terribles effets de l'emploi de cette plante par les mdicastres du pays , que j'en ai toujours redout l'usage intrieurement. Explication de la planche cent soixante-deux. La plante est reprsente au tiers de sa grandeur naturelle. 1. Fruit entier. ( 58 ) w v\vw\ v\\ wvvx V \ vvvw^ vx' w^'wx vwvwwvw* wt vvvvv vv vv^ v\' wt vwvyAWWwwvyvwv* w COMOCLADE DENT. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Guao de Cuba. Comoclada dentata. Lin. Juss. , famille des Balisiers. Comocladia foliolis spinoso- dentalis. Lin. Jacq. Amer. i3 , tab. 178, f. 4 5 et Piet. p. 12 , t. 269 , f. 2. Caracthes G^RIQUES. Arbre fleurs polype tales , de la famille des Balsaraiers, ayant des feuilles ailes avec impaire, et des fleurs petites et panicules. Chaque fleur a : I " un calice monophylle -, color , ouvert trois dcoupures arrondies-^ 20 trois ptales ovales pointus, planes , ouverts et plus grands que le calice 5 3* trois tamincs plus courtes que les ptales , et dont les fila- mens en alne portent de petites anthres quatre sillons*, 4** ui ovaire suprieur, ovale, dpourvu de style, stigmate simple et obtus. Le fruit est une baie oblongue , obtuse , lgrement courbe , marque de trois cinq points suprieurement et contenant un noyau membraneux, de mme figure. ( Encyc. mth.) Caractres particuliers. Feuillage du grand Houx ^ fleurs petites runies en panicules. H. Histoire naturelle. Cet arbre pernicieux se ren- contre dans plusieurs forets vierges des Antilles , et J'/.j:?. 2 /leorloif /)e.fcvttrul^ Pifur (iiuc/ Scttif/ . VA\\~ ( 59 ) paticulirenient l'le de Cuba, aux euvirous de Saiut- Yago et de la Havane o je l'ai observ. Le suc visqueux et laiteux qui en dcoule , par l'incision de l'corce , noircit au contact de Fair et est propre fournir du caoutchouc ^ il taclie les mains et les toffes d'une ma- nire presque ineffaable ^ il est assez caustique pour excorier la peau , dtruire le derme et l'cailler ; enfin les ngresses s'en servent comme dpilatoire. L'odeur de ce suc est trs-ftide et a beaucoup de rapport avec celle qui s'exhale du sulfure alcalin, lorsqu'il est expos l'air. Les habitans de ces colonies l'appellent Guao et vitent de dormir l'ombre de son feuillage. Caractres physiques. Le Guao est un arbre qui s'lve rarement au-del de vingt pieds -, son tronc est droit, peu pais, et se divise la hauteur de six pieds en plusieurs branches , dont les courbures sont paral- lles et qui soutiennent leur extrmit des feuilles parses , garnies d'aiguillons et rapproches en touffes ouvertes , comme dans le Brsillot. Ces feuilles ramas- ses en rosettes terminales sont ailes avec impaire, lon- gues d'un pied et demi , luisantes en dessus, composes de six dix paires de folioles oblongues acumines , bordes de dents pineuses , veineuses , et un peu co- tonneuses en dessous^ le bois est vert et distile un suc laiteux trs-caustique , dont les manations sont quel- quefois funestes aux ouvriers qui le mettent en uvre, s'il n'est pas sec. Il sort de l'aiselle de ces feuilles des grappes rameu- ses, panicules, longues de douze quinze pouces, pendantes, et charges d'un grand nombre de fleurs fort petites, rougetres, ramasses, et comme sessiles ( 6o ) sur les raniilicalioiis des pdoncules communs. Ces fleurs sont quadritides et ltrandriques , les baies sont vertes et luisantes , de la grosseur des fruits du platane d'Europe. Analyse chimique. Le suc duGuao contient, sur cent parties, soixante de rsine, trois de gomme, deux d'ex- trait amer, et trente-cinq de dbris ligneux. Proprits dlti^res. Le suc du Guao est si acre et si corrosif, qu'il dtruit le tissu cutan , et y laisse l'em- preinte noire qui succde l'application du nitrate d'ar- gent fondu. Symptmes d'empoisonnement. Ils sont les mmes que ceux des espces prcdentes. Secours et antidotes. Ceux de tous les caustiques; des vomitifs doux , et des boissons et lavemens mucilagi- neux. Proprits mdicinales. Peut-tre ce suc combin avec quelque correctif, ofiirait-il quelques avantages la thrapeutique comme sternutatoire. Visitant une am- bulance, je me rendais aux montagnes des grand Chaos pour y rejoindre la colonne en marche, lorsque j'aper- us deux multres occups , sur le bord d'une falaise , donner des soins un soldat atteint d'une afTeclion comateuse : il tait ple , et ces braves habitans lui pro- diguaient les secours qui s'offraient autour d'eux. Ils lui insufflrent, l'aide d'un calumet, un peu de suc de Comoclade, adouci avec un tiers d'eau de fontaine. Il en rsulta un mouvement spasmodique par l'irritation de ( 6. ) a membrane piluitaire , et par suite d'leniuemens pro- loDgs une scrtion trs-abondante de mucosits na- sales qui le soulagrent l'instant. Le pauvre soldat sortit comme d'un rve, et son premier soin fut de tendre la main, en signe de reconnaissance, ses deux bienfaiteurs. J'ai conclu de ce fait que , sagement admi- nistr, le suc de Guao pourrait tre utilement employ dans quelques cas de lthargie ou d'apoplexie sreuse. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOlXNTE-TROIS. La plante est rduite moiti. 1. Fleur en dessus. 2. Fleur en dessous. (-fe ) ^VVVVVVV%'VV'X%V\V\\^'V\/VAAIVV%VV\IVV>%V^ VV\VV\VVVVV\'VVVVVtVV\VVV\'VvV\VVVV MOMORDIQUE NEXIQUEN. ( Toxique cor rosisse. ) Synonymie. Vulgairement Pomme de merveille. Momordique Balsamine. Momordica Balsamina. Lin. Monoecie Sjng- nsie. Jussieu , famille des Cucurbitaces. Tournef. Clas. 1. Campan. Sect. 7. Commers. H. Amst. 54 Caractres gnriques. Plantes herbaces \ tiges flexueuses ^ et souvent grimpantes , avec ou sans vrilles axillaires j feuilles alternes ptioles , simples ou divises en lobes, souvent hrisses de poils rudes ou tuberculeux. Fleurs le plus souvent unisexues, monoques et axil- laires. Dans les fleurs mles , le calice est soud avec la base de la corolle ^ cinq tamines insres au fond de la corolle , dont quatre soudes deux deux par les filets et les anthres -, une seule libre et distincte. An- thres uniloculaires -, tamines la fois monadelphes et synanthres. Dans les fleurs femelles , mme forme , mais l'ovaire infre constitue rarement un renflement particulier au-dessous du calice , souvent trois filamens striles *, style simple ou trifurqu au sommet , termin par trois stigmates pais , glanduleux et ordinairement bilobs \ ovaire une seule loge , contenant six ovules P/.2S4. J'Aeotit.v /)artitui-/i7\. Pmx yertrr . Icii/f> M 0>i O IIIH Ol^K NEXO rKN ( 63 ) et plus ^ le fruit est une pponide. Les graines sont comprimes. Caractres particuliers. Fleur mle. Calice cinq divisions ^ corolle cinq parties \ trois filets. Fleur femelle. Calice cinq parties -, corolle cinq divisions ; style trifide^ pdoncules linaires trs-longs, munis d'une bracte cordiforme vers sa base ; pomme ou baie ou- vrant lastiquement. Pommes anguleuses tubercules : feuilles glabres , ouvertes , palmes. Originaire de l'Inde. ( Annuelle. ) Histoire naturelle. Le nom deMomordique , suivant Delaunay , est driv du latin mordeo , je mords , ce qui exprime ou la saveur acre et mordante et la qualit violemment purgative des fruits , ou les asprits pi- quantes dont ceux de la plupart des espces sont re- vtus. On cultive cette plante en Europe , et pour le faire avec succs , il faut semer ses graines sur couche , au mois d'avril, ou en pleine terre, la mi-mai. Comme elle a des vrilles , et qu'elle s'lve en grimpant la hauteur de trois quatre pieds , il est propos , con- tinue M. Delauiay, de la placer au pied d'un treillage, au grand soleil. Cette plante est annuelle et amuse les <;urieux. Elle ne veut pas tre transplante. On la trouve communment dans l'Lide et dans la Guiaiie. Elle a fleuri pour la premire fois en Europe en 1688 et 1690. Comm,elin. Caractres physiques. Les feuilles de cette plante mmpante ont beaucoup de rapport avec celles de la vigne , mais elles sont iiifinimentplus petites. Les fleurs, ( 4 ) qui ont peu d'apparence , sont d'un blanc jauntre -, il leur succde un fruit de la grosseur d'une prune de Mirabelle long ou rond , qui rougit ou jaunit ; il est couvert de tubercules pineux. Lorsqu'il est mr il s'ouvre lui-mme , et fait paratre des graines d'un rouge vif, dans la forme de celles de citrouille , mais plus petites. Analyse chimique. Je retracerai ici , d'aprs Bracon- not (Journal de Physique , lxxxxiv , 292 ) , lanalyse du Momordica Elaterium , dont les principes sont les mmes que ceux du Momordica Nexiquen. Le suc de la plante, aprs l'avoir exprim , soumis Tbullition, filtr et vapor , contient : principe amer 4^^^ 5 matire animale 34,7, ^^^^^ combinaison de potasse avec un acide analogue l'acide malique 2,8 , cliaux combine avec le mme acide 7 , nitrate de potasse 6,9, sul- fate et hydroclilorate de potasse et perte 8,3. D'aprs le journal de Scliweiger (Paris, xxxii , 339), le suc ex- prim , paissi , qu'on retire du fruit du Momordica ou l'Elaterium , contient : rsine molle avec un principe amer , 12, matire exraclive 26, fibre ligneuse 25 , fcule 28 , gluten 5, eau 4- (Virey , Chimie organique , p. i46. ) PROPRITS DLTRES. Le SUC de Ce Momordique Nexiquen , h la dose de deux ou trois gros , a dtermin la mort d'un trs-gros chien, comme l'avait dj observ le professeur Orfila , en seize heures , soit introduit dans l'estomac , soit inject sous ie tissu lamineux sous-cutan de la partie interne de la cuisse \ mais il agit moins promptement par Fabsorption. Il agit comme ( 65 ) les poisons irritans , en enflammant les organes avec lesquels on le met en contact , et en produisant une irritation spasmodique au genre nerveux. Outre cette action locale, il est port par Faction des absorbans dans le torrent de la circulation, et agit alors particulirement sur le rectum qui , d aprs Orfia , se trouve toujours plilogos en ce cas. Symptmes d'empoisonnement. Constriction l'so- pliage -, cavit buccale douloureuse et cuisante : mme ardeur dans le pharynx , l'estomac et les intestins , d'abord lgre , puis atroce ^ nauses , vomissemens de matires diversement colores -, elles ne font point eiServescence avec les alcalis, ne verdissent pas le sirop de violette, altrent seulement l'eau de tournesol ^ cons- tipations ou djections sanguinolentes-, rapports ftides, hoquets , respiration difficile ^ pouls acclr , petit , serr , quelquefois intermittent ; soif insupportable , strangurie , crampes , affection ttanique , extrmits froides , convulsions partielles ou gnrales , anantis- sement , face hypocratique -, enfin le dlire et la mort. Secot:?lS et antidotes. Vomitif doux et boissons mu- cilagineuses -, lavemens de mme nature. Proprits mdicinales. Quelques empiriques font usage du suc de jNexiquen pour exciter les vacuations chez les hydropiques -, mais l'on sent tout le danger que Ton court employer un moyen aussi dsorga- nisateur. Mode d'administration. La dose de ce suc rduit en extrait sec est de six douze grains , selon les tem- (6(i ) pramens *, on l'associe quelque sel ou quelque sirop pour mousser sa trop grande activit. Il serait plus prudent de remployer comme latraleptiqiie , en fiictions la partie interne des cuisses. EXPLICATIOW DE LA PLANCHE CEKT SOIXANTE-QUATRE, La plante est reprsente aux deux tiers de sa grandeur. 4. Fruit. P/-. j6\i lA^oc/ofe Deavour/zi T^iic . fifi6/'ie^ i/cte/. rniAC'O^^TE FOl.lTmXLE MAJl^ B ( 67 ) VV\VVVvVVVVVVVVW*vVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\\'VVVVVVVVVVVvVVArvv^ yvw DRACONTE POLYPHILLE. ( Toxique co^rsf. ) Synonymie. Dracontc racines tubreuses. Dracontium poljphillum , Linn. Gjnandrie Polyandrie. Juss. , fa- mille des Arodes. Dracontium scapo brevissimo , p- tiole radicato lacero , foliolis tripartitis; Laciniis pinnati- fidis. Linn. Hort. Clist. 434- Mille dict. , no 2. Thunb. H. Jap. 2 34' Dracunculus americanus , caule aspero puniceo , radie cyclaminis. Tourn. 160. Dracontium americanum scabro puniceo caule , radice cyclaminis. Herm. Par. gS. Raj. Suppl. 584. Arum polyphillum Dracunculus , et Serpentaria dictum surinamense , etc. Pluck. Alin. 52 , t. i49 f * Konjaku des Japonais. En anglais, Trefoil eaved dragon. Caractres gnriques. Plante unilobe de la famille des Gouets, ayant beaucoup de rapports avec les Lothos, dont les feuilles ont un ptiole engan sa base , et dont les fleurs naissent sur un chaton accompagn d'une spathe oblongue , cymbiforme ou ligulaire. 1 Calice de cinq folioles ovales, obtuses, colores et presque gales; 2" sept tamines, dont les filamens portent des anthres droites, oblongues, quadrangulaires ; 3 un ovaire su- prieur , ovale , charg d'un style cylindrique , stig- mate trigon. Le fruit, produit par chaque fleur, est une baie arrondie qui contient quatre semences ou davan- tage. (Encycl. Mth.) Tome IlL 4*^ Lwraison. 6 ( 68 ) Caractres particuliers. Hampe trs-courte 5 ptiole radiqu , lacr \ folioles en trois parties \ segmens pin- natifides. (Vivace. Jol.) Histoire naturelle. L'odeur cadavreuse de la fleur de cette plante, au moment de son panouissement, la fait viter par le timide voyageur , qui la rencontre fr- quemment Cayenne, Surinam, et aux autres les des Antilles o elle croit naturellement. Les animaux s'en loignent^ les criminels seuls en combinent les effets , lorsqu'ils sont tourments j)ar la soif de la ven- geance. Caractres physiques. La racine de ce Draconte est tubreuse comme celle du Cyclame d'Europe ^ elle pousse tme feuille dont le ptiole , haut d'un pied un pied et demi, est mouchet de vert, de blanc et de pourpre, et a son piderme dchir et comme cailleux. Ce ptiole se divise son sommet en trois parties , munies com- munment d'une ou deux ramifications, et qui por- tent des folioles pinnatifides, d-coupures lancoles et dcurrentes. Quelque temps aprs que celte feuille est fane , il pousse de la racine une hampe trs-courte qui soutient une fleur dont la spathe est en capuchon noi- rtre, coriace, jiointe recourbe, environnant un trs- petit chaton. Celle fleur a une odeur ftide et cadav- reuse dans Finstant de son panouissement. (Encyl. Mth.) Analyse chimique. La racine contient beaucoup de fcule amilace , un extrait rsineux, et un suc incristal- lisable , d'une cret insupportable , trs-volatil et so- Jnble dans l'eau. (69) Proprits dltres. Le suc caustique exprim de la racine produit les mmes dsordres que celui des Arums. Je fis prir en quelques heures un perroquet au- quel j'en avais fait avaler une cuillere. Symptmes d'empoisonnement. Des matelots, ayant entendu dire que cette racine tait aussi bonne manger que celle de VArum esciilenlum (vulgairement Cliou carabe ) , en firent cuire avec du buf sal , et com- mirent rim_prudence de boire le bouillon. On les trans- porta l'hpital Saint-Marc , le de Saint-Domingue , et j'observai les symptmes suivans : un court dlire , des clats d'un rire involontaire , des gestes forcs , des tourdissemens , une ivresse maniaque. Mais je fus assez heureux pour neutraliser Le poison d'une liqueur mordante Qui dans leur sein livide panche grands flots Calcinait lentement et dvorait leurs os. Secours et antidotes. Aux premires indications de rempoisonnement , on doit faire vomir le malade , aci- duler ses boissons , et quelquefois les rendre aromati- ques par l'addition de l'une des plantes reconnues alexi- lres par les naturels , et dont je donne l'histoire dans la seconde partie de ce volume. Proprits mdicinales. Quoique la racine soit d'une cret caustique, nanmoins les Ngres s'en servent, particulirement au Japon , dans les cas o les purgatifs sont indiqus. Ils en font galement usage comme em- mnagogue. Mode d'administration. Une once de la racine bouillie 6* ( 70 ) dans trois verres d'eau , et qu'on fait boire demi- heure de distance , ofTre ces insulaires un purgatif drastique violent. La teinture alcoolique se prescrit , comme emmnagogue , la dose de trente gouttes par tasse d'infusion d'une plante hystrique. EXPLICATION DE LA PLAWTE CENT SOIXANTE-CINQ. 1. Bulbe d'o s'lve une fleur. 2. Feuille. PI. ,'S. /"Afvttfe /)ejfoiirti'/\ r'm^ ^uArt'f/ kCcu//: c;01 KT IIEDERAC^E (? ) vvxvvvvvvvvvvvvvvvv*vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv\vv>ivvvvv>/vvvk(vvvvvk/v*vvvvvvvvvvvvvv^^ GOUET HEDERACE. ( Toxique cojTOsif. ) Synonymie. Vulgairement Herbe mcliant. Arum hede- raceum, Linn. Gynandrie Polyandrie. Tourn., clas. 3. Personnes. , sect. i. Jussieu , famille des Arodes. Arum caulescens radicans , foliis cordatis oblongis acum - natis , petiolis teretibus. Linn. Jacq. Amer. 24o , t. 162. Colocosia hederacea sterilis minor, folio cordato. Plum. Amer. Sg , t. 55. Arum americanum scandens , foliis cordiformibus. Tournef. 159.. Caractres gnriques. Spathe monophylle canele ; spadice nu en dessus , femelle en dessous , staminifre dans le milieu. Caractres particuliers. Tige radicante -, feuilles cordiformes , oblongues , aigus*, ptioles arrondis. (Jol. Vivace.) Histoire naturelle. Ce Gouei crot dans tous les bois montagneux de l'Amrique mridionale , et parti- ( 72 ) culiiement la Martinique, San-Yago de Cuba, Saint-Domingue et la Jamaque. Caractres physiques. La tige de cette plante grimpe sur les arbres , et s'aLlaclie , comme un lierre , leur tronc et leurs branches par de petites racines vermi- culaires qu'elle pousse de ses nuds. Cette tige est cy- lindrique , paisse d'environ un pouce , glabre , gristre et rameuse. Les feuilles qui viennent sur les jeunes ra- meaux sont ptioles , cordiformes , pointues , lisses , un peu coriaces , alternes et caduques. Leurs ptioles sont cylindriques , et presque de la longueur de la feuille qu ils soutiennent. L'extrmit de chaque rameau pr- sente un bourgeon allong et pointu (comme dans les Figuiers), lequel venant s'ouvrir laisse panouir une nouvelle feuille, et, l'extrmit du rameau s'allongeant , offre un autre bourgeon de mme forme. La spathe est grande, ovale, pointue, paisse, colore antrieurement sa base. Le chaton est cylindrique , presque de la longueur de la spathe , se fltrit dans la partie qui est au-dessus des ovaires. (Encycl. Mth.) Analyse chimique. Elle a produit le mme rsultat que celui de l'essai fait avec ses congnres. ( J^oyez ci-dessus le Gouet arborescent. ) Proprits dltres. L'estomac et les intestins qui taient rests en contact avec le suc de cet Arum que j'avais fait avaler un chat , me donnrent lieu d'ob- ( 73 ) server une inflammation intense. Les poumons, le sang et le cerveau offraient les altrations communes tous les poisons narcotiques. ( Voyez le sommaire qui se trouve au commencement du 3^ volume. ) Symptmes d'empoisonnement. Cris aigus, agitation, mouvemens convulsifs, pupilles dilates *, chez l'homme, dlire, pouls fort, frquent, rgulier ou irrgulier, nauses, vomissemens opinitres, vacuations alvines, quelquefois abattement, assoupissement, insensibilit et frisson gnral . SecoutxS et antidotes. Un Ngre avec lequel je gra- vissais les montagnes, pour augmenter mes collections d'histoire naturelle , m'ayant fait remarquer ce Gouet qu'il appelait Herhe mchant , me dit qu'il tait vn- neux, et qu'on ne connaissait dans le pays aucun moyen plus sur pour combattre ce poison que l'mulsion de l'amande du fruit de l'Accacia grande gousse (Mimosa scandens). Sans tourner en ridicide cette proprit tant vante, je ne l'ai employe que secondairement, la vrit avec succs , mnis pourtant aprs avoir mis en usage les moyens gnraux que j'ai indiqus dans les articles prcdens. Proprits mdicinales. Si l'on croit pouvoir en at- tribuer ce Gouet , elles doivent tre les mmes que celles du Gouet arborescent \ je ne lui en connais pas de particulires. (74) EXPLICA.TIO]>i DE LA PLANCHE CENT SOIXAKTE-SIX. La plante est reprsente au quart de sa grandeur na- turelle . FI. j6y. TTieotUtre Zfed-coi^r6i/K foia- aArce/ Sr ACIT AUSTIOI^E ( 75 ) ^;y^,^/VVV\^^(VVVVVVVVV\V<'VVVVVV^\^VVV/VV/VVVVV^AlVtVVVVVVVVVVVVV\('\AvVVVVVvVVVVVV\AlVVV^ ACHIT CAUSTIQUE. ( Toxique coiTOsif. ) Synonymie. Cissus caustica. Tussac, t. i, p. 116. Linn., clas. 4 ord. 1, Ttrandrie monogynie. Juss. , clas. i3, ord. la. Famille des Vignes. Tournef. Rosaces, sect. 11. CARACTRES GNRIQUES. Calice entier , petit -, corolle ttraptale \ quatre tamines, gerrae entour jusqu' moiti du disque staminifre *, un style ;, un stigmate aigu ; le fruit est une baie monosperme ^ embryon sans prisperrae. Caractres particuliers. Tige sarmenteuse , ge- nouille , succulente, noueuse, flexueuse , feuilles ternes , ovales et obtuses ^ ptioles canaliculs \ fleurs rouges en corymbes. Histoire naturelle. M. Tussac tant le premier qui ait dcrit cette plante , je rends ici publiquement hommage ses talens en botanique, en composant mon article d'aprs le sien. Il raconte que le docteur Ste- wens , consul amricain , se promenant avec lui et MM. Poiteau et Turpin dans les bois des environs du Cap , le Saint-Domingue , ce dernier eut se repentir d'avoir soumis la dgustation une branche de cet Achit qui lui cautrisa la langue, et le mit hors d'tat de pren- ( 7ti) dre part un repas champtre prpar sous la feuille par ces clbres botanistes au milieu de leur herborisa- tion. Il fut rduit tre spectateur de la gaiet des con- vives. Caractres physiques. L'Achit caustique a beaucoup de rapports avec l'Achit trifoli dont il ne diffre que par la couleur rouge de ses fleurs, ce dernier les ayant ver- dtres. Les liges trs-multiplies de FAchit caustique sont sarmenteuses , rondes , succulentes , noueuses , genouil- les , presque flexueuses , munies de vrilles par lesquelles elles s'attachent aux arbres. Les feuilles sont alternes , opposes aux vrilles , ternes. Leur ptiole principal est canalicul, et muni sa base de deux stipules. Les fo- lioles sessiles sont ovales , obtuses , lgrement chan- cres , glabres, obscurment crneles, nerveuses et un peu paisses Les jeunes tiges, au lieu d'tre lisses, comme les anciennes , sont verruqueuses. Les fleurs cou- leur de sang, sont disposes en corymbe. Le pdoncule est oppos aux feuilles ^ il est vert jusqu' la naissance des pdoncules particuliers , qui sont rouges. Les fleurs sont petites , composes d'un calice presque entier , d'une corolle quatre ptales ^ de quatre tamines oppo- ses aux ptales, insres dans un disque hypogyne. Le germe , entour jusqu' moiti du disque.^ s taminifre , est surmont d'un style dont le stigmate est aigu. Le fruit est une baie noire , presque ronde , contenant une seule graine dont l'embryon est sans prisperme. Cet Achit grimpe sur les arbres les plus levs , et finit , dit Tussac , par toufler le bienfaiteur qui lui a servi d'appui. ( 77 ) Analyse chimique. Le suc de cet acide a rougi les couleurs bleues vgtales. Il se dcompose un feu vif. Il se combine avec toutes les bases salines et forme un sel neutre. Il a tant d'affinits avec la chaux , que c'est un des meilleurs ractifs qu'on puisse employer pour reconnatre le phosphate calcaire dans les eaux mi- nrales , dans les urines , et autres liquides de cette nature. Proprits dltres. Cet Acliit est funeste par son acidit caustique , et introduit dans le canal digestif il dtermine la mort par suite d'une inflam.mation des membranes muqueuses qu'on trouve d'un rouge ce- rise , ou marques de taches noires. Ce poison ne peut pas tre absorb \ tant inject dans les veines, il coagule le sang, comme tous les acides ; appliqu sur la peau, il l'excorie. Symptmes u empoisonvement. Saveur acide br- lante , chaleur niordicante des menibrane-i muqueuses de l'appareil digestif, et des entrailles -, haleine ftide \ rapports nidoreux , nauses , et vomissemens excessifs de couleur variable , et quelquefois sanguinolens , d'un got amer, faisant effervescence avec la craie, et rougis- sant le papier bleu ^ hoquet , djections souvent invo- lontaires , respiration difficile, angoisse, pouls acclr et irrgulier; soif insupportable , que les boisons aug- mentent parce qu elles sont vomies ^ frissons , froid des extrmits , sueurs visqueuses et froides , dysurie \ agita- lion excessive , mouvemens convulsifs de la face et des membres j prostration gnrale \ teint devenant livide et ( 78 ) plomb ^ escarres blanches ou noires au palais : dans ce cas toux d'irritation , aphonie , etc. Secoubs et aktidotes. On n'a rien de mieux faire dans ce genre d'empoisonnement que de prescrire d'a- bord les neutralisans absorbans , tels que la magnsie , des bains , des saignes, en cas de plthore , des potions etlavemensadoucissans, des fomentations adoucissantes. Les boissons doivent tre administres en trs-petite quantit. Elles sont le plus souvent rejetes. Aprs la premire priode inflammatoire on peut recourir au gaa acide carbonique, l'acide hydrocyanique au quart, et au sirop de morphine ^ enfin lorsque les dangers sont passs , on rtablit les fonctions digestives avec le sulfate de quinine. EXPLICATION DE LA PLAKCHE CERT SOIXAPJTE-SEPT. 1 . Fruit P/.//U>' y^nvi/or,- /^i-.rfiaifrii/^ /\nj r.K8TireAr veni i^M a ^ ^^ a ( 79 ) \VVVVVV VVV1^*VV\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV VVVVVV\(VVVVVVV^ ^,^ CESTREAU MACROPHYLLE. ( Toxique corrosif, ) Synonymie. Vulg. Gestrea vnneux grandes feuilles Cestrum macropliyllum. Vent. , Linn. Pentandrie mo nogynie. Tournef. , Jasminodes , appendix. Jussieu, famille des Solanes. Cestrum filamentis denticulatis ; foliis ovato-oblongis , acuminatis , glaberrimis , floribus fasciculatis, sessilibus. Vent. Choix de Plant., page et tab. 18. . Caract:iies gnriques. Fleurs axillaires runies en bouquets \ corolle infundibuliforme ;, tamines dans quelques individus denticule au milieu ^ baie unilocu- laire , polysperme \ feuilles simples et alternes. Caractres particuliers. Feuilles tendres j fleurs sessiles et d'un blanc de lait leur panouissement ^ filamens des tamines pourvus d'une petite dent j brac- tes apparentes. Histoire naturelle. Ce Cestreau , qu'il est facile de confondre avec le Cestreau vnneux, a, comme tous ses congnres , des proprits dltres. Il est assez rare aux Antilles, o cependant on le rencontre quelquefois ( 8o ) dans les bois humides. C'est l que le chasseur sait l'y dcouvrir, et qu'il y recueille ses graines qu'il mle de la viande hache pour former des appts destins d- truire les btes froces. Cette plante suspecte , origi- naire de l'Amrique quatoriale , exhale de ses feuilles et de ses fleurs une odeur nausabonde , mais qui se change le soir en parfum agrable. Ce Cestreau peut venir en pleine terre dans le midi de la France ; il se multiplie de graines et de boutures. Il demande une terre substan- tielle. Cet arbrisseau a t dcouvert Porto-Ricco par Niedle. Caractres phystques. Ce Cestreau , que Ventenat est tent de regarder comme une varit du Cestjum Denenatum , tant les rapports entre ces deux plantes sont rapprochs , en diffre cependant par l'poque de sa floraison , par ses feuilles beaucoup plus larges , moins rapproches et peu coriaces *, par ses fleurs entirement sessiles , et d'un blanc de lait lorsqu'elles sont nou- vellement closes , par les filamens des tamines cons- tamment pourvues d'une petite dent , enfin par la prsence des bractes peu apparentes dans le Cestrum lauj'ifolium ou uenenatum. Les tiges du Cestreau macrophylle s'lvent la hauteur de six sept pieds -, elles sont revtues d'une corce d'ini gris cendr 5 ses rameaux sont alternes , chargs de feuilles persistantes mme pendant la saison des secs , ovales-oblongues , ptioles , aigus , lgre- ment ondules, rpandant , lorsqu'on les froisse , une odeur comparable celle du noyer d'Europe. Les fleurs sont axillaires , rapproches par petits bouquets , d'un (Si) jaune ple en vieillissant , puis couleur de rouille , ac- compagnes de bractes droites, linaires, caduques, couvertes d'un duvet couleur de rouille. ( EncycL Mth. ) Analyse chimique. Toutes les parties de la plante sont plus solubles dans l'eau que par l'alcool. Elles four- nissent une matire volatile nausabonde -, une partie extractive rsineuse et une matire analogue la bas- sorine^ Proprits ultres. Le Cestreau monoplivlle est videmment vnneux comme toutes les Solanes. Il peut tre absorb , et dans ce cas il dtruit la sensibilit et la motilit. Il agit plus lentement lorsqu'il n'est qu'intro- duit dans l'estomac. Symptmes d'empoisdnnemejst. Des vomissemens, des spasmes , des convulsions , du dbite , une stupeur pro- fonde , des sueurs copieuses , un flux abondant de salive , le froid des extrmits , etc. Tels sont les symptmes propres l'action dltre des narcotiques sur l'co- nomie. Secours et antidotes. Il faut administrer les mtiques et les boissons acidules , surtout si le malade tombe dans un tat soporeux. Dans ce cas , on est aussi quel- e 01Jr A I^ETITES (;O^SSE.8 -3 ( 8; / .VV\VVVVVWVV\% VVV\'V\'VWVW\'VVV\VV\'WVVWV'Wk'WWVVV\VV\VVVV WVW\VVVW\ Wt'WWWWX vv w DOLIC A PETITES (iOClSSES. ( Toxique co7TOSif. ) Synonymie. Vulg. Pois tranger semence petite et vn- neuse. DolicKos minimus , Linn. Diadelphie Dcandrie. Tournefort, Phaseolus , clas. lo. Papillonaces, sect. 2. Jussieu , famille des Lgumineuses. Dolichos volu- bilis , caule perenni , tenuissimo , diffuso , foliis rliombeis ; Leguminibus racemosis, compressis, villosis, subdispermis , Lam. Phaseolus fructu minimo , semine variegato. Plum. , Spec. 8. Juss. , v. 2 . t. loo. Tourn. j^id. Phaseolus minimus ftidus, floribus spicatis, viridi-luteis, semine maculato. Sloan. Jam. Hist. t , p. 182 , t. 1 15, f. l. Dolichos nvinimus. Jacq. , obs. i , p. 34 5 * 22. CA.nACTi:REs ginriques. Base de Pleiidard deux callosits parallles , oblongues , qui compriment les ailes en dessous. Caractres particuliers. Volubile -, lgumes en grappe , comprims , et quatre semences \ fmil]es rhombodes. Histoire saturellk. Ce Dolic, dont les gousses sont infiniment petites, croit particulirement la Jamaque , la Martinique, Cuba, Curaao, Saint-Chris- tophe, Saint-Domingue, au milieu des halliers du ( 88 ) bord de la mer, ainsi que ]e prcdent. Cultiv en Europe , il conserve ses tiges et ses feuilles , daus la serre chaude , pendant tout Tbiver. Ce Dolic et presque toutes les espces dont l'Amrique abonde sont suspects , et ne doivent tre employs qu'avec la plus grande rserve. Caractres physiques. Les tiges de ce Dolic sont menues, presque filiformes, persistantes, ligueuses leur base, volubiles , grimpantes, diffuses , et longues de trois quatre pieds. Ses feuilles sont composes de trois folioles rhombodales , un peu pointues , assez petites, ponctues en dessous, glabres dans leur parfait dveloppement , trinerves leur base et d'un vert gai. Les ptioles sont un peu velus , ainsi que les pdoncules et la partie suprieure des tiges. Les fleurs sont petites, disposes en grappes axillaircs, cbes, peu garnies, sur des pdoncules grles, un peu plus longs que les feuilles : elles ont leur calice vert, ponctu, quatre dents courtes, et la cinquime presqu'en alne*, leur tendard jaune , et stri de brun sur le dos d'une manire remar- quable j les deux ailes d'un beau jaune , et leur calice ple ou blanchtre , avec une taclie presque violette son sommet. Les gousses sont peine longues d'un pouce, un peu en sabre, comprimes, acumines, velues , brunes dans leur maturit , et ne contiennent le plus souvent que deux semences qui sont lisses, noi- rtres et tachetes de blanc. Analyse chimique. Ce Dolic contient , ainsi que le prcdent, un principe amer, tis-purgatjf , nauseux, et dont l'ingestion inconsidre peut devenir mortelle. (89) Proprits dltres. Poup^e-Desportes ayant si- gnal ce Dolic comme trs-vnneux, je voulus en faire l'preuve sur une poule laquelle je fis avaler deux douzaines de semences. Elle prouva au bout de deux heures des anxits , une respiration acclre , tomba sur le flanc, se dbattit beaucoup , et mourut en rendant une quantit d'un liquide visqueux. Secours et antidotes. On doit donner, comme dans le cas de l'article prcdent, les boissons acidules et gommo-acidules , ainsi que les clystres adoucissans. Proprits mdicinales. Je ne lui en connais point. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOlXANTE-DIX, La plante est de grandeur naturelle. 1 . Semence. Nota. Je dois ajouter aux proprits mdicinales du Momordique Nexiqueii , dont j'ai donn l'histoire , page 63 et Q5 de ce volume , que , d'aprs l'exprience du D. Chomel , cette plante passe pour un si bon vul- nraire , qu'on l'a nomme Balsamina par excellence. Il est vrai , dit cet observateur , que l'huile d'amandes douces , dans laquelle son fruit mr , dpouill de ses semences , a infus , est un baume incomparable. Cette infusion se fait au soleil et au bain-marie -, c'est un bon ( 90 ) remde pour la piqre des tendons , et pour ter l'in- flammation des plaies, pour les hmorrodes, les gerures des mamelles , les engelures , la brlure , la chute du rectum : elle dessche les ulcres ; et , injecte dans la matrice , elle soulage considrablement les femmes qui en ottt dans cette partie. (Plantes de Chomel , p. 4940 /7irtn/i>rp Df^iVur/7/K y^oviC Perre ^l'ca/p X%1 03E FVM A3i 3 OAiE , ( 9' ) vWVWtW(VWWVVVVWVVWVWW W. VW WWWV W^ VWVW>AAA/VWW/Wv\'VV\'VWWVWVVVVW'WV'V\ VWVW AMOME PYRAAJJDALE. ( Toxique corrosif. ^ Synonymie. Vulg. Alpinie rameuse. Amomum pyramidale. Amomum caulibus racemo erecto pyramidali terminatis , Lam. Alpinia racemosa , Linn. , sp. pi., p. i. Mo- nandrie Monogynie. Jussieu, famille des Balisiers. Alpinia racemosa, alba , cannacori foliis. Plum. nouv., p 26, t. 2. Paco-Seraca Brasiliensibus. Marco. Barrrc, p. 7. Alpinia roy. pr. Leis , p. 12. Zinziber syl- vestre minus, fruetu caulium summitate exeunte. Sloan., Hist. Jam. , t. 1 , p. i65, tab. io5, fig\ 12. Caractres gnriques. Corolle six divisions, ven- true*, trois lobes ouverts. Caractres particuliers. Les fleurs en grappes. (Vivace. ) Histoire naturelle. Cette plante est encore peu connue', elle se plat dans les endroits les plus humides des bois de l'Amrique mridionale. Burman en a donn une descriptioij d'aprs Plumier. Poupe-Desportis la signale comme trs-dangereuse employer. Elle est trs-commune la Martinique. , Caractres physiques. Les racines de l'Alpinie sont noueuses, et garnies chaque articulation de fibres (94 ) W*WWV\ V\'WW*%V.'\% t'%'VVWWW\'VWV\'W\A'\VVVWVV\'\WV'WVWVVVV W\'i WVWVWVV^ VVX VWVX VVW tlW DE?^TELAIRE SARMENTEUSE. ( Toxique corrosif. ) Synonymie. Vulg. Herbe au diable. Plumbago seandens , Linn. Pentandrie Monogynie. Tournef. , cl. 2, in- fundib. Jussieu , famille des Plombagines. Plum- bago foliis petiolatis ovatis glabris, caule flexuoso scan- dente (lobis corollarum obtusis , Lam.). Plumbago betae folio amplioii. Plum., cat. 3. Touin. i4i. Den- tellaria lichnodes, svlvatiea seandens, flore albo. Sloan. Jam. , bist. 1, p. 2H, t. i33, f. i. Plumbago ameri- eana, viticulis longioribus semper virentibus. Moris- hist. 3, p. 199. Niois. St.-Dom. 246. Plumbago tamni folio et facie, floribus racemosis'albis , calice punctato et gluti- noso. Poup. Desp. Tumba-codiveli Rbeed. Caractf:res gnriques. Feuilles simples et alternes*, fleurs eu pi ou bouquet tei minai, remarquables par leur calice hriss et glauduleu?': ; corolle infundibuli- forme , tamines uou saillantes insres aux cailles qui forment la base de la corolle , cachent Fovaire , et portent des anthres oblongues -, ovaire suprieur fort petit, ovale, charg d'un stvie de la longueur du tube de la corolle , stigmate quinquiide. Le fruit est une semence unie, ovale -, pointue par un bout , et enferme dans le calice de la fleur. (Encyc. Mth. ) J'Lzt;! T'Annlore /iefci>t/7-ik/x T'onr /'.'/ff . l'cii//)j-i/ l>ENll^^4liE (95) CAuACTnES pAKTicuLiEKs. Feuilies pt'lioles, ovales, glabres; tige tortueuse, grimpante. rVivnee. .loi.) Histoire NATURELLE. Cette jolie plante, dont les tiges faibles ont besoiri d'tre soutenues , fleurit depuis aoi jusqu'en octobre. Il lui faut, en serre, une bonne terre, dit Delaunay , l'exposition au plus fort soleil et un arro- sement ordinaire. Il lui faut pour l'hiver une serre chaude. On la multiplie par ses graines qui mrissent dans la serre. Le mot franais Dentelaire a, dit-on, t doniK* cette plante parce que son fruit est termin par des dents. Elle est fort comnume dans les hallicis , o elle crot l'appui des citronniers et des orangers : on la trouve aussi dans les ravins des monts liumides et des bois escarps. Carctr^es physiqles. Les tiges de cette Dentelaiie sont glabres , stries , un peu coudes en zig-zag , feuilles , sarmeneuses et presque grimpantes : ses feuilles sont ptioles, ovales, pointues, glabres, lg- rement ponctues en dessous, ptioles .amplexicaules . et conformes peu prs comme celles de la Bette. Les fleurs sont blanches, sessiles, en pi terminal^ elles ont leur calice hriss de pointes glutineuses qui soutiennent des glandes visqueuses : ces pointes grandissent , et prennent de la roideur aprs la floraison , de sorte que le calice est alors hriss et accrochant comme les fruits de Trinuifetta et d'Urne. Le pistil devient un iVm't mou, rempli de deux semences ^ -a tunique cs graiues est o])(^iigne . et si lche (fu'elle i-essemble une cap- su i e . ANALYSE CHIMIOUE. Toutcs Ics partics de la plante ont (9ti) une snvcur acre et brlante, et particulirement la ra- cine qui Iburnit la distillation une huile paisse et trs- crimonieuse. Proprits DLiTiiREs. Lorsqu'on mche les racines de la Dentelaire , on prouve dais toute la cavit buc- cale une ardeur cuisante bientt suivie d'une excrtion salivaire considrable. Dans son tat de fracheur, tant introduite la dose de deux gros dans Festomac, elle agit comme les poisons irritans, mais elle perd beaucoup de son nergie par la dessiccation. Symptmes d'empoisonnement. Je fus appel pour vi- siter un malheureux ngre qui un autre ngre avait donn pour vomitif une once de suc de cette Dentelaire , et voici les symptmes que je remarquai : langue gonfle , saillante, et d'un rouge de feu; priapisme, agitation convulsive, riie immodr, vacuations suprieures et alvines immodres , et tous les autres symptmes pro- pres l'empoisonnement par une substance irritante. Secours et ANTmoTES. L'inflammation tant parvenue au tube intestinal , je me disj)ensai de faire vomir le malade , qui se trouva bien d'un traiiemeru adoucissant, tel que boissons mucilagineuses gommes , lavement au lait, dans lequel on avait fait bouillir quelques fruits verts de Gombo qui fournit beaucoup de mucilage. Proprits mdicinalks. On a beaucoup vant les vertus de la racine de Dentelaire sarmenteuse comme propre remplacer ripccacuanha. Mais quel est le m- decin prudent qui serait assez tmraire pour indiquer l'intrieur un remde dont la causticit est vidente et (97 ) si relle, qu'on se sert du suc de la racine pour dtruire les porreaux et les vendues ? Il agit aussi comme vsicant. Cependant les liippiatres emploient les branches infuses dans le vinaigre pour remplacer FEllbore. La vertu de cette plante est si active, dit Pou]^)e-Desportes , quon ne laisse Tonguent dans lequel elle entre que deux ou trois lieures sur la plaie. Ce temps suffit pour enlever et consumer les chairs baveuses d'un ulcie. On lui associe ordinairement l'Herbe bl (\. Dur. Excit. siSS) et la Mal nomme (Y. Alex. Ext. 22^). Poupe- Desportes indique la formule suivante d'un onguent gyptien fait avec les plantes coloniales : Suc d'Herbe au diable , ) de Mal nomme , f ft <> de Citron , ) a d'Oranges sres , j j^ j Gros sirop , j^ jj Vert-de-gris , ) . Alun calcin , j ^ ^ Les gurisseurs d'Amrique prescrivent des topiques de feuilles de Dentelaire contre l'engorgement des glandes squirreuses. Mais que doit-on attendre de pareils moyens contre l'alfection redoutable qui se montre si souvent rebelle aux ressources de Fart et du traitement le plus rationnel.^ On emploie cependant Ihuile o Ton a fait bouillir la Dentelaire dans les cas de gale invtre et d'autres maladies de la peau. Ce irailcment a cela d'avantageux, qu'il peut tre employ sans prparation pralable, et sans crainte de rpercussion du virus. Cette mthode agit en excitant une lgre irrilaion , et provoquant une nouvelle irruption, suivie immdiate- ( 98 ) ment de la dessiccation des boutons. Il ne faut pas con- fondre la gale avec le prurigo que l'usage de cette pr- paration augnienteiait. Mode d'admi>'istratio]N. On prpare l'huile iatralep- tique de Dentelaire avec trois onces de la racine pour une livre d'huile. On frictionne matin et soir, s'il ne se dveloppe pas trop d'irritation , et la maladie cde ordi- nairement la dixime friction. EXPLICATIOIN DE LV PLAISCilE CE^T SOiXAlSTE- DOUZE. 1 . Fleur de grandeur naturelle. 2. Feuille et portion de la tige. 7 hnyt/iire DctTotm/ti/x /V/i.v /Vfr Jrit/^> .stbamoijx: a'.i^i>:Kr.sE. (99) sV\vVVV'\'\vVVVVV\VV\\>\'VVVtVVV\'VVVVVVVVVVVVVV'V\\'X^*/VVVVVVVVi^/VV\\il'VVVVVV>(VVVV^ STRAMOINE EPINEUSE. (^Toxique nnrcotico-dcre.) Synonymie, Vulgairement Pomme pineuse. Pomme-poison la Guadeloupe, l'iierbe Sorciers. Datura Stramonium j pericarpiis spinosis , erectis , ovatis; foliis ovatis , glabris , Linn. Pentandrie Monogynie. Jussieu , classe 8 , ordre 8 , famille des Solanes. Stramonium fructu spinoso , rotun- do , flore albo , simplici , Tournef. clas. 2 , secl. i , gen. 5. Datura capsulis ovatis , spinosis, erectis; foliis glabris, ovatis, multangulis , Lamk. Solanum fcetidum , Pomo- spinoso , oblongo , flore albo, Baub. Solanum mania- cum Colpby , tab. 47-Icon. Tatula, CamerEpitom. 176. Icon.; en espagnol, Estramonio ; en ^otXm^3l\s ^ Estramonia ; en anglais , Thorn-Apple. Caractres gnriques. Calice tubuleux , renfl sa base , cinq angles , cinq dents profondes \ caduc l'exception de sa partie la plus infrieure , qui persiste et se renverse en deliors. Corolle trs-grande , infundi- buliforme \ tube cinq angles \ limbe offrant cinq plis , qui se terminent suprieurement par cinq tubes trs- aigus. Cinq tamines incluses. Stigmate bilob. Capsule quatre loges , communiquant deux deux par leur sommet \ quatre valves -, graines trs-nombreuses , rniformes , chagrines, noires. Genre remarque ble par la grandeur de ses fleurs. (Ricbard. ) Tome III. 44^ Livraison. 8 ( 100 ) Caractres particuliers. Pricarpes pineux , re- dresss , ovales ^ feuilles ovales , glabres annuelles. Amrique et Europe. ( Jol. ) Histoire naturelle. Cette plante, originaire d'Am- rique, se trouve dans tous les champs sablonneux d'Eu- rope , o elle s'est parfaitement naturalise. Les maken- dals , ou prtendus sorciers des Colonies , procurent leurs malades cette espce d'enthousiasme voluptueux , cfui leur fait oublier pendant quelques instans les maux qui les accablent. Breuvage assoupissant il adoucit leurs maux. Le sommeil sur leurs jeux panche ses pavots. Tu fuis, tu disparais, image fantasticpie , L'homme calme succde au fougueux frntique. Delille. C'est ainsi que certaines ngresses galantes endor- ment i'amant qui n'est point prfr , pour voler dans les bras de leur vainqueur. Le feuillage sombre de cette plante , son odeur vireuse et nausabonde , sa saveur amie et narcotique , signalent ses proprits dltres au trop confiant observateur. Toutes ces Stramoines flattent la vue par leurs formes , mais elles sont toutes dangereuses employer. Il y a une espce fleurs blan- ches, et une varit fleurs violettes, stramoniiun Aine- ricamiTi minus alkekengi folio. On croit Saint-Do- mingue , m'assure M. le colonel Deneux , que la dcou- verte des proprits somnifres de la Stramoine est due un ngre, qui s'en servit pour assoupir un vieux pro- pritaire 5 afin de lui voler ses abeilles. Caractres physiques. Cette plante est herbace , mais sa lige est forte et diffuse, glabre, droite, cylin- ( loi ) (rique , paisse , creuse en dedans , trs-branchue, haute de deux ou trois pieds ^ les rameaux en sont tals , un peu comprims , tors ou lgrement cannels , garnis de feuilles amples , alternes , ptioles , ovales , larges , glabres leurs deux faces , vertes , molles, se fltrissant ds que la plante est arrache , anguleuses et sinues leurs bords ^ les angles trs-pointus , ingaux. Les fleurs sont grandes , presque solitaires , latrales ; les unes axillaires , les autres hors de l'aisselle de feuilles , soutenues par des pdoncules courts et pais. Le calice est long, cinq angles , troit , tubul , cinq dents aigus ^ la corolle blanche et souvent violette , en forme d'entonBoir , plisse , une fois plus longue que le calice ; la capsule droite , ovale , marque de quatre sillons , hrisse de toutes parts de pointes fortes , roi- des , trs-aigus , droites et piquantes , divise infrieu- rementen quatre loges , et seulement en deux la partie suprieure-, les semences noirtres , nombreuses, ova- les , rniformes , un peu comprimes. ( Encycl. ) Analyse CHIMIQUE. Cette plante, qui rpandune odeur narcotique et repoussante , fournit tant fraiche : Fibre ligneuse 3,i5, matire gommeuse o, 58 , matire extractive 0,6, fcule verte 0,64 , albumine o,i5 , rsine 0,12 , phospate de chaux et de magnsie o,23 . eau 91,25 , et quelquefois nitrate dpotasse^ perte 1,28. (\irey Chimie organique. ) Proprits dltres. Cette Stramoine est Tun des plus puissans narcotiques que l'on connaisse, et d'aprs son analogie avec le pavot, il peut remplacer l'opium dans beaucoup de circonstances. Un gros de ces semences infuses dans du vin produit un sommeil lthargique , dont certains malfaiteurs ont frapp leurs victimes avant 8* ( 'O'-* ) de leiir donner la mort. D'autres ]ei mlent au tabac. Ces mmes graines, pernicieuses pour l'homme , ont, dit- on , la proprit d'engraisser les codions en les faisant beaucoup dormir. Symptmes d'empoisonnement. Ivresse , dlire fu- rieux ou extravagant , soif , strangulation , mtorisme du ventre , chaleur vive , rougeur de la face, paralysie , tremblement , mouvemens convulsifs et sueurs , etc. Secours et antidotes. Les vomitifs sont , de tous les moyens, les plus convenables et les plus prompts pour arrter les progrs d'empoisonnement , et lorsqu'on pr- sume que la substance dltre n'est plus dans les voies digeslives , on fait succder les boissons acidules et les sels volatils. Proprits mdicinales. Storck a signal les avan- tages de l'extrait du Stramonium dans la cure des ma- ladies dsespres , telles que les vertiges, la dmence, la folie, ! a fureur involontaire, l'pilepsie, etc. Son usage donne une faim vorace , mais bientt suivie de lg- res coliques, de diarrhe ou de constipation. Il provoaue aussi la scrtion de la salive , de la transpiration, et le flux urinaire. Son usage, trop long-temps prolong, donne des lassitudes douloureuses , une dmangeaison cutane, une somnolence marque. Il agit aussi sur le cerveau comme stupfiant, et dveloppe des nvroses de l'organe visuel ^ enfin , il peut provoquer l'entrite , le narcotisme et la mort. Il y a moins d'inconvnient employer cette plante l'extrieur-, c'est pourquoi on l'applique soit en bains , injections,- soit en topiques sur les ulcres cancreux et carcinomateux , comme sdatif des souffrances de la brlure, des hmorrhodes , et autres tumeurs doulou- ( lo^- ) leuses, dans la nvrose sciatique, sur les mamelles, afin de prvenir leur engorgement et diminuer leur scr- tion. En calmant la douleur, elle permet aux malades de recouvrer le sommeil , et elle favorise la rsolution des engorgemens. Les ngres fument le Datura Siramo- nium dans les spasmes nerveux de la poitrine -, ils em- ploient les feuilles comme maturatives. Mode d'administplAtion. Son extrait se prescrit int- rieurement depuis un grain* jusqu' douze dans les n- vroses les plus rebelles , mais on doit en suspendre l'ad- ministration lorsqu'il donne des symptmes de conges- tion crbrale , ou qu'il dilate la pupille , que le pouls devient petit et acclr , qu'il y a soif et slrangulation. Extrieurement , il est moins craindre , et uni aux olagineux , on eu forme un liniment qu'on emploie avec avantage pour calmer la douleur de la brlure et des bmorrliodes. Cette huile devient alors anodine, rsolutive et adoucissante. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-TREIZE. La Plante est rduite moiti grandeur. 1 . Fleur de la varit violette. 2. Fruit. ^ ( "o4 ) kw vv'Mv'w vwwv vwvw wwwvvwvv .w vwwvwvwvkArv www wvw\ www www VWW VVW VWWM vv STRAMOINE SARMENTEUSE. ( Toxique narxotico-dcre. ) Stnontmie. Vulgair. Trompette Mari-Barou. Datura sarmentosa, Linn, Pentandrie Monogynie. Juss. , et Richard, famille des Solanes. Toiirnef. , clas. 2, in- fundibuliformes. Solandra grandiflora , Swartz , Flor. Ind. occid. , vol. i, pag. ^87, tab. 9. Wilid. Spec. Plant. , vol. i,p. 536. Persoon , Sjnops. Plant., vol. 1, pag. 218. Datura capsulis, globoso-conicis, inermibus ; caule fruticoso , sarmentoso, scandente, L . ( oS ) pars pour tre placs autres-grand soleil quand ils sont repris , ou tre remis aussitt sur la couche, si on veut en liter la floraison, et faire mrir les s;raines. Avant gar pendant mes voyages les dessins du Momordica Nexiquen et de cette Stramoine sannenteuse ^ M. Achille Richard me remplaa cette perte , et je lui en tmoigne ici toute ma reconnaissance. Rien de plus majestueux que les colonnades formes pai- les liannes de toute espce , au milieu desquelles on remarque avec surprise les belles fleurs de ces Stra- moines \ combien de fois je les admirai Mariant leur verdure et leurs groupes de fleurs En festons , prs de moi suspendant leurs couleurs. Chnedoll. Il faut avoir t tmoin du rveil de la nature , dans ces beaux climats , pour en prouver souvent de dli- cieux souvenirs. Rien d aussi imposant que le lever du soleil sur ces mornes frais et couverts d'arbres antiques qui embaument Faii" de raille parfums. La plupart des tributs de l'empire de Flore Dans leurs habits ce fte accompagnert l'Aurore, Clbrent leur hymen au milieu des concerts Dont les oiseaux ravis font retentir les airs. Castel. Caractres physiques. Les tiges de cette Stramoine sont trs-longues , rameuses , sarmenteuses , grimpantes, ligneuses, glabres, cylindriques, garnies de feuilles ovales , entires , glabres leur surface suprieure , pu- bescentes en dessous, cilies leurs bords, quelquefois ( .o6 ) entirement glabres. Les fleurs sont latrales, solitaires, grandes, pdoneulcs ^ le calice allong, cylindrique, se dchirant latralement 5 la corolle trs-grande, blan- che , lave d'une teinte pourpre , quelquefois un peu jauntre, en forme d'entonnoir*, le tube long, troit, largi en tte de clou vers son orifice ^ le iimbe divis a les bords en lobes non acumins , crpus , frangs ^ les capsules glabres , ^globuleuses , un peu coniques , sans pointes ni aiguillons , partages en quatre loges , conte- nant des semences nombreuses. (Encycl.) Analyse chimique. Cette plante produit une huile volatile et un principe extractif. Son suc , rduit en ex- trait, contient du nitrate de potasse , et a beaucoup de rapports avec l'opium. Mais l'opium acclre la circu- lation . et est fbrifuge, tandis que les autres narcotiques ne le sont pas. Ces narcotiques vnneux occasionent une lsion plus ou moins profonde des forces sensitives. Proprits dltres. Cette plante , narcotico-cre , possde au mme degr les principes funestes de la pr- cdente. Symptmes d'empoisonnement. Dlire avec loquacit^ glossite, et autres accidens que j'ai dcrits dans le pr- cdent article. Secours et antidotes. Le docteur Rcamier a confirm l'observation de feu M. Sage, que lorsqu'inie plante nar- cotique ordonne occasionait des pesanteurs d'estomac, il fallait soumettre la plante la vapeur d'eau bouillante sature de vinaigre qui lui enlve toute son odeur vi- reuse. Alors ces narcotiques ne produisent plus d'acci- dens nerveux , et pourtant ne perdent rien de leur proprit calmante. L'opium , pour certains individus , ne devient calmant que lorsqu'il a t trait par le vinaigre. ( 1^7 ) Proprits mdicinales. -Le Stramonium a t vant contre le rhumatisme par ZollickoiFer , les rysiples , la brlure, les inflammations, les ulcres carcino- mateux, etc. Les ngres traitent plusieurs affections cutanes , particulirement les dartres vives et les ulcres ambulans , avec le vinaigre dans lequel on a mis infuser un gros des graines par livre de liquide. L'ex- trait s'emploie , par application , dans les douleurs de dents et d'oreilles. Mode d'admi3Sistratiois. Pour obtenir la teinture, on met une once de ces semences macrer dans de l'alcool; on y joint une once d'extrait d'opium, et deux onces d'esprit de vin camphr aromatique. La dose est de huit gouttes par jour. On l'augmente jusqu' ce qu'elle pro- . duise le vertige , alors on diminue la dose. On peut aussi l'employer en frictions l'extrieur. (Virey, Jour- nal de Pharmacie, aot 1822). EXPLICATION de la PLANCHE CENT SOIXANTE-QUATORZE, La Plante est rduite au tiers de sa grandeur nalurelle.^ 1. Fruit entier rduit moiti. 2. Le mme ouvert transversalement. 3. Etamine. ( io8 ) . VVVVVVVX VVVVVVVVVVVV\ VVVV\ VV\ VVV VV\ VV\ VV\/VVVVVVVVVVVVV\ VVV VVVX. VV\ VV VVVVVVVVV VVVVVV VVV ' V STRAMOINE CORNUE. {Toxique narcotico-dcre.^ Synonymie. Datura Ceratocaula, Orleg-. Linn. , Pentan- drie Monogjnie. Jussieu et Richard, famille des Sola- nes. Tournef. , clas. 2 , infundibuliformes. Datura pericarpiis obovatis, inermibus , pendulis ; foiis ovato-lan- ceolatis , undulatis, subtico-tomentosis ; caulibus dicboto- mis, corniformibus. Orteg., De Cand., p. 11. Pers. , Synops. Plant., vol. 1, p. 216, n*> 7. Datura (Macro- caulis), foliis oblongis, rependis, subts sericeis; caule berbaceo, infern piloso , supern g-labro, sub-inflato. Rotb . , N. bot. , Beytr. , p. 1 69 , et Jacq. , Icon. CARACTRES GNRIQUES. Caiicc tuhu , aiigulcux ^ une corolle infini dibiiliforme et plisse -, cinq tamines ^ un style ^ un stigmate deux lames -, une capsule pres- que quatre loges. Caractres particuliers. Fruits ovulaires , sans pi- quans ^ feuilles ovales , lancoles , ondules , tomen- teuses en dessous^ tiges dicliotomes. Histoire naturelle. Cette plante lgante crot dans beaucoup d'les Antilles, et particulirement Cuba. On la cultive au Jardin des Plantes de Paris. En Am- rique , on la rencontre au milieu des forets vierges , au 7'heottore ffcrcou/'/i/'^ T'ut^ . da^rif^ t/r*'^ . KSTKA^o^'i'. rtdSSArK ( 1^9 ) pied d'antiques Mapous ou de Baobabs garnis de plantes grimpantes, don les tiges, tapissant la fort, s'lvent en serpentant , s'accrochent aux branches de ces arbres monstrueux, et retombent, balances parles vents , de l'extrmit des branches en festons ou en colonnes de toutes couleurs. La Stramoine cornue ne jouit de tout son clat que de grand matin ou le soir 5 ses belles fleurs se fanent pendant la chaleur. Aprs les feux d'i jour , ces plantes inclines Languissent tristement sur leurs tiges fanes; Mais lorsque la fracheur a coul dans leur sein , Leurs organes vaincus se raniment soudain; On les voit reverdir, et pleines de souplesse De leur tte l'envi relever la noblesse. Castel. CaractPlES physiques. Cette plante herbace produit plusieurs tiges droites tales , paisses , cylindriques , rameuses, dichotomes , deux cornes , glabres , purpu- rines , couvertes d'un nuage glauque , nues leur sur- face infrieure ; les rameaux situs leur partie sup- rieure, grles, flexueux ; les feuilles alternes, longuement ptioles , ovales-lancoles , ingales leur base , si- nues , ondules , veines , tomenteuses en dessous ^ les infrieures ovales, lancoles, aigus. Les fleurs sont solitaires , situes entre les feuilles et les rameaux , soutenues par des pdoncules courts , uni- flores , paissis leur partie suprieure , droits quand les fleurs sont panouies , rflchies l'poque de la ma- turit. Le calice est tubul , nerveux , un peu courb , ( 110 ) tis-enlier , fendu latralement -, la corolle trois fois plus longue que le calice ^ le tube courb, cinq angles, cinq sillons , verdtre -, le limbe grand , tal , de cou- leur blanche , les angles violets ^ dix dents au sommet du limbe ; cinq filamens un peu plus courts que la co- rolle 5 les anthres ttragones , quatre sillons 5 le fruit est une capsule glabre , ovale , obtuse , sans aucune pointe ni asprit , pendante , de la grosseur d'une forte noix. Analyse chimique. On reconnat dans la prparation de cette plante une odeur nausabonde et vireuse , pro- pre toutes les plantes narcotiques , et particulire aux Stramoines. Sa saveur est acre et amre. Elle est narco- tico-acre , et plus dangereuse que les prcdentes. PpxOprits DLTPiEs. C'cst daiis les racines et les fruits que paraissent rsider les proprits les plus acti- ves et les plus dangereuses de la Stramoine cornue. Les feuilles sont acres et narcotiques. Symptmes d'empoisonnement. Ils sont les mmes que ceux de la Stramoine pineuse. Proprits mdicinales. Les feuilles de ce Datura appliques chaudement , sans autre prparation , soula- gent dans la sciatique. On maintient aussi quelquefois sur la partie affecte des flanelles imbibes d'une forte dcoc- tion. La teinture employe prudemment peut remplacer celle de digitale pourpre dans les palpitations , prise au dedans et applique sur la rgion du cur. On la fait avec une once d'extrait pour six onces de taffia oud'ther sulfu- rique. Elle se donne depuis une goutte jusqu' huit. Il faut en cesser l'usage s'il survient du dlire. On prpare avec cette teinture et la farine de patates un trs-bon cata- plasme anodin. Mais c'est principalement contre les ma- ( m ) ladies du systme nerveux , les spasmes el autres mou- vemens convulsifs , la cliore , etc. , qu'on peut substi- tuer cette plante celles doues des mmes proprits , et plus souvent employes. Cette plante ainsi que la Jus- quiame d'Europe agit d'une manire irritante sur le cerveau , puis sur le canal intestinal. Le docteur Huffeland m'ayant fait connatre le succs qu'il prouvait des injections des Stranioines et de la Cigu dans les engorgemens de l'utrus , je me plais rendre public le moyen prcieux dont j'ai eu moi-mme occasion de reconnatre les avantages ; mais pour les rendre plus certains, et ter ces plantes leurs qualits vicieuses , je les soumets, avant leur application, la vapeur du vinaigre , qui dtruit leur proprit dltre. Alors les Stranioines ne sont plus que calmantes , et ne sont plus susceptibles d'occasSoner de vertiges ni d'a- gacement au systme nerveux et au cerveau. Mode d'administration. On fait seulement usage de son extrait. La plante sclie est mise macrer pendant trois ou quatre jours une temprature de vingt degrs dans de l'alcool 22. On choisit une partie de feuil- les , fruits et racines pour quatre parties d'alcool ; on filtre le produit de la macration ^ on soumet la dis- tillation , en en retirant les trois quarts \ on fait vapo- rer le rsidu au bain-marie. Cet extrait est d'une belle couleur verte. Son extrait , pour viter tout danger , se donne progressivement depuis deux grains jusqu' dix. A l'extrieur les gurisseurs ngres emploient en fric- tions riiuile dans laquelle on a fait macrer toute la plante , dans les douleurs rhumatismales et ce qu'ils appellent la maladie sacre, et contre le prurit insuppor- table des parties gnitales. Ils crasent les fruits verts ( "^ ) qu'ils saupoudrent de sublim pour gurir les pustules cliarbonneuses. Les graines sont somnifres petite dose, et peuvent au besoin remplacer T'opium ^ haute dose elles empoisonnent. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-QUINZE. La Plante est rdui'e moiti de sa grandeur. 1. Fruit. 2, Semence. /V.y-(>\ TAeo(/orr /)e,rcourti/\ /'itijc , Pnv Jci///> a>3criKiEai .^A.-vior. ( i'3 ) MDICINER A CASSAVE. {Toxique narcotico-dcre.) Synonymie. Vulgairement Manioc amer , Manioque blanc , Mag-noc, Manihot , Tapioca , Mauro , Pain des ngres. JatropLa Manihot; foliis palmatis , lobis lanceolatis , inte- gerrimis laevibus, Linn. , Spec. , pi. 5. Moncie Monadel- phie. Juss. , famille des Eupborbiaces. Arbor suceo venenato, radice esculenta, Bauh. Pin. 90. Manibot Tbeveti, Juca et Cassavi. J.-B. Tournef. , Ricinoides ap- pendix, Plum. Cat. , p. 2omss., vol. 4jtab. 187. Yucca foliis Cannabinis, Pluken. Jatropba foliis palmatis, pentadactilibus, radice conico-oblong , carne sublacte, Brown, Jam., p. iSg, etc. Maniiba des Brsiliens, Juka des Carabes. Caractres gnriques. Plantes lactescentes ^ feuil- les lobes ou palmes ; fleurs en grappes , monoques ; calice color cinq divisions profondes , quelquefois accompagn d'un caiicule quinquparti. Dans les fleurs mles , dix tamines , dont les filets sont souds par leur base ; dans les fleurs femelles l'ovaire offre trois loges uniovules , et prsente trois styles bifides Le fruit est une capsule tricoqne. (Richard. ) Caractres particuliers. Feuilles palmes ; lobes lancols, trs-entiers, lisses^ dix tamines. (Vivace. ) Histoire naturelle. Le Manioc croit naturellement dans les contres chaudes de l'Afrique et de l'Amrique , ( "4 ) et il y est cultiv pour l'utilit de sa racine , qui aprs quinze ou dix-iuil mois d'accroissement, soumise certaine prparation, fournit aux habitans du Nouveau- Monde une nourriture substantielle et conomique ^ mais il faut avant de l'employer extraire le suc vnneux de sa racine volatile, alors la partie fculente prend le nom de farine de Manioc ou pain de Cassa ve. Pour le prparer on use les racines fraches , aprs en avoir en- lev l'corce, sur une feuille de fer-blanc troue en forme de rpe , ce qu'on appelle gragevj on soumet la pte une pression fortement exerce pour en extraire tout le suc, et on lave plusieurs reprises cette pte dans l'eau pour obtenir la farine de Cassave , qu'on fait sclier , ou dont on forme de larges et fragiles galettes trs-minces, et qu'on fait cuire sur une plaque de fer bien unie ^ la cuisson dtruit entirement les principes vnneux qui ne sont que volatils. L'eau qui a servi laver la farine de Manioc prcipite au fond des baquets une grande quantit de fcule amilacc , trs-pure , qu'on fait scher et qu'on envoie en Europe sous le nom de Tapioka ou Conaque. On s'en sert comme du Sagou , autre fcule tire du Palmier , et de FArrow-root , que foiunit la ra- cine du Maranta Indica (\. classe des rsolutives), faire des geles, des potages , en la faisant cuire dans du bouillon, du lait , ou de l'eau aromatise. La Cassave au contraire , quoique d'une odeur assez peu agrable, est recherche avec avidit par les naturels de ces riches contres ^ ils la prfrent au pain , et nous voyons Pa- ris des repas somptueux convoqus par des Croles pour y faire manger d'un Calalou Gombo , d'un court bouillon piment au poisson , avec la modeste Cassave , qu'on s'empresse de trouver exquise , parce qu'elle reporte l'i- (ii5) magination aux beaux pays qui la fournissent. Il existe plusieurs espces de Maniocs amers ou vnneux , parmi lesquels on distingue : i le Manioc rouge ou violet , blanc en dedans : Jatropha foliis laciniatis purpu- ras centibiis ^ radice uiolace \ i^ le Manioc gris^ Jatropha foliis digitatis , radice cinere \ 3^ le Ma- nioc blanc \ Jatropha seu Manihot radice alh \ en- fin 4 1^ Manioc doux , Pain des ngres *, Jatropha fo- liis magis laciniatis , radice dulci. Cette varit est con- nue sous le nom de Canianioc ou Manioc doux, dont la racine peut tre mange sans danger, et sans prparation pralable , crue, bouillie , ou boucane sous la cendre. Deux onces de Cassave suffisent pour le repas d'un homme, parce qu'on la met tremper dans de l'eau, avec du bouillon de buf ou de petit-sal, et qu'elle s'y gonfle prodigieusement. La Cassfive se conserve des annes sans se dtriorer , pourvu qu'on la prserve de lliumidit. Les naturels de la Guiane , au rapport d'Aublet , pr- parent avec la racine du Manioc une boisson acidule , qu'ils appellent Vcou, tandis qu'ils donnent les noms de Cachiri , Paya , Vouapaya , la liqueur alcoholique pr- pare avec le Taffia et la racine de Manioc j le Cachiri passe, parmi eux, pour un diurtique trs-puissant. La fcule a reu de la Guiane le nom de Cipipa. Selon Loiseleur Deslongchamps , le suc du Manioc priv par l'bullition de son principe dltre , et rduit en con- sistance de sirop ou de rob , devient un assaisonnement d'un got agrable qui excite l'apptit , et qu'on con- nat la Guiane sous le nom de Cabion ^ il sert de con- diment aux rtis et aux ragots. Le Manioc vient de graine ou de bouture , comme les arbres moelle , et se plat dans les terrains secs et bien exposs au soleil. Tome II. /^4* Livraison, g ( "6) Caractres physiques. Le Manioc est remarquable par la grosseur de sa racine , qui est charnue , tub- reuse , blanche , pesant jusqu' trente livres , et remplie d'un suc blanc et laiteux d'une extrme acre t. De cette racine part une tige dresse , haute de six huit pieds , cylindrique , pleine de moelle et revtue d'une corce verte ou rougetre , noueuse , garnie dans sa partie su- prieure de feuilles alternes, longuement ptioles , pro- fondment digites en trois, cinq ou sept lobes, ovales, lancols , trs-aigus , un peu onduleux sur leurs bords, d'une couleur verte fonce leur face suprieure , glau- ques et blanchtres infrieurement. Quelques-unes sont simples , ovales, lancoles j celles qui ont cinq ou sept lobes sont ombiliques. Les ptioles sont glabres , rou- getres , accompagnes de deux petites stipules lanco- les , pointues et caduques. Les fleurs forment des es- pces de grappes lches l'aisselle des feuilles sup- rieures. Elles sont alternes et munies de petites bractes. Ces grappes se composent de fleurs mles et de fleurs femelles. Les premires offrent un calice subcampanul , cinq divisions , d'un jaune rougetre , velues intrieu- rement , et dix tamiues. Dans les fleurs femelles , les incisions du calice sont beaucoup plus profondes. On voit , dans les deux sortes de fleurs , une glande dpri- me , qui occupe le centre des fleurs mles , et qui en- toure annulairement la base de l'ovaire dans les fleurs femelles. L'ovaire est trois ctes, et se change eu une capsule tricoque. Ce fruit est glabre , lgrement rid l'extrieur , compos de trois divisions renfermant chacune une sem.ence luisante de la forme de celles de ricin , d'un gris blanchtre , avec de petites taches un peu plus fonces. 117 ) Dans quelques pays de FAmrique , on mange les feuilles du Manioc haclies et cuites dans l'huile. AisALYSE CHIMIQUE. J'ai rpt l'exprience faite la Guiane par le docteur Fermin , et j'ai obtenu , en dis- tillant un feu gradu dix livres de suc rcent de Ma- nioc , pour premiers produits , un liquide trs-limpide , d'une odeur dtestable et d'une volatilit extrme. Il avait la vertu terrible de l'acide hydrocyanique , et produisait d'aussi prompts elfets. Le docteur Fermin en fit l'essai sur un ngre empoisonneur , qui mourut en dix minutes au milieu de convulsions horribles et de hurlemens affreux. Proprits dltr.es. Les mauvaises qualits des M- diciniers rsident particulirement dans l'embryon des graines , tandis que le prisperme, nullement vnneux, offre au contraire une huile douce , saine et agrable au got. Le suc du Manioc fait mourir promptement et l'homme et les animaux , dont l'agonie est prcde d'anxits . de convulsions , de salivation , d'vacuations excessives d'urine et de matire fcale. Ce poison parat avoir l'acre t des euphorbiaces. Symptmes d'empoisonnement. Enflure du corps , nauses , vomissemens , cardialgie , vacuations alvines abondantes, avec tnesme , cphalalgie intense , suspen- sion ou cessation des fonctions visuelles, froid des extr- mits , dfaillances , collapsus gnral et la mort. Pi son a le premier observ ces symptmes , indiqus par le docteur Orfila , et dont j'ai eu occasion d'apprcier la vrit. Secours ET antidotes. Le sucre donn grande dose^ Vesax de mer , remde indien pour les hommes , en v ajoutant pour les bestiaux des feuilles rcentes du Rou- ( "8 ) couyer {Bixa orellana pi. iv , vol. i') , sont , dit-on , les contre-poisons assurs contre Fempoisonnement par le Manioc , mais il est plus prudent de recourir aux moyens avous par Tart , et d'associer les mucilagineux et quel- quefois les antispasmodiques dont on fait usage avec suc- cs dans Fempoisonnement par les substances acres. Autopsie. L'ouverture des cadavres ne fait voir au- cune trace d'inflammation de l'estomac , souvent mme on y retrouve le suc qui n'a subi aucune altration ; l'es- tomac seulement se trouve rtrci de moiti. Proprits mdicinales. La rpure toute frache de la racine est estime rsolutive , et employe par les na- turels dans le traitement des ulcres extrieurs. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-SEIZE. La Plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. 1. Racine. 9.. Fleur mle. 3. Fleur femelle. /V. / 7'/ii-oi^///-///\ Pinj- /Vrr/" frii/p a^CLLA9MKVK A VVXnA.V.^ )K NSrOTlA.^ ( 1^9 ) ^vvv^^vY^lV\'vvv\ vvvvv\\ vvvvvvv\'vvvv\\ i\\vv\ vx^/vxx'vvv vx^x vv\ vx'vvx \ i'\'vv\'\ vx'vvvx tvvvv\\vvvv\\^;Vvv>i BELLADONE ARBORESCENTE, A FEUILLES DE NICOTIANE. ( Toxique narcotique. ) Synonymie. Atropa arborescens. Lin. Pentandric Monogjnie. Tournef. Campanif., seci. i. Juss., famille des Sola- nces. Atropa caule fruticoso foliis ovato-oblongis. Pou- pe Desportes. Belladona frutescens , flore albo nico- tianae foliis. Plum., spee. i. Icon. 4^, f. i. En anglais : Deadly Night-Shade , Deadly Dwale. En espagnol : Belladama. Caractres gnriques. Genre de plantes ou arbris- seaux dont les feuilles sont simples , alternes ou radicales, et les fleurs en forme de cloche, ayant beaucoup de rap- port avec les Coquerets et les Morelles , mais en diff- rant en ce que leurs baies ne sont point enfermes dans un calice vsiculeux , et des Morelles , en ce que leur corolle n'est point en roue, et que leurs tamines ne sont point runies ou conniventes. Type du genre : Calice monoptale persistant , cinq divisions \ corolle mono- ptale cinq lobes gaux *, cinq tamines moins longues que la corolle '-, tamines non runies ^ anthres Tome III. 45* Livraison. lo ( I20 ) paisses et montantes ; ovaire suprieur ovode , sur- mont d'un style aussi long que les tamines , un peu inclin , termin par un stigmate en tte -, baie globu- leuse entoure sa base par le calice de la fleur -, deux loges , renfermant beaucoup de semences ovales ou r- niformes. Caractres particuliers. Tige sous-ligneuse , pdon- cules serrs *, corolles retournes ^ feuilles oblongues. ( Vivace ). Histoire naturelle. Le nom de Belladone, ou Belle- Dame , a t donn ce genre , parce que son eau dis- tille , employe comme cosmtique, conserve la fra- cheur de la jeunesse , et rpare des ans l'irrnarable ou- trage : tandis que , par ses vertus , on lui donne le nom redoutable de l'inexorable parque ( Atropos) charge de couper le fil de nos jours. Les peintres en miniature pr- parent un fort beau vert avec le suc des baies , qui d'abord donne une couleur pourpre recherche par les teinturiers. L'homme impie , toujours prt accuser le Crateur des objets qu'il croit inutiles , parce qu'il n'en peut comprendre l'emploi , a fourni une ide juste et phi- losophique M. Marquis, professeur de botanique Rouen , dans une idylle sur les Solanes. Son hros , aprs avoir murmur de l'existence des poisons , dit : Me souvenant alors que du cancer rongeur Ces poisons redouts ont cahn la douleur, Qu' leur vertu souvent on vit cder l'ulcre; J'ai reconnu partout l'attenlion d'un pre, Et des biens et des maux j'ai compris le lien ; J'ai bni V Eternel , et j'ai dit : tout est bien. ( 121 ) Caractres physiques. Ce petit arbre , qui ressemble au pommier, a le bois blanc , tendre et plein de m.oelle , recouvert d'une corce ride et blanchtre. Ses rameaux sont garnis de feuilles alternes , ovales-lancoles, trs- entires et portes sur des ptioles fort courts. Les p- doncules sont courts, simples , ramasss en faisceau dans les aisselles des feuilles, et soutiennent chacun une fleur blanchtre , corolle tubuleuse , dont les dcoupures sont rflchies en dehors *, les tamines sont saillantes hors de la corolle. Les baies sont sphriques, pendantes et enveloppes, leur base , par le calice. Analyse CHIMIQUE. Le clbre Vauquelin a dmontr que cette plante narcotique et toutes celles qui produi- sent des effets analogues , sont riches en charbon , en hydrogne et azote , tandis que les substances trs-oxi- gnes produisent des effets contraires. Il rsulte de cette analyse , dit le D. Roques, que le suc de Belladone contient une substance amre, nausabonde, soluble dans l'alcool, formant avec le tannin une combinaison inso- luble , et fournissant de l'ammoniaque par Fa dcomposi- tion au feu; plus du nitrate, muriate, sulfate, oxalate et actate de potasse : c'est cette substance amre qui con- tient la vertu narcotique , ou alcali vgtal, dcouvert par M. Brande, et auquel il a donn le nom d'ytropin. Proprits dltres. La vertu narcotique de cette plante m'engagea, tant priv d'opium, en mler du taffia pour engourdir les ngres chargs de ma garde jus- qu'au moment du massacre des blancs : c'est un moyen que j'employai pour moi et plusieurs compagnons d'in- fortune , afin de tromper la surveillance de nos satellites qui devaient nous conduire la mort. Plusieurs ani- maux broutent impunment le feuillage. Je perdis l'usage 10* ( 1^2 ) de la parole, et ma langue s'enfla prodigieusement pour *. en avoir dgust Saint-Domingue, en herborisant sur les belles montagnes de Plaisance. Symptmes d'empoisonnement* Vritable ivresse , loquacit 5 dlire accompagn de ris sardoniques, ver- tiges, soif ardente, nauses, chaleur d'entrailles , fai- blesses , mouvemens convulsifs -, grincemeus de dents ^ dilatation et immobilit des pupilles ; rougeur et gonfle- ment du visage et trismus. Dans le second temps , on observe un tat soporeux , soubresauts des tendons , p- leur mortelle , pouls petit , dur et frquent \ frisson universel , enfin la mort , si le malade n'est point se- couru. Ij'autopsie of're des taches gangreneuses, et des rosions aux organes de la digestion \ le foie et les pou- mons enflamms , des plaques bleutres sur le dos ou aux jambes ^ de l'cume la bouche. Le corps enfle et se putrfie de suite. Secours et antidotes. On donne , ds qu'on est ap- pel , une bonne dose d'mtique , car l'estomac a t frapp d'insensibilit par la prsence de ce narcotique. Si ce moyen ne suffit pas , on provoque le vomissement l'aide d'une plume introduite dans l'arrire - bouche. Les boissons acidules conviennent ensuite. Si on est appel long-temps aprs , et qu'on souponne inflamma- tion de l'estomac , on se garde bien de donner l'm- tique qui aggraverait les symptmes , mais on recom- mande les boissons mucilagineuses, celles mulsionnes, puis acides , enfin toniques. Le lait augmente les accideus de rempoisonnement. Proprits mdicinales. Quelques praticiens des co- lonies , l'exemple des mdecins allemands . ont cher- ch utiliser la partie narcotique de la Belladone , et ( 123) Tont, disent-ils, employe avec un certain succs dans plu- sieurs cas de manie , mlancolie, d'pilepsie et autres nvroses -, on lui attribua mme une prtendue vertu anti-hydropliobique , que la raison doit repousser, dans la crainte d'une scurit qui pourrait devenir funeste y la dcoction de la Belladone remplace avantageusement les ttes de pavots pour les clystres qu'on prescrit au dbut des dyssenteries si communes aux colonies. Son succs le mieux constat , et dont le docteur Marc parait avoir t le premier observateur, eut lieu dans un cas de coqueluche rebelle qui cda promptement ce moyen. L'application des feuilles en topique sur les pau-^ pires dispose les yeux l'opration de la cataracte. Ces mmes topiques soulagent les personnes affectes de cancers , de tumeurs scropliuieuses et autres engorge- mens glanduleux. L'utilit des bains et des fumigations est incontestable dans le traitement du ttanos traumatique si frquent aux colonies, si l'on veut viter l'opration. Aprs avoir dilat la plaie et saign le malade , si le pouls n'est pas trop faible , on cautrise , puis on applique des cata- plasmes de feuilles de Belladone 5 on donne l'intrieur des potions anti-spasmodiques, opiaces, gradues. On met le malade dans un bain compos avec une forte d- coction de la plante. Huit grains de camphre , autant de musc , et vingt grains d'opium dissous dans un verre d'mulsion, se donnent en trois fois. On augure bien de ces moyens si la sueur qui termine heureusement la maladie , et qui est symptomatique , commence par la tte et les ex- trmits. Elle se forme au contraire sur la poitrine et le bas-ventre, si elle est critique. Dans tous les cas il faut viter l'humidit. ( ^4 ) Alors on substitue aux cataplasmes anodins , des li- nimens volatils , et Fmulsion une tisane amre et laxa- tive. Les frictions huileuses , d'aprs la remarque du D. Larrey , sont inutiles, celles mercurielles dangereuses et aggravantes. Elles peuvent mme produire la folie , des hpatites -, le tabac, tant recommand, est peu utile ainsi que les alcalis ; les vsicatoires mme ne suspendent pas la marche effrayante et rapide de cette terrible maladie. Le moxa et le cautie actuel qu'on recommande ne russissent pas toujours. En thse gnrale , il faut te- nir les blesss dans une temprature chaude , gale -, ex- traire les corps trangers , panser doucement au moyen de compresses fentres , ne panser les plaies rcentes que lorsque la suppuration est bien tablie , afin d'viter une trop grande irritation. Le rgime doit tre doux , le repos absolu. En cas de rsorption , on applique le vsi- catoire le plus prs possible de la plaie. La cessation subite de la suppuration est du plus sinistre augure. J'ose esprer que le lecteur me pardonnera cette di- gression sur le traitement du ttanos dans les pays chauds en faveur de mon motif, et ce livre tant particu- lirement consacr aux praticiens et aux chefs de famille. MoDE d'administration. On emploie quelquefois les baies , mais plus souvent les feuilles et les racines, pour en f;\ire un sirop. Ces mmes parties tant sches l'ombre , et rduites en poudre , s administrent la dose d'un six grains par jour , suivant lge du malade et la nature de la maladie. On fait un extrait avec le suc paissi de ses feuilles , et une teinture alcoholique , qui se prescrit par gros. Les bains forms avec la dcoction ( 1^5 ; des feuilles de Belladone sont videmment anti-spas- modiques. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-DIX-SEPT. 1. Calice ouvert. 2. Etamine. 3. Baie entire. 4- Baie coupe perpendiculairement. ( '^6) k^lVt\VVVVVV\^VVVVVVV\ltVMX'VVV\lVVVVVVVVVvVVVVVW\/\V\^/VVVVVV/VVvVVi/VVVV\^(VVvVVUVVVVVVV^ FRANCHIPANIER BLANC. (^Toxique narcotico-cre.) Synonymie. Vulgairement Bois de Lait. Plumera alba. Linn. Pentandrie Monogynie. Tournef., Appendix. Juss., famille des Apocjnes. Plumeria arborea, foliis oblongis, revolutis, pedunculis supern tuberosis. Jacq. Amer., 36, tab. 174, f. 12, et Plot., p. 235t. 38. Plumeria flore niveo, foliis longisangustis et acuminatis, Plum., spec. 20. Tourn., 669. Burn. Amer., t. 23i. Apocjnum amerieanum frulescens, longissimo folio, flore albo, odoratissimo. Comm. Hort. 2, p. 47, t. 26. Nerium arboreum, altissimum, folio angusto , flore albo. Sloan. Jam. Hist. 2, p. 62. Quaub- Tlepatli , Chupireni , Arborignea de Hernandez. Caractres gnriques. Fleurs monoptales , de la famille des Apocius , ayant des rapports avec leCamner et IcLaurose , arbrisseaux laiteux, cime lche , mdio- crement rameuse, feuilles simples, parses,etramassees au sommet des rameaux, fleurs pdoncules , terminales, fort belles , rpandant communment une odeur trs- agrable. Fleurs calice court, presque entier^ co- rolle monoptale infundibuliforme , limbe ample , contourn avant son panouissement , et partag en cinq dcoupures ouvertes , obliques , plus longues que le /y. j-s. JTtevflore Dea-couffz7\. Pai,x' /i^re ,r,'u//' Flf^ANCTPAr^^lEU BL.\>:C'.. ( 127 ) tube ] cinq tamines enfermes dans le tube , insres sur lui , portant des anthres oblongues , pointues , conniventes j ovaire suprieur , bifide , surmont d'un style bifide stigmates pointus. Le fruit est compos de deux follicules longs , s'ouvrant d'un seul ct , conte- nant des semences nombreuses , aplaties , ailes d'un ct , embriques sur un placenta libre , auquel elles adhrent par leur aile. (Enc. ) Caractres particuliers. Feuilles lancoles , rou- les, pdoncules tubreux suprieurement. (Jamaque.) Histoire naturelle. Cet arbre lgant dont on pare les jardins des colonies , transport de la Terre-Ferme par le marquis d'Angne, et ddi au pre Plumier, crot naturellement la Martinique , la Guadeloupe , Cuba , la Jamaque , Saint-Domingue , et autres les Antilles , aux lieux pierreux des rivages de la mer, o il fleurit dans les mois de janvier et de fvrier. Les bos- quets qui le reclent manent une suave odeur , com- parable celle de la tubreuse ^ et la jeune vierge , aux jours de fte , orne avec les guirlandes qu'elle com- pose , les autels du dieu qu'elle implore , et se couronne de cette fleur embaume. De tes bouquets la pntrante odeur Vient ranimer la vieillesse tonne; La jeune fille, aux autels d'hjmne , En pare encore sa mourante pudeur. Campenon , Maison des champs. Les parfumeurs recherchent cette odeur fugace , qu'ils savent fixer dans leurs pommades et leurs huiles cosm- ( .28 ) tiques. Le suc laiteux qui dcoule de toutes les parties de l'arbre lorsqu'on en casse les branches , lui a fait donner le nom de Bois de lait. Il vient en Europe en serre chaude , et on le multiplie par boutures. Caractres physiques. Cet arbrisseau , qui n'est qu'une varit de l'espce fleurs rouges que je dcris dans la classe des Plantes bchiques ^ s'lve environ quinze pieds de hauteur \ sa cime est lche et peu ra- meuse , et abonde en suc laiteux. Ses rameaux sont longs, nus, marqus des cicatrices des anciennes feuilles qui font paratre leur superficie comme rticule et rabo- teuse -, ils se terminent chacun par une touffe de feuilles presqu'en rosette, ptioles , oblongues, bords rfl^ chis ou rouls en dessous \ ces feuilles sont longues d'un pied , larges de deux pouces environ , un peu poin- tues, vertes et luisantes en leur face suprieure, nerveuses et vert-pomme en dessous. Il nait du milieu des feuilles un , deux ou trois pdoncules , diviss leur sommet , ramifications paissies et tuberculeuses , et qui portent des corymbes de fleurs blanches , ayant le centre jau- ntre, et rpandant une odeur trs-suave. A ces fleurs succdent des follicules longs , d'environ six pouces , d'un demi-pouce d'paisseur, coriaces , noirtres , et lisses en leur superficie. Analyse chimique. La tige et les feuilles du Franchi- panier fournissent un suc laiteux , caustique et gommo- rsineux. Les fleurs tant mches , sont d'une saveur acre et brlante. Proprits dltres. LesucduFranchipanier, donn haute dose , produit les mmes accidens que les Eu- phorbiaces. Symptmes d'empoisonnement. Clialeur acre la ( 1^9 ) bouche, l'sophage , l'estomac, aux intestins-, nau- ses et vomissemens ^ ventre balonn , horripilations , sueurs froides et visqueuses , syncopes frquentes et au- tres accidens nerveux. Secours et antidotes. On ne peut employer rien de plus efficace , aprs avoir fait vomir le malade , que le jus d'orange haute dose , ou toute autre boisson acidule. Proprits mdicinales. Suivant Hernandez , le lait du Franchipanier est caustique , et les Indiens , avec une dose de quatre oboles , purgent les srosits des cachec- tiques , des hydropiques et des ngres affects de pians. Il avoue nanmoins que ce remde est fort dangereux , et qu'il est plus prudent , si on l'emploie comme purgatif, d'en appliquer une petite quantit sur l'ombilic. Mais il dit aussi que ce lait est un grand remde contre les af- fections cutanes , dartres , gales , etc. ^ qu'enfin , les Indiens en prennent au poids de deux dragmes contre les fivres de rechutes, mais qu il pensa en crever pour s'en tre servi. Mode d'administration. A l'exemple des Indous, les naturels des Antilles font usage contre le flux de sang du remde suivant, que M. le aocteur Leschenault de la Tour avait dj fait connatre : Prenez semences de Franchipanier , girofles , muscades , macis , demi- once de chaque *, on torrfie le tout vaisseau clos , on pile le mlange , qu'on imbibe de suc de fleurs de Bana- nier , et l'on ajoute , opium, une once ] ou laisse vaporer l'humidit de la pte , qu'on divise ensuite en pilules du poids de dix grains. La dose est d'une pilule trois lois le jour, en buvant aprs une demi-verre d'infusion de Simarouba. On vite, pendant le traitement , le laitage , ( i3o ) les corps gras et les acides , et Ion est ordinairement guri en kuit ou dix jours. Ces moyens me semblent bien incendiaires ! EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-DIX-AUIT. I. Fruit. ZAn/t/on" /f^n\t//f-///K.J^u' Pfre^- J'cfi/. i;a L . i\ A S o VE vyi ( r3. ) VVVVVVVVVVVVVVVII%VVV\VVMWVVVVVVVVV\A'VVVVVVV\A/VVVA'VVVVV\'\^\>lVVVVVVVVVVVVV\'ViVVVV\ VVM VWVW GALEGA SOYEUX DES ANTILLES. (^Toxique narcotico-cre.) Synonymie. Vulgairement Bois enivrer, Lavanze, Mort Poissons. Galega sericea. Linn. , Diadelphie Dcandrie ; Jussieu, Lgumineuses; Tournef., Papilionaces. Galega foliis subquindecemjugis, foliolis oblongis subts sericeo- candicantibus j racemo terminal!. Lamark. Galega fru- tescens, flore purpureo , foliis sericeis. Plum. Spec. 8. Burm. Amer, 1. 135. Surian. Herb., n 333.Herba fruticosatoxica astragalo afEnis leguminosa et tomentosa , folio subineano sericeo , flore purpureo spicato. Vaill. Herb. Cat. mss. 706, 683. Ouaboubuc. Surian. i44- En anglais, Goat^s-Rue ; en espagnol , Rut a de Cabra. Caractres gnriques. Plantes fleurs polyptales de la famille des Lgumineuses , et qui ne diffrent des indigotiers que par leurs gousses comprimes \ on les dislingue par leur calice campanule , cinq dents aigus , presque gales, parleurs gousses droites allonges , un peu comprimes , souvent bosseles par la saillie des se- mences , munies sur chaque valve de stries transverses ou obliques. Caractres particuliers. Tige ligneuse, fleurs pa- pilionaces ^ dix tamines , souvent diadelphiques ^ ovaire suprieur , oblong , grle , se terminant en un style court , montant , stigmate simple , un peu glo- buleux. ( i3. } Histoire naturelle. Ce joli arbrisseau , abandonn la vgtation naturelle , se fait promptement remar- quer dans les forts vierges , tandis qu en juillet et aot , il fait rornement des bosquets , si Fart est charg de sa culture. Il aime une terre grasse et humide. On le mul- tiplie de graines et de pieds clats 5 c'est mme ce der- nier moyen qu'on prfre en Europe -, il ne craint pas la gele. Le nom Galega lui a t donn par les Italiens. Les naturels donnent son feuillage aux bestiaux-, et cer- tains habitans des colonies mangent les feuilles de Galga en salade , ou cuites comme anti-mphy tiques! ! On amorce le poisson avec la rpure de la racine , mle avec de la mie de pain, et on en fait des boulettes, qui ne manquent pas leur effet. Cette mme poudre d- truit la vermine des enfans -, mais ce moyen n'est pas aussi sr que l'application de la cvadille. Aublet assure qu' la Guiane , cette plante est culti- ve sur toutes les habitations , parce qu'on en fait usage pour enivrer les poissons. Caractues physiques. La racine du Galga soveuxest paisse, presque napiforme, rameuse , ligneuse , blanche, garnie de fibres, etmunie d'uneodeurforte et nausabonde. Elle donne naissance aune tige droite , de l'paisseur d'un doigt, haute de trois ou quatre pieds, ferme, contenant de la moelle, strie , anguleuse , et couverte d'un duvet court et cotonneux dans sa partie suprieure. Les feuilles sont alternes, longues presque d'un pied, ailes avec impaire , et composes d'environ quinze paires de fo- lioles oblongues , presque linaires , un peu obtuses , et charges , principalement en dessous , de poils soyeux et couchs qui les font paratre blanchtres. Les stipules sont en alne. Les fleurs viennent en une grappe droite ( '33 ) et terminale , avec quelques bauches de grappes lal- , raies, situes dans les aisselles suprieures,- elles sont pdicelles , nombreuses , purpurines , et ont une grande tache jaune la base de leur tendard. Les pdoncules . les calices et les fruits sont couverts d'un duvet soyeux et blanchtre. Ces fruits sont des gousses linaires, troites, comprimes, longues de trois pouces, et qui contiennent des semences rniformes , panaches de brun et de blanc. Analyse chimique. Le feuillage est insipide et inodore tant sec. La racine contient une huile volatile, P^sine molle , d'une saveur acre et brlante ; extractif astrin- gent , gomme , bassorine , fibre ligneuse et eau. Proprits dltres. Ainsi que les narcotiques , le Galga soyeux jouit d'une proprit vnneuse trs-ner- gique -, cependant il exerce une action locale peu in- tense ^ mais peine absorb , il porte le trouble dans le systme nerveux, et particulirement sur le cerveau. L'action de l'extrait qu'on obtient par une vaporation lente , est beaucoup plus intense , si on l'a inject dans les veines, qu'appliqu sur le tissu cellulaire. Pris Fin- trienr, il agit peu sur l'estomac, mais galement sur l'homme et les animaux. Symptmes d'empoisonnement. Engourdissement, pe- santeur de tte , somnolence , assoupissement , vertiges , dlire gai ou furieux , mouvemens convulsifs , faiblesse des membres , ciiatation de la pupille , vomissemens , pouls plein et frquent. Secours et antidotes. Doux vcmitifs , boissons aci- dules. Proprits mdicinales. On a cru cet arbrisseau dou de vertus alexitres; mais je doutt de cette assertion, ( i34) n'tant point aromatique. Les mdicastres recomman- dent la dcoction de ses feuilles dans les fivres exan- thmatiques , la cliore , l'pilepsie , et certaines affec- tions vermineuses. Je ne puis m'arrter ces prtendues proprits de la tige ^ mais il me semble qu'on pourrait employer le snc de la racine dans tous les cas o les narcotiques sont indiqus, c'est--dire contre les con- vulsions , la goutte , comme rsolutif sur les engorge- mens , les tumeurs scrophuleuses , les squirrlies ^ le suc de la racine et de la partie corticale passe pour mto- cathartique , mais il est dangereux. On l'applique ext- rieurement sur la morsure des btes venimeuses , sur les bubons syphilitiques , le sarcocle commenant ; on prescrit le feuillage en bains et fumigations. Mode d'dmiiistration. Le suc des feuilles se donne conune purgatif la dose d'une deux onces , et celle de quatre onces dans une infusion vineuse. La teinture de la racine produit de la narcotine. EXPLICA.TION DE LA PLANCHE CENT SOIXANTE-DIX-NEUF. 1. Graine. yv.y/^o y/u'ot^ore J3eieoaurtii<. /'mr JVref licu^Bji/. /UaAivajJs ecahlatk. ( i35 ) vvvvvvvx^vvvvvvvvvvx^-.^/v^vvvvvvvvv\^vvvx^^-v^vvv^^A/vvv.v^^,vv^.^^i^^^^ AMARYLLIS CARLATE. {Toxique narcotico-dcre.) Synonymie. Vulgairement Belladone. Lis rouge. Ama- ryllis Punicea. Linn. Hexandrie Monogynie; Jussieu, fa- mille des Narcissodes. Tournefort, Liliaces. Lilium americanum, puniceo flore, Belladona dictum. Herm. Par. 194, t. 194. Lilium rubrum. Mrian. Surin. 22. Ama- ryllis. Mill. Dict., tab. 23. Caractres gnriques. Plante unilobe de la fa- mille des Narcisses , ayant beaucoup de rapport avec les Hmantes et les Panerais , offrant pour caractres : une fleur sans calice , enferme lors de son dveloppement , soit seule, soit avec d'autres, dans une spatlie mem- braneuse s'ouvrant par le ct et se divisant en deux parties. Corolle campanule , divise en six pices lan- coles, munie dans son bord intrieur de six petites cailles pointues. Six tamines dont les filamens , sou- vent inclins , soutiennent une anthre oblongue ^ ovaire infrieur , ovale , arrondi , surmont d'un style filiforme termin par un stigmate trois divisions. Cap- sule ovale , trois loges , s'ouvrant par trois valves , et contenant plusieurs semences. Caractres particuliers. Spatlie multiflore. Corolles Tome IIl. ^5^ Livraison. 11 ( 136 ) campanules gales , rflchies sur l'onglet-, sexes incli- ns. Les feuilles sont radicales. (Vivace). Histoire naturelle. Cette superbe plante se trouve dans les bois ombrags , Surinam , Cayenne et aux Antilles. On la cultive en Europe dans les jardins des curieux, o elle fait le plus bel ornement de la saison. Le mot Amaryllis est driv du verbe A'MAPSSf2 qui si- gnifie je brille. Elle se multiplie par les cayeux. On la conserve dans de la terre de bruyre mdiocrement ar- rose , et on la tient l'exposition du soleil , abandon- ne aux soins de la nature , au milieu des plantes de toute espce dont elle est environne Oh ! combien chaque fleur , en ce riant ddale , Enivre l'odorat des parfums qu'elle exhale I Bos JOLIN. Caractres physiques. La lige de l'Amaryllis car- late est une hampe nue , haute de douze quinze pou- ces Il portant son sommet une ombelle magnifique de deux quatre fleurs campanules, vases, teintes d'un beau rouge carlate , et ayant leur fond d'une couleur ple ou d'un blanc jauntre plus ou moins abondant. Lorsque la plante est en fleur ,^ elle se dpouille de ses feuilles, mais elles sont remplaces par d'autres qui bientt se fanent et se dtachent de l'oignon qui les nourrissait pour faire place de nouvelles fleurs. Ces feuilles ressemblent celles des Narcisses. Les fleurs paraissent en septembre ou octobre. Analyse chimique. Les ptales contiennent une ma- tire colorante , rouge , rsineuse ^ une partie cxtrac- ( 13, ) live, de la gomme et de la fibre ligneuse*, roiguoii , un principe volatil , et une matire extractive , acre et amre , de la bassorine et beaucoup d'amidon. Proprits dltres. L'oignon fournit un poison irritant qui peut donner la mort en deux ou trois heures de temps la dose de trois gros. Il est mtique , il en- flamme les membranes avec lesquelles il est mis en con- tact , et est plus facilement absorb et port dans le torrent de la circulation. Il agit particulirement sur le systme nerveux , en dtruisant la sensibilit , et sur la membrane muqueuse de l'estomac qu'il enflamme. Symptmes d'empoisonnement. Constriction la gorge , chaleur acre et mordicante , douleur buccale , du pharynx , de l'estomac et des intestins ^ nauses, vomis- semens de couleur variable, mls de stries sanguino- lentes ; ne faisant point eifervescence , et ne verdissant pas le sirop de violette^ diarrhe coUiquative , djec- tions sanguinolentes , rapports ftides , hoquet , pouls acclr , dyspne , soif insupportable , dysurie , cram- pes , froid des extrmits , convulsions , face hypocra- tique. Secours et antidotes. Vomitifs doux , boissons aci- dules. Proprits mdicinales. L'infusion des belles fleurs de l'Amaryllis est estime anti - spasmodique , et quelquefois employe avec avantage dans les maladies nerveuses et la coqueluche. Quelques-uns recommandent le sirop d'Amaryllis dans la dyssenterie ; mais je n'en ai pas fait usage. Les bulbes sont acres et provoquent le vomissement. Mode d'administration. L'infusion, le sirop, ou l'ex- trait, se donnent des doses varies selon l'gc du ma- ( >38 ) lade et le caractre de la maladie. L'extrait tant nn poison, doit s'administrer avec la plus grande circons- pection. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT, 1. Etamine. 2. Fruit. 7'/.j/iy 7'/'it-i>iJorr /^e.ri*/ur/i/\ Paui FATUNIE AILKE, ( '39 ) \\IVV\IV\'WV'VVV>^VWk'VVW'V i^W VWWV VWvW WVWVV\^/W\ WWWVWVWVW VWV\A>W^V\'V\'W wv vv\ vw PAULLINIE TERNEE. {Toxique narcotique.) Stnontmie. Vulgairement Liane scie, ou Curaru. Liane empoisonner les flches. PauUinia Gururu, Linn. Oc- tandrie Trig-ynie , famille des Savonniers. PauUinia foliis ternatis, petiolis marginatis ; foliolis cuneiformibus , oblu- sis, subdenlatis. Lin. Spec. plant. 2, p. 524. Mill., Dict., n. 3. PauUinia foliis ternatis ; foliolis obtusis , vix denti- culatis , glabris, desinentibus in petiolum proprium. Hort. Cliff. i5i. Gururu scandens , tripbyUa. Plum., gen. 34? ic. 111, fig. 2. Paullinia*foliis ternatis, petiolis margina- tis. Jacq., Observ. bot., p. 5, pag. n, tab. 6i, fig. 4- PauUinia (Gururu) capsulis pyriformibus, obtusis; foliis ternatis; foliolis oblongis , dentato-serratis, subacuminatis; petiolis alatis. Scbumacher. Act. Hist. nat., haf. 5, p. 2, p. 121. Wild. Spec. Plant., vol. 2, p. 460 ( Vivace ). Kaka. Toddaly. Malab. Espino do Ladrao. Espag. Gururu. Ape. Garaib. \>- Cahcthes GF,?fRiQUES.. Plaute fleurs polyplales, de la famUle des Savonniers , tiges grimpantes, sarmen- teuses , les feuilles bines , ternes , ou ailes avec im- paire ou sur-composes *, les fleurs disposes en grappes, dont les pdoncules sont solitaires , axillaires , munis dans leur milieu de deux vrilles. Tome IIL 4^* Livraison, 12 i9 r 4o ) Caractres particuliers. Calice quatre folioles ; quatre ptales glanduleux leur base; trois capsules py- riformes , sans ailes membraneuses. Feuilles ternes ; ptioles margins. (Amer, mrid.) Histoire naturelle. Ce genre a t consacr un bo- taniste sudois; la singularit de son feuillage toujours vert , de sesfleuis et de ses fruits qui produisent un joli contraste avec la verdure , fait rechercher cette liane pour Tornement des jardins et la garniture des cour- tines de verdure. En Europe elle vient trs bien en terre substantielle , une exposition mridionale ; on la mul- tiplie de marcottes , boutures , rejetons , et aussi de grai- nes qu'on sme au printemps , et qu'il faut repiquer dans des pots spars. Les jeunes plants fleurissent la seconde anne , s'ils sont expos- Fombre , et surtout s'ils sont frquemment arross. En Amrique la Paullinie porte ses fruits en aot et septembre. * Caractres physiques. La liane h scie se distingue par- ticulirement par ses feuilles simplement ternes. Elle a des tiges flexibles , sarmenteuses , grimpantes , lisses , garnies de vrilles qui sortent de i'aissele des feuilles. Ces dernires sont alternes, ternes, munies de longs ptioles ails dans toute leur longueur. Les folioles sont presque sessiles , oblongues, assez grandes , obtuses leur sommet , quelquefois aigus . munies . except la bas , de dentelures cartes , acumines ; les grappes de fleurs sortent avec les vrilles de l'aisselle des feuilles ; elles res- semblent , ainsi que leurs fruits , celles du Paullinia Curassavica , mais les fruits ont la forme d'une poire plus fortement prononce. (Encycl. mth.) \ ( 4- ) Analyse chimique. Toute Ja plante produit un priii- eipe extractif amer gommo-rsineux , comparable To- pium ; plus un alcali va^tal d'une odeur erapyreuma- tique volatile. Proprits dltres. Ce sont les semences que les ngres pcheurs emploient de prfrence pour enivrer les poissons. On les prpare en les crasant . puis en les malaxant avec du moussa (farine de mas) , ou de la cas- save (farine de Manioc.) Prises une forte dose , ces se- mences produisent les mmes rsultais funestes que les stramoines dont il a t parl plus haut. Les sauvages de la Guiane enduisent du suc venimeux de cette plante le bout de leurs flches , afin d'en rendre les plaies mor- telles. Symptmes d'empoisonnemeist. Les malades prou- vent des tourdissemens , des vertiges , une ivresse d'a- bord gaie , et remplace bientt par un dlire frntique; ils deviennent furieux , menacent , frappent ceux qui les environnent, puis tombent dans un affaissement suivi d'un coulement involontaire d'urine et de matires f- cales , de convulsions et de la mort. Secours et antidotes. On doit administrer ces malheureux le traitement le plus convenable pour l'em- poisonnement par les narcotiques , c'est--dire de doux vomitifs , s'il n'y a pas trop d'irritation , des lavemens laxatifs, si le poison a franchi l'estomac , et est parvenu au tube intestinal ; enfin des boissons acidules. Proprits mdicinales. On emploie comme stup- 12* ( i4->. ) iians les racines , et Tliuile o Fou a fait bouillir les fruits, comme linimenl anodin. Les naturels recomman- dent l'usage des bains du feuillage de cette Paullinie dans les cachexies dont les ngres surtout sont si souvent affects aux colonies. Ils les estiment non moins utiles dans l'anasarque, la bouffissure et l'enflure des pieds. Mode d'admi]mstratiow. La dose pour les lotions est d'une forte poigne pour deux livres d'eau rduites moiti. Pour les bains six poignes pour une voie d'eau. Les racines et les fruits se font bouillir dans l'huile , la dose d'une demi-livre de chaque pour deux livres d'huile. Cette prparation remplace le baume tranquille dans les nvralgies. XPLICATIO]N DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-T N. La plante est rduite au tiers de sa grandeur. 1. Fleur entire. 2. Fruit coup transversalement, dont les valves sont cartes, et les cloisons opposes aux sutures des valves. 3. Semences. /y, y/2 ^m.KISA.SSIKI! A Fi^.llU.KS LAKGE5. ( i4:^ ) VVVVVVVVVVVVVVVV\V\VVVVlVVVV\'VV\v\VV\^VWWVvWv\\lVVVV\l\\l\\VV\V\\VVVV\\VV>VX\VV\VVW'\V\V CALEBASSIER VEAEAEUX. ( Joxique narcoiico-dcre. ) Syn "NYMiE. Calebassier feuilles larges. Arbre Couis. Crescentia latifolia cucurbitina. Linn. Didynamie Angyo- spt;rmie. Juss., famille des Solanes. Crescentia foliis ovitis petiolatis alternis , fructu ovato acuminato ; semini- bus orbiculatis compressis. Lam. Cujete latifolia , fructu putamine frag-ili. Plum. Gen. 23. Burm. Amer., tab. 109. Crescentia foliis alternis, lato-ovatis, obtusis, rmis laevibus erectis ; fructu ovato, subtrigono , acuminato. Tussac. Caractres gnriques. Fleurs niouoptales , per- sonnes , feuilles simples et alternes , ou par paquets. Calice eu deux parties , gal -, corolle gibbeuse ; baie p- dicule une loge ; contenant beaucoup de semences en forme de cur , biloculaires et niches dans une pulpe. Caractres particlliers. Feuilles alternes , larges, ovales , obtuses ^ rameaux relevs -, fruit ovale , presque triangulaire et acumin. (\ivace.) Histoire katurelle. Ce Calebassier. bon signaler, pour qu'on puisse se mettre eu garde contre sa dange- ( 44 ) reusc influence, et le dtruire toutes les fois qu'on le rencontre , habile les lieux ombrags des lagons marca- geux, ou le bord des rivires-, tandis que les autres ca- lebassiers ne russissent que dans les terrains secs. Les fruits des calebassiers se nomment machamona en Gui- ne ^ cohjne ou cuief , ou hjguero dans la Nouvelle- Espagne . et couis dans les colonies franaises. On voit aux colonies cet arbre des lagons rvr par les ngres empoisonneurs qui Fentourent t^n certains jours de fte, dansent en marmottant leurs imprcations, et extraient des fruits la pulpe qui doit donner la mort. Les ngres polics ont renonc depuis long-temps ces jongleries 5 mais on doit tout redouter des ngres africains , qui ne savent point oublier leurs coutumes superstitieuses. Caractres physiques. Le Calebassier feuilles lar- ges diffre beaucoup du Calebassier feuilles longues , par la forme de ses feuilles , et par celle de ses fruits beaucoup plus petits et jdus mous. C'est un arbre dont la cime , fort ample et bien garnie , donne beaucoup d'ombrage. Son tronc , sans tre fort baut, ni droit , est beaucoup plus pais que le corps de l'homme. Son bois est solide et recouvert d'une corce d'un gris rousstre. Il pousse des branches nombreuses , ramifies , feuilles et trs-ouvertes. Les feuilles ne viennent point par pa- quets, comme dans l'espce feuilles longues. Elles sont alternes , ptioles , ovales , entires, trs-glabres, assez semblables celles des citronniers , et ont eriviron six pouces de longueur sur une largeur de trois pouces. Les rameaux, au lieu de vgter horizontalement , sont rele- vs, et ils sont unis au lieu d'tre noueux. Les fleurs sont plus blanches que dans les autres Calebassiers. Elles ( 145 ) produisent des fruits ovalair es de la forme de nos citrons , mais plus gros. Leur coque est souple , mince et fragile, renfermant, dans une pulpe blanchtre, beaucoup de semences orbiculaires comprimes , d^ la grandeur d'une pice de cinq sous de France , et qui semblent formes de deux reins joints ensemble par leur ct intrieur. Ces semences sont brunes, se divisent en deux lobes , et ont s, la chair amre. (Encycl. ) Analyse chimique. La pulpe des fruits de cette es- pce dangereuse nous a produit une huile grasse , une matire semblable la ctine -, du tannin trs-styptique, rnatire animale particulire , mucilage , albumine , acide actique -, Actate d'ammoniaque , phosphate de potasse et de l'eau. Proprits dltres. M. Tussac , dans sa belle Flore , cite , au sujet des qualits dltres de ce fruit , un vnement malheureux arriv au Mirbalais , le de Saint-Domingue , dans le temps que ce canton a t en la possession des Anglais. Cinq soldats , dit-il, avant ren- contr des fruits de ce Calebassier, eurent l'imprudence d'en goter , ils leur trouvrent le got de concombre , et en mirent plusieurs dans la chaudire o ils faisaient leur soupe ^ ils piirent tous les cinq. Symptmes d'empoisonnement. Coliques , flatuosits , vomissemens et djections alvines involontaires-, mouve- mens convulsifs , frissons , pouls intermittent , sueurs colliquatives et la mort. ( "46) Secouus et antidotes. Vomitifs doux au dbut, puis boissons gommeuses et acidules. Proprits mdicinales. Je ne lui en connais aucune. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-DEUX. i. Graine. //./.yj. y^A^ot/a^r jOf,rfr*tj/'/f/\ /^in.i yv/'f*' 'r KFii I? o .^ F. vf;>^e :vF;r.sE. ( '47 ) \^/VVVV^WVVVVVV\VVVVVVi/VVVVVVV\VVVVVVVVVVV\\VVVVVVVVVVVVV\A^ * r TEPHROSE VENENEUSE. ( Toxique narcotique. ) Synonymie. Tephrosia toxicara. Tussac, vol. i, p. i44 Linn., class. 17, ord. 4 Diadelphie Dcandrie. Juss., class. i4j ord. 2. Lgumineuses. Caractres GNRIQUES. Calice tubuleux ingal cinq dents \ corolle papilionace irrgulire *, dix tamines monadelphes. Lgume comprim , un peu arqu , coriace. Caractres particuliers. Racines tubreuses-, tige herbace , cannele , villeuse \ feuilles pinnes galemenlj folioles oblongues lancoles, villeuses en dessus, gar- nies de longs poils argents par-dessous^ stipules distin- gus du ptiole 5 grappes de fleurs terminales. Histoire naturelle. Cette plante a, dit-on, t appor- te d'Afrique aux Antilles par les ngres ; elle ne s'y est que trop bien naturalise , dit Tussac , par l'iibus que font quelquefois les Croles de ses mauvaises qualits. Les ngres pcheurs recherchent la Tphrose dont ils mlent les feuilles leurs appts , aprs les avoir piles entre deux pierres. Cet appt peut enivrer , et mme ( '48 ) faire prir le poisson dans les rivires. Ils mlent cette espce de pte avec de la cassave. Le poisson , quoique mort par ce moyen, ne fait aucun mal ceux qui en mangent. Les chvres broutent avec avidit les feuilles de celte plante, que l'on cultive dans presque toutes les habitations, sous le rapport d'utilit et d'agrment, car elle mrite; une place dans les parterres. Caractres physiques. Cette plante , selon Tussac , a des racines tubreuses vivaces, d'o sortent des tiges annuelles d'environ deux pieds et demi trois pieds au plus. Ces tiges sont paisses, canneles, couvertes de poils fauves ; elles sont garnies de feuilles alternes, pin- nes, dont les folioles oblongues , lancoles, bordes de jaune, sont couvertes sur la surface suprieure de poils courts, gristres , et par-dessous de longs poils ar- gents. A ct de chaque ptiole , il y a deux stipules en forme d'alne. Les fleurs , de coulrur pourpre , sont disposes sur une grappe terminale, garnie de stipules. Le calice des fleurs est tubuleiix, cinq dents ingales. La corolle est compose d'un tendard ouvert , pourpr, ayant sa base une tache jaune ^ les ailes sont oblongues, et la carue arque. Les tamines monadelphes sont au nombre de dix. Le germe , pos obliquement sur son rceptacle , est plat , oblong , velu , surmont d'un style recourb stigmate pointu. Le fruit est une gousse oblongue comprime, un peu arque, couverte d'un, duvet gristre: les graines sont un peu rniformes-, marques de points noirs et de points blancs. Cette plante se trouve en fleurs pendant une grande partie de 1 t. Les tiges prissent tous les ans. Elle se plat dans les terres arides et exposes au soleil. ( i49 ) Analyse chimique. Cette plante, qui a beaucoup de rapport avec le galga soyeux , contient beaucoup d'acide carbonique \ une eau jaune acidul , sature d'am- moniaque ; une huile visqueuse noire , du charbon et de la cendre. Proprits dltres. Les noirs , infidles leurs matres , exercent contre eux une vengeance inhumaine, en versant dans les mets qu'ils leur ont prpars , le suc vnneux de la Tphrose. L'effet du suc mortifre de la Tphrose est plus prompt s'il est inject dans les veines, ou mis en contact avec le tissu cellulaire sous-cutan de la partie interne de la cuisse. Il agit promptement sur le systme nerveux par sa vertu stupfiante. Symptmes d'empoisonnement. Ardeur et spasme de l'sophage , de l'estomac et des intestins 5 ventre bal- lonn , somnolence ; frissons , ris sardonien , sueurs froi- des et visqueuses , syncopes frquentes , symptmes nerveux. Secours et antidotes*. Doux vomitif, boissons muci- lagiueuses et acidules. " Proprits mdicinales. Les racines , d'une odeur nausabonde , sont indiques par les naturels comme anti-psoriques par excellence. On a vu des galles invt- res qui avaient rsist tous les moyens , cder aux lo- tions ritres d'une dcoction rapproche de ses racines. Mode d'administration. On ne 1 emploie qu ext- rieurement. La dose est d'une poigne par pinte d'eau bouillante rduite moiti. Le suc de la plante a plus de ( -So ) vertu , et peut remplacer la cvadille , ce terrible agent destructeur des Sarcoptes. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-TROIS. La plante est rduite aux deux tiers de sa grandeur. 1. Calice. 2. Une des ailes dtaches, montrant son long onglet. 3. Tube form par les filets des taraines. 4. Ovaire. yy. /<94. TTu^tr*' /M^cotrrft/x. Pt^**- Pflr-rt' Srt/n . IIArVOLFE F.I-ANniATME* ( i5i ) , V\\WVVVV\VVVVVVVVVVVVVV\VVVVV\VVVVVVVVVVV\'VV\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\^VVVVVVVVVVVVVVVVVV%\^|\^ RAUVOLFE BLANCHATRE. ( Toxique narcotico-cre . ) Synonymie. Bois laiteux feuilles longues et troites. Rauwolfia canescens. Linn, Pentandrie Monog"ynie. Juss. , famille des Apocvnes. Rauwolfia foliis quater- nis, oblongo-ovatis , acuminatis, pubescentibus ; floribus terminalibus axillaribusque. Wilden. Spec. Plant., vol. i, p. 1218, n.2. Rauvolfia subpubescens. Linn. Spec. Plant., vol. i,p. 3o3. Rauwolfia birsuta. Jacq^ Amer. Aj^n. 1. Rauwolfia fructcosa, foliis verticillatis, tenuissim vil- losis. Brown. Jam. 180. Rauwolfia tetraphjUa, angusti- folia. Plum. Gen. 19. Icon. 236, fig. 2. Solani fructufru- ticosa , foliis laurinis oblongis , integris , subtus hirsutis. Sloan. Jam. 173. Hist. 2, p. 107, tab. 211, fig. 1. Arbor Svcopbora Jamacensis , foliis minoribus. Pluk. Phytogr. 266, fig. 2. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes-, monoptales , de la famille des Apo- cynes , tiges droites , feuilles verticillcs ou quater- nes, les fleurs souvent terminales , ou en corymbe \ ca- lice fort petit , h cinq dents -, corolle infundibuliforme \ drupe globuleux deux semences. (Encycl.) Caractres particuliers. Fleurs contournes ; baie succulente, disperme^ feuilles comme pubescentes. (Vi- vace. ) ( >'- ) Histoire naturelle. Cet arbrisseau , qui croit eu Amrique aux lieux secs , el parmi les broussailles , se rencontre assez frquemment la Jamaque , Cuba , St.-Domingue et autres les Antilles. On a soin de le d- li^uire sur les habitations , car il y offre aux malfaiteurs un objet de tentation qui peut les porter commettre quelque crime. Je l'ai remarqu en Europe dans plusieurs jardins de curieux, o il se plait expos un demi-so- leil , en terre frache de bruyre , et il se propage par graines et par l'clat de ses racines. Caractres physiques. Cet arbrisseau, selon le sol o il est expos, varie de proportions , car on en ren- contre depuis la taille d'un pied jusqu' celle de huit. Ses jeunes rameaux, mdiocrement velus, sont garnis de feuilles quaternes , ovales, rtrcies leur base, ai- gus leur sommet, entires leur contour , rugueuses, velues , supportes par des ptioles cylindriques et velus. Les fleurs sont fort petites , rougetres et sans odeur : lies sont disposes en grappes sur des pdoncules com- muns , rameux, qiiaterns , terminaux; leur calice est compos de cinq petites folioles lancoles: les dcou- pures du lymbe de la corolle sont presque carres , un peu chancres leur sommet, peine obliques. Les poils qui en garnissent l'orifice sont confus et sans or- dre. Le fruit est un drupe presqu' deux lobes , d'abord de couleur rouge , et qui devient ensuite presque noire ; il renferme deux noix rugueuses , planes d'un ct , con- vexes de l'autre , deux loges , contenant un seul noyau , rarement deux. Analyse chimique. Le suc laiteux du Rauvolfe con- ( 53 ) tient une rsine cassante et dure , du caout-chouc, une matire exlractive , une substance glutineuse , un acide , de Talbiimine et de Teau. Proprits dltres. J ai observ que les quabts malfaisantes de cet arbrisseau sont plus exaltes lorsqu il a pris son accroissement au milieu des rochers exposs un grand soleil , que lorsqu'il vgte dans un bas-fond, et lorsqu'il est abrit par les grands arbres des fors. On m'a assur que ses manations seules , aprs une on- de , suffisaient pour causer les plus graves accidens ceux qui s'en approchaient alors , et se reposaient sous son om- brage. Comme ce fait ne ma t attest qu' l'poque de mon dpart pour l'Europe, et que je n'ai pu vrifier cette assertion , je ne me prononce point cet gard. Ce que je puis affirmer, c est que toutes les parties de l'ar- brisseau sont lactescentes et vnneuses. Symptmes d'empoisoknemewt. Douleur buccale , cons- triction du pharynx , ardeur cuisante l'estomac et aux intestins ^ nauses , vomssemens de matires qui ne font point effervescence sur le carreau, et ne verdissent point le sirop de violettes. Constipation ou diarrhe sanguino- lente -, rapports nidoreux . hoquet , dyspne; pouls acc- lr , petit, serr et souvent intermittent: soif ardente , dysurie , convulsions, froid des extrmits et la mort. Secouks et antidotes. Les doux vomitifs convenant au dbut dans tous les cas d'empoisonnement, lorsqu'il n'y a pas trop d'irritation , je leur fais succder le jus des oranges , du citron , et quelques boissons mollientes , mucilagineuses ou aromatiques , suivant les cas. C t54 ) Proprits mdicinales. Les principes acres de ce Rau- volfe Floignent du formulaire pliarmaceutique des pr- parations employer l'intrieur -, mais il offre des res- sources la mthode iatraleptique , et son extrait com- bin avec riiuile de licin, forme un liniment qu'on peut prescrire, et qui russit presque toujours dans les affec- tions chroniques de la peau , ptiriase, les dartres et autres maladies rebelles. Mode d'administration. Un gros de l'extrait de Rau- volfe sufiit pour quatre onces d'huile de Ricin. explication de la planche cent quatre-vingt-quatre, La plante est rduite moiti de grandeur naturelle. 1. Corolle ouverte pour laisser voir l'insertion des ta- mines. 2. Le calice et le pistil. JV. jSS 27i*ot/orf Demtrur/i/x J'enj- V'Jwi? Scu/p . ^^HllElJ.E. .S033BI1K ( -55 ) ^VVVWVVVVVWVWWVVVWVWVVVVWVVWWVWVWVWVkrV\ vwvvvvvwwwvwvvwv\^awvww> VW vw MORELLE SOMBRE. {Toxique naixotque.) Synonymie. Vulgairement Amourette francLe ou Tabac mar- ron. Solanum triste , Linn, Pentandrie Monogjnie. Tourn. Ljcopersicon, cl. 2, infundibul. Juss., famille des Solanes. Solanum caule inermi frutescente ; foliis lan- ceolato-ovatis, subrepandis, glabricymis , brevibus , late- ralibus, Lam. Jacq. Amer., p. 5o, tab. 4oj f- 2. Solanum non aculealum de Nicolson. En carabe Onlonmel , Aguaraquja. En espagnol, Hierba mora. En portu- gais, Herva moura. En anglais, Black nightsbade. Nellen-tsjunda , en malabarois. En crole, Bredes-mo- relles. Caractties gnriques. Calice subcanipanul cinq divisions, persistant^ corolle rotace *, tube trs-court: limbe cinq divisions tales. Les anthres sont allon- i^es , conniventes , s'ouvrent par un petit trou pratiqu au sommet de chaque loge , et forment une espce de petite pyramide centrale. Baie deux loges , entoure sa base par le calice persistant. Caractres particuliers. Tiges sans pines sous- ligneuses -, feuilles lancoles, oblongues, glabres-, grap- pes presque en cime. Histoire naturelle. Cet arbrisseau de peu d'clat , la Morelle aux grains d'or, aux longs bras sinueux, crot aux Antilles sur le bord des rivires vi parmi les broussailles. Il y fleurit en mai. Ce genre , type de la famille des Solanes, fournit des plantes suspectes. Les proprits calmantes et narcotiques des espces de cette Tome III. 47* Livraison. l'S ( '56 ) olasse lonr ont fait donner , dit Mordant De Lannay , le nom de Solaiumi, de solare ^ consoler (adoucir les dou- leurs). Selon rhorlicnlteur , 4e nom franais Morelle d- riverait de la couleur noire des fruits de l'espce la plus commune \ Mos elle serait en ce cas le fminin de Tad- jectif wo/'c^^w , qui sert indiquer la couleur noire d'un cheval. En Europe on multiplie la plupart des Morelles par leurs graines semes sur couche au printemps ; Tan- ne suivante ce plant donne fleurs et fruits , si l'on a soin^ de Farroser et de l'exposer au soleil. Cakacti'res physiques. Cet arbrisseau s'lve pvs de douze pieds. La coideur noire-verdtre de ses liges et de ses feuilles lui donne un aspect triste et dsagrable. Ses feuilles sont pointues , alternes , longues de sept huit pouces sur deux pouces et demi de large : elles sont lisses, entires, aigus leurs deux extrmits, se r- trcissent leur base en forme de ptiole. Ses fleurs sont des grappes latrales , portes d'abord sui- un pdoncule comuun , pais, long , qui se divise en pdoncules pro- pres , formant uie cime presque ombelle. Les fleurs^ sont petites, blanches, nombreuses. Les piemires fleurs se dtachent facilement sans mrir, ce qui fait que le pdoncule commun parait comme couvert de cicatrices. Les baies sont globuleuses , d'un jaune sale , renfermant une pulpe glaireuse sucre , et contenant beaucoup de petites graines plates et arrondies. Il y a une varit fleurs violettes. AiALYSE CHIMIQUE. Lcs fcuillcs dc ccttc plautc , frois- ses entre les doigts , rpandent une odeur vireuse et nausabonde. Elles fournissent de Fhuile volatile et de l'extraclif lgrement amer. On doit M. Desfosses, ( i57 ) pliarmacien Besanon , la dcouverte de la Solanine. C'est dans les baies principalement qu elle se trouve en abondance ; elle v existe Ftat de nialale. Pour Fob- tenir, on traite par Fammoniaque le suc iiltr de ces baies ^ on dtermine par ce moyen la prcipitation d'un dpt gristre. Ce dpt reu sur un filtre , lav et trait par l'alcool bouillant , donne par Fvaporation la base salifiable qui se trouve assez pure , si on a opr sur des baies parfaitement mres. Mais si on traite le suc des baies encore vertes , la Solanine reste unie une certaine fruantit de cloropliylle dont on a beaucoup de peine ia dbarrasser. Etant pure , la Solanine ollre une poudre blancbe , opaque , nacre, sans odeur, lgrement amre et nausabonde. Son amertume se dveloppe par sa dis- solution dans les acides , surtout l'acide actique. Les sels qu'elle forme avec eux sont incristallisables. Leur solution offre une masse gommeuse , transparente et fa- cile pulvriser. La Solanine est insoluble dans l'eau froide. L'eau chaude n'en dissout pas 1/8,000; l'alcool en dissout une petite portion. Elle ramne au bleu ; le papier de tournesol rougit par les acides ; elle s'unit mme, froid , avec les acides, proprit que partagent les alcalis vgtaux. Proprits dltres. Deux ou quatre grains de Solanine introduits dans l'estomac d'un chien ont excit des voniissemens violens , suivis d'un assoupissement qui a dur plusieurs heures. Si Fhomme avale une petite quantit de Solanine il prouve la gorge un senti- ment trs-vif d'irritation. Porte dans la bouche, elle offre une saveur nausabonde , amre , et qui le devient beaucoup plus , si on dissout la substance dans un peu d'acide actique. i3* ( i58 ) Symptmes d'empoisonnement. Voniissemens , ver- tiges , affaiblissement de la vue , le narcotisme , etc. Secours et antidotes. Les acides vgtaux et bois- sons mucilagineuses. Dans le cas d'affection soporeuse , on fait frictionner tout le corps avec du vinaigre. Proprits mdicinales. Les Morelles exercent sur les proprits vitales du systme nerveux une action sdative comparable celle de la cigu et de la jusquiame. Leur usage prolong russit dans le traitement du rliu- matisme chronique et de Flijdropisie. On n'emploie que Tactate la dose d'un quart de grain. Il produit des nauses , mais point de tendance au sommeil. Ses pro- prits vomitives paraissent plus dveloppes que celles de Fopium ^ tandis que ses proprits narcotiques le sont videmment moins. On l'emploie pour remplacer l'ex- trait de Morelle. Le naturels estiment la dcoction des racines dans les fivres, catliarrcs , strangurie , et en y ajoutant le cardamoiue''^ ils l'ordonnent comme carmi- native. Selon eux , le suc des feuilles ou des racines dans du vin gurit les dfaillances et le prurit incommode qui Hffecle certaines parties du corps. Ils s'en servent petite dose pour arrter les vomissemens , tandis qu' rrande dose ils sont excits par cette plante hroque. Appliqu extrieurement en cataplasme , le feuillage est utilement employ dans le gonflement atonique des glandes et des articulations. Mode d'administration. La dose de l'extrait est d'un cinq grains*, celle de la Solanine d'un trois grains. EXPLICATION DK LA PLANCHE CENT QUATRE VINGT-CINQ, La njynle csi icprtsonte denii-grandt'ur naturelle. P/. u9. TAaoCi^-re jfenvurti/K ]Pi/ia ./Vwc .Cru^ 3OKELLE MA>011F03i3li^. . ( 1% ) VVVVVVvV\VVV*'VVVVVVVVV\'VV\'\'V\A'VVVVVVvVVV\'VVVVVVVVVVVV\*/V\iVVVVVVWVV/\^VVVVVVV\'VVVVVV\VVVvV"lV\V MORELLE MAM^^lIIORME. ( Toxique jiaj'CoUque. ) Synonymie. Vulgairement Morelle molle , Amourelte b- tarde. Pomme -Poison , Pomme-Teton , ou Poire de Ba- chelier, Mrian Surin., 27, t. 27. Solanum mammosum , Linn. Pentandrie Monogynie. Tournef , infundibuii- formes. -Juss. , famille des Solanes. Solanum caule aculeato , lierbaceo ; foliis cordalis , angulato-lobatis , utrin- que villosis , aculeatis, Vir. Cliff. i5, Hort. 4^5. Sola- num barbadense, spinosum , annuum; fruetu aureo, ro- tundiore , pyri parvi inversi forma et magnitudine, Pluck. Pbjt., tab. 2 25 , f. 1. Solanum foliorum nervis et acueis flavescentibus , fruclu mammoso. Plum. V. iv, p. 3y. . Caractres physiques. Corolle en rosette ; antlires comme coalises , ouvertes par le sommet par deux pores *, baie deux loges. Caractres particuliers. Tige aiguillonne . herba- ce ^ feuilles cordi formes , angles et lobes, velues des deux cts, aiguillonnes. (Annuelle.) Histoire naturelle. Le dessin de cette plante , re- marquable par son port et les beaux aiguillons jaunes dont le dessous des feuilles est arm, me rappelle l'en- droit fatal , en sortant du Cap ( ile Saint-Domingue ) , appel la Fossette^ o tant de blancs furent impitoya- blement gorgs par les ngres rvolts. Cette Moreliey crot en abondance auprs des tanneries et le long des vieux murs dtruits partie par le temps et partie par rincendie. On Temploie beaucoup en mdecine. (Jn la ( 'fio ) cultive en Europe o elle demnndc les mmes soins que la prcdente. CarActties physiques. Cette plante , nervures et aiguillons jaunes , s'lve , avec une tige garnie de longs poils , aiguillonne et herbace , la hauteur de trois quatre pieds. Ses pines sont fortes , jauntres ^ les unes droites , d autres un peu recourbes vers leur pointe. Elle pousse des rameaux peu nombreux. Ses feuilles sont grandes, la plupart plus larges que longues, en forme de cur, divises en lobes ingaux, anguleux^ velues des deux cts , garnies de quelques piquans sur leurs ctes. Ses fleurs naissent parses sur les tiges et les branches ; le pdoncule se divise ds sa base en deux parties. Tune ordinairement uniflore, et l'autre runi- fie de nouveau, et formant un corvmbe. Le calice est cinq dents troites, linaires, ingales , sans picj[uans , charg de longs poils blanchtres. La corolle est d'un bleu ple , petite ^ il lui succde des fruits jaunes de la grosseur d'une forte corme renverse. Akalyse chimique. Cette Morelle exhale une odeur lgrement ftide, comme tous les narcotiques, et fait prouver la dgustation une saveur fade et herbace. Elle fournit une matire amre , nausabonde , soluble dans l'alcool , et donnant de l'ammoniaque par la d- composition au feu. Proprits dltres. Tous les fruits des Solanes ont une vertu froide et narcotique , ce qui constitue cette Morelle sdative , anodine et rpercussive. SvMPTMrs d'kmpoisoinnemeint. Assoupissement , dou- leurs du pharynx , inapptence ^ au rveil , ivresse et fu- rcm , manie avec penchant au suicide. Yeux hagards et ( i6i ) immobiles , visage riant. Paralysie de Tsopliage. Agita- tion avec soubresauts, perte de connaissance pendant vingt-quatre heures. Convulsions en avalant. Excrtion de sang par le nez et l'anus. Le troisime jour on remar- que des vomissemens sanguins et purulens , des aphtes au palais , perte de la vue et de la, parole. Enfin la mort devient le terme de ces souiTrances , si on nglige d'em- ployer les moyens avous par l'art. Secours et antidotes. Les acides vgtaux sont le contre-poison de toutes les Morelles. C'est ainsi qu'on peut prescrire une limonade de citrons ou de tamarins , une eau mielle avec le sirop de Ketmie acide ( oseille de Guine ). Proprits MDICINALES. Je l'ai administre avec succs dose fractionne , dans de violentes cardialgies , dans plusieurs autres douleurs nerveuses, et dans beaucoup d'affections locales douloureuses , dans la cure des dar- tres rongeantes, et des autres maladies de la peau , re- belles aux moyens ordinaires. C'est par sa vertu sdative qu'elle convient en topiques dans les cas d'ischurie spas- modique , la strangurie et les douleurs nphrtiques. On en recommande les topiques contre les brlures et pour le soulagement des hmorrodes. Mode d'administration. On applique le feuillage de cette plante calmante , soit en bains , soit en fomenta- tions ou en cataplasmes sur les abcs douloureux , les furoncles et les panaris , et particulirement la dcocyon dans les pansemens des ulcrations doulouieuses des seins, et dans ceux des ulcres cancreux. J'ai calm par son usage les douleurs atroces de l'ulcration utrine. J'employais de prfrence la dcoction du fruil. La dose ( i62 ) rinlrieur est d'un deux grains de la poudre sche des feuilles. .i EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-SIX. La plante est au tiers de grandeur naturelle. 1. Fruit coup verticalement. /"/jSj. y ,'u^fre J)i\tr*>ttf/e7%. T^^i^r V^TrfV Jc4f . .yoiiEi._L_K 'MAM^iw.yr^ ( '^ ) VV*VV\*VVVVVVViV\VVVVVVVtVVVVVVV>VVVVVVVV\iVVVV\'VVVV/VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\^V^ MORELLE MLONGjNE. ( Toxique naicotique. ) Synonymie. Vulgairement Mloiigne , Aubergine , Mayenne , Mringeanne , Bringne , Brhme. Plante uf, plante qui pond. Solanum melongena , Lin. , Pentandrie Mono- gynie. Tourn. Lycopersicon arborescens, cl. 2. Infun- dibul. Juss. , famille des Solanes. Solanum caule inermi , herbaceo; foliis ovatis , sinuatis , tomentosis; ealycibus rariter aculeatis. Lam. illust. Gen. , n. 2348. Solanum caule inermi , herbaceo ; foliis ovatis tomentosis , pedunculis pendulis incrassatis ; ealycibus inermibus. Lin. , Syst. veg. 188. Solanum pomiferum fructu oblongo. Baub. Pin. 167. Pluck. Pbyt. 226 , f. 2. Pjra insana Caesal. Melongena ( ovigera ) fructu ovato albo. Hort. Paris. Melongena fructu oblongo violaceo. Tourn. inst. R. h. i5i. En italien , Melanzana^ de mal insana. En portugais, Belingela. En congo , Mecumba. En mala- barois , Nila-Barudena. Caractres gnriques. Corolle en roue ^ les anth- res souvent runies, s'ouvrant au sonnnet par deux trous ^ calice persistant cinq divisions, ainsi que la corolle^ ovaire suprieur, arrondi, surmont d'un style filiforme, plus long que les tamines^ le stigmate est obtus. Le fruit est une baie arrondie, quelquefois ovale, glabre , deu loges, entoure sa base par le calice de la fleur. Le rceptacle des semences est convexe, charnu, adii la cloison de chaque ct: chaque loge renferme un grand nombre de semences arrondies , comprimes , parses dans la pulpe. Caractres particuliers. Tige sans pines, sous-li- ( '64 ) gueuse^ feuilles ovales, velues; pdoncules pendans, paissis; calices hrisss d'pines. (Annuelle.) Histoire naturelle. Le nom ds plante uf, piaule qui pond, a t donn la Mlongne, cause de la ressemblance de son fruit avec celui de la poule. Ce fruit fonrnit une nourriture trs-recherche dans les colonies , o il s'en fait une jurande consommation. Il ne devient prparation culinaire, qu'autant qu'il est par- faitement mr ; autrement il est trs-acre et astringent , ce qu'on reconnat la couleur noire qu'acquiert le fruit coup et expos au contact de l'air et de la lumire ; on prvient cet inconvnient en partageant les fruits en deux , dans leur longueur, et eu les saupoudrant de sel, puis en les pressant une heure aprs , pour eu exprimer l'eau sature. Originaire de l'Amrique mridionale, l'Aubergine se culti.ve dans tout le midi de la France ; elle conserve ses diverses varits. On sme les graines sur couche , ds le mois de mars, ou on repique les plants dans des pots qu'on enterre dans une couche modr~ ment chaude. L'Aubergine aime la chaleur et de frquens arrosemens ; dans les colonies et dans le midi de l'Eu- rope , on mange les Aubergines en salade, ou cuites comme des concombres ; quelquefois coupes par tran- ches minces, trempes dans l'huile et cuites en pa- pillotte; d'autres foi^ on fait un hacliis de sa chair, de champignons, de mie de pain, de lait; on fait cuire cet amalgame au four de campagne, dans la peau mme du fruit, qui est trs-coriace : c'est ce qu'on appelle, dans le pays, Bringne fai^cie. Les noirs les font bouillir aprs les avoir peles, ou bien ils les font cuire simplement sur le gril, puis les coupent par quartiers, et les mangent avec de l'huile et du beurre , du se! et du poivre; cepen- ( i65 ) danl cet aliment, froid et insipide, ne convient pas tous les estomacs, il est aussi difficile digrer que le cham- pignon, et donne des vents, des indigestions et des fivres. Caractres physiques. L'Aubergine a une racine fi- breuse, peu profonde-, sa tige s'lve de douze dix- huit pouces de hauteur^ elle est cylindrique, cotonneuse, surtout vers le haut , rousstre , quelquefois violette , rameuse et herbace. Ses feuilles sont ovales , termi- nes en pointe , quelquefois obtuses , entires , sinues sur leurs bords , marques de fortes nervures , et soute- nues par de longs ptioles. Elles sont plus ou moins cotonneuses , mais toujours davantage en dessous qu'en dessus , qui est d'un beau vert fonc ^ les fleurs naissent sur les branches tantt solitaires , tantt portes sur un pdoncule commun , qui se divise en deux ou trois au- tres , garnis d'un duvet trs-pais et blanchtre , qui se voit galement sur le calice et sur la corolle. Le calice a cinq divisions obtuses, linaires, garnies de quelques pines rares et courtes. La corolle est d'un bleu pour- pre , quelquefois rose ou blanche, divise en cinq. Les tamines ont leurs anthres grosses et courtes , un peu rapproches. A m.esure que le fruit mrit , les pdon- cules s'inclinent et se renflent , particulirement vers leur sommet. Ce fruit est une baie pendante, trs- grosse, allonge, cylindrique, lisse, kiisanlCj douce au toucher, un peu ferme , dont la peau est ordinairement violette, blanche ou jauntre. La chair est blanche, et renferme des semences arrondies ou rniformes , places en serpentant. Analyse chimique. Les fruits de l'Aubergine donnent les mmes rsultats que l'espce prcdente , si ce n'est que j'y ai trouv de plus une certaine quantit d'acide ( '66 ) gallique. Le principe vnneux qu'ils renferment a une saveur dsagrable qui pourtant est sans danger , puis- qu'on l'emploie dans les sauces et dans les mets. PROPraTs DLTRES. L'Auberginc est videmment narcotique, et son suc, pris l'intrieur, cause des ver- tiges et tous les symptmes qu'offrent les synoptiques. Proprits mdicinales. L'usage mdical de la B- ringne se borne des cataplasmes anodins et rsolutifs , contre les cancers , les hmorrodes , les brlures , les plilogoses externes , enfin dans tous les cas o Ion fait usage des solanes. Csalpin l'appelle Pyro insana, par- ce qu'il la croyait difficile digrer, et susceptible de causer des flatuosits ^ mais cette vertu pernicieuse n'est point redoute des croles qui en mangent presque tous les repas , sans en ressentir aucune incommodit. J'ai vu le suc de l'Aubergine instill dans ]'oreilIe , ou fix sur les dents, au moyen d'un peu de coton, calmer les douleurs atroces de l'otite etde l'odontalgic. Fockius a crit de la Bringne : Fj'uctibus in patri solani narcotica vis est : India at contra solanum producit edule ; Destituunt medicum sic medica mala saporem; Naturamque nouam Europea in sinibus illa. O quoque sit jttinam ! vehimur quum per mare ad Indos Longum iter; infmes liceat deponere mores ! Mode d'administration. Les feuilles , anodines et r solutives, s'emploient en forme de cataplasme. explication de Ll PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-SEPT La plante est au tiers de sa grandeur naturelle. 1. Fruit de la varit violette. 2. Graine. F/.jSS. Tn>dore Dcffourfi/x / mu- J^e^v SciiJp . . ----^j Mfi?!E.l.K A FKl^i;i.>:.S l>'ArAXTlE. ( ^6; ) xxvvvv\^AA/vv*vvv\A'\'vvv%^vv\\vvvv\/vvvvwvv\'VVv\^vv'^vvvvv^.vvvvvvv^(vvvvvvv\\.^\vv^'v\^v\'vv^' M0RELLE A FEUILLES D'ACANTHE. ( Toxique narcotique. ) Synonymie. Amourette blanche pineuse. Roquesie. Sola- num arborescens spinosum acantlii folio tomentoso. Fi.?, p. 3o , vol. \v. Solanum fructicosum , aculeatum, acantlii folio, floribus albis, fructu coccineo , vel luteo. Poupe DespOites. Solanum Roquesianum, ramulis dicboto- mis , acantbi foliis petiolatis tomentosis supr glabris , flori- Lus albo-roseis, fructibus luteo-coccineis , foliis, caule , petiolisque aculeatis. L. CaractPvES gnriques. Calice suljcampanul cinq divisions , persistant \ corolle en roue \ tube lis-court ^ limbe en toile -, les anthres conniventes, plus courtes que le pistil, s'ouvrant par un petit trou pratiqu au sommet de chaque loge , et formant une espce de py- ramide centrale ^ baie deux loges , entoure sa base par le c alice persistant. Caractres particuliers. Fruit charnu bacciforme \, tige, feuilles et ptioles garnis d'pines aroites, roides et jauntres. Histoire naturelle. Qu'il me soit permis de consa- crer cette espce peu connue au docteur Roques , eu reconnaissance des services qu'il a rendus l'art de gu- rir. C'est un hommage que j adresse publiquement au savant auteur de la Phytographie mdicale. Cette Mo- relle lgante se trouve dans les halliers, auprs des an- ciennes murailles, et sur un sol aride, o la varit de ses couleurs la fait bientt remarquer. On la cultive pour les proprits mdicinales qu'on lui a leconnucs, ( .6S ) et elle exige les mmes soins que ses cod gnres. Cependant on ne doit point l'employer inconsidr- ment. CPvctres physiques. La Morelle feuilles d'acan- the offre l'il une tige tortueuse de deux pit^ds de hauteur, dure, ligneuse, quoiqu'annuelle , et hrisse de piquans jaunes ] ses larges feuilles sont pourvues de longs ptioles garnis de pointes cordiformes , entires et divises en plusieurs loLes obtus, la manire des feuilles d'acanthe, vertes dessus, et d'un vert glauque , cotonneux en dessous , traverses dans leur longueur par des ctes garnies de piquans jaunes ou bruns, selon leur exposition au soleil. Les fleurs portes sur des p- doncules tals , dichotomes , sont latrales , presque simples. Les fleurs sont d'un blanc mat, glac de rose, en forme a'toiles, cinq ptales droits-, les tamines runies en faisceau, caractre des solanes , sont plus courtes que le pistil qui les surmonte. Les pdoncules trui portent les fruits se bifurquent et se recourbent^ ils sont garnis de cinq sept baies succulentes, passant du jaune au rouge, deux loges contenant des graines un peu aigrelettes. La racine est moyennement grosse, lgrement velue, et de couleur brune. Analyse chimique. La saveur de cette Morelle est amre , puis doucetre -, ses baies sont lgrement aci- duls , ce qui corrige leur qualit narcotique et la neu- trahse en partie*, les feuilles ont une odeur ftide et une saveur herbace. L'odeur cesse par la dessiccation, mais le principe amer devient plus prononc. Proprits dltres. Cette plante , donne trop ( ^^9 ) tbrte dose, pourrait devenir vnneuse, et entraner de graves accidens qu'on peut prvenir ds les premiers symptmes de rempoisonnement. Symptmes d'empoisonnement. Vomissemens, spas- mes, convulsions , dlire , stupeur ])rofonde, sueurs co- pieuses , salivation opinitre , etc. Secours et antidotes. Le plus sr moyen de remdier aux effets dltres de cette Morelle , est d'employer au dbut les vomitifs , puis les boissons acidules. Proprits mdicinales. On peut trouver dans cette Morelle un moyen auxiliaire pour combattre les affec- tions cutanes, mais c'est au mdecin dterminer son usage , les maladies de la peau devant tre traites d'a- prs Fidiosyncrasie de l'individu et l'tat prsent de raffection. Les praticiens des colonies font le plus grand cas , dans le traitement des rhumatismes , de l'huile anodine et rsolutive que voici : Prenez : fruits de Morelle feuilles d'acanthe , une livre ^ fleurs du INIartynia et du Qubec, de chaque, demi -once ^ huile d'Arachide-, deux livres. On obtient, en traitant selon l'art, une huile que les naturels recherchent contre les douleurs arthritiques. Poupe -Desportes et Chevalier anciens mdecins Saint-Domingue, prescrivaient souvent, comme rsolu- tive , la tisane de racines d'amourette pineuse fleurs blanches, et de quelques feuilles d'avocatier, comme spcifique des fluxions de poitrine du pays. Je suis loin de vouloir critiquer cette prescription, mais il me semble que cette tisane merveilleuse ne peut tre employe dans tous les temps de la maladie. Ils recommandaient aussi l'application de cataplasmes faits avec les baies de ( 170 ) cette Morelle , et qu ils regardaient comme d'excellens maturatifs. Cette Morelle peut tre remiplace par le Solanuni arborescens foliis anguslis et aculeatis, Plum., t. IV, p. 3i. Mode d'administration. On prescrit quatre gros des tiges, pour deux livres d'infusion ou de dcoction^ on peut ajouter la boisson un nuage de lait qui la rend plus agrable. L'extrait se prescrit la dose de quatre grains qu'on augmente graduelle oient. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-HUIT. 1. Baie ouverte parle milieu. P/. iS,^. J'erce %lcal. ( '7' ) 'l'WWV'V\ WW\^ VWVWWVVVVW\*VWVVWWVVV> WX VVVvWWVWVWW^'VVW VVVVWWI VW^VWV\4tKiW APOCIN A FRUIT HRISS. {^Toxique narcotico-cie,) Synonymie. Apocin pineux, Apocvnuni fructu spinoso. Liiin. Pentandrie Digynie. Tourn. Campanif. Juss. famille des Apocynes. Apocynnm scaru.ens siliquis to- menlosis et aculeatis. Plum. 69. vol. 11. Apocjnui scandens siliquis ovatis, aculeatis, foiis ovato-cordatis. D. En anglais Milky-Dogsbam. Caractres gnriques. Herbes et arbrisseaux lac- tesceas ^ feuilles opposes ou verticilles ; sans stipu- les -, calice cinq divisions ; corolle monoptale r- gulire , ayant l'entre de son tube unie ou garnie d'appendices de formes varies ^ cinq tamines libres et distinctes , tantt monadelphes et recouvrant l'ovaire ; le pollen tantt pulvrulent , tantt runi en masses solides *, pistil gmin ou unique , provenant de la soudure des deux ovaires ^ le fruit est un follicule sim- ple ou double , plus rarement une baie. Dans les pre- mires , le fruit est unilocuaire et contient un grand nombre de graines imbriques , souvent ornes d'une aigrette soyeuse qui part de la base. Les graines ren- ferment un embryon plane , avant la radicule sup- rieure. Cara'ctres particuliers. Tige grimpante et lactes- cente ; feuilles opposes, cordifornies. Tome HI. 48^ Lif raison. i4 ( l-o ) Histoire naturelle. Pour exprimer le caractre mal- faisant d'une plante vnneuse (dit le sduisant auteur de Paul et Virginie), la nature rassemble des opposi- tions heurtes de formes et de couleurs qui sont des si- gnes de malfaisance ^ telles que les formes rentrantes et hrisses, les couleurs livides , les verts tres, et frap- ps de blanc et de noir, les odeurs virulentes. Cepen- dant au milieu de ces carts apparens, la nature est tou- jours bonne mre puisqu'elle place partout le remde ct du mal : le sol offre chaque pas des antidotes propres neutraliser les effets dltres de ces plantes suspectes. La reproduction de cette classe est curieuse : dans les Apocins le fruit s'ouvre , les graines se diver- gent en aigrette et le vent les emporte , ce que Castel a trs-bien dcrit dans son pome sur les plantes, o il dit avec grce : L'une a pour s'lever des panaches mobiles, L'autre , Une aigrette plumeuse ou des ailes agiles. On se sert du duvet cotonneux qui adhre aux se- mences , quoique trs-court , dans la fabrication des chapeaux et des toffes , en le mlant au coton et la laine, etc. Caractires physiques. Cet Apocin a une tige grim- pante dont les feuilles sont en forme de cur , peu paisses , opposes , blanchtres , cotonneuses en des- sous, et vertes en dessus. Les fleurs disposes par bou- quets sont rougetres. Les fruits , deux deux, sont de forme ovode , revtus d'asprits et renfermant des se- mences aigrettes. Le fruit est couvert de deux corces , ( '73 ) a premire est verte et membraneuse *, la seconde est mince , unie et de couleur jauntre ^ elles contiennent Un duvet cotonneux adhrent aux semences , et qui est peu susceptible d'tre fil parce qu'il est trop court. Analyse chimique. Le suc laiteux de cet Apociii con- tient de la rsine dure , du caoutchouc , une matire ex- tractive , une substance glutineuse , de l'aibumine et un peu d'acide tartrique : eau 60,9 parties sur cent. Les graines , racines et corces sont amres et fournissent du tannin et un extractif particulier. Proprits dltres. Les apocynes eu gnral ont un principe acre et stimulant ^ ces plantes lactescentes ont beaucoup de rapport avec les Cerbera. Dans les premiers temps de l'envahissement de Saint-Domingue par les flibustiers , ils employaient le fruit comme preuve judiciaire sur les individus accuss de crimes non prouvs ^ s'ils ne succombaient pas l'action de ce breuvage mortel, ce qui dpendait de la quautit et del disposition de l'accus, il tait alors dclar innocent. Ce suc agit en dterminant une phlogose intense des or- ganes avec lesquels il est mis en contact , et par suite une excitation vive du systme nerveux : il agit plus srement tant ingr que par l'absorption. Symptmes d'empoisonnement. Le suc de cette plante obtenu en triturant les feuilles avec de l'eau , tant in- troduit dans l'estomac, enflamme toutes les membranes qu'il atteint ^ Tanire -bouche est rouge seulement, mais les dsordres sont plus effrayans si l'on examine les vis- cres o ce suc caustique a sjourn -, c'est pourquoi on y observe des ecchymoses formes par du sang extra- 4* ( '-4 ) vase du tissu sous-muaueux j quelquefois de vritables eschares gangreneuses ; quelquefois il Y a perforation de l'estomac , comme je l'ai observ chez un jeune ngre qui avait t victime sinon de sa gourmandise, au moins de sa curiosit. L'estomac et le rectum sont toujours le sige de l'inflammation , tandis qu elle n'offre aucune trace dans les intestins grles. Secours et ain^tidotes. Vomitif doux s'il n'y a point trop d'irritation et si l'on souponne le poison d'tre encore dans Tistomac. Boissons gommeuses et acidu- les. Proprits mdicinales. D'aprs la dose plus ou moins forte de ce suc 1 liteux, il agit comme vomitif ou comme catliartique, mais son emploi laisse toujours des traces brlantes de son passage sur les membranes qu'il plilogose : c'est donc un vritable poison une dose un peu leve , dix ou douze grains par exemple. Le suc laiteux des Apocins, appliqu extrieurement, est dpila- toire. Les vieux ngres des colonies regardent comme un puissant diurtique la dcoction des feuilles, de l'- corce et de la racine dans les liydropisies dsespres. Ils pi parent ainsi la racine de cette plante aprs l'avoir mise en poudre. Prenez : raciues sclies d'Apocin, une once, oxiniel , une livre ; la dose est d'un gros tous les matins. Les feuilles piles et appliques en cataplasmes sont regardes comme rsolutives et recommandes par les praticiens contre Tengorgement des glandes lympha- tiques. Quelques mdicastres prparentdesbains gnraux avec le feuillage de cet Apocin et celui du Tahernmon- tana actescens, dcrit au premier volume de cette Flore , dans les douleurs rhumatismales ou arthritiques. (.75) Mode d'administration. La dose de l'oxiinel apocin est d'un gros. A l'extrieur , uue poigne des fleurs , feuilles et racines. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-NEUF. I. Graine. . Nota. -Depuis l'impression de la quarante-septime livraison , M. Bonastre m' ayant communiqu l'analyse rcente du Solanum manimosinn faite par B. Morin , pharmacien Rouen , et indique dans le Journal de chi- mie mdicale , pharmacie et toxicologie -, je m'empresse del transcrire. (Fvrier iS^S, p. 84.) Selon M. Morin la Morelle mammiforme contient : i". De l'acide malique libre ^ 2. Du malate de solanine \ 3. De l'acide gallique ^ 4*. De la gomme ; 5. Une matire colorante jaune -, 6. Un principe nausabond ayant quelque analogie avec le principe nauseux des lgumineuses 5 7". De l'huile volatile en petite quantit 5 8*. De la fibre ligneuse 5 9"^. Enfin quelques sels minraux. ( '76) VV%VVVVVV'.V>A/VVvVVvVVlVVVWVVVVk/VVVVVi\77 ) HiSTOiuE 2SAT1TRELLE. L'Apociii Come-Cabrt crot aux lieux incultes , sur les mornes arides o l'on remar- que ses tiges flexibles et tortueuses, se dtachant des ro- chers caverneux et pendantes en festons balancs par Tair, attirer les chvres lgres qui les saisissent adroite- ment au milieu de leurs oscillations. D'autres aux trnes mousseux, la branche lgre, Ont confi l'espoir d'un mutuel amour. Tout le monde sait qu'on dsigne sous le nom de Ca- hrit une espce de chvre poil ras et petites cornes recourbes, commune aux Antilles, o l'on en rencontre des troupeaux immenses. La vaste habitation de M. Ros- signol Desdunes pre, aeul de mon pouse, et appele l'Etable, canton de l'Artibonite, lie Saint-Domingue , la plus richeen vgtation que j'aie jamais rencontre, offrait d'immenses pturages des milliers d'animaux de toute espce : elle avait quatre lieues de superficie, et elle tait borde parla mer, la rivire limoneuse de l'Artibonite, la rivire limpide et profonde de l'Esterre , enfin par la grande route. C'est l que je formai mes belles collec- tions d'histoire naturelle dans les trois rgnes , et c'est l qu'on eut la barbarie de les livrer aux flammes mes pieds , aprs m' avoir attach au fatal poteau o je devais tre massacr. Caractres physiques. La tige de cette plante grim- pante est ligneuse , les feuilles sont cordiformes et d'un vert obscur , les fleurs sont blanchtres et remplaces par des fruits dhiscens , quelquefois solitaires , mais le plus souvent attachs deux deux par la base*, ils sont de forme cylindrique, beaucoup plus longs que larges , recourbs , lisses , d'un vert glauque et poudreux, mar- ( '78 ) qus a et l de taches diffrentes-, ils s'ouvrent en deux dans toute leur longueur lors de leur maturit, et laissent chapper des graines aigrettes et canneles. Pour toujours exil , peut-tre , de ces belles pro- prits, de ce paradis terrestre, sjour enchanteur pour un peintre et un ami de la nature, je puis rpter d'aprs Tityre : Et vous chvres, jadis mes compagnes heureuses , Je ne vous verrai plus sur la croupe des monts , Pendre du haut des rocs brisss de buissons , Et tandis que je chante au bord d'une onde pure, DeVjdpocin-Cabrithrancher la verdure!!! Delille. Analyse chimique. Le suc laiteux contient une rsine acre , du caoutchouc , une substance extractive amre , une gomme jauntre, de l'albumine, de l'eau, delhuile grasse , et de l'acide tartrique en petite quantit. Proprits dltres. Les anciens Carabes empoi- sonnaient leurs flches avec l'extrait des Apocins qui sche sur le fer et forme un enduit. Lorsqu'ils voulaient se servir de ces flches , ils humectaient le fer avec leur salive. A petite dose le suc laiteux de cet Apocin parat enivrer ; moyenne dose il cause un dlire furieux ^ forte dose il donne la mort. Symptmes d'empoisokkemeist. Fivre violente , pal- pitations, convulsions, perte de connaissance , au rveil esprit alin, mort au bout de vingt-quatre heures. Secours et antidotes. Deux jeunes ngresses qui , par un dpit amoureux, voulurent s'empoisonner toutes deux , prirent le suc d'Apocin qui devint mortel poui- la plus jeune parce qu'elle ne voulut rien prendre, tandis ( '79 ) que je sauvai l'ane au moyen d'un vomitif et d'une infusion aromatique acidule. Proprits mdicinales. Les pharmacopes amri- caines signalent la Liane Cabrit comme molliente et relchante. Les auteurs prtendent que le suc visqueux et laiteux qui en dcoule, appliqu sur les piqres, en fait sortir les pines ou autres corps trangers qui y ont pntr. Minguet, ancien habitant de Saint-Domingue qui s'est occup toute sa vie de l'tude des plantes usuelles de cette colonie, recommandait l'application de ce suc dans l'hmorragie des blessures. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATUE-VINGT-DIX. La plante est reprsente demi-grandeur naturelle. 1. Fruit coup transversalement. ( >8o ) VV^;<*^XVVVV\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVWV'VVVVVVVV**VVV\'VV\'V^ APOCm CITRON. ( Toxique narcotico-cre. ) Synonymie. Vulgairement Tue-Chien. Apocynum citrifo- lium , Linn. Pentandrie Digynie. Juss. Apocjnes. Apocynum scandens majus siliquis citri-formibus. Pluni. fig. B. A., pi. 73, vol. 2. Periploca scandens foiiis con- volvuli. Poup.-Dcsp, Caractres gnriques. Calice monophylle , petit , persistant et cinq divisions ^ corolle monoptale , cani- panue , courte , divise en cinq parties roules en de- hors 5 cinq corpuscules glanduleux placs la base in- terne de la corolle , cinq tamines dont les filets sou- tiennent des anthres bifides et qui ne sortent pas de la fleur ; deux ovaires suprieurs dont les styles ont leurs stigmates bilobs-, le fruit est compos de deux folli- cules longs , acumins , uniloculaires , s'ouvrant par une seule fente longitudinale, contenant des semences fort petites, fort nombreuses, aigrettes et attaches au- tour d'un placenta libre et en alne. Toutes les parties de cette plante donnent un suc laiteux vnneux. Caractres particuliers. Feuilles opposes, ovales, auricules *, fleurs stelliformes. Histoire naturelle. Les Apocynes sont rputes vnneuses principalement pour les chiens s'il faut s'en rapporter l'tymologie qu'en donne M. Dclauiiay dans son Almanach du bon jardinier, qu'il compose de yJpo , Long , gare , Kjon , Canis , Chien , ce qui le fait ap- /y JOJ. T'^*.^t\* Mej'counti. /^ui . J*i*ree Jru^' AFOCIN riTltON ( i8i ) peler Tue-Chien. On cultive les Apocyues dans les bonnes terres un peu lgres -, il faut les arroser rap- proche de la floraison , et pendant l'accroissement des fleurs, elles demandent un moyen soleil de prfrence une exposition en plein midi ^ on les multiplie de graines semes en mars , ou par l'clat des pieds aprs que la plante a donn ses graines. Ces plantes demandent l'o- rangerie. Caractres particuliers. Cette espce rampe comme la prcdente^ les tiges ont la mme grosseur et la mme longueur ^ elles sont fort unies , dit Plumier, grises et garnies chaque nud de deux feuilles opposes , de mme grandeur et figure , quoiqu'elles soient un peu plus enfonces vers le pdicule 5 les fleurs sont steliiformes , rougetres , et les fruits qui pendent au bout de quel- ques branches fort courtes, sont jaunes et ressemblent trs-bien des citrons raboteux , relevs par des artes et composs d'une corce mollasse , trs-blanche , lai- teuse en dedans et marbre au dehors de vert et de jaune, renfermant dans le milieu un amas un peu plus grand qu'un uf de plusieurs semences cailleuses roux- tannes et ornes chacune d'une petite aigrette trs- blanche. Analyse chimique. Mmes principes que ses cong- nres. Proprits dltres^ Les blessures faites par des flches charges du suc des Apocins sont mortelles , tandis que la dcoction des feuilles de la mme plante est seulement purgative. La mort est plus prompte en- core si le venin est parvenu la circulation par intUvS- susception. Les chairs des animaux ne contractent au- ( 18^ ) cune proprit malfaisante pourvu qu'on enlve le mor- ceau qui a t en contact avec le poison. Symptmes d'empoisonnement. Mal de gorge , inap- ptence ; au rveil , ivresse et fureur : yeux hagards et immobiles , visage riant, paralysie de l'sophage*, d'au- tres fois agitation convulsive, perte de connaissance ; vo- missemens et djections sanguines. Secours et antidotes. Si l'on est appel temps, on doit d'abord recourir un vomitif, puis de la limo- nade de tamarins , ou toute autre boisson acidule. S'il y a afl'ection soporeuse , on fait frictionner le corps avec du vinaigre. Les absorbans russissent quelquefois l'intrieur. Proprits mdicinales. Les vgtaux vnneux pris l'intrieur, avec une sage rserve, semblent entraver la marche des maladies chroniques en emoussant la sensi- bilit organique. C'est ainsi que Ton prvient par leur usage les accidens qui dterminent plusieurs espces de phthisies. Le suc de cet Apocin, pris l'intrieur, fait di- later la pupille, ainsi que tous les narcotiques. On a re- marqu que les espces vivaces ont plus d'nergie que les espces annuelles, et qu'il faut les administrer moindre dose. Poupe-Desportes, mdecin Saint-Do- mingue, et Minguet le naturaliste, faisaient infuser au soleil une grande quantit de ces feuilles dans une bai- gnoire : ils attribuaient ces bains une vertu fbrifuge. Mode d'administration. La dose du suc comme vo- mitif est de lo 12 grains en trois doses, demi-heure de distance , et celle des feuilles est de plusieurs poi- gnes. explication de la planche cent quatre-vingt-onze. 1. Graine. T'Aeoaori' /h\i\-ou/-/t7\ y'r/t,r . Y.Vin TE TOliliU Lie l/.SK 8?) ) VWWVWvWvWiWV\'WWW^WV>VWV^^WV-. VXivV^WVWWW vWVVVvV\% \V.\WWWbVV^VVi%V>%^ ECHITE TORULEUSE. ( Toxique narcotico - acre, ) Synonymie. Vulgairement Liane Mangle. Echites torulosa. Linn. Pentandrie Monogynie. Juss. Famille des Apocy- nes. Echites pedunculis subracemosis , foliis lanceolalis, acuminatis (folliculis torulosis.) Lin. Jacq. Amer. 33 t. 27, Pict. 22, t. 34- Apocynum scandens , foliis amygdali , si- liquis emeri. Plum. Spec. 2 , Burm. Amer, t. 27 , f. 1 Tournef. 92. Nerium sarmentosum scandens , ramulis tenuibus , folliculis gracilibus, torosis. Brown. Jam. iSi, t. 16, r. 2. Periploca siliquis angustissirais etlongissimis scorpioidis. Poup.-Desp. Caractres gnriques. Plantes ligneuses, sarmen- leuses et grimpantes, suc propre laiteux, feuilles simples et opposes, fleurs infundibuliformes, pdon- cules et axillaires , auxquelles succdent des follicules gmins, longs, la plupart cylindriques, contenant des semences aigrettes \ calice cinq dcoupures pointues; corolle infundibuiiforme beaucoup plus longue que le calice ; cinq glandes environnant les ovaires ; cinq ta- mines non saillantes hors de la fleur, filamens attachs au tube de la corolle; anthres oblongues, convergentes ; deux ovaires suprieurs surmonts d.\in seul style pourvu d'un stigmate deux lobes. Pour finit deux fol- licules longs, grles , uniloculaires , univalves et conte- nant des semences aigrettes , imbriques autour d'un, placenta libre et longitudinaL ( i84 ) Caractres particuliers. Pdoncules presque grappes ; feuilles lancoles , aigus. Jamaque. (Vi- vace. ) Histoire naturelle. On a donn cette plante le nom de Liane mangle parce qu'elle se trouve au milieu des mangles et des paltuviers qui bordent le rivage de la mer. Elle s'y multiplie profusion et ne souffre au- tour d'elle aucune sorte d'herbes. Le coton de ses grai- nes est court, mais en le mlant d'autres produits de plantes filature, il offre encore quelque avantage. Cette plante cultive en Europe demande un bon ter- rain \ mais elle produit avec peu de terrain de quoi en- semencer cent fois davantage. Les graines en Europe sont mres en aot et s'ouvrent en septembre. Quelques voyageurs prtendent que l'corce et la partie ligneuse de cette Ecbite sont semblables celles du lin et du chanvre , et qu'elles peuvent les remplacer en les fai- sant rouir et en les prparant de mme que ces plantes d'Europe. La filasse que fournit cette corce ainsi pr- pare, est souple , fine et d'une blancheur qui lui per- met d'tre employe faire des toiles. N'ayant pu vri- fier ce fait, je ne le donne pas pour certain. Caractres physiques. Cette espce est remarquable par ses fruits grles, toruleux et comme noueux , la manire de ceux des Coronilles \ ses tiges sont ligneuses, menues , cylindriques , volubiles et grimpantes ; ses feuilles sont glabres, ptioles, lancoles, pointues, longues d'un deux pouces^ les fleurs sont petites , de la figure d'une croix de Malte, elles naissent environ six ensemble en bouquets ombelliformes , pdoncules et axillaires. Les fleurs sont blanches ou purpurines et assez ( >85 ) semblables celles du Jasmin , sinon que les ptales sont tronqus. C'est au pre Plumier que l'on doit leur dcouverte. Les follicules sont presque filiformes et ont plus de six pouces de longueur. Analyse chimique. Les produits sont les mmes que ceux des Apocynes. Proprits dltres. Le suc concret de l'Echite toruleuse est vnneux haute dose, et dtermine une violente irritation des organes avec lesquels elle est mise en contact , et par suite une vive excitation du systme nerveux. Il est rarement absorb , et agit plus tt lors- qu'il est introduit dans l'estomac. Symptmes d'empoisonnement. Yomissemens , syn- cope , dlire et autres signes propres aux narcotiques. Secours et antidotes. Eau gommeuse acidule. Proprits mdicinales. Quelques mdjcastres font entrer dans leurs compositions mystiques la dcoction des jeunes pousses et des jeunes rameaux de cette plante pour la gurison des maladies vnriennes. L'Echite offre une proprit m tique ou purgative due au suc propre laiteux et trs-abondant, qui dcoule, la moin- dre dchirure, de la tige, ou la trituration des feuilles. Les ngres se purgent aussi avec les graines : elles sont huileuses, d'une saveur d'amande*, mais elles deviennent nausabondes, provoquent des vacuations copieuses cl accompagnes de coliques si la dose est trop forte. Mode d'administr\tion. La dose du suc laiteux con- crte est de 12 a i5 grains pris en trois doses , demi- heure de distance. L'infusion des feuilles froid et ( i86 ) petite dose est purgative; moyenne dose elle est nri- tique. EXPLICATION DE LA PLIVCHE CEINT QUATRE-VINGT-DOUZE. / La plante est rduite moiti de g^randeur. /'/f:-'**-/f/i' /?v'vwv wvvw iivv www VWVWt/VWWvWVVVVWVWvWVWVWVVVWWW VV CAMRIER A FEUILLES LARGES. ( Toxique narcotico - acre. ) Synonymie. Cameraria latifolla. Lin. Pentandrie Monogjnie. Juss. Famille des Apocynes. Cameraria foliis ovatis utrin- qu acutis transvers striatis. Lin. Mill. Jacq. Amer. 87, lab. 182, f. 86. Cameraria lato mjrti folio. Plum. Jen. 18. Icon. 72, f. 1. Cameraria arborea foliis ovatc-acumina- tis,nitidis, rigidis, reflexis. Brown. Jam. 182 En anglais, Camerary. Caractres gnriques. Feuilles simples et oppo- ses , fleurs contournes ; follicules gmines contenant des semences munies d'ailes membraneuses. Calice mo- nophylle , trs-court et cinq dents ^ corolle infundi- buliforme , tube renfl sa base et son sommet , limbe plane , partag en cinq lobes lancols , tourns un peu obliquement. Cinq tamines petites \ anthres conniventes ^ ovaire suprieur deux lobes , stigmate bifide ou plusieurs crnelures. Follicules oblongs , comprims , liasts , ayant deux lobes opposs la base , carts horizontalement l'un de l'autre , univalves , ren- fermant plusieurs semences ovales , aplaties , termines par une aile membraneuse et embrique. Caractres particuliers. Feuilles ovales, aigus des ToMR m. 49*^ Livraison. i5 ( .88 ) deux cts, stries transversalement. Fruits folliculaires, lancols , uni valves. Histoire naturelle. Cet arbre suspect crot dans les forts humides de l'Amrique mridionale o il fournit aux malfaiteurs un suc vnneux dont souvent ils font une dangereuse application. La couleur tanne de ses fruits semble prvenir le voyageur de ses qualits malfaisan- tes : aussi regrette-t-on de lui voir disputer le terrain aux lianes bigarres et utiles qui offrent tant d'avantages l'homme. Tel un insecte impur , cach dans nos fontaines , De leurs plus belles eaux empoisonne le cours. Chenedoll. Les ngres marrons prparent avec le suc laiteux qui transsude de cet arbre un poison dont ils endui- sent la pointe de leurs flches , et qui a beaucoup de rapport avec le poisou apprt par les Galibis de la Guiane et appel Woorara, dont ces sauvages arment leurs sarbacanes pour abattre les singes qui peuplent leurs forts, ou dvastent leurs vergers. Les animaux frapps de ces flches empoisonnes prouvent en tom- bant des convulsions horribles qui prouvent que le poi- son acre agit sur le systme nerveux. Cependant on peut manger la chair des animaux frapps de ces flches , si l'on a eu soin d'enlever la partie qui se trouve en con- tact avec le poison. Les ngres marrons font un extrait presque sec du suc du Camrier , qu'ils mlent avec les sucs de Cei bera Allouai des Antilles et des Mancenilliers ^ ( -89 ) ils renferment dans des feuilles du balisier , et le trans- mettent leur famille pour des usages homicides. Cette plante a t consacre par Plumier , Camra- ria , botaniste clbre du seizime sicle , qui , le pre- mier , a figur dans ses crits les dtails de la floraison et de la fructification. Caactres physiques. Cet arbre lev , rameux et d'un aspect sinistre , abonde en un suc laiteux trs- blanc. Son tronc est droit et pais ; ses petits rameaux sont la plupart fourchus *, ses feuilles sont opposes , ptioles , ovales, acumines , trs - entires , un peu roides , luisantes , et remarquables par des stries paral- lles et transversales. Les fleurs sont blanches, pdon- cules , et terminent les rameaux. Les fruits , d'un jaune tann , sont poss horizontalement , la base l'un de l'autre , et ont la forme d'un gros gland stri , mais aplati d'un ct et convexe de l'autre. On trouve encore aux Antilles le Camrier feuilles linaires , et celui fleurs jaunes dont les proprits sont analogues. , Analyse chimique. Le Camrier donne par sa dcom- position les mmes principes que les autres apocynes , c'est--dire le suc laiteux : rsine dure , caoutchouc , matire extractive , substance gliitineuse , de l'albumine, et de l'acide tartrique . enfin de l'eau. Proprits dltres. Il parat , d'aprs des exp- riences ritres que j'ai t porte de faire, que le suc du Camrier porte spcialement son action sur le sys- i5' ( 190 ) tnie nerveux , et particulirement sur le cerveau ^ et qu'il agit aussi par la voie de l'absorption. Symptmes d'empoisonnement. Inflammation des mem- branes muqueuses , etc. ^ autres signes propres aux apo- cynes. Secours et antidotes. Les boissons gommeuses et acidules. / Proprits mdicinales. Je ne lui en connais pas. EXPLICATION PE LA PLAWCHE CENT QUATIIE-VINGT-TREIZE. 1. Gousse. ?. Graine aile. /y. z.00 ) Symptmes d'empoisonnement. Sensation brlante la bouclie , au larynx , Foesopliage , l'estomac et aux intestins ; vomissemens et djections copieuses , accl- ration du sang et de la respiration ; ventre tumfi , roi- deur tatnique, sueurs froides et visqueuses , et autres symptmes propres aux poisons acres. ( Voyez les Man- cenilliers, page i6 de ce IIP volume. ) Secours et antidotes. Boissons mucilagiiieuses et aci- dules , aprs un doux vomitif, si l'on est appel temps. Proprits mdicinales. La Cvadille est un vgtal prcieux dont on ne saurait trop tudier et bien appr- cier les proprits : dose ordinaire et gradue par un mdecin habile , elle offre tour tour : i^ un mdica- ment intraleptique trs-employ pour la destruction des animaux parasites de l'homme -, 2^ un vermifuge puis- sant ; 3 un spcifique contre le toenia , en lui associant l'ther et l'huile de Ricin-, 4 m^ vomitif*, 5 et plus haute dose un poison redoutable. Depuis quelques annes nombre d'essais ont t faits sur cette plante. Peu ont russi , parce que souvent des doses trop faibles l'extrieur ne causaient que des ver- tiges, et lintrieur que des nauses ^ souvent aussi la plante entire , avarie par la traverse ou par une des~ siccation mal combine, ne produisait aucun effet. L'Orfilie Cvadille est un mdicament trs -employ aux Antilles dans les maladies rebelles. Extremis mor- bis , extrema remdia exquisit optima. Celse. Les n- gres , qu'une grande habitude rend cisconspcts sur l'emploi de certains vgtaux, usent de celui-ci sans ( 20I ) crahue et sans danger. Il serait dsirer qu'un sjour prolong aux lieux o croit la Cvadille pt donner de bons observateurs la facilit de faire une analyse exacte de cette plante, et par suite les amener rendre plus utile riiomme un des remdes les plus nergiques et les plus prcieux que lui ait accords la nature. La Vratrine excite la salivation et rternuemenf, un quart de grain en clystre , elle dtermine des va- cuations copieuses ; dose plus leve , elle provoque des vomissemens. Magendie l'a donne deux grains en viigt-quatre heures un vieillard frapp d'apoplexie quelque temps auparavant , ce qui prouve que Ttai du systme neiveux influe beaucoup sur la manire d'agir des mdicamens. La Vratrine convient dans les cas o il est ncessaire d'exciter promptement de fortes vacuations alvines ^ chez les vieillards dont le ventre est paresseux, et chez lesquels il existe une accumulation de matires fcales. La Cvadille en poudre est un violent sternutatoire ^ les ngres l'emploient pour faire prir leurs dragoneaux, leur vermine, et dans les battes pour dterger les ulcres des bestiaux remplis de vers crinons. C'est aussi un sp- cifique contre la tnia. Mode d'administration. Dans l'emploi de l'Orfilie Cvadille , comme anthelmentique , on dispose le malade par des laxatifs tels que la rhubarbe , le tamarin , ou le sulfate de soude ^ le lendemain jeun on lui donne de- puis vingt-quatre grains jusqu' trente-six de la pondre de Cvadille , avec une demi-once d'huile de ricin et un gros d'ther. On fait boire pendant l'eflet d'une infusion de racines de grenadier. Le malade vomit presque tou- ( 202 ) jours le ver s'il occupe Festomac. On rpte ce traite- ment pendant quatre jours si le ver n'est point rendu, mais on divise chaque dose par moiti qu'on fait prendre le matin et le soir. On purge le cinquime jour avec inuriate de mercure doux, scammonc d'Alep , de chaque douze grains^ gomme gutte , trois grains. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-QUIN:&E. La plante est rduite au tiers de sa grandeur. 1 . Feuille au trait. '1. Portion d'une panicule gr. nat. 3. La mme charge de capsules. 4. Capsule dtache. 5. Coupe transversale de la mme. 6. Une des trois capsules spare et ouverte. 7. Semences. 8. Organes sexuels hermaphrodites. 9. Les mmes, maies. /'Af*^/f9/ne lf^.-r$>*t/'f.'i\ /"V, P'E ( 2o3 ) %%\VM\vvv\A^/\iv^vvvv\vvvvv*vvvvv\vvvvvvv\Avvvvvvvvvvvvvvvvvvv^vvvvvvvv\vv\^^ BOIS-IVRANT DE LA JAMAQUE, ( Toxique narcotique. ) Synonymie, Vulgairement Mort Poissons. Piscidia Erj- thrina. Linn. Diadelphie Dcandrie. Juss. Famille des Lgumineuses. Piscidia foliis ovalis. Linn. Jacq. Amer. 209. Icttlijomathia foliis pinnatis ovatis , racemis ter- minalibus, siliquis quadrialatis. Brown. Jam. 296. Coral arbor polypliilla non spinosa, fraxini folio, siliqua alis fo- liaceis extantibus rotae molendinariaefluviatilis aucla. Sloan. Jam. Hist. 2, p. 39, tab. 196, f. 45. Pseudo-Acaeia sili- quis alatis. Plum. Spec. 9. Burra. Amer., t. 233, f. 2. Caractres gnriques. Fleurs polyptales , ayant des rapports avec les Rohinia, des feuilles ailes avec impaires , et produisant des gousses remarquables par quatre ailes longitudiiales et membraneuses dont elles sont munies l'extrieur. Caractres particuliers. Folioles ovales ; stigmate aigu*, lgume ail sur quatre rangs. Histoire naturelle. Cet arbre crot la Jamaque et aux Antilles , o les ngres l'emploient pour enivrer les poissons, qui surnagent et peuvent tre pris la main ds qu'ils ont aval des fruits ou des feuilles crass Tome IIL 49 Livraison. 16 ( M ) qu'on leur jette. Cette proprit est commune beau- coup de plantes de l'Amrique. On peut manger le pois- son sans crainte. Le nom d'Erytlirine est , selon M. De- launay, driv de Fadjectif grec erythros qui signifie rouge , ce qui exprime la belle couleur carlate des fleurs de cette famille. En Europe on tient cet arbre en serre , et on le perptue en semant ses graines sur une couche tide recouverte de son clissis. La plante fleurit mieux quand on lui donne de la chaleur. Dans le premier ge cet arbre a besoin de la tanne. Caractres physiques. Le Bois-Ivrant est un arbre d'environ vingt-cinq pieds de hauteur, droit, de peu d'ornement , et qu'on reconnat facilement son port singulier et nglig. Les feuilles tombent tous les ans; elles sont ailes avec impaire , et ont leurs folioles ovales et trs-entires. Les fleurs viennent en grappes rameu- ses , et produisent des gousses qui , selon Sloane , res- semblent par leurs ailes aux roues de moulins eau. La fleur a un calice monophylle , campanule et cinq dents ingales ; une corolle papilionace dont l'tendard est chancr et relev ou rflchi en dessus , et qui a ses ailes aussi longues que l'tendard , et sa carne en crois- sant et montante *, dix taniines dont neuf ont leurs filets runis , dans leur partie infrieure , en une gaine qui en- veloppe le pistil, le filament de la dixime tant libre j un ovaire suprieur , oblong , comprim , pdicule , charg d'un style en alne , ascendant , et dont le stig- mate est aigu. Le fruit est une gousse oblongue , linaire , pdicu- le , un peu comprime , uniloculaire , valves presque runies dans les interstices des semences , et munie ex- ( 205 ) trieurement de quatre ailes longitudinales larges el membraneuses. Les semences sont oblongues et un peu r ni forme s. On trouve aussi trs-frquemment aux Antilles une nuire espce d'Erythrine qui jouit des mmes proprits : c'est VErythrina corallodendi on folio singulari oblongo , siliqu pland de Plumier. Eryllirine gousses planes. Analyse chimique. La dissolution aqueuse du prin- cipe amer de FErythrine forme des prcipits avec les sulfates de fer et de cuivre -, il est soluble dans l'ther j son amande buileuse devient bleutre par les acides, et d'un brun rougetre par les alcalis. Proprits dltres. Le suc du Bois-Ivrant sert enduire les flches et les poignards des sauvages. Le gi- bier atteint de ces armes meurtrires ne contracte aucune proprit vnneuse. Il parat qu'il agit directement sur le cerveau et sur le systme nerveux. Symptmes d'empoisoknemekt. Voyez ceux de la plante prcdente. Secours et antidotes. Mme secours que pour l'em- poisonnement par la vratrine. Proprits mdicinales. Je ne lui en connais pas. Nota. On peut consulter pour le complment des toxiques les classes des Epispastiques et des Tactiles exci- tantes ^ les Alpina , les Dracunculus , les Emerus , les Plumeria, les Astragalus , les Belladona , plusieurs Bi- gnonia^ les Galega, les ]Nicotiaiia, les Phaseolus , les ( 206 ) Plumbago , les Ricinodes , les Solanes , lesSpigelia, les Cameraria , les Tabernsemontana , les Valdia , les Arodes , TUrcole lastique , etc. EXPLICATION DE LA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-SEIZE. La plante est reprsente demi-grandeur naturelle. 1. Etamine. 2. Silique. 3. Semence. ( 207 ) = CLASSE. DES SUBSTANCES VEGETALES REPUTEES, AUX ANTILLES, PROPRES A SERVIR d'aNTIDOTES AUX POISONS PRIS INTRIEUREMENT. PLANTES DITES ALEXITERES IN- TERNES. Xjes anciens donnrent le nom d'antidotes aux remdes capables de neutraliser les poisons minraux , vgtaux , ou animaux. Ils n'taient autre chose que des excitans plus ou moins diffusibles , susceptibles de pntrer dans les routes de la circulation , par suite de leur ingestion dans Testomac. Le mot latin alexiterius ^ form du grec aXtluv , chasser , et ^p , animal sauvage et venimeux , tait consacr toute substance qui servait de remde la piqre des insectes venimeux , ou la morsure des serpens , comme on donnait le nom d'alexipbarmaque , driv du grec ecxduv , chasser , et upfiUKov , poison , toute substance doue de la vertu d arrter les ravages de l'empoisonnement. Maintenant les deux noms sont indiffremment usits dans l'un ou l'autre cas. On employa d'abord ces mdicamens , peut-tre trop prconiss ou trop dprcis , dans tous les cas d'empoi- sonnement interne ou externe, et depuis, quelques an- ToME III. 5o^ LtWaisoT. 17 ( 208 ) ciens praticiens (onservent encore ce nom aux substan- ces qu'ils croient capables de dtruire les principes morbifiques , de rgnrer les humeurs vicieuses et cor- rompues , qui causent , disent-ils , les fivres putrides , malignes , et de mauvais caractre. Quoi qu'il en soit, la plupart des alexpharmaques con- tiennent des principes amers , acres , volatils , extrme- ment diffusibles , et susceptibles de pntrer tous les systmes , et d'exciter vivement les proprits vitales. Leur action immdiate est de fortifier les organes , d'ac- clrer la circulation , et de provoquer la sueur. D'aprs ces proprits reconnues , le mdecin instruit doit sa- voir quand il faut les loigner ou les prescrire. On con- oit que les alexipbarmaques aromatiques peuvent tre funestes dans la priode inflammatoire , ou dans les fi- vres ataxiques , annonces par le dsordre tumultueux des proprits vitales , dans les congestions du systme capillaire , dans celles du cerveau et des poumons. Ils of- frent moins de dangers dans les fivres adynamiques , o les forces abattues ont besoin d'tre releves. Les hommes de l'art qui fout encore la mdecine des symptmes, appliquent, dans les cas d'empoisonnement , de syncopes, de dfaillance, d'vanouissemeus , les prparations appeles cordiales ou alexilres, comme propres rtablir les fonctions troubles del circulation, et neutraliser les effets vnneux , ou s'opposer la contagion des maladies endmiques et pestilentielles 5 mais on conoit que les cordiaux ne peuvent avoir d'ac- tion prompte et directe que sur l'estomac , et non sur le coeur que le vulgaire confond toujours. En gnral, il faut tre trs-rserv sur l'emploi rpt de ces remdes incendiaires, sous un climat o tout tend l'exaltation ( '-^'09 ) et la dgnrescence , parce qu'ils troublent souvent les intentions de la nature. Il vaut mieux , par un traite- ment doux et non pertuibateur , l'aider dans ses efforts, que de tenter des transpirations forces, des ruptions incertaines , et des sueurs qui, souvent mme, ne sont pas critiques. Le but que nous nous proposons dans la classe des alexitres , est de signaler aux mdecins , aux pharma- ciens, et aux insulaires des belles contres de FAmii- que , des vgtaux dont une longue exprience a cons- tat l'utilit contre les empoisonnemens , proprits qu'on voudrait en vain contester, puisque journelle- ment, aux Colonies , on trouvo l'occasion d'en apprcier les avantages. Ce n'est donc pas sans fondement que les naturels des Antilles accordent des vertus relles etprdses certai- nes plantes dont ils ont fait mille fois l'heureuse appli- cation en faveur de l'humanit souffrante. Des faits avrs font taire des suppositions imaginaires , et M. Bo- nastre vient de confirmer la possibilit d'une vertu alexitre dans plusieurs fruits de l'Amrique , justement clbres par leurs proprits , tels que ceux du Nan- dhiroba , de l'Acacie grandes gousses , dont il a bien voulu me communiquer les analyses soignes avec tout le talent et toute la prcision dont il est capable. Cet in- fatigable chimiste a trouv dans les amandes de ces deux fruits , entre autres , une quantit tonnante d'albumine; et l'on sait quelle est la vertu neutralisante de l'albu- mine dans l'empoisonnement par le sublim corrosif et les sels cuivreux. L'albumine se trouve encore dans les crucifres, le papaver, le caf et plusieurs autres aro- matiques. Youii une dcouverte (jui, sert apprcier le '7' ( 2I ) tact naturel dont a Providence a clou ces insulaires exposs vivre au milieu des substances vnueuses , afin de pouvoir s'en prserver, ou d'en arrter les efl'els par ces antidotes qu'ils rencontrent , le plus souvent , auprs des plantes suspectes et vnneuses. Or , les ngres , privs des ressources de l'analyse , ont surpris , par un instinct naturel , des antidotes dans certains fruits amandes \ d'autres dans le suc des citrons et des oranges ^ ceux-ci dans la partie corticale et aroma- tique de plusieurs fruits \ c'est tout ce qu'on peut dsi- rer de la classe des alexitres , puisqu'on y trouve des mulsions , des huiles , de l'albumine et des substances aromatiques. Ces ractifs , tant modifis d'aprs les diffrens temps de l'empoisonnement , moussent les sucs caustiques du mancenillier , du qubec , de la spiglie , des dolics et autres plantes d'une nature acre et corrosive. On emploiera , au contraire , la saigne , les bains , la tbriaque , les infusions aromatiques et sudorifiques , contre les qualits vnneuses , narcotiques et mortif- res des sucs du maniliot , des bell adonnes et des sola- nes. La racine tant renomme de la sensitive pineuse doit en partie sa vertu alexitre sa proprit vomitive. (Voyez classe des mtiques , vol. 2.) Toutefois, responsables envers la socit des accidens qui peuvent rsulter d'une intempestive application des antidotes gnraux qui ne russissent pas toujours , et qui pourraient jeter dans une scurit funeste ceux qui en feraient un usage exclusif , les mdecins ne doi vent pourtant point rejeter des moyens avous par des sicles d'une exprience positive et concluante. T/. I7t^i!,ifreJJe,n-<>ur/T%. Ahj- /{'ree Jeti^ MIRA^^IE G-1L4C ( ^'' ) WWVV \V%\^^IA\ VWVWWV'VX'VlWVWVWVWVWVVX WWX^WWWWWWWWWVWWVtVl VWWWVW^VVVV MIKANIE. ( Alexitre interne. ) Synonymie. Vulg-. Guaco de la Nouvelle-Grenade. Eupalo- rium Mikania. Lin. Syngnsic polygamie. Touroef. Cl. 12. Flosculeuses. Sect. 3. Juss., famille de Corymbifres. Willdenow Spec. PI. lom. 3 , pag. 1742. Cahactres gnriques. Rceptacle nu ^ aigrette plu- meuse ; calice imbriqu , oblong , style demi - bifide long. Cractres paplTiculiebs. Fleurs en corymbes \ ai- grette pileuse \ calice quatre ou six folioles , contenant autant de fleurs ; tige grimpante -, feuilles opposes , ovales , dentes , marques sur les bords par des courbu- res peu sensibles , prolonges en ai\gle aigu sur le ptiole, pointues au sommet. Histoire naturelle. Cette plante prcieuse , origi- naire del Nouvelle-Grenade , a t naturalise aux An- tilles o on la rencontre assez frquemment. Elle m- rite 5 par ses proprits bien constates , d'tre place dans le sanctuaire d'Hygie. Le botaniste qui travaille autant pour l'humanit que pour la gloire , sourit , lors- qu'au milieu de la riche vgtation de l'Amrique , il peut dcouvrir Ces puis.sans vgtaux Qui de l'avide Parque moussent les ciseaux. (Castel.) ( -il 2 ) M. Za , qu'une mon prmature a enlev la science, se plaisait cultiver, dit le docteur Alibert , le guaco de ses propres mains , et il le conservait connne une de ses possessions les plus prcieuses , parce qu'il lui a servi dfendre beaucoup d'hommes contre les serpens qui in- festent le royaume de Santa-F. Ces serpens, continue l'Arcliitre , sont en une telle abondance dans ces lieux , et les effets de leurs atteintes sont si terribles, que -, malgr l'atlrait de For , on a t forc d'abandonner plu- sieurs villages. C'est surtout au Ghoco ^ si clbre par le platine dont il est la patrie, que se rencontrent les serpens les plus venimeux, et c est laque, depuis long- temps , on employait le guaco pour en gurir les morsu- res. Quelques ngres se transmettaient ce secret, auquel ils mlaient des prires , des crmonies et autres actes superstitieux. Aussi le vulgaire , frapp des effets dont il ignojait la cause , croyait qu'il y avait de la magie. M. Mutis , force d'adresse, parvint le dcouvrir, et faire de nombreuses expriences sur son application , qui furent couronnes de succs. Personne ne meurt prsent de la morsure des serpens , les animaux eux- mmes gurissent , quand on est porte de leur faire boire le suc de guaco. Le genre Mihania a t tabli par Willdenow , et c'est le clbre Mutis, de Santa-F, qui a fait Ife premier connaitre ses proprits mdicales , dans la Flore de Bo- gota, comme antidote contre la morsure de certains ser- pens. M. le baron de Humboldt et M. Bonpland ont confirm les vertus de ce puissant vgtal. Caractres physiques. La racine de la Mikanie est viyace , trs-rameuse , s'enfonant profondment dans la ( ^'3 ) terre. La tige est herbace , cylindrique , grimpant sur les arbres trente pieds de hauteur. Les rameaux sont opposs , couverts dans leur partie suprieure d'une l- gre pubescence. Les feuilles sont galement opposes , ovales , longues de quatre six pouces sur deux ou trois de largeur ; marques sur les bords par des courbures peu sensibles , et lgrement denteles ^ prolonges en angle aigu sur le ptiole ; pointues au sommet, rarement acumines ^ glabres en dessous , marques de veines peu saillantes , pres en dessus , trs-minces , membraneu- ses ^ ptioles grles , longs d'un deux pouces , embras- sant en partie la tige , et presque runis par leur base , convexes en dehors , et marqus intrieurement d'un sillon peu profond. Corymbe terminal compos d'un grand nombre de fleurs , et situ l'extrmit des jeunes rameaux^ fleurs d'un blanc terne , rassembles par petits faisceaux pdicells ^ calice compos de quatre folioles , renfer- mant quatre fleurs ou fleurons hermaphrodites -, folioles lancoles membraneuses. Fleurons. Tube grle , cylindrique , de mme lon^ gueur que le calice ^ limbe en forme de cloche , divis eu cinq parties gales. Etamines. Au nombre de cinq renfermes dans la co- rolle. Anthres runies en tube. Pistil. Ovaire linaire^ style simple^ deux stigmates blancs carts l'un de l'autre. Gj^aine. Cuniforme , couronne par une aigrette ses- sile , rougetre , et compose d'un grand nombre de rayons couverts de poils courts. (Willdenow^ , Humboldt.) ( 2.4 ) AisALYSE CHIMIQUE. Toulc Ja plante exhale une odeur forte , pntrante et nausabonde , mais je n'ai pu m'en procurer l'analyse, quoique ayant rencontr plusieurs fois la plante dans mes voyages. Proprits mdicinales. M. Mutis , dans l'intrt de la science et de l'numanit , dit encore le D. Alibert , voulait recherclier si l'inoculation du ^z^aco rend l'homme inaccessible la morsure des serpens pour toute la vie , ou seulement pour quelque temps , comme les ngres le prtendent ^ mais il fut troubl dans ses belles exprien- ces par le refus qui lui fut fait par la haute-cour de jus- tice , sigeant Santa-F , de les faire sur des criminels condamns mort. Il parait certain qu'on peut porter impunment sur soi les serpens les plus venimeux , et provoquer leurs blessures , moyennant le procd suivant. Les ngres pratiquent sur l'adepte six incisions , deux aux pieds , deux aux mains , et une chaque ct de la poitrine. On exprime le suc des feuilles de guaco , qu'on verse sur les incisions , comme lorsqu'on veut inoculer la variole. Avant l'opration , on fait avaler deux cuilleres du suc celui qui va tre initi. On l'avertit qu'il doit prendre le mme suc chaque mois , pendant l'espace de cinq six jours \ car , s'il nglige de le faire quelque temps , la vertu du suc s'vanouit , et il aura besoin d'une nouvelle inoculation. C'est cette prcaution que M. Mutis et le savant Corrgidor de Zipaquira attribuent les effets prservatifs du guaco. Toutefois , l'usage le plus ordi- naire est de porter sur soi des feuilles de cette plante , dans les lieux infests des serpens, pour s'en dlivrer ; car l'odeur seule leur imprime un tat de stupeur ou ( 2l5 ) d'engourdissement. (AlILert. Nouv. Elem. de Thrap. , t. 2 , p. 5oo.) Mode d'administration. Le suc de giiaco ou sa dcoc- tion se donnent une dose indtermine. On applique extrieurement le marc sur les blessures. EXPLICATION DELA PLANCHE CENT QUATRE-VINGT-DIX-SEPT. Le rameau est rduit aux deux tiers de sa grandeur natu- relle. 1. Fleurons renferms dans un calice imbriqu. 2. Fleuron spar. 3. Semence. ( ^'6 ) VVVVVVvV\VVV\VVi'VVVVV%/VVVV%VVVVVVVVVVVVVVVVVWVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV^'^VVV%VVVVVV^ ' V ' ' ' Cet, NA.\DHIROBE A FEUILLES DE LIERRE. ( Alexitere interne. ) Synonymie. Vulg. Liane contre-poison ; Bote savonnette ; Coucourout. Noix de serpent. En carabe, Avila. Ghandi- roba. Marcg. Brasil. 46 Sloan. Jam. 84- Hist. i , pag. 200. Fevillea cordifolia. Lin. Dicie pentandrie. Juss. , famille des Cucurbitaces. Adanson , les Bryones. Fe- villea foliis cordatis, integris , subtriangulatis. Poiret. Fe- villea foliis cordatis , angulatis. Sjst. vgt. 7/}3 Nan- dhiroba scandens, foliis hederaceis angulosis. Plum. genr,. 20, ic. 109. Fevillea foliis crassioribus glabris , quando- que cordatis , quandoque trilobis. Brown. Jam. 374. Caractres gnriqites. Tiges grimpantes: feuilles alternes, en cur ou trilobes, munies de vrilles dans leurs aisselles avec des fleurs axillaires. Le caractre es- sentiel du genre est d'avoir les fleurs dioques , le calice et la corolle diviss en cinq; dix tamines , dont cinq striles \ une baie demi-infrieure , trois loges. Caractres particuliers. Fleur maie. Calice quin- qufide ; cinq tamines ; nectaire^ cinq filets connivens. Fleur femelle. Calice quinqufide -, trois styles ; pomme dure, trois loges, cortice ; feuilles cordifor- mes , anguleuses , et quelquefois trilobes comme dans le lierre. JV. z^.f J/toilore /i^jrvur/t/x. Pai-X" finie %jSrut- -NANIHIlOliE AFKril,LES l>K l.iElliK. ( ^I? ) HisTOKE NATURELLE. La liaiiC grimpante du Naudhi- lobe offre Foeil une riche verdure, et d'autant plus agrable , qu'elle est entremle de fleurs et d'un grand nombre de fruits dont cette liane est tout la fois cliarge. Elle se tresse en guirlandes entre les arbres , ou tapisse , en serpentant , l'ajcupa de l'habitant des Co- lonies , et lui fournit des berceaux pour ombrager sa tte^ elle a du rapport avec la bryone d'Europe pour les caractres botaniques. Le Nandhiroba ou Ghandiroba est un nom brsilien , qui dsigne , selon Marcgrave , une liane feuilles de lierre , qui grimpe la manire des grenadilles. On en distingue trois espces qui ont les mmes proprits. Les feuilles sont tantt en cur , tan- tt trois lobes sur le mme pied. C-tte liane croit na- turellement dans l'Amrique mridionale , la Martini- que , Saint-Domingue , aux Antilles , d'o l'on en rap- porte en Europe les fruits qui, selon Yirey, faisaient partie des anciennes pharmacies du temps de Lmery . mais dont on nglige maintenant le commerce , ce qui fait qu'on n'en trouve plus en Europe que d'anciennes , par consquent rances et prives de leurs vertus vi- demment alexitres. Pendant mes fondions de mdecin du gouvernement Saint-Domingue , j'eus traiter d'un empoisonnemient le gnral en chef des noirs, Dessali- nes , et il fut parfaitement guri par l'usage de cette prcieuse amande du Nandhirobe. A l'poque de l'arri- ve de l'expdition du gnral Leclerc , les blancs qui se trouvaient alors dans File , avant tous t condamns mort, je trouvai, dans l'pouse de cet homme cruel, une protectrice puissante qui , plustard , me sauva plu- sieurs fois la vie , ainsi que j'ai eu plaisir le dclarer dans le troisime volume de mes f^oyages d'un Natura- ( 2i8 ) liste. Il me semble encore entendre dire cet ange tul- laire qui clierchait apitoyer sur mon sort son farou- che poux : Epargnez votre mdecin -, a\fez-vous oubli que vous lui devez la vie , et que Ces vgtaux puissans qu'ici l'on voit clore , Bienfaits ns dans ces champs de l'astre quon adore ; Par les soins de Phradate , avec art prpars , Firent sortir la mort de vos flancs dchirs ? ( Voltaire.) Les fruits tombs au pied des arbres en sont entra- ns par les grandes pluies ou avalanges , et cbaris par les rivires qui les dissminent sur leurs rivages. Caractres physiques. Le Nandliirobe est une plante dont la tige est sarmenteuse et grimpante *, elle est gar- nie de vrilles simples et roules en spirales qui naissent dans l'aisselle des feuilles opposes aux pdoncules des fleurs. Les feuilles sont en cur ou trilobes sur le mme individu. Elles sont alternes , paisses , un peu charnues; grandes, ovales, trs-arrondies leur base , plus larges que longues \ divises vers leur sommet en trois angles carts -, plus ou moins prononces \ vertes , lisses , lui- santes et glabres des deux cts ; portes sur de longs ptioles tendres et cylindriques. Les fleurs en roue , de couleur isabelle, paraissent en dcembre et janvier. Elles naissent dans Faisselle des feuilles , en opposition avec les vrilles portes sur de longs pdoncules , et disposes en grappes. Les fleurs mles sont striles -, les fleurs fe- melles sont portes sur un embryon qui se change en un fruit sphrique de cinq pouces de diamtre , revtu d'une corce verte , recouvrant ime enveloppe ligneuse, ( ^'9 ) cassante et rticule. Ce fruit est divis , dans le milieu de sa largeur , par lui petit bourrelet trou plusieurs distances , et la faveur duquel il s'ouvre lors de sa ma- turit. Ce fruit , qu'on appelle bote savonnette ^ cause de sa partie infrieure et de son couvercle , contient, au milieu de sa pulpe , huit dix noix fauves , convexes d'un ct et concaves de l'autre , paisses d'un doigt. L'amande qui se trouve sous l'enveloppe fauve est d'un got amer et otFre un souverain contre-poison. Analyse chimique. Il rsulte, d'une analyse rcente faite par M. Bonastre dont on connat l'exactitude, que l'amande du jN andhirobe , tant vieille, est prive de l'al- bumine qui constitue sa vertu anti-vnneuse , et qu'en se desschant , la substance grasse ou huileuse se rancit tellement, qu'elle dcompose les autres parties. On y trouve une substance appele par M. Vauquelin colo- cynthine , ce qui explique la vertu purgative de cette amande haute dose. Elle est trs-amre , mais ni rsi- neuse , ni gommeuse , et elle laisse dposer chaque fois qu'on l'vapor des flocons blancs qui sont solubles dans l'alcool et dans l'eau. Ils sont d'une amertume extrme, La matire grasse est si rance et a tellement absorb l'oxigne de l'air, qu'on a beaucoup de difficult la dissoudre , mme dans l'ther. Dissoute dans la potasse caustique , elle est en partie soluble dans l'eau. On la prcipite par un acide; sa rancdit est excessive. Une dissolution de colocynthine prcipite par une infusion de noix de galle , ce qui est commun avec l'albumine *, mais , d'un autre ct , l'albumine est insoluble dans l'alcool , ce qui , par consquent , l'en loigne. M. Bo- ( ^IfJ ) nastre regrelle de n'avoir pas opr d'aprs des fruits encore rcens. M. Drapiez (Journal de Pliarm. , aot 1820) vient de * prouver , par de nombreuses expriences , que le fruit du feviUea cordifolia est un puissant antidote contre les poisons vgtaux. Cette opinion avait t , depuis long-temps , mise par les naturalistes. M. Drapiez a empoisonn des chiens par le Rhas toxi- codendron ^ la cigu et la noix vomique. Tous ceux qui furent abandonns Peffet du poison moururent , tan- dis que ceux qui on "administra le fruit du fewillea cor- difolia recouvrrent la sant aprs une courte indispo- sition. Il s'assura galement que cet antidote n'agissait pas seulement dans l'estomac ; il en appliqua extrieurement dans des blessures pralablement empoisonnes , et il blessa deux jeunes chats avec deux flches qui avaient t trempes dans le jus du mancenillier. On appliqua l'un d'eux un cataplasme form avec le fruit du feuil- lea cordifolia, et l'autre fut laiss sans application. Le premier n'prouva d'autre inconvnient que celui de sa blessure , et gurit promptement ; tandis que l'autre tomba en convulsion au bout de trs-peu de temps , et mourut. - Il semble , d'aprs ces expriences concluantes , que l'opinion entretenue des vertus de ce fruit , dans les contres o il est produit, est bien fonde. Ou doit d- sirer, en consquence, qu'il soit introduit en pharma- cie, comme un mdicament trs-important^ mais il est ncessaire de connatre s'il perd ses proprits et s'il se conserve plus de deux ans aprs avoir t rcolt. L'analyse que vient de faire M. Bonaslrc , de graines ,( 22 1 ) tis-aiicienues, juge la question , en prouvant que cette amande a besoin d'tre employe h l'tal de fraiclieur , pour tre doue de ses proprits -, car au lieu d'albu- mine que doune le fruit du mimosa scandens , celui du \\eux fei^illea n'a donn M. Bonastre qu'une matire rance , un principe amer, et aucune trace d'albumine ( antidote du sublim ) qu'on y trouve lorsque ie fruit est encore rcent , et qu'ii n'a subi aucune altration. Proprits mdicinales. Les amandes du Nandhirobe, tant trs-amres , sont employes comme contre-poison de la morsure de tous les serpens en Amrique; de-l leur nom de noix de sejpent. On les ple et on les ap- plique en topique sur la blessure. On en prend aussi in- trieurement liante dose. Cette amande devient purga- tive. Selon Minguet , on exprime l'amande du Nandhirobe pour en extraire l'huile qu'on administre aux personnes enpoisonnes. Elle entre aussi dans la composition des onguens. On regarde l'amande comme fbrifuge , et, dans ce cas , les Espagnols en prconisent l'mulsion qu'ils prparent aprs avoir pil l'amande rcente. Les flibustiers en portaient toujours avec eux dans leurs croisires pour la gurison de leurs blessures reues l'abordage. L'mulsion se prescrit aussi dans les gonor- rhes. On regarde les semences comme de dangereux emmnagogues. Mode d'admitvistratiois. Une graine prive de l'en- veloppe et rpe suffit pour une mulsion. La dose de riiuile est d'une cuillere. Quelquefois on rpe l'amande ( 222 ) dans du vin de Madre pour obtenir plus srement une polion cordiale. EXPLiCATIOK DE LA PLANCHE CEKT QUATRE-VINGT-DIX-HUIT> Rameau rduit moiti grandeur. 1. Fruit dont on a enlev l'opercule au-dessus des im- pressions calicinales. 2. Semence dont la partie spongieuse de l'extrieur est enleve en partie. 3. Fleur maie. 4* Une des tamines spare. 5. Une des cailles alternes avec les tamines, 6. Fleur femelle. 7. Un des styles dtach. /'/^i'y. J /leoJofe 7)ej'Ci'7/rfz/x. ./^-^^' JVre Scjt/p IIIG.\ONE A GlilFFES. ( 223 ) VV^A/VVV^'VV\A/V ^/V VV %V /VV(VV^A/V ^/v\^ BIGNONE GRIFFE-DE- CHAT. (^Alexitre interne.) Synonymie. Vulg. Liane cliat. Lierre de Saint-Domingue. Bignonia unguis Cati. Lin. Didynamie angiospermie. Tourn. Personnes. Juss. Bignones. Bignonia foliis eon- jugatis ; cirrho brevissimo arcuato tripartito. Lin. mill, Dict. no 5. Bignonia Americana, capreolis aduncis donata , siliqu longissim. Tournef. 164. Gelseminiim indicum hederaceum tetraphyllum , folio subrotundo , acuminato. Sloan. Jam. 90, Hist. 1 , p. 208. Clematis quadrifolia , flore digitalis luteo, claviculis aduncis. Plum. Amer. 80, t. 94. Clematis mjrsinites , amplioribus foliis , Ameri- cana, tetrapbyllos. Pluk. Alam. 109, t. i63, f. 2. En carabe Reremouly , Cres. Caractres gnriques. Fleurs monoptales , per- sonnes , feuilles opposes -, calice quinqufde , en forme de godet 5 corolle gorge campanule , quinqu- fde , ventrue en dessous ^ silique ou capsule siliqueuse deux loges 5 semences membraneuses , ailes. Caractres particuliers. Feuilles conjugues , vrilles trs-courtes , arques en trois parties. Histoire naturelle. Cette Bignone crot dans les les de Bahama , aux Antilles et Cayenne ^ on la cultive assez facilement en Europe. Elle se perptue deboutn- ToME in. 5oe Livraison. i8 ( ^^4 ) Tes ou de butlage , c'esl--dire en amoncelant une cer- taine quantit de bonne terre autour des jeunes rejetons qu'auront produits les racines d'un vieux tronc coup rez-terre. Le genre Bignonia a t consacr par Tourne- fort M. l'abb Bignon , savant distingu. Ce gnie renferme de belles espces. Cette liane , garnie de vrilles ou mains qui ressemblent des griffes de chat , et par lesquelles elle s'accroche aux arbres voisins des forts , et aux rochers , est recherche en Amrique pour ses proprits alexitres et apritives. Caractres physiques. Cette Bignone pousse des sar- mens fort menus , de couleur cendre , entrecoups par des nuds assez prs les uns des autres , et qui s'atta- chent sur les rochers ou sur les troncs des arbres , de la mme manire que nos lierres. Ses feuilles sont oppo- ses 5 et leurs ptioles , qui ont peine un pouce de lon- gueur , portent chacun deux folioles ovales , pointues , vertes , glabres et nerveuses. Le ptiole commun , qui soutient chaque paire de folioles , se termine en une vrille courte , et communment divise en trois parties courbes en crochet. Les fleurs sont jaunes, sans odeur, et viennent dans les aisselles des feuilles , portes sur des pdoncules simples , longs d'un pouce , ou un peu plus. Elles produisent des capsules qui ont prs de deux pieds de longueur, sur environ un pouce de large , sont pointues , fort aplaties , et de couleur tanne , tant mres. Analyse chimique. Cette Bignone contient une ma- tire colorante ^ un principe doux , gommeux , qui pr- domine \ une matire amilace j un acide malique \ du tannin et de Thydrochlorate de potasse. ( 225 ) Proprits mdicinales. Le sage praticien Poupe- Desportes recommande Fusage de cette plante , toutes les fois qu'on doit employer les apritifs. Les naturels font entrer dans leurs antidotes, contre les substan^.'^s vnneuses , et surtout la morsure des serpens , toutes les parties de cette Bignone liane chat , dont ils combi- nent l'action avec celle des cressons de savanes , grand et petit , dont j'ai donn l'histoire. (Vol. \" ^ classe des anti-scorbuliques , pag. igB.) Mode d'administration. On emploie le suc des feuil- les la dose d'une cuillere , et la dcoction des racines et des autres parties de la plante celle de quatre onces. On prfre la teinture alcoolique lorsqu'il n'y a point de symptmes inflammatoires. explication de la planche cent quatre-vingt-dix-neuf. La plante est rduite aux deux tiers de sa grandeur na- turelle. 1. Portion d'une silique. 2. Semences imbriques dans une moiti de silique, 3. Semence. ( 226 ) //\'WWV\'WVVWW\VVWMW<>VV\ VVVfVV\IVViVV\'VV\'VV'VVN'VV(VV\'VV'V\'V'V%''V\,W* 'iV ACACIE A GRANDES GOUSSES. ( Alexitre interne. ) Synonymie. Vulg. Cacone grimpante, Liane buf; chtai- gnes de mer , ou cur de St. -Thomas. Mimosa scandens. Lin. Polygamie moncie. Tournef. Cl. 20. Arbres mono- ptales. Sect. 2. Acacia, id. Jussieu , famille des lgumi- neuses. Acacia scandens flore subviridi racemoso , siliquis magnis. Plum. 2^ vol. Perim-Kaku-Valli. Rheed. Mal. 8, t. 32, 33 et 34. Rumph. Vol. V , tabl. 4. Pluck. Tab. 211. Caractres gnriques. Calice double : l'extrieur cinq dents", Tintrieur plus grand , monospale, rgulier et tubuleux. Etamines en nombre variable , monadel- plies. Fleurs gnralement petites , disposes en pis ou en ttes globuleuses. Vgtaux herbacs ou ligneux, ayant en gnral les feuilles dcomposes. (Richard.) Caractlres particuliers. Feuilles doublement pin- nes, conjugues sans pines , termines par une vrille *, folioles bijii-ues. Tige grimpante la hauteur de plus de cent pieds. Histoire NATURELLE. Le genre Mimosa., comme l'ob- serve judicieusement M. Delaunay , encore trs-nom- breux, a t cependant restreint par Linn. Les Grecs , dit-il , avaient donn , par antiphrase , le nom d'akakia, qui signifie innocence , la premire espce qu ils ont y/tcotiiy/-c />e^fc<.'(tr/l7\ /i/i.v /*e/-fES GOr^SES ( 2^7 ) connue et qui tait trs-pineuse. Linn a chang ce nom en celui de mimosa , qui exprime mieux une qua- lit m,ime , commune tous _, celle de flchir sous les doigts qui les touchent , comme la sensitive , etc. , ou de marquer leur sommeil en abaissant ou rapprochant leurs rameaux et leurs folioles. Ce dernier nom du grec mimos, comdien , est driv du verbe mimeomai , imiter, faire des gestes. Cette liane , trs-grosse , dit Chevalier , se dveloppe rapidement si les racines pivotent dans un lieu humide ; elle court d'arbre en arbre , quelquefois plus d'une demi-lieue. Elle se plait et fait l'ornement rustique de ces belles et silencieuses forts que la hache a toujours respectes , et o souvent Ni bergers , ni chasseurs gars dans leur course , De ces asiles frais n'ont troubl les gazons. Elle croit dans les montagnes, et rapporte des semen- ces farineuses renfermes dans d'normes lgumes de trois quatre pieds de longueur sur quatre pouces de large, et qui servent de nourriture beaucoup d'Indiens ou de naturels des Antilles. Les ngres appellent les fruits tombs de leurs gousses chtaignes de mer , parce qu'au milieu des ouragans , ces fruits , transports par les avalanches ou par les torrens qui descendent des mon- tagnes , se mlent aux eaux des rivires , en garnissent les rives , puis , la premire crue , sont charis vers la mer. A flots imptueux , les fleuves dbords Prcipitent leur cours sur les champs inonds. Ils entranent troupeaux, bergers, arbres , cabanes. (de Saint -Ange.) ( 228 ) Les amandes de ces fruits sont recherches par les co- chons marrons et les boeufs. Les ngres vident ces graines qu'ils appellent caconeSy et aprs avoir enlev en entier l'amande , ils en font des bourses escalins en adaptant l'ouverture du haut un liser de bois d'acajou ou de citronnier , qui ferme l'entre au moyen d'une coulisse. Les dames croles, passionnes pour leur pays , ne ddaignent pas ces bour- ses o elles renferment des pices d'or. Les amandes , quoique amres , se mangent avec plaisir lorsqu'on les fait bouillir ou boucaner. Cab^actres physiques. Les tiges de cette liane sont cylindriques , paisses , fort longues , sarmenteuses et grimpantes ; le ptiole commun de chacune de ses feuilles fournit une couple de pinnules charges , l'une et l'autre , d'une ou deux paires de folioles , et se ter- mine par une vrille simple ou bifide -, les folioles sont ovales-obloDgues , obtuses , quelquefois chancres , avec une trs-petite pointe dans leur chancrure , vertes, lisses et un peu coriaces. Les fleurs sont petites , blan- chtres , polyptales , dcandriques et disposes en pis grles. Les fruits sont les plus grands de tous ceux des plantes lgumineuses que l'on connat. Ce sont des gous- ses longues de deux ou trois pieds, larges de trois quatre pouces , aplaties , enfles aux endroits o sont les semences, coriaces et entoures par un cordon li- gneux qui nat du pdoncule auquel elles sont attaches. Ces gousses normes renferment chacune sept neuf se- mences larges de deux pouces , un peu aplaties sur les cts , arrondies en rein ou en coeur , et d'un rouge brun comme les chtaignes , au moins lorsqu'elles sont sches. ( 229 ) Analyse chimique. Ce n'est pas sans fondement que les naturels ont , de tout temps , proclam les vertus anti-vnneuses de l'amande de ces fruits, l'tat de fra- cheur. M. Bonastre , dont les talens en cliimie sont con- nus , vient tout rcemment de me communiquer l'ana- lyse suivante , qui sert prouver que l'albumine qu'on y trouve en grande quantit peut servir neutraliser la plupart des poisons. Ses reclierclies lui fournirent : lo considrablement d'albumine ; 2" de la fcule ^ 3o de la gliadine ; 4 ^^ ^^ gomme acide ; 5" de la rsine acre trs-blanche ^ 6 une huile grasse incolore j ^o une ma- tire extractive ^ 8 des traces d'acide gallique ^ 90 un peu de sucre ^ 10 de la fibre blanche. Proprits mdicinales. La Cacone grimpante est re- cherche comme alexitre. L'corce verte des siliques est estime vulnraire , et contient une rsine diaphane blanche et gommeuse , laquelle durcit en se schant. Mode d'administration. On rpe l'amande qu'on donne en substance une dose indtermine, pulvri- se et infuse pendant une nuit. Elle convient aux fbri- citans. Il serait souhaiter qu'on pt en garnir les offi- cines europennes j elle mrite , dit le D. Jourdan , de figurer dans nos pharmacies plus juste titre que tant d'inutiles drogues qui les encombrent , sans utilit pour l'humanit. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENTS. La plante est rduite au tiers de sa grandeur naturelle. 1. Chaton. 2. Semence dont une portion corticale est enleve pour laisser voir l'amande. T/ifoifcre Jff.rcotfy/i/x /''n. VMWAIW. Li^lXE A i; 0^:111 ( 23l ) PAREIRE A FEUILLES RONDES. ( Alexitre interne. ) Synonymie. Liane cur. Liane serpent. Liane quinze jours. Pareira brava. Caapeba butua; bcrbe Notre-Dame. Gissampelos ( Pareira ) foliis peltatis , cordatis , emar- ginatis. Lin. , Dicie Monadelpbie. Jussieu, Class. i3 , ord. 17, famille des Mnispermes. Gissampelos scandens, foliis peltatis , orbieulatis , cordatis , villosis ; floribus mas- culis , racemosis ; femineis spicatis , spicis folialis. Brown , Jam. , p. 357. Gissampelos foliis margine petiolatis. Burm , Amer. 5 p. 5G , tab. 67, fig. 2. Gaapeba folio or- biculari , ncn umbilicato. Plum. , Gen., pi. 33 , t. 29. Glematis baccifera , glabra et villosa , rotundo et umbili- cato folio. Sloan. , Jam., 85. Hist. 1 , p. 200. En espa- gnol , Pareira hrava, En portugais , Pareira hrava do BrasiL En anglais , Gissampelos , iVild-Vine, En brsilien, Caapeba membrocq. Natsjatam, Rheed. Hort . mal., vol. 7, p. 1 , tab. 1. Caractres gnriques. Fleurs pol3^ptales , de la famille des Mnispermes -, plantes grimpantes , feuilles alternes-, fleurs trs -petites et disposes en grappes axillaies, latrales ou terminales-, fleurs dioques. Dans les mles , un calice quatre folioles , point de corolle *, quatre tamiues dont les filets sont runis et attachs sur un disque dans le centre de la fleur. Dans les fe- melles ^ un calice d'une seule pice \ trois stigmates , une baie globuleuse, monosperme. (Encycl.) Carctsres particuliers. Feuilles cordiformcs , pres- que orbiculaires , velues en dessous \ fleurs mles et fe- melles en pis , et garnies de bractes. Histoire naturelle. Cette racine fameuse, rapporte en France en 1688 par Ameot , son retour de l'am- bassade de Portugal , fut mise ensuite en rputation par Locbner , en Allemagne. Elle crot aux lieux montueux Tome III. 5i^ Lii^raison, 19 ( 23l ) de rAmrique , au Brsil , Saint-Domingue , Cuba , la Jamaque , la Martinique et dans les autres les Antilles , o les ngres en font le plus grand cas comme remde et comme alexitre. Pareira hrava en portu- gais , signifie vigne sauvage ou btarde \ butua , en in- dien, signifie bton. , Cahactres physiques. C'est tort qu'on a confondu dans l'Encyclopdie le Pareira hrava avec le Menisper- mum coculus c\m fournit la coque du Levant. Les fruits et les feuilles diffrent essentiellement, puisque les fruils comprims une seule loge du Pareira braua sont ac- compagns de bractes sessiles , tandis que ceux du 3Ie- nispermuTTL coculus sont en grappes lches, trois coques dpourvues de bractes. ( Voy. Flore du Dict. des Se. mdicales, 35* livr. ) Les racines du Pareira brava sont dures , tortueuses , et rugueuses, brunes l'extrieur , jaunes l'intrieur; inodores et trs-amres , et marques par beaucoup d'an- neaux concentriques. ^ Les tiges sont ligneuses , grimpantes, cylindriques, stries, pubescentes, pourvues de feuilles alternes, p- lioles , presque orbiculaires , cliancres en cur, en- tires , mucrones leur sommet, vertes et glabres en dessus, velues , soyeuses et blanchtres en dessous ; re- marquables par sept nervures divergentes et rameuses. Les fleurs mles sont petites , disposes en panicules courtes , latrales , pdoncules , solitaires ou gmines, peine de la longueur des ptioles; leurs rnmifications velues , dicho tomes , presque capillaires ; de trs-petites bractes velues , peine sensibles. Les fleurs femelles sont runies en grappes plus allon- g.v yi'rvc >.firi/^ . AlUKSTOI^OriFK A":^^Gl^ril>K ( 235 ) ^(^A'v\^(vvlVV^^/vvvv\vv^'vv^^'V^^^^'vv*^\'^(Vvv^A,\vvt;^'vvvvv^'vx^ ARISTOLOCHE AjNGUICIDE. (^Alexitre inteime.) Synonymie. Vulg. Liane corbillon. Manarou. Arislolo- chia anguicida. Lin. Gynandrie Hexandrie. Tournefort, classe des Personnes. Jussieu, famille des Asarodes. Aristoloches de Rictard. asarodes. Aristolochia foliis cordato-acuminatis , caule volubili fruticoso , pedun- culis solitariis , slipulis cordatis. Jacq. , Amer. 282, tab. i44 Aristolocbia mexicana , flore acutiore. Moris. Hist. 3 , p. 609 , sect. 12, t. 17, f. 7. Aristolochia scan- dens , foliis ad basim auriculatis. Pliim. Carelu-Vegou. Malab. Aster fusi-lusit. Kokerlingen Belg-. En espagnol, Aristoloquia. En anglais, long-rooted-Birthwort. Apinel au Brsil. Caractres gnriques. Calice lubuleux la base -, limbe irrgulirenieiii conform , soit en oreille d'ne , soit en corne d'abondance -, six tamines soudes et con- fondues au centre de la fleur avec le style et le stigmate^ capsule obovode , infrieure , six ctes et six loges polyspermes \ semences aplaties. (Richard.) Tiges grim- pantes qui s'entortillent autour des arbres ou arbrisseaux qui se trouvent prs d'elles. CarAct:res particuliers. Feuilles cordiformes, ai- gus j tige volubile , sous-ligneuse -, pdoncules solitaires y stipules cordiformes. (Vivacc. ) ( '.36 ) Histoire NATURELLE. Le nom de cette plante, suivant Cicron et d'aprs Delaunay, est d un certain Aris- tolochus qui , le premier , ft usage de T Aristoloche. D'autres le composent de deux mots grecs, u^iu-ro ^ excellent , et Xolia , ocliies , pour indiquer contre cruelle uialadie la mdecine emploie plusieurs espces. Quoi qu'il en soit, ou dans les forts vierges ou dans les bois d'agrment, on observe toujours avec plaisir le feuillage singulier de toutes les espces de cette famille. C'est ici le cas de dire avec Poiret que tout ce que le Crateur des mondes expose aux yeux de riiomme , son tre privilgi , il l'embellit , il en fait pour nous autant d'objets de jouissance, tandis qu'il semble avoir refus l'lgance tout ce qu'il drobe nos regards. En effet, quelle diffrence entre la cime fleurie et verdoyante d'un bel arbrisseau ou d'une liane lgante et la masse grossire de ses racines divises en rameaux informes , tortueux et charits d'une chevelure en dsordre ! Quant la culture de ces plantes exotiques , elles de- mandent le plein air , une bonne terre et l'exposition au soleil. On les multiplie facilement, soit de couchages faits au printemps et qu'on peut lever l'automne sui- vant , soit de semences quand elles mrissent. Caractres physiques. Cette espce , qui a beaucoup de rapport avec l'Aristoloche odorante , soit pour les formes , soit pour les proprits , est cependant d'ail- leurs , dit Jacquin , dsagrable et nausabonde. Ses ra- cines sont cylindriques et rameuses, contiennent une moelle blanchtre pleine d'un suc amer, ftide, et d'une couleur orange , et sont recouveries par une corce brune et subreuse. Ses tiges sont ligneuses , subreu- ( '3, ) ^ ses et persistantes dans la partie infrieure ^ la suprieure est strie , presque glabre, s'entortille autour des arbres et grimpe jusqu' environ dix pieds de hauteur. Les feuilles sont alternes , ptioles , en cur allong et pointu 5 glabres des deux cts , munies de veines r- ticules en dessous , et ont leur ptiole pubescent. On observe leur base des stipules en cur qui embrassent la lige. Les fleurs sont axillaires , solitaires, et portes chacune sur un pdoncule plus ou moins long. Elles sont d'un vert jauntre , avec des stries et des veines pourpres , et ont leur languette lancole , pointue , canalicule ou oonnivcnte postrieurement. Analyse chimique. Geoffroy a observ le premier que le suc des racines des Aristoloches rougit le papier bleu , et Bergius , que l'infusion aqueuse n'est point al- tre par le sulfate de fer^ ce qui explique a proprit alexitre. On obtient aussi de ces racines un extrait gommo-rsineux trs-amer. Si on les traite par l'eau , l'extrait est peu abondant , d'une saveur sale et peu amre. On y trouve aussi une huile volatile , un prin- cipe amer, jaune ^ un extrait gommo-rsineux, de l'a- midon , de l'albumine ^ un peu d'acide malique et phos- phoriquc , combins avec la potasse. Proprits mdicina.les. Les Aristoloches se trouvent en abondance dans les bois et dans les halliers de l'A- mrique, o l'on en observe un grand nombre d'espces dont la plupart sont employes en mdecine par les na- turels du pays qui sont autoriss en louer les propri- ls. Cependant les feuilles de l'espce sarmenteuse vrilles , trs-commune sur les bords de la mer de la partie sud-ouest de Saint-Domingue ; produisent un suc ( 238 ) causlique trs-dangereux pour les btes cavalines. L'es- pce qui nous occupe ici n'a que des vertus prcieuses , surtout pour remdier la morsure des serpens et in- sectes venimeux. Il suffit d'introduire deux ou trois gouttes du suc de sa raciue dans la gueule d'un serpent, pour l'enivrer au point de pouvoir le manier impun- s. ment , et le laisser reposer sur son sein sans avoir rien en craindre , au moins pendant quelques heures. C'est ainsi que les jongleurs d'Amrique tonnent le peuple crdule 5 tout en l'instruisant des moyens cju'ils doivent employer poir se garantir des blessures nriortelles de ces reptiles dangereux dont leurs contres sont infestes. Si on lui fait avaler une plus grande quantit de ce suc , tout--coup son corps entre en convulsion , et il meurt en peu de tem.psf Le suc parait avoir plus de vertu tant combin avec la salive de Fliomme par la mastica- tion. L'odeur seule de cette racine , au rapport de Jac- quin , fait fuir ces animaux immondes. L'homme mme peut avaler quelques gouttes de ce suc sans en tre in- commod. A plus haute dose , il occasionerait nan- moins des vomissemens. Quant aux proprits extrieu- res de l'Aristoloche anguicide , il est certain , et je le rpte d'aprs ma propre exprience, que ce mme suc appliqu sur la morsure rcente d'un serpent venimeux, ou pris mme l'intrieur , gurit infailliblement et presque subitement , ce qu'on ne peut attendre de tout autre moyen ordinaire. J'ai neutralis en peu d'instans , au moven de cette plante, le virus venimeux introduit par la piqre dangereuse des araignes crabes , des scorpions, des scolopendres et de l'araigne cul rouge , espce de tarentule, qui avait excit de vives douleurs et plusieurs accidens propres aux substances vnneuses. Je dois aussi la signaler comme diurtique, sudorifique et difficile remplacer dans les afFections muqueuses de la vessie, la chlorose, les fivres intermittentes, la leu- coplilegmasie , l'asthme humide , lanorexie glaireuse. Les Indiens remploient journellement en lotion ou eu topique contre l'arthrodynie chronique. Dans certains cas d'atonie de la matrice , les insulaires prescrivent cette Aristoloche pour provoquer l'expulsion du ftus et des lochies supprimes. Cette plante acre et amre agit alors comme emmnagogue excitante. C'est aussi un dtersif excellent qu'on peut employer avec avantage dans le pansement des ulcres atoniqucs. Poupe-Des- portes recommande la poudre de racine dans les diar- rhes chroniques , et en forme tin opiat qu'il appelle anti-cachectique . La dcoction des feuilles, tiges et racines, est vi- demment alexitre et anti-syphilitique par excellence. Les racines s'emploient de prfrence contre les c- phales rebelles , certains frissons symptomatiques , et contre les tumeurs vnriennes et autres. Mode d'administration. Les feuilles et les tiges se prescrivent par poignes. La dose de l'extrait rsineux et de la poudre est d'un gros. Celle de la teinture alcoolique est de trente quarante gouttes. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT DEUX. i. Racine. N ( ^4" ) VV\V\A'\A/%'VVVV\\A/%VV%\>V\\/VVVVVV\>\\^/VViV,'S\A*VV'VVV\rt**'VVV>VV'V\A/VV'VV^>*IVVVVV\' VVVi^^ EUPATOIRE AYA-PANA. ( Alexitre interne, ) Synonymie. Eupatorium Aya-Pana. Vent. Lin. , Syng- nsie Polygamie gale. Tourn. , cl. 12, flosculeuses. Juss.^ famille des Corymbifres. Eupatorium foliis lanceolatis, integerrimis ; inferioribus oppositis, superioribus alternis , calicibus inaequalibus , multifloris. Vent. hort. Malm. 1 , p. 3 , tab. 3 , et Galend. Tubing. i8o3 , p. 196. Trat- tenick, Thesaur. , tab. 16. Willd. Spec. plant. 3, pag. 176g. Caractres gkriques. Involucre cylindrique, form d'caills unisries , linaires \ rceptacle plane ^ fleu- rons du centre rguliers, mles ou imparfaitement her- maphrodites -, demi-fleurons de la circonfrence femel- les , fertiles, tantt ligules , tantt tubuleux , et cinq dents ingales -, fruit termin par une aigrette simple ou sessile. Les capitules sont tantt solitaires au sommet d'une hampe simple , tantt disposs en pis. ( Ri- chard. ) CARACTiRES PARTICULIERS. FcuillcS SCSsilcS , lauco- les , glabres leurs deux surfaces , et d'une odeur de menthe , opposes infrieurcment , les suprieures al- ternes -, fleurs purpui incs. jv. o:r y/ieoJore /Je./'<-our/r/\. Z'i-ftti- . yv'r'i ,Cl4^- Ki'rATOlliK AVA-i*AXA- ( 24i ) Histoire naturelle. Les liabitans du Brsil , dit Aubert Du Petit-Thouars , ont donn le nom d'Ava- Pana une plante de leur pays , laquelle ils attri- buent de grandes proprits. Elle fut transporte en T'jgi l'ile de France par Augustin Baudin , qui la d- roba adroitement un Brsilien qui la lui avait refuse. Cette plante , regarde comme une panace , tait mise en usage contre les empoisonnemens par les minraux , par les vgtaux et par les animaux. On l'applique avec avantage l'Ile-de-France , o il n'y a point de reptiles dangereux , gurir les empoisonnemens occasions par la chair de plusieurs espces de poissons pclis sur certaines plages et dans certaines saisons. L'Aya-Pana V remdiait efficacement , et produisait des merveilles dans les affections ttaniques. Mais ou lui accorda peut- tre des loges trop fastueux , puisque dans l'entlicu- siasme gnral on l'appliquait toutes les maladies in- ternes et externes , ce qui la fit bientt discrditer parce qu'elle ne rpondit pas dans les rsultats l'at- tente qu'on s'en tait forme. Quoi qu'il en soit , elle a conserv une partie de son crdit. Elle est indigne du Brsil -, elle se trouve non loin du fleuve des Amazones. On la rencontre actuellement aux Antilles , o il est croire qu'elle a t propage par quelque main bien- i'aisante. On l'y perptua d'abord de marcottes. Elle s'y multiplia avec une promptitude extraordinaire. Tou- tes les boutures qu'on ficlie en terre sont chevelues au bout de quinze jouis , et propres tre transplantes. 11 suffit mme de recouvrir les branches d'un peu de terre ^ elles ne tardent pas faire des racines toutes les articulations , et on peut les dtacher du plant sans qu'elles en prouvent d'altration. ( ^4^ ) Caractres physiques. L'Aya-Paua est un peit ar- brisseau dont les tiges sont droites , fermes , presque simples ou un peu rameuses , brunes , grles , hautes de trois pieds. Les rameaux garnis de feuilles presque sessiles , lancoles , trs-entires , longues de deux ou trois pouces , peine larges d'un pouce , d'une odeur de menthe , glabres leurs deux surfaces , trs-aigus leur sommet, rtrcies en ptiole leur base , nervures un peu saillantes en dessous, lchement rticules , pres- que longitudinales ^ les feuilles infrieures opposes , les suprieures alternes. Les fleurs sont purpuri- ies , disposes en un corymbc terminal ; les calices presque simples , folioles ingales , fleurs nom- breuses. Analyse chimique. Le docteur Alibert ayant confi des feuilles d'Aya-Pana M. Cadet, il rsulta de l'exa- men de ce dernier, que la dcoction des feuilles a fourni un extrait brun d'une odeur herbace , lgrement aro- matique 5 que la saveur est assez analogue l'odeur ; que cette dcoction prcipite en vert sombre la disso- lution de sulfate de fer , mais qu'elle rie trouble pas la solution de glatine , ce qui prouve , continue l'ar- tchitre , que le principe astringent qu'elle contient est de l'acide gallique et non du tannin. Proprits mdicinales. La saine pathologie ne pou- vant pouser l'erreur des enthousiastes qui ont fait de l'Aya-Pana une plante miraculeuse , il y aurait nan- moins de l'exagration lui refuser des proprits que des expriences exactes, rptes sans prvention, ont constates. Je l'ai employe avec succs comme stimu- lante dans plusieurs affections scorbutiques. ( 243 ) Le suc rcent de la plante tant employ contre la morsure des animaux venimeux peu de temps aprs Fac- cident , gurit soudain le malade et fait cesser tous les symptmes alarmans. J'ai eu la satisfaction de voir confirmer mes expriences par une anecdote cite dans les Elmens de Thrapeutique du docteur Alibert. Il ajoute aussi , d'aprs la communication de M. Siber , naturaliste envoy au Brsil , que lorsqu'on tarde employer ce moyen , on ne peut prvenir la suppu- ration ^^ quoique le suc neutralisant fasse cder l'inflam- mation et l'enflure. Le traitement alexitre par l'Aya- Pana est d'en administrer l'infusion minemment sudo- rifique en mme temps qu'on applique sur les bles- sures des feuilles contuses , recouvertes d'une compresse imbibe d'une forte dcoction de la mme plante. Mode d'administuation. L'infusion des feuilles d'Aya- Pana parat devoir tre prfre toute autre prpara- tion. Je l'obtenais en jetant une livre d'eau bouillante sur deux onces de feuilles vertes. Cette boisson , lg- rement aromatique, est fort agrable , surtout lorsqu'on la sucre et qu'on l'acidul agrablement avec le suc du limon. On obtient , en augmentant la dose des feuilles , un sirop purgatif dont les effets sont trs- doux. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TROIS. 1. Fleur entire. 2. Un des fleurons spares. C M4 ) fV\^VVV\V\'VV>VV\\\'>^/VVVV\VVVV\VVVVVV^iVVl\/V\\AA'VV^'V\^\\^/V^ > BIGNONE A BNE. ( Alexitere interne. ) Synonymie. Vulg. bois d'bne vert. Bignonia leucoxilon. Lin. , Didynamie Angiospermic. Tournefort, classe des Personnes. Jussieu , famille des Bignones. Bignonia foiis digitatis , foliolis integerrimis , ovatis , acuminatis. Lin. Leucoxjlon arbor siliquosa , quinis foliis , flori- bus nerii , alato semine. Pluch., Alm. 2i5 , tab. 200, f. 4- Bignona Leucoxjlon fruticosa , lloribus luteis. Lfl. Amer., p. 36i, n" 186. i*"^ varit. Bignonia arbor hexaphyll , flore maximo luteo , ebenus vulg vocata. Barr. fr. Equin. 22 , vulgairement Vbne verte ou le bois 'bne vert. 2^ varit. Bignonia arbor hexaphyll, ligno citrino. Barr., ibid. Vulgairement Ybne jaune. Qua- raba Pison. Bras. , p. i65. Guira-Pariba. Marcg. Bras. 1 18. ( Encycl. ) CARACTrLES gnPlIques. Plantes fleurs monopta- les, de la division des Pei sonnes, ayant du rapport avec les Digitales et les Gratioles -, arbrisseaux dont les feuilles sont communment opposes , et dont les fleurs campanules ou infundibuliformes ont un aspect agra- ble , et d'assez belles couleurs ; calice quinquflde en forme de godet ; corolle gorge campanule , quin- quflde , ventrue en dessous^ silique ou capsule sili- queuse deux loges : semences membraneuses ailes. Caractres particuliers. Feuilles digites 5 folioles trs-entires, ovales, aigus *, calice deux lvres ^ lvre infrieure bifide. (Vivacc.) Jolyc. 7"/. --.../. m yVli'o.^ore J>ci' iJi'tt^ . ii>:o]:%:k a ikiskne. I ( ^45 ) Histoire naturelle. Ces arbres , du plus bel as- pect lorsqu'ils sont cliargs de leurs fleurs d'or, ton- nent trois fois par an les yeux du voyageur curieux qui aime s'enfoncer dans les belles forets du Nouveau- Monde , o ils se font remarquer par la beaut et par la multiplicit de leurs fleurs ^ et quoique les feuil- les tombent tous les ans , ce qui n'est pas ordinaire aux arbres des colonies , ils se trouvent envelopps par une vgtation si belle , si persistante , qu' peine on s'en aperoit , car on ne peut dire des forts de l'Am- rique comme de celles de l'Europe qui , pendant l'hiver, portent le deuil de la nature : Arbres dpouills de verdure , Malheureux cadavres des bois , Que devient aujourd'hui celte riche parure Dont je fus charm tant de fois? ( J.-B. Rousseau.) L'espce que nous dcrivons et qui se trouve aux An- tilles et si communment Saint-Domingue dans les forts solitaires et silencieuses du morne inhabit de la Gonave , situ au milieu du canal du Port-au- Prince , a tant de rapport avec les deux varits que j'indique dans la synonymie , qu'il est inutile d'en d- tailler les descriptions. Outre les vertus mdicinales , que je ne puis cependant attester , les fleurs fraches jetes dansTeau lui communiquent une odeur agrable. On se sert de cette eau pour arroser les temples le ma- tin , et en purifier l'air croupissant. Le bois est recher- ch par les tourneurs et par les bnistes. CarAct:res physiques. Cette espce de Bignone, qui a beaucoup de rapports avec la Bignonia Pentaphylla , s'en distingue cependant facilement par la forme des ( '46 ) folioles de ses feuilles , qui sont termines en pointe , et par la belle couleur jaune de ses fleurs. C'est un arbre qui quitte les feuilles tous les ans : ses feuilles sont opposes, ptioles, digites et composes de cinq folioles ovales-oblongues , pointues , entirement gla- bres et ingales. Les varits i et 2 sont remarquables en ce que leurs feuilles ont la plupart six folioles , et qui sont beaucoup plus grandes que celles de la pre- mire. ( Encycl. ) Analyse chimique. Cette Bigiione donne un principe amer et de la rsine. Elle fournit aussi beaucoup de tannin. Le principe amer cristallise en aiguilles d'un blanc jauntre. Prophits MDiciiVLEs. Lcs uaturcls u' attribuent pas tous cette plante la proprit alexitre que certains radicastres lui reconnaissent. Je n'ai point eu occasion d'en observer les effets , aussi me contcnterai-je de r- pter qu'on emploie la dcoction de ses fleurs et sa ra- cine contre la morsure des serpens ^ mais je conseille aux mdecins prudens de ne point se fier un prtendu antidote dont Felicacit n'est point assez reconnue. On conoit de quelle importance il est de ne pas rester dans une scurit funeste, lorsque la mort d'un homme d- pend de quelques momens perdus sans agir. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE. 4. Silique. 2. Tronc fendu pour laisser voir les nuances cfu bois, //.i'^.;, yirvi'rv eMvu7-ti/%. /tnu- JffVf ,*fyifyi. Zi:i>OAIRK. C a47 ) /VV^^^ VVW> VV> W>\V\ VV% W\VV> VV> VV^WlVW W\WVV V>AVV^V\i'VV'\'VVVVVV'VV\VV\'VV\'WVV\VV ZDOAIRE. ( Alexitere interne. ) STrfONTMiE. Vulg. Herbe Kmpfer. Herbe mal d'esto- mac. Kmpfer rotunda foliis lanceolatis petiolatis. Linn , Monandrie monogynie. Jussieu , classe 4 ordre 2 , famille des Balisiers. Zedoaria radice rotunda. Rai. append. , p. 648. Colchicum Zeylanicum , flore viol odore et colore ephemero. Herm. Prod. , pag. 324. Burm. Zeyl. , pag. 67. Colchicum Zeylanicum Hermanni. Breyn. Prod., pag. 76. En anglais, Zedoary. En portugais et en espagnol, Zedoaria. En malabarois, Malan-Kua. Rheed. Hort. mal. Catiactres gwriqtjes. Plantes monocotyldones : fleurs compltes, monoptales , irrgulires, solitaires, qui s'lvent immdiatement des racines \ feuilles toutes radicales. Corolle monoptale double limbe ^ l'int- rieur partag en trois dcoupures troites. L'intrieur irrgulier, quatre dcoupures , une droite , troite, les trois autres fort larges , celle du milieu bifide ^ une an- thre gmine , un stigmate deux lames -, une capsule trois loges. Caractres particuliers. Feuilles radicales lanco- les , vertes en dessus , et violettes en dessous. Tome HT. 52 Livraison. 20 ( ^4B ) HisToiHC NiTURELLE. Je parle ici de la Zdoaire , non qu'elle soit indigne aux Antilles , mais parce qu'elle y a t naturalise , et qu'on l'y rencontre en pleine terre dans plusieurs jardins. La Zdoaire dont le pourpre du dessous des feuilles relve l'clat de leur verdure , est originaire des Indes-Orientales. Les habitans de Ceylan et de l'Ile Saint-Laurent font confire au sucre la racine encore verte de la Zdoaire , et en font usage comme du gingembre. Toute la plante , distille avec l'eau com- mune , fournit une huile essentielle , dense , paisse , qui se fige , et prend la forme du camphre le plus fin ; on l'emploie contre les poisons et la morsure des ani- maux venimeux. Caractres physiques. Les racines de la Zdoaire , ainsi que toute la plante , sont trs-odorantes , blanches en dedans , revtues d'une corce cendre , composes de -bulbes ovales, arrondies, quelquefois deux deux, lisses et fibreuses Les feuilles , longues de sept huit pouces , sont toutes radicales , d'un vert gai en dessus , lancoles , aigus , glabres , trs-entires , violettes en dessous , et s'emboitant les unes les autres par une base rtrcie en un ptiole vaginal. Les fleurs sortent immdiatement des racines , hors d'une spatlie divise en deux portions. Leur corolle est bleue , quelquefois mlange de pourpre , de rouge et de blanc , d'une odeur trs-agrable , et comparable celle de 1^ violette. Son tube est grle , allong , divis son limbe en trois dcoupures extrieures , allonges , ( M9 ) fort troites , souvent rflchies en dehors -, les trois in- trieures larges , ovales , mucrones ^ Vinteruidiaire bi- fide, ( Encycl. ) Ai^ALYSE CHIMIQUE. Lcs racincsde la Zdoaire sou- mises Pexanien par M. Morin , pharmacien Rouen , lui ont donn les mmes produits que le gingembre, c'est--dire que, traites par ralcohol,il y a reconnu une matire rsineuse, une huile volatile, de l'acide ac- tique libre , de l'actate de potasse , de l'osmazme, de la gomme, une matire vgto -animale, du soufre, du l'amidon , du ligneux ; les cendres lui ont fait dcouvrir du sous-carbonate , de l'hydrochlorate et du sulfate de potasse -, du phosphate de chaux , de l'alumine , de a silice , de Foxide de fer et de l'oxide de manganse. Proprits mdicinales. N'crire l'histoire des plan- tes que pour refuser de croire leurs proprits , c'est vraiment inconcevable , et pourtant d'aprs l'analyse ci- dessus on voit qu'on est fonde d'attribuer la Zdoaire , comme aux autres espces aromatique:! , une vertu alexi- tre, ou, si on l'aime mieux, stimulante , peu importe le mot. Car si ces mmes dtracteurs modernes accordent des vertus puissantes et alexitres la Serpentaire de Virginie, je ne sais pourquoi ils la refusent la Zdoaire qu'ils n'ont probablement pas prouve ni analyse. Or, pourquoi accuseraient-ils d'ignorance des lois de V cono- mie animale , d'imposture et dune ai'eugle crdulit , des praticiens instruits et vridiques , dont le talent sup- 20* ( 9,5o ) rieur et la sagesse d'observation ne peuvent tre contes- tes , et qui riraient de piti en entendant dire ces docteurs ( studio ) que la Zdoaire n'a pas la proprit d'arrter les progrs d'une blessure envenime , parce que \qs anciens , forts de leur pratique , ont pour eux une exprience sans cesse renouvele , et contre laquelle doivent se briser toutes les suppositions? Quoi qu'il en soit, il est reconnu aux colonies par les naturels, et confirm par les praticiens de rx\mrique, que les raci- nes de Zdoaire tant doues des vertus aromatiques les plus diffusibles , doivent tre recommandes dans l'inap- ptence , et l'atonie des premires voies , dans les affec- tions vermineuses , les flatuosits , la chlorose et l'hypo- condrie , dans l'amnorrhe et l'hystrie asthniques , dans l'asthme humide et les engorgemens muqueux des poumons , et tous les cas o les toniques sont indiqus \ dans les affections lymphatiques, chez les personnes grasses, dent les digestions sont lentes et laborieuses ^ mais son usage est contraire aux tempramens plthori- ques, aux sujets maigres , dlicats et d'une susceptibilit nerveuse trs-e:alte. C'est un trs-bon sudorifique , un bon anti-scorbutique \ les marins peuvent le certifier. On la recommande aussi lorsqu'il s'agit de ranimer la circulation. Quelques personnes ont arrt , par son usage, des vomissemens excessifs. Les ngres font avec toute la plante un onguent qui sert runir en vingt- quatre heures les blessures rcentes. Ils emploient le suc des racines contre l'anasarque. Mode d'admiisistration. On administre la poudre de la racine depuis quatre jusqu' douze grains ^ en dcoc- fi ( ^5i ) lion on en infusion, la dose d'un gros pour deuxlivres d'eau ^ en teinture , depuis un gros jusqu' deux. EXPLICATION DE LA PLASCHE DEUX CENT CINQ, La planche est reprsente demi-grandeur. ( 25^>. ) VALRIANE PATAGONELLE. ( Alexitre interne. ) Synonymie. Vulg. Patagon tassole-gloiiterone velue. Boerhaa- via caulens laevi, diffuso ; foliis ovalis. Lin. , Monandrie monog-ynie. Jussieu, famille des Nictages. Philantropos villosa, foliis subts argenteis. Burm. Valerianella , foliis subrotundis subts argenteis. PI. V, IV, p. i48. Vale- riana bumilis flore rubente, folio rotundo subts argente. Poup. Desp, Boerbaavia dififusa, foliis ovatis ; eaule dif- fuso, glabro ; fluribus subumbellatis ; fructibus clavatis , sulcatis , muticis. Swartz , Obs. , p. lo. Valerianella fo- folio subrotundo, flore purpureo ; semine oblongo, striato , aspero. Sloan. Jarn. 91. liai, suppl. , 244* En espa- gnol et en portugais , Valeriana Patagone. En anglais, Valerian. Caractres gnriques. Fleurs incompltes de la famille des Nictages , ayant beaucoup de rapports avec les Valrianes; plantes, la plupart glutineuses , dont les feuilles sont opposes , et les fleurs presque disposes en ombelle. Les fleurs ont un calice trs-petit, d'une seule pice , resserr son orifice , o il s'largit en un limbe campanule \ point de corolle -, une trois tamiues ; une semence recouverte par !a base anguleuse du calice. Ces espces sont pourvues d'un prianthe sur lequel la co- rolle est ente. Ce prianthe est anguleux, gorge ou- verte et peisislante , et qui , renferme ensuite , forme une crote sur la semence. // ..'II. J n^oj^r Pf^ctfurit/\ /^rrju' jPA-^^ Jct^fff' VAi,Ji;ilfA^'ELLK ( 253 ) (.AHACTRES PARTICULIERS. Tige lisSC OU VeluC , (llf- fuse \ feuilles ovales, feuilles blanches en dessous. Fleurs pourpres et monandriques. Histoire naturelle. On donne cette plante le nom vulgaire de Patagon , parce que ses feuilles sont argen- tes et rondes comme cette espce de monnaie. Ces feuilles sont employes comme comestibles , et on les associe aux plantes potagres dont on fait les calalous. Cette plante , selon Plumier, a des rapports avec le Caapomonga , ou Ema Dovina de Marcgrave , liv. I , chap. XIII , mais sa racine a un tout autre got. Les Martiniquais l'emploient contre la morsure desserpens. Caractres physiques. La Patagonelle a une racine pivotante de cinq six pouces de longueur , et de la grosseur d'une rave moyenne , elle est gristre au de- hors, et blanche en dedans^ d'une odeur aromatique et pntrante. Elle jette cinq six tiges tantt droites , tantt couches terre , rondes , rougetres , paisses de deux trois lignes , toutes velues d'un duvet blanc \ elles sont garnies de plusieurs nuds tumfis , et de plu- sieurs branches noueuses de mme -, chaque nud se dveloppent des fouilles opposes , attaches des pdi- cules de plus d'un pouce de longueur , et velues , ainsi que les tiges; rondes ou cordiformes, d'environ deux pouces d'tendue, fort tendres , charnues , ondes , ve- lues l'entour , unies et d'un vert fonc par dessus , ar- gentes par dessous , charges de quelques ctes obli- ques et velues. Il nat de l'extrmit des branches et des tiges d'au- tres plus petites , fort courtes , et de celles-ci d'autres en- ( 254 ) core plus menues , et garnies au bout d'un bouquet eu forme d'ombelle , de trs - petites fleurs purpurines , composes de cinq ptales et d'une deux tamines. Le fruit est presque ovale , peu anguleux et couvert de petits tubercules glutineux^ il est taill cinq angles , et il s'attache aussi facilement aux iabits que le Gloute- ron d'Europe. Analyse chimiotje. La racine de la \alrianelle con- tient beaucoup d'humidit ; mais tant sclie elle a produit un principe aromatique soluble dars Fcau , in- soluble dans l'alcohol et dans l'ther , que la glatine ne peut prcipiter 5 de la fcule ; un extrait gomm.eux , et une huile volatile et aromatique. Proprits mdicinales. La natuie aiomatiquede la lacine de cette plante prouve quelle peut tre son action directe sur notie conomie. Flic pntre promptenient tous les appareils de la vie or:;anique et de la vie ani- male. Administre haute dose , elle peut provoquer le vomissement en excitant trop la membrane muqueuse de l'estomac , qu'elle corrobore , si on l'administre des doses fractionnes. Alors elle est tonique et vermifuge ^ elle provoque par la mme raison la sueur, les rgles et les urines, ^iais son action la plus directe est celle qu'elle exerce sur le systme nerveux , comme tant doue d'une vertu anti-spasmodique par excellence. On l'a souvent administre avec succs contre cerlaines pilepsies , sur- tout celles produites par les affections morales, ou celles causes par la prsence des vers. On n'a qu' se louer de son usage dans l'hystrie, lachore, la colique saturnine, lu nvralgie facialti et la contracture des membres, dan-. ( 255 ) la paralysie , riiiiiicranie , la leucoplilegmasie et les nvroses de la rtine. Nous devons la considrer ici comme propre remdier l'action des substances v- nneuses , ou la morsure des animaux venimeux. Mode d'administration. La dose en poudre est de- puis dix grains jusqu' un scrupule, soit dlaye dans du vin , ou en lectuaire en lui associant le miel ou le sirop de fleurs d'oranges. Son infusion , que l'on fait vaisseau clos , cause de la subtilit de son arme , se prescrit par once de la racine fraclie pour deux livres d'eau bouillante ^ l'iiuile volatile se donne la dose de cinq dix gouttes dans une tasse de son infusion. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SIX. La plante est reprsente de grandeur naturelle. 1. Fleur. 2. Coupe du fruit. f 256 ) ^lVtVV>'VV\VV>VV\VV't'VV\VVVVV>^AAV\AlVV>%^JVV\'V\AVV^VV\VV\^/V>VV^VV\\A>^JVV^/V\AORSTElVE CONTRAYERVA. ( ^57 ) Caraciies particuliers. Scapes raciDes ; feuilles pinnatifides, palmes, dentes en scie -, rceptacle qua- tre angles , ouvert , au lieu d'tre ferm comme dans les figuiers (vivace). Mexique, Antilles. Histoire naturelle. Cette plante fameuse, originaire du Prou , fut remise par le clbre Drake , l'Ecluse qui donna cette racine le nom de Drakena. Plumier , qui de son ct l'avait dcouverte aux Antilles, lui consa- cra le nom du botaniste Dorsten , d'o il ft le nom Dorstenia , que conserva Linn , ainsi que le mot es- pagnol Contrajerba , qui veut dire : contre-poon. Diffrens voyageurs ont aussi rencontr cette plante curieuse au Mexique , l'ile Saint-\incent et aux Antil- les. On cultive maintenant cette plante en Europe , dans plusieurs jardins de curieux. Elle aime une terre un peu humide et l'abri du soleil. Caractres physiques. La Dorstne est trs-remar- quable par ses fleurs runies en grand nombre sur un rceptacle pais , charnu , largi et quadrangulaire , semblable celui de la figue , si ce n'est qu'il est plane et trs-ouvert , au lieu d'tre ferm. La racine du Contrayerva est Ionique de deux trois pouces, un peu tubreuse, trs-noueuse, comme cail- leuse , garnie de fibres longues et rameuses qui s'ten- dent de tous cts , et ressemblent un peu celle de la Dentaire , ou celle du sceau de Salomon -, elle pousse de son collet cinq n six feuilles plioes, pinnatifides , presque palmes, dcoupures ovales, lancoles, poin- tues, lgrement et ingalement dentes dans leur con- tour. Ces feuilles sont d'un vert fonc , charges de ( 258 ) jtoils courts un peu rares, lgrement pres au toucher, et longues de cinq sept pouces , en y comprenant leur ptiole. Elles ressemblent, au premier abord, celles de la Berce -, mais elles sont beaucoup plus petites. Les rampes naissent de la racine entre les feuilles *, elles sont nues, longues d'environ quatre pouces, et portent cha- cune un rceptacle ou placenta quadrangulaire , onde, sinueux ou anguleux en ses bords , aplati en dessus , large d'un pouce et couvert de petites fleurs sessiles. Analyse chimiole. La racine de Contiayerua , com- pose de troncs noueux et tubercules , et jetant de toutes parts des filets rameux , est d'un rouge brun l'extrieur , et d un blanc ple intrieurement , d'une odeur aromatique, d'une saveur amcre et acre qui laisse pendant long-temps la bouche une sensation brlante. Elle contient tant de mucilage que la dcoction aqueuse peut peine s'chapper du filtre. On en retire un ex- trait aqueux et un extrait alcoholique qu'on doit pr- frer au premier. La dissolution de sulfate de fer ne reconnait aucun principe astringent dans cette racine. Proprits mdicinales. Sans vouloir tre toujours en guerre avec les antagonistes de a mdication vgtale des naturels du Nouveau-Monde , j'affirmerai pourtant avec vrit , et pour Kavoir prouv moi-mme plu- sieurs fois , que cette racine employe frache gurissait subitement et comme par miracle les morsures des ser- pens si nombreux la Martinique, en neutralisant leur influence dltre. On l'emploie aussi comme diapho- rtique, cordiale, dans certaines circonstances de fivres lentes nerveuses ^ on y a recours lorsqu'il est besoin d'activer la circulation , de stimuler l'estomac et les in- ( 259 ) testins ^ elle agit alors comme stomachique et carmina- tive. Elle favorise puissamment aussi l'ruption languis- sante des affections cutanes-, elle arrte, employe en gargarisme , les progrs de l'angine gangreneuse , si souvent funeste. Quoique les praticiens des Antilles la recommandent la fin de la dyssenterie, j'engage n'en point faire usage dans une maladie o les excitans sont contraires. Mode d'admiivistpvAtion. La dose de la poudre de cette racine est depuis trente grains jusqu' deux gros. On en prescrit pareillement l'infusion. La teinture al- coholique est de trente quarante gouttes. EXPLICATIOT DE LA PLANCHE DEUX CENT SEPT. La plante est rduite la moiti de sa grandeur naturelle. 1. Coupe verticale du rceptacle. 2. Semence. ( ( 26o ) STRUMPFIE xMARITIME. ( Alexitere interne. ) SyNONYivnE.Vulg. faux Romarin. Strumpfia maritima. Lin. Syngnsie monogaraie. Jussieu. Plantes d'un sige in- certain. Strumpfia follis linearibus , subverticiialis, ternis, pcdunculis axillaribus , multifloris. Laraark. Strumpfia maritima. Lin. Spec. Plant., voL 2, pag. i3i6. Jacquin. Slirp. Amer., p. 218. Juss. Gner. , p. 436. Willd. Spec. Plant., vol. i, pag, 1162. TLjmelea frutescens, Rosmarini folio , flore albo. Plura. Spec. Plant, amer. , pag. 17. Et Rurm. Amer., tab. 261 , fig. i. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes , polyptales , dont la place dans l'or- dre naturel n'est point encore reconnue *, arbrisseaux exotiques l'Europe , feuilles troites , presque verti- cilies , munies de stipules \ fleurs axillaires presque en grappes. Caractr^es particuliers. Calice persistant, sup- lieur, cinq dents \ cinq ptales \ cinq tamines runies par leurs anthres ^ un style ; un stigmate ;, une baie monosperme. Histoire naturelle. Cet arbrisseau, d'un port assez lgant et peu commun pour ses formes , crot dans les contres mridionales de l'Amrique , o son odeur forte mais peu agrable le fait chercher au milieu du feuillage P/. -'ofi. T/toJore J/escaurk. Jvur J\'rvt- ^TIU^li'FiK MAKITl^iE . ( =61 ) des forts o il se plat , pour les vertus alexitres que l'expnence lui a reconnues. Quelquefois on rencontre la Strumpfie sur des monticules renfermant des mines qui bordent les rivages de la mer. On le prendrait de loin pour un buisson de Romarin. Caractres physiques. Cet arbrisseau s'lve la hauteur de trois pieds environ, a une tige droite qui se divise en rameaux cylindriques, de couleur cendre, et qui paraissent comme articuls parles impressions circu- laires qu'y laissent les attaches des feuilles. Celles-ci sont ternes , assez semblables celles du Romarin , li- naires, presque verticilles .^ munies de stipules petites , aigus, noirtres, alternant avec les feuilles. Les fleurs sont axillaires, runies en petites grappes, sur un pdoncule commun fort court , deux fois moins long que les feuilles ^ chaque fleur porte sur un pdi- celle fort court. La corolle est blanche , petite , cinq ptales. Les fruits sont des baies molles, blanchtres, de la grosseur d'un petit pois. Analyse chimique. La Strumpfie maritime fournit l'examen une huile aromatique jaune, d'une saveur acre, et qui donne avec l'acide nitrique une rsine jaune ^ plus, une matire extractive gommeuse, de la fibre li- gneuse avec une matire analogue la Bassorine. Proprits mdicinales. Les expriences des prati- ciens du pays s'accordent pour reconnatre dans la Strunipfie une efficacit incontestable dans le traitement des blessures venimeuses , celui des fivres ataxiques et adynamiques. C'est assez faire connatre que cet arbris- seau a^it comme excitant. On doit en recommander ( 262 ) l'emploi dans les fiwes de mauvais caractre, si la stu- peur est cousidrahle , lorsque le pouls fuit sans le tou- cher, et s'il est peine perceptible , en cas de dlire et de ptchies. Mode d'admikistration. La poudre des feuilles se prescrit depuis dix grains jusqu' un gros. On l'associe avec avantage au quinquina , au camphre et l'anmio- niaque. Dans certains cas, on en ordonne l'infusion ou la dcoction en y ajoutant une eau spiritueuse. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEL'X CEKT HUIT. La planche est demi-grandeur naturelle. 1. Calice. 2. Etamines et pistil. 3. Fruit. 4. Coupe du mme. M. ^. Tlieodore Ji&rcouritZK. J'rruc Peree Jcit^- llEinVC; IF. BALJ4AM 1 l^'E RE . ( 263 ) A/VX WV\'^'VWWWWV> WtW^ VWMAVW^MkWX VV^^VV . VVWVWA W\ V\A/VWW\VV WW %X>VVVV W W> HEDWIGIE BALSAMIFRE. ( Alexitre aromatique. ) Synonymie. Vulg. Sucrier de montagne; Bois Cochon. Hed- wigia balsamifera Swartz. Lin. Hcxandrie monog-ynie. Jus- sieu, famille des Trbinthaces. Burscra balsamifera. D. Arbor excelsa aromatica, terebinthi foliis et facie , flori- bus racemosis albis , fructu cordiformi , lignoso , ex viridi nigricante. Fruita sanctae Belgae en espagnol. Caractres gnriques. Calice triphille-, corolle de trois ptales-, capsule charnue, trois valves, mono- sperme. Caractres particuliers. Cette plante varie par son calice quinquefide , par cinq ptales, huit tamines, un stigmate tride. Feuilles longues et troites ranges par paires, fort loignes les unes des autres, et termi- nes par une impaire. Fruits en grappes. Histoire naturelle. Le genre Hedwigie, cr par Swartz, dans sa Flore de t Amrique ^ vol. 2 , p. 6^2, class par Jussieu parmi les Bursera et les Icica^ a t rappel sous le nom de Bursera gummi fer a par Persoon, Synopsis plant. 1 , pag. 5^4* Palisot-Beauvois le rap- ToME m. 53*" Lii'raison. 21 ( 64 ) porte kVIcica. Je cros , au contraire , d'aprs la distinc- tion vidente des espces , qu'on doit conserver le nom de Bursera gunimifera au Gommier blanc et sa varit corce rouge , qui habitent les plaines et quelquefois les ctes, et consacrer particulirement le nom d'Hed- -wigia hahamifera l'arbre appel , par les naturels , Sucrier de montagne^ Bois Cochon j car, en effet, on ne le trouve que dans les mornes qui servent de retraite aux cochons qui ont quitt l'tat de domesticit pour vivre l'tat sauvage. Les principaux caractres servant faire distinguer le Gomart de 'Hedwigie balsamifre consistent en ce que les sept folioles de ce dernier sont lancoles comme dans le saule ou l'olivier, et non ovales et acumines comme dans le Gomart. (Voyez t. II , pi. 97.) La confusion qui a rgn jusqu'ici entre les trois es- pces suivantes, 1 l'Hedwngie, 2" le Gommier rouge ou Gomart.^ 3 et le Gommier blanc fruits en grappes, nous a dtermin tablir les caractres sensibles qui les font distinguer. 1. Dans I'Hedwigie de Swartz , Bursera balsamifera, on remarque sept folioL s longues , troites, lancoles et loignes^ les fruits sont pyri- formes , cannels , verts et noirtres en mrissant. 2". Dans le Gommier rouge ou Gomart d" Amrique, Bur- sera gunimifera , on observe seulement cinq folioles grandes et larges^ les rameaux sont disposs en croix; les fruits sont triangulaires, ctes saillantes, ovales, plus larges la base, et d'un vert rougetre. 3. Enfin , dans le Gommier blanc fruits en grappes, Bursera fo- liis angustiorihuSy etc. , les cinq folioles sont infiniment plus petites-, les fruits ne sont pas plus gros que des groseilles ^ grappes sphriques et crochus leurs extr- ( i65 ) mites -, ils sont d'un brun noirtre l'tat de maturit. J'ai remarqu que le nombre des noyaux dans chaque fruit, et celui des divisions de la fleur, sont souvent variables. Le nom de Bois Cochon a t donn cet arbre pr- cieux, par la dcouverte qu'en fit un ngie poursuivant un cochon marron qu'il avait grivement bless , et qu'il surprit entamant l'corce rsineuse pour en couvrir ses blessures. Tout ressent son pouvoir, quand le cabrit bless Emporte au fond des bois le trait qui l'a perc, Suivant et le besoin , et son instinct pour matre. Parmi les vgtaux il sait le reconnatre. Delille , traduct. de l'Enide , liv. xn. Ce suc rsineux en coulant a la consistance du miel ; mais il devient solide et mme friable par le contact de l'air, et passe au jaune. Alors L'ambre de leurs rameaux distille en larmes d'or. Ce suc contient une huile ambre, jaune, volatile , qui remplace la gomme lmi et le taca-mahaca. Les boar- geons entrent aux colonies dans l'onguent populeum. On emploie souvent aux Antilles cette rsine pour remplacer Tencens. L'encens qui de Saba fit l'antique opulence , Comme un nuage au loin qui dans l'air se balance, S'levait lentement, et planait sur les champs. Caractres physiques. L'Hedv\'igie est un arbre aro- matique qui s'lve soixante pieds environ , ressem- ai* ( 266 ) Liant beaucoup aux trbinthes par ses feuilles , par ses fleurs blanches , rameuses , et par ses fruits ligneux d'un vert noirtre. Sa tige est trs-leve , droite et co- lossale , quelquefois de cinq six pieds de circonfrence. Son corce est unie , d'un roux cendr ^ l'enveloppe cel- lulaire verdtre \ le liber rougetre et trs-gommeux. Le bois, dl Poupe Desportes, est solide, fendant, rou- getre , flexible sans tre incorruptible \ cependant trs- utile pour btir et faire des barriques sucre. Le tronc se partage en plusieurs branches et a des feuilles un peu plus longues et plus larges que celles du trbinthe , et d'un vert jauntre , comparables celles du saule ou de l'olivier. Elles sont ranges par paires le long d'une cte et fort loignes les unes des autres ; il y en a une qui termine rextrmit. Les fleurs blanches ont un ca- lice trois divisions ^ un calice cinq ptales , six huit tamines. Le fruit vient en grappes, et acquiert la gros- seur d'une aveline trois ctes, de la forme d'une poire renverse. L'enveloppe est charnue, verte, coriace, et renferme trois noyaux oblongs qui contiennent une amande de la mme figure , amre et huileuse. Analyse chimique. D'aprs l'analyse toute rcente que M. Bonastre vient de faire de la rsine du Sucrier et qu'il a eu la bon t de me communiquer, ce suc rsineux , de couleur rouge fonce, de consistance tenace, molle, et adhrant fortement aux mains, d'une odeur trbin- thace, mais point aussi agrable que celle du baume de tacamaque, donne , par la distllation dans l'eau et avec assez de difficult , une huile essentielle d'un jaune am- br, fluide, transpareiUe , plus lgre tjue l'eau, d'une saveur ci e et forte. Les proprits particulires de cette ( ^7 ) huile sont que si Ton vei se quinze vingt gouttes d'acide sulfurique sur six de cette huile, elle prend de suite une couleur jaune safrane trs-fonce. Si, au contraire, c'est de l'acide nitrique , il se dveloppera une couleur rose, puis cramoisie, enfin une autre d'une couleur amaranthe superbe, et telle qu'on pourrait l'obtenir avec la plus belle laque carmine possible. C'est tort qu'on a donn le nom de baume la rsine du Sucrier de montagne , puis- qu'il ne contient pas d'acide benzoque. Il est compos d'une rsine soluble brune -, d'une sous-rsine pulvru- lente ^ d'un extrait amer contenant des sels*, et d'une huile essentielle. Proprits mdicinales. Le Sucrier de montagne jouit aux colonies d'une rputation mrite quoiqu'un peu exagre. On l'emploie peut-tre quelquefois in- considrment dans trop de maladies. Comme on ne peut croire l'existence d'une panace, je me contente- rai d'indiquer les cas o son usage est de quelque utilit. Poupe Desportes recommande son corce comme fbri- fuge *, l'ordonne dans les tisanes pectorales et apritives , ainsi que l'huile tire des noyaux du fruit, qui remplace l'huile d'amandes douces. Dans les coliques bilieuses et celles du poitou , aprs les saignes, le vomitif, les bains et lavemens mucilagineux et olifres , si les douleurs continuent , on doit recourir, dit ce praticien , au baume de Sucrier qui , uni l'eau de casse et l'opium , pro- duit des merveilles. Quelques-uns obtiennent un baume acoustique en mettant digrer au bain de sable , dans un matras, deux onces d'huile de ben ( i^ vol., pi. 27, pag. i3i ) et quatre gros de rsine de Sucrier. On l'in- troduit dans l'oreille , au moyen d'un peu de ouate, ( 268 ) dans les otites provenant de transpiration intercepte. J'ai vu des efi'ets surprenans des vapeurs de cette rsine dissoute dans Tther et aspires frquemment dans la phtliisie larynge, deuxime priode. On en fait aussi des fomentatiojis dans les douleurs d'estomac par dispepsie ou digestions lentes et laborieuses , dans les coliques venteuses , contre le vomissement 5 dans les maladies de la peau , il remplace le baume de tolu , dans toutes les prparations pour les maladies de poitrine. Certains m- dicastres recommandent les bains d'une dcoction de ses feuilles dans les affections rliumatismales , les rysiples et le plitliiriase. On emploie avec succs dans certaines ma- ladies calculeuses, bilieuses, dans la gravele , les ulcres des reins, de a vessie et du vagin , et la fin des blen- norrhagies , la mixture suivante : prenez alcohol rectifi ^iij^ mlez avec buile essentielle de Sucrier ^ viij. Remuez avec soin , et ajoutez peu peu acide nitrique concentr deux onces. Distillez une douce chaleur pour retirer moiti du mlange. Cette prparation se prend par gouttes intrieurement, de vingt quarante, dans du miel ou un jaune d'uf. On s'en trouve trs-bien dans les calculs biliaires , l'ictre, l'engorgement du foie; et l'extrieur, contre les rhumatismes. Enfin cette mme prparation prise intrieurement est alexitre , tandis qu' l'extrieur on en couvre les blessures enve- nimes au moyen de plumaceaux de charpie. C'est aussi un excellent vulnraire. Le docteur Chevalier a guri en peu de jours plusieurs ngres dont les mains avaient t crases par des moulins sucre , avec du tafia o l'on avait mis de cette rsine en digestion. Et ce sujet , il me souvient qu'tant inspecteur-gnral des armes des noirs , parmi lesquels j'tais retenu prisonnier, un nom- ( ^^) ) m Sangsouci ^ l'un dc premiers inrniieis de nos am- bulances, envieux de porter un unifoiine brod comme le mien , insinua au souponneux Dessalines que je de- vais l'empoisonner dans un breuvage que je lui avais prpar la suite d'une commotion iboracique qu'il avait prouve en descendant d'un bastingage. Le gn- ral , mfiant, refusa de boire la potion que j'avalai de- vant lui. La vrit tant reconnue, le gnral fit subir Sangsouci la peine du talion. Il fut fusill ma place. Mode d'administration. La dose du sirop est d'une cuillere dans une infusion d'herbe au charpentier. Celle de la teinture est de vingt vingt-cinq gouttes. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT NEUF. 1. Calice, 2. Fleur entire. 3. Graine coupe transversalement. 4- Coupe du tronc et larmes de la rsme. ( 270 ') )VMW^A/WVVVV\%AAWWWV\AAAA'MA'VV 'VV\/VVVVVVV< WMWVWX WVWVWVVWVVWWVV HOUMIRI BAUMIER ROUGE. ( Alexitre aromatique. ) Synonymie. Faux Styrax. ArLre brai. Bois rouge. Houmiri balsamifera. Lin. Penlaiidrie polyandrie. Juss. , famille des Trbintliaces. Houmiri balsamifera. Aublet Guiane , 564 j t. 225. Terebinthus procera balsamifera ru- bra. Barr. , France quinoxiale. En espagnol, Arbol a Brea. Caractres gnriques. Ordre douzime de la classe des Dicotyldones polyptales , tamines prigynes de Jussieu. Calice dcoup en plusieurs divisions \ corolle polyptale ;, tamines dfinies : ovaire supre \ un ou plusieurs styles \ autant de stigmates ; une baie ou une capsule multiloculaire \ feuilles alternes , ordinairement composes sans stipules -, fleurs petites 5 point de pri- sperme: tiges ligneuses. (Trbintliaces.) Caractres particuliers. Calice cinq divisions -, corolle cinq ptales attachs au rceptacle \ vingt tamines prigynes \ ovaire supre , ovode \ style sim- ple , velu; fruit cinq loges. HisTOii.F. naturelle. Oii Tcncontre Cayenne , la p/.l 'ja. T/uvt^r^ J%^\xnfr/i J'i.ij' J\:r^ Jcii/p . HOF^iflti ilAr.MIEil itorcK. ( 271 ) Guiane et dans les forts des Antilles cet arbre rsineux, et il est nomm Bois rouge par les Croles -, Houmiri parles Garipous, et T'oun* par les Coussaris. Frapp par la hache impitoyable , il coule de toutes ses parties un liquide pais rouge balsamique , d'une odeur fort agra- ble et qu'on peut comparer celle du Styrax. Cette li- queur se concrte promptement par le contact de l'air , et durcit en se schant , pour former une rsine rouge , cassante, transparente , et d'une agrable odeur , si l'on en rpand sur les charbons. Les sacrificateurs parmi les infidles , et les ministres de nos autels en parfument, aux colonies, leurs temples, et ds que le jeune aspirant a rpandu sur des charbons consacis cette poudre odo- rifrante , Des nuages d'encens dans les airs sont perdus. Celte liqueur balsamique n'est point acre, et peut remplacer intrieurement, dose fractionne , le baume du Prou dont son parfum la rapproche. Les ngres emploient l'corce de cet arbre prcieux faire des tor- ches pour s'clairer la nuit. Afin d'obtenir plus de r- sine du Houmiri , les indignes ont soin d'allumer auprs un grand feu , ce qui facilite l'coulement de cette r- sine. On rpte deux fois par anne cette manuvre qui n'endommage aucunement l'arbre. On prpare avec cette rsine un brai qui se durcit l'air , rsiste l'eau et au frottement , et par consquent est frquemment employ pour calfater les vaisseaux et enduire les caisses d'emballage qu'on transporte en Europe , et ( ''v^^ ) dont le conlciiu ciaiiil riiuniidil el les avaries de la traverse. Cauacthes physiques. Cherchant toujours rendre hommage aux dcouvertes de ceux qui ont observ avant moi , loi sque leurs descriptions sont exactes , je vais transcrire ici celle d'Aublet. Le tronc de cet arbre , dit- il , s'lve cinquante et mme soixante pieds ou plus, sur deux pieds de diamtre. Son corce est paisse , rougetre , ride et gerce. Le bois est dur et d'un rouge brun : il pousse son sommet plusieurs grosses branches qui s'tendent en tout sens , et se partagent en rameaux feuilles. Ses feuiUes sont alternes , semi-am- plexicaules , ovales , oblongues , pointues , glabres , vertes et entires. Les feuilles naissantes sont rouge- tres , et ont leurs bords rouls en dedans. Sur les jeunes arbres , les feuilles ont six pouces de longueur el deux pouces de largeur ; mais sur les arbres de haute futaie, elles n'ont que deux pouces et demi de longueur sur une largeur d'un pouce et demi. Les fleurs sont blan- ches , trs-petites, naissant aux extrmits des rameaux, en corymbes terminaux et axillaires un peu serrs. Chaque ramification du corymbe et chaque fleur ont leur base une petite caille. Chaque fleur a : i un calice divis profondment en cinq dcoupures pointues ^ 2^ cinq ptales lancols , attachs au rceptacle et plus gnmds que le calice ^ 30 vingt tamines dont les filamens , aussi attachs au rceptacle, sont libres, et portent des anthres arron- dies et deux loges ^ 4*^ ^^ ovaire suprieur , ovode , ( ^73 ) surmont J'im style simple, velu, plus long que les tamines, stigmate cinq rayons. Le fruit n'est point compltement connu : l'ovaire coup en travers pr- sente cinq loges monospermes. (Encycl.) Analyse chimique. Les produits du Houmiii sont semblables ceux de la rsine lmi , c'est--dire deux substances rsineuses bien distinctes, l'une soluble l'alcobol froid , et l'autre Falcohol bouillant seule- ment. Proprits mdicinales. Quelques praticiens ont employ l'intrieur la rsine Houmiri dans certains cas dephthisie , mais son usage le plus habituel est pour la confection des onguens , baumes , empltres , etc. C'est un stimulant qu'on prescrit dans les catarres, les gonorrlies et les diarrhes chroniques -, mais lorsqu'il n'y a plus de symptmes inflammatoires. Ap- plique sur la peau et maintenue pendant quelque temps , elle excite la rubfaction , ainsi que la poix de Bourgogne ^ c'est pourquoi plusieurs rhumatisans se sont bien trouvs de son application. L'huile essentielle qu'on en retire a t prconise comme avantageuse dans le traitement du tnia ^ mais une dose de plu- sieurs onces qui , irritant violemment la muqueuse intestinale , occasione des coliques et des djections co- pieuses qui ordinairement entranent lever, mais quel- quefois le malade : aussi ne doit-on l'employer qu'avec rserve et circonspection. Dans l'pilepsie on la prescrit jusqu' la dose de deux onces. Je n'ai jamais vu de succs ( '-74 ) de son usage dans cette terrible maladie , mais je puis vanter ses proprits comme alexitre. On fait avec , une eau qui remplace celle appele eau de goudron. \ EXPLICATION DE L PLANCHE DEUX CENT DIX* La plante est reprsente demi-grandeur. 1. Fleur. PI. :i zn. 77i<\i,/orc 7K\>\-4}ur-f//\./'mw J'eri'e Jl'it^ AL.SAMiSi:n 11013 BK ilO^K. ( 275 ) I BALSAMIER DE LA JAMAQUE. ( ^lexitre aromatique. ) Synonymie. Vulg. Bois de roses , Bois de Rhodes de la Jamaque. Amjris balsamifera. Lin. Octandrie mono- gynie. Juss. , famille desTrbinthaces. Amyris foliis bijugis. L. Amyris arboreus, foliis bijiigatis ovatis glabris, racemis Iaxis terminalibus. Brown. Jam. 208. Lauro affinis terebinthi folio alato, ligno odorato candido , flore albo. Sloan. Jam. List. 2, p. 24- Tab. 168 , f. 4i- Lucinium, Pluck. Alm. 228. Tab. 201 , fig. 3. Caractres G^'RIQUES. Arbres ou arbrisseaux dont le suc est ordinairement color ou rsineux, tantt bal- samique et d'une odeur agrable \ dans d'autres espces , trs- acre et caustique. Feuilles alternes ou simples, le plus souvent ailes avec impaire; fleurs petites, poly- pe tales et disposes en grappes ou en panicules com- munment terminales; calice trois ou six dcou- pures rgulires ; trois six ptales gaux en rose ou en toile ; trois ou dix tamines lorsqu'elles sont herma- phrodites ou mles ; l'ovaire suprieur est surmont d'un cinq styles courts lorsqu'elles sont hermaphro- dites ou femelles. Le fruit varie, et dans le plus grand nombre c'est une baie ou noix uniloculaire , caractre qui dislingue les Balsamiers des Iciquiers , dont les fruits contiennent plusieurs osselets. ( ^76 ) Caractres particuliers. Fruit ou baie di upace , ovale , arrondie et renfermant un seul noyau ^ feuilles bijuguces. Histoire naturelle. On donne dans le commerce le nom de Bois de roses ou de Rhodes des morceaux de bois compactes , longs et tortueux, extrieurement blan- chtres , intrieurement jauntres \ d'une saveur amre , d'une odeur de rose, provenant, dit-on, d'un arbrisseau qui croit dans File de Barancas ( Convohidus ScopariuSy Lin. Pentandrie monogynie) -, d'autres le rapportent au Genisla Canarlensis -, ceux-ci au Con^^ohidus Jloridus , ceux-l au Cordia Gerascanlhus, Ce n'est point de ces plantes qu'il est question ici-, le bois de Bliodes pro- venant de ces espces , ainsi que son huile volatile , est plutt employ comme parfum que comme mdicament. Le Balsamier de la Jamaque , au contraire , croit spon- tanment aux Antilles dans les bois et les lieux pierreux. Il rpand en brlant une odeur extrmement agrable que la sensualit asiatique des croles se plat prolon- ger. Cette odeur parfume lair, et l'on croit respirer des roses. Il diftere essentiellement du bois de Rhodes ou de Chypre que fournit un arbre du Levant , sur la na- ture duquel on n'est pas gnralement d'accord. Le nom de Rhodes a t donn ces bois , cause du mot grec fohv -, qui veut dire rose. Caract:res physiques. Ce Balsamier s'lve environ vingt pieds de hauteur. Son bois est blanc , assez solide, rsineux, d'une odeur agrable, et il est recouvert d'une corce brune phis ou moins fonce. Ses rameaux sont garnis de feuilles ailes ^ composes de deux ou ( ^77 ) trois paires de folioles ovales , avec une petite pointe -.souvent nioussce ou chancre j lisses , glabres . et sou- tenues chacune par un ptiole court. Ses fleurs sont blanches , petites -, elles ont presque l'aspect de celles du Sureau ^ elles sont terminales au sonruct des ramaux , et disposes en grappes courtes , lches et panicules. Analyse chimique. On obtient par la distillation de ce Balsamier une huile essentielle , volatile , d'abord dore , puis jauntre *, d'une odeur pntrante et suave. Le principe rsineux et acre de ce bois le rend propre , lorsqu'il est pulvris, irriter la membrane pitui- taire. Les naturels s'en servent ainsi que d'un certain Qiiamoclit, Proprits mdicinales. Le Balsamier de la Jamaque jouit des mmes pioprits que tous les baumes naturels. Leur huile essentielle, tant acre et irritante, pro- duit en gnral une vive excitation sur la membrane muqueuse du canal intestinal et des voies urinaires , ce qui rend souvent leur action purgative et surtout diu- rtique. Souvent mme ils excitent l'inflammation de la membrane muqueuse de la vessie. Ils stimulent puissam- ment les tissus capillaire , dermode et muqueux , sur- tout celui de l'estomac et des poumons, en favorisant les exhalations de cet organe. Leur influence aromatique ranime l'nergie du systme nerveux. On ne les emploie plus avec enthousiasme comme autrefois pour la cure des plaies et des ulcres, qui le plus souvent n'ont besoin que d'tre soustraits au contact de l'air , ainsi que l'a prouv la saine chirurgie moderne, qui nanmoins ne dsapprouve pas la prescription de certaines prparations ( 278 ) balsamiques daus la cure des ulcres atoniques et sordi- des, et dans les dgnrescences gangreneuses. Il faut aux colonies tre trs-avare de ces moyens incendiaires qui russissent mieux sous un climat froid et humide. Sans les proscrire de la thrapeutique, on peut v recourir dans les affections nerveuses accompagnes d'une dbi- lit marque , et dans les paralysies. Mais on doit les employer avec la plus grande circonspection dans les af- fections chroniques de Forgane pulmonaire, de la vessre et du canal intestinal , surtout s'il y a de la fivre , de la douleur , une toux sche et de riimoptysie 5 au com- mencement de la formation des tubercules seulement , on peut permettre les fumigations sches chez les per- sonnes lymphatiques et d'un temprament muqueux , parce qu'ils peuvent ranimer l'nergie du poumon affaibli, agir comme anti-spasmodique en aidant la res- piration, et faciliter la rsolution des tubercules. Je n'ai point prouv les proprits alexitres du Balsa- mier de la Jamaque , que d'autres praticiens ont van- tes -, je laisse l'exprience prononcer cet gard. EXPLICATION DE LA PLANCHE DELX CENT ONZE. Le dessin est demi-grandeur naturelle. 1. Fleur. 2. Baie entire. 3. Baie coupe pour laisser voir l'amande. //.-v_- J'e/'e^ J'cu/c ( ^79 ) BALSAMIER LMIFRE. ( Alexitre aromatique. ) Synonymie. Vulg. Gomme Elmi. Elemn. Arayris ele- mifera , foliis ternatis quinato-pinnatisque subts tomento- sis. Lin. Octandrie monogynie. Jussieu, famille des Trbinthaces. Cornus racemosa, trifolia et quinquefo- lia. Plum. Icon. loo. Frutex trifolius resinosus , floribus tetrapetalis albis racemosis. Catesb. Carol. 2 , t. 33, f. 3.. Amyris elemifera. Wild. 2 , p. 333. Caractres gnriques. Fleurs hermaphrodites ^ ca- lice quatre dents et persistant \ corolle de quatre ptales 5 huit tamines \ ovaire trois loges monosper- mes , surmont d'un style et d'un stigmate simples ; drupe lgrement charnu , contenant ordinairement un seul noyau monosperme par avortement. Arbris- seaux exotiques , ayant les feuilles trifolioles ou im- paripinnes. (Richard.) Caractres particuliers. Feuilles ternes et pinnes par cinq, velues en dessous. ( Antilles , Caroline.) ( VivRce. ) Histoire naturelle. Le Balsamior lmifre , orici- naire de la Caroline , s'est parfaitement naturalis aux Antilles. Le suc de cet arbre n'tant point gommeux, mais rsineux , c'est donc mal propos qu'on l'appelle Gonmie Elui, Quelques auteurs ont aussi confondu ce Tome III. 53 Livraison. 22 ( 28o ) Balsamier avec Vlclcariba des Brsiliens , arhor hrasi- liensis , gummi Elemi simile fundens , foliis pinnatis , JJosculis verticillats , fiuctu olw Jgur et magnitu- dine f Rai, Hist. i546. D'autres l'ont pris pour le Terehinlhus major ^ Betul cortice, friictu triangulari^ de Sloan , Jamaq. On trouve en effet chez les dro- guistes deux espces de rsine Elmi, l'une apporte d'Ethiopie en gros morceaux cylindriques envelopps de feuilles , d'un blanc verdtre , mollasse , d'une saveur dsagrable, d'une odeur de fenouil, s' enflammant faci- lement , et se dissolvant dans les huiles comme les vraies rsines. La seconde espce qui vient de TAm- rique , des Antilles, de la Nouvelle -Espagne et des Indes-Occidentales , coule abondamment du Balsamier lmifcre et ressemble beaucoup celle d'Ethiopie. On fait avec la rsine Elmi et le baume de tolu des pastilles pour embaumer l'air des appartemens. Tel l'encens d'Hymen , dans un jour solennel , Touche peine le feu qu'on prsente l'autel , Que des mains du lvite la vote brillante On le voit s'lever en nue odorante. ( Castel , les Plantes , cb. XI. ) Caractres physiques. Le Balsamier lmifre , Cor- nus racemosa de Plumier , est un arbrisseau dont les rameaux portent des feuilles alternes et qui sont compo- ses de trois cinq folioles situes par paires sur un ptiole commun , l'exception de la foliole qui les ter- mine. Ces folioles sont ovales, pointues, lgrement crneles , velues en dessous , et pointilles ou perfo- res, selon Plumier. Les fleurs sont petites et disposes en panicule an sommet des rameaux. Elles produisent ( 28. ) des baes globuleuses qui cou lie mi eut un noyau arrondi i^t osseux. Analyse chimique. On doit M. Bonastre une ana- lyse trs-bien faite et trs-dtaillce (Journ. de pharma- cie, aot 1822) de la rsine lmi. Comme notre plan ne nous permet pas de la transcrire , nous y renvoyons le lecteur. Selon ce clbre chimiste , cette rsine est particulirement remarquable par la phosphorescence de la sous-rsine. Cent parties de rsine Elmi sont composes : i^ rsine claire , souble froid dans Tal- cohol, 60. 7.^ Matire rsineuse blanche, opaque, so- uble dans Talcohol bouillant, 2.^. 3^ Huile volatile, 12 -5o. Extractif amer , 2. Impuret, i-5o. Total 100, 5o. On sophistique la rsine Elmi avec celle du Pimis ausfralis , mais la fraude est reconnaissable , dit M. Bo- nastre , en ce que la vritable rsine Elmi donne par l'alcohol deux espces de rsines , et la fausse est entirement soluble froid. La vraie , traite par la soude caustique , forme un savonule d'une pte ferme , tandis que la fausse en donne un trs-mou. Proprits mdicinales. On accorde gnralement des proprits fondantes la rsine Elmi , lorsqu'on l'emploie pour ramollir et rsoudre les tumeurs des ar- ticles , pour remdier aux piqres des tendons , on la prescrit aussi comme dtersive , contre les contusions , surtout pour les blessures de la tte , et fortifier les nerfs aprs les luxations. Pison l'ordonnait en topiques dans les douleurs internes , contre les maux d'estomac et contre les flatuosits. Les hippitres y ont recours dans les piqres des pieds des chevaux. Je l'ai souvent ( 28 ) vu administrer anx Antilles, l'extrieur, comme alexi- tre-, mais je n'ai pu recueillir assez d'exprience en faveur de sa vertu neutralisante , pour me prononcer et la signaler comme un remde infaillible. On l'emploie rarement intrieurement, parce (|u'elle ne peut tre dis- soute par le suc gastrique. Elle est recommandable en fumigation sche dans les catarres chroniques du va- gin , dan.s la strilit cause par la sur;bondance des mucosits de cet organe-, dans les gonorrhes, les fluenrs blanches et la suppression ( hroniquc des rgles ; dans les cas de rhumatismes opinitres. On l'administre alors en frictionnant la partie avec la teinture tire de cette rsine par l'alcohol. Mode D'ADMiis'isTPtATiojv. Trois livres d'axonge , et une livre et demie de trbenthine de Venise et de rsine Elmi, traites par la chimie , procurent un excellent digestif. EXPLICATION DE L\ PLAKCHE DEUX CI-NT DOUZE. Le dessin est fait demi -grandeur natu'^elle. 1. Fleur renverse. 2. Baie. 3. Graine P/.:ij3 Tfi.\t^rv Jf'if'vriilx. ycnJ- J'fjre.e Je LAliUEi PEC au itIN ( ^83 ) IV\*V\AS^/VVV^VV*VVVVVVVVVVVVVVVVVVV'VVVVVVVVVVV'VVVVVVVV\VVV(>*(VWVVVV^ LAURIER PECHURIM. ( Alexitere aromatique. ) Synonymie. Fve de Pchurim. Laurus Pechurim. Lin. Ennandrie Monogynie. Laurus Pechurim. Richard. Laurines. Ocotea Pechurim de Humboldt. Jussieu , famille des Laurines. Caractres gnriques. Fleurs unisexues , calice quatre ou six divisions plus ou moins profondes ; tami- nes de six douze , ayant les filets appendiculs la base \ anthres biloculaires \ ovaire ovode 5 stigmate un peu creus en gouttire : drupe enveloppe la base par le calice persistant (Richard.) Caractres particuliers. Fleurs disposes en pani- cules*, fruit renfermant une seule graine dont l'embryon dpourvu d'endosperme est renvers^ ses deux cotyldons sont trs-pais. Feuilles alternes , coriaces , luisantes , veines et persistantes. Celles des jeunes rameaux sont de couleur rose jaspe de jaune. Histoire naturelle. J'ignore pourquoi le clbre do Humboldt a donn le nom d^ Ocotea cet arbre qui Tome III. 54 Livraison. i3 ( '-84 ) a les caractres des Laurines , ne ft-ce que par le fruit qui ne renferme qu'un noyau bilob , tandis que le caractre des fruits des Ocotea est : une capsule arrondie , quatre , cinq ou six loges enfermes dans le calice , et contenant un trs-grand nombre de semences fort petites. Ce laurier de l'Amrique mridionale est encore peu connu , et n'a jamais t dcrit que par M. de Humboldt qui Fa observ proche de Cumana , dans les missions d'Ariba. On le trouve rarement aux Antilles -, mais il crot naturellement le long des ruis- seaux qui versent leurs eaux dans 1 vjrenoque. On dis- tingue dans le commerce deux espces de fves Pchurim, la grande et la petite. M. Bonastre , d'aprs le rapport de certains voyageurs , voulut s'assurer si l'on pourrait fabriquer du chocolat avec la fve Pchurim; mais voici ce qu'il rapporte de sou essai. J'ai voulu vrifier si les fves Pchurim torrfies , broyes et rduites en pte avec la quantit convenable de sucre , pourraient imiter le vritable chocolat ; mais il est facile de prvoir \ d'aprs l'examen chimique , combien ce prtendu cho- colat doit tre dsagrable au got , et l'est en effet , la saveur amre , piquante et empyreumatique de la rsine, l'arme camphr de l'huile essentielle, le peu de liant de la pte , quand on veut l'unir avec le ^ucrp , forment du tout un chocolat trs-imparfait et d'une saveur dtestable. Laissons donc aux habitans du Para- guay et des bords de l'Ornoque le chocolat Pchurim , si toutefois ils l'emploient cet usa^re , et contentons- nous de celui du Theobroma cacao aromatis avec la can- nelle et la vanille. * ' M. le Breton , pharmacien distingu de la rue de ( 9M ) Richelieu , n 98, a fait le premier une leinlure avec la fve Pcliurim qu'on applique en mdecine comme iatraleptique, et dont il a compos une liqueur. Caractres physiques. Le laurier Pcliurim est un arbre d'une assez haute stature. Les rameaux sont glabres , feuilles , diviss , un peu roides , tuberculeux et raboteux avec une corce gristre sur le vieux bois. Les feuilles sont alternes, k ptioles rouges, ovales, lancoles , glabres aux deux surfaces , veines, un peu luisantes en dessus , larges de deux pouces environ , sur cinq six de longueur. Les feuilles terminales sont d'un jaune mat nuanc de rose. Les fleurs sont petites , her- maphrodites , verdtres , disposes en panicue courte , axillaire et terminale , assez peu garnie ^ les pdoncules sont rameux , velouts dans leur jeunesse , et munis sous leurs divisions , ainsi qu' la base des fleurs , de petites bractes oblongues , concaves , veloutes et ca- duques. Les fruits, de la grosseur d'un uf, offrent une pulpe verdtre contenant un novau aromatique bran , corce lisse , qui se divise en deux lobes ou osselets , qui, tant rps, ont l'odeur de sassafras, d'o leur vient le nom de noix de sassafras. Ces lobes sont convexes extrieurement et recouverts d'une coque ou pellicule rugueuse , d'un brun fonc. Intrieurement ils sont concaves , lisses et de couleur marron clair. ;iT Tiia. Ajnalyse chimique. D'aprs le travail soign fait r- cemment par M. Bonastre et insr dans le journal de Pharmaiu'i (j^nvipr B?5) , on VQit que la fve Pchu- rim donne par la distillation dans l'eau une huile essen- tielle d un blanc sale , brunissant par le contact de l'air. I ( oM ) Elle est acre et amre, et se concrte une temprature moyenne -, son arme est un compos de l'odeur de lau- rier et de sassafras. Une portion de cette huile est so- luble dans Falcohol , et c'est la partie la plus aromatique; l'autre partie est insoluble dans Talcohol froid. Le rsidu puis par Talcoliol et trait par certains ractifs produit une matiri3 colorante d'un rouge brun d'hyacinthe. L'incinration produit un liquide trs-akalin. 5oo parties ont produit : huile volatile concrte, i5. Huile fixe butyreuse , 5o. Starine , i lo. R- sine glutineuse , i5. Matire colorante brune, ^o. Fcule ,55. Gomme soluble , 60. Gomme qui a rapport avec l'adraganthe , 6. Acide uni une substance trangre , 2. Sucre incristallisable , 4* Rsidu salin , ^ et demi. Parenchyme , 100. Humidit, 3o. Perte , 6. Proprits mdicinales. Quoique je n'aie pas eu l'occasion d'employer le laurier Pchurim l'tat frais , cependant je me suis assur qu'il possde un trs-haut degr les proprits des Laurines. On peut consulter les articles suivans des myrtes , et l'on y trouvera les mmes proprits mdicales que posssde le laurier Pchurim. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TREIZE. La plante est rduite moiti. i . Portion de la graine , de grosseur naturelle. 1^1.224 77i,'o,f^rf Jfejarti/-ti7t J'mje 3mTE A FEUILLE S PE LAFIIIER. ( '.8, ) HAA V\^ VO'VVMWWVX'VV\'\Aj>^ Jr MYRTFa ahomatiofe ( ^91 ) l^^^l%>VV'VV^A/\^A/VV\AA'(V\AA/VVV\A'VVWV^ IVV MYRTE A FEUILLES DE CITRON. ( Alexiere aromatique, ) Synonymie. Vulg. Poivre de la Jamaque. Myrte Piment , Myrte tout-pice. Bois d'Inde ; bois z' amour. Myrtus Pimenta. Lin. Icosandrie Monogynie. Juss. Dicotyledon Polypet. Ordre VIL Famille des Myrtes. Mirtus arbo- rescens citri foliis glabris , fruetu racemoso earyopliilli sa- pore. Poup. Desp. Laurus aromaticus. Claris. Rob. Piper jamaicensis. D. Myrtus altissima fruetu caryophilli sapore. Plum. Myrtus citri-folia. Lam. Caryophillus aromaticus americanus, Lauri acuminatis foliis, fruetu or- biculari. Pluck. Alm. 88. tab. i55. f. 4 Caryophillus foliis oblongo-ovatis , alternis , racemis terminalibus et latera- libus. Brown. Jam. 247. Caractres gnriques. Calice cinq dents \ cinq ptales, baies trois loges. Semences rniformes. Caractres particuliers. Feuilles opposes-ovales. Histoire naturelle. L'analogie qui existe entre les familles des vgtaux a fait reclierclier les feuilles nom- breuses de ce Myrte pour le tannage des cuirs. L'espce qui nous occupe crot naturellement aux Antilles , dans les Indes -Occidentales, ainsi que dans les bois septen- ( ^9^ ) trionaux de la Jamaque , et principalement sur les re- vers des collines auxquelles ces arbres , toujours verts , donnent un aspect sombre et silencieux , si recheich par les amans qui ont consacr le Myrte Vnus. Sous le simple lambris Des myrtes verts et des rosiers fleuris Entrelacs par la main du mystre , L'Amour conduit les enfans de Cypris. (Ma.i.f\i..tke. Narcisse, ch. i.) Lorsque cet arbre est en fleurs, il est d'une blancheur blouissante ^ les fruits qui leur succdent tant parve- nus leur maturit , on en fait la rcolte pour les faire scher au soleil. Ils perdent en se desschant la couleur verte qu'ils avaient primitivement, pour en prendre une d'un roai^e clair , ou rouge-brun ponctu de gris. Ainsi que ses congnres, le Myrte Piment exhale une odeur suave, et il suffit de loucher son feuillage pour se parfumer les doigts. Tous les Myrtes se multiplient et se cultivent de mme, c'est--dire de graines, de mar- cottes , de boutures et rejetons. Il leur faut une terre substantielle et meuble. Ils aiment le soleil et l'eau , qu'on doit leur prodiguer pour qu'ils conservent leur feuillage. En Europe , ce Myrte demande la serre chaude. Ses feuilles opposes, grandes, ovales et lisses, rpan- dent une odeur trs-aromatique de girofle, et ses baies font partie des pices et sont employes par les parfu- meurs. Le mot Myrtos, en grec, &ime parfum. Les ramiers sont friands des baies de cet arbre, qui donnent leur chair une qualit exquise. Caractres physiques. Cet arbre est trs-beau, re- marquable par ses larges et belles feuilles , et par Todeur (293 ) infiniment agrable de ses fleurs. Il se divise en rameaux quadrangulaires ails , d une couleur brune , couverts de leuilles ovales lancoles, termines en pointe aigu, trs-eniires , vertes et luisantes en dessus , ternes et pales en dessous, glabres. longues de six pouces envi- ron, sur deux de largeur, portes sur des pdoncules fortement colors d'un brun rougetre, d'environ quatre lignes de long , plats en dessus , arrondis en dessous. Les grappes de fruits ou baies sont terminales , noires , spliriques et ombiliques. Chaque pdoncule commun en supporte d'autres qui sont alternes et de diffrentes grandeurs. Cette panicule est trs-tale, et contient un trs-srand nombre de fleurs. Les fruits sont des baies dispermes, recouvertes d'une coque paisse , rugueuse , partage en deux loges pres- que gales , et contenant chacune une amande. Analyse chimique. Les vgtaux qui composent la famille des Myrtes , d'aprs les savantes recherches de M. Bonastre, abondent principalement en acide gallique, en tannin et en huiles essentielles , dont plusieurs sont plus pesantes que l'eau , ainsi qu'en d'autres produits immdiats moins importans, il est vrai, mais qui ont entre eux la plus grande analogie. ( Vovez son excellent M- moire insr dans le Journal de Pharmacie. Avril iSi5,) Proprits mdicinales. Toutes les parties de l'arbre tant aromatiques et astringentes , on les applique avec succs dans les syncopes qui surviennent aprs la morsure des serpens venimeux, dans les mnorrhagies , 'pis- taxis, le flux excessif des hmorrodes, et dans les der- niers temps d'une diarrhe chronique , mais avec tir- ( ^94 ) conspection. On fait avec ses feuilles simplement r- cliautfes des fomentations dans les cas de luxations. L'eau distille du Myrte Piment est dteisive , astringente et utilement employe pour fortifier les parties et raf- fermir les gencives. On la prescrit en gargarisme dans certaines angines. Le vin o l'on a fait bouillir des feuilles et des fleurs de cet arbre est, dit-on, stomachique, et propre prvenir les aigreurs du pvrosis , arrter le hoquet , remdier au relchement de la luette , la chute du fondement et de la matrice. L'huile qu'on obtient par la macration des baies est trs-recomman- dable pour les onctions de l'pigastre dans la dyspepsie , et comme iatraleptique. On en a vu de bons effets int- rieurement et extrieurement dans la eucophlegmasie. Mode d'administration. Le sirop du suc des fruits se prescrit la dose d'une demi-once une once, dans une infusion d'une des plantes alexitres. Le rob s'admi- nistre moiti dose. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUINZE. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur. 2. Grappe de baies. 3. Baie entire. 4- Baie coupe transversalement pour faire voir les loges. pr jij6\ 2/l^Jf*^rr*' J^'^rkTU^t// X J^ta- - Per^e ScK^ A]:vto>es:me al ex itre (295) AAAA vv vv\ vxAiMA/vvxMMM/vx^^A A/v v\AA^/^^^lVVV\^\^lVV\^'v^AA^lV^ ANTIDESME ALEXITERE. ( Alexitre aromatique. ) Synonymie. Antidesma alexitaria. Lin. Diocie Pentandrie. Jus. Sige incertain. Antidesma foliis ovato-oblongis ; spicis foliis brevioribus ; baccis cjlindraeeis. Noeli-Tali. Rbeed. Mal. 4j p 1^5. tab. 56. Bestram. Bram. et anc. Encycl. Berberis indica aurantiae folio. En espagnol, Cordoreira. Caractues GNPiiQUES. FlouFs iiicompltcs ^ ar- bres ou arbrisseaux dont les flr;urs , disposes en pis , ressemblent des (litons. Fleurs toutes unisexuelles , les mles spares des femelles sur des pieds diffrens. Fleurs mles. Calice cinq folioles concaves -, cinq ta- mines dont les filets dlis dpassent le calice , et sup- portent des anthres arrondies et semi-bifides. Lin. Fleurs femelles. Calice trs-petit et cinq divisions 5 ovaire suprieur, ovale, charg de trois styles courts, mmes stigmates. Baie ovale ou cylindrique contenant une seule graine ovode. La pulpe de ce fruit est un brou succulent plus ou moins pais. Caractres PARTICULIERS. Fleur mle. Calice 5-phylle; corolle nulle ; anthres bifides. Femelle. Calice S-phylle-, ( 296 ) corolle nulle ; 5 stigmates ^ baie cylindrique monos- perme. Histoire naturelle. Cet arbre, toujours vert, croit, naturellement sur la cte de Malabar et dans l'Inde. On le rencontre actuellement assez souvent aux Antilles, o il parat se plaire, et o la couleur rouge de ses fruits le fait distinguer , et appelle le dsir du voyageur altr qui trouve dans sa pulpe un acide lgrement astrin- gent propre tancber sa soif. Son corce est employe aux Indes pour faire des cordes, et y remplace le chan- vre. Ses fruits y sont recherchs par les naturels, et sont aussi rafracliissans que ceux du Vinettier. Ses feuilles passent pour Pantidote de la morsure du serpent appel Hrtimandel par les Malabares. Cette morsure ne fait pas mourir sur-le-champ, mais les chairs se cor- rompent peu peu, tombent en sphacle , et le malade succombe aprs des douleurs atroces et continuelles. On ne gurit de cette horrible maladie qu'en buvant Teau d'une dcoction de ses feuilles , laquelle on a ajout le fruit du Mangien marin au sel. (Encyl. mth.) Caractres physiques. L'Antidesme alexitre est un arbre de grandeur moyenne , dont le tronc est mdio- crement pais. Le bois blanc est recouvert d'une corce cendre , elles rameaux sont nombreux et verdtres. Ses feuilles sont alternes , ovales, oblongues, pointues, trs- entires , un peu paisses, glabres, lisses et d'un vert noirtre en dessus, munies en dessous de quelques ner- vures latrales qui partent de leur cte moyenne , et portes chacune sur un ptioj trs-coyrt. ]Les fleurs sont pje|;ites, d'une couleur herbace j ans ,odeur, et ( 297 ) naissent en petits pis axillaires , plus courts que les feuilles qui les accompagnent. Les fruits sont de petites baies oblongues, presque cylindriques , d'uii beau rouge lorsqu'elles sont mres , comparables celles de TEpine-VinetJ^e , d'une saveur acide un peu astringente, et monosprmes. (Encycl. mth. ) Analyse chimique. L'acide du fpui^, rougit les cou- leurs bleues vgtales , l'acide concentr les brunit. La dcoction offre beaucoup de tannin , d'o lui vient en partie sa vertu alexilre. Proprits mdicinales. L'Antidesme n'est pas seu- lement alexitre , l'corce de sa racine est astringente et dtersive *, on l'emploie dans les dcoctions pour les cours de ventre et la dysenterie. Le fruit est recliercb dans les mmes maladies , et dans celles bilieuses. On en met une poigne pour chaque pinte de liquide. Le rob fait avec ses fleurs convient dans les caharres chroniques adynamiques. Le suc des baies , combin avec le ni- trate de potasse , convient dans la dysurie et la gastro- entrite. Mode d'administration. On confit les fruits au su- cre , on en fait un sirop , des geles qu'on ajoute aux juleps astringens et rafracliissans. Le rob fait avec une dcoction rapproche de ses fleurs , se prescrit la dose d'une once. La dcoction des feuilles par verres. J'y faisais ajouter le sirop des fruits , ces principes acides et saccharins convenant dans beaucoup de cas d'empoison- nement. ( 298 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SEIZE. La plante est rduite moiti. 1. Branclie charge de fruits. 2. Fleur femelle dcompose. 3. Baie entire. 4* Baie ouverte. 5. Fleurs mles en grappe. 6. Fleur mle de grandeur naturelle. /y. 217. W J^H SR^^^^n^^^ ^^ f J ^p ^^ii iiP r a. 1 J& ^^^Ek - '^^^^^ / ^8Bl^^^ h. '''' 1^^^ ''''^S^nt ' ^B ^B v'^^sHUBv ^R. -'^- ^^1 ^^^ _,<=>.--',-' 1\/nt "^^^ ^m *^ mm If 1 1 WS ^ J^^ ^^^'^ ^^m ^^^^^ .^^fi . ^ r t^J m !lheow\vv>vv%:Vv\ vvwvvv%vvvwivvw.'*w^x'v'Vv*v\A vvvvwv^Avww^'W^w^'VV^\v^ .v\'vv**^ SAUGE A FLEURS BLANCHES. (yilexitre interne.) Synonymie. Salvia Leucantha. Cavan. Lin. Dcandrie Mo- nogynie. Jussieu , famille des Labies. Tourn. Clas. 4. Labies. Salvia foliis lanceolatis , longis , rugosis , crenulatis ; floribus spicatis, calicibus tomentoso-vioiaceis. Cavan. Icon. Rar. Page 16, n" 22, tab. 24. Salvia foliis lanceolatis , serratis , rugosis , subts incavis 5 calicibus densissim incano-violaceo-tomentosis. Vabl. Enuni., Plant, vol. 1, pag. 252, n'' 71. Salvia foliis lineari-lanceolatis , crenulatis , rugosis j floribus verticillato-spicatis, calicibus tomentosis. Willd. Spec- Plant, vol. 1 , page 12g , n" 5. En espagnol , Salvia. En portugais- Salvetta. En an- glais , Sage. Caractres gjsriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales , irrgulires , de la la- mille des Labies , lierbes ou sous-arbrisseaux feuilles opposes , entires et cjuelquelois pinnatifides ^ fleurs verlicilles en pis, munies de bractes. Calice deux lvres -, corolle en gueule -, les filamens des tamines al- taclis transversalement sur un pdicule , et comme ( 3o4 ) fourclius ^ ovaire quatre divisions ; quatre semences souvent muciiagineuses. Caractres particuliers. Tige quadrangulaire, feuilles crneles, cotonneuses en dessous ^ fleurs galement to- menteuses. Histoire naturelle. Toutes les espces de cette fa- mille nombreuse jouissent plus ou moins des proprits toniques , diaphortiques et alexitres. La Sauge fleurs blanches, originaire du Mexique, se rencontre dans plusieurs lies Antilles, o elle est prconise comme alexitre. Les ngres l'emploient comme condimeiit , et la mlangent quelquefois aux herbages , ou brdes qui servent former leurs calalous. Ils la recherchent aussi pour fumer leurs aiguillettes de buf, de cabri et de cochon marron. Les feuilles de cette Sauge rempla- cent celles du Th , et sont tout aussi agrables. On veut toujours ce qu'on n'a pas, et c'est bien le cas d'ob- server ici que les Chinois donnent deux caisses de Th vert pour une seule de Sauge. CARiCTRES PHYSIQUES. Scs tigcs soiit quadraugu- laires , droites , rameuses , hautes de cinq pieds environ, garnies de feuilles opposes , ptioles , troites, lanco- les, longues, rides, crneles leur contour , blan- chtres, et tomenteuses en dessous, d'un vert fonc leur face suprieure, supportes par des ptioles courts, presque connivens , munis leur base de glandes trs- petites, semblables h des points bruns. ( 3o5 ) Les fleurs sont disposes en longs pis terminaux, interrompus, composs de verticilles plusieurs fleurs couvertes d'un duvet lomenleux, lanugineux, violet. Le calice est de mme couleur, trs -velu, deux l- vres j la lvre suprieure aigu , entire *, l'infrieure lgrement bifide. La corolle est blanche, une fois plus grande que le calice -, sa lvre suprieure en vote vers son sommet, plisse , entire, velue ^ l'infrieure a trois dcoupures arrondies , presqu'gales , qui offrent en des- sous une petite bosse courte. (Encycl. mth.) Analyse chimique. La Sauge blanclie conieit une huile volatile , un extrait rsineux, une substance gom- meuse , de la gomme, une autre sorte de gluten, de la fibre ligneuse, du nitrate de potasse ^ et quelques ma- tires azotes. Proprits mdicinales. On attribue tant de pro- prits aux Sauges oihcinales , que l'cole de Salerne trouvait tonnant qu'on pt mourir quand on en pos- sdait un pied dans son jardin. Cur moriatur homo , cui Saluia crescit in horto. Cette plante hroque est doue, il est vrai, de pro- prits incontestables \ c'est pourquoi on la recom- mande comme tonique pour rappeler l'apptit , activer la circulation dans la chlorose et les syncopes ner- veuses. Elle produit de bons eiiets dans l'asthme hu- mide et la toux catarrhale. Lifuse dans du vin, elle modre les sueurs dbilitantes qu'prouvent les conva- ( 3o6 ) escens. Eu gargarisme , elle gurit les aphllies et autres ulcrations de la bouche , et fortifie les gencives. La poudre des feuilles sches offre Un trs-bon ster- nutatore. Applique en sachet dans les infiltrations du tissu cellulaire et dans les chymoses, elle agit comme tonique et rsolutive. Les nouveaux fumeurs prfrent cette Sauge au Tabac. J'ai guri , par ce moyen et par la seule infusion de cette plante , un ancien militaire qui 5 par suite de campement dans des endroits humi- des , tait affect d'un asthme tellement intense , qu'il lui tait impossible de conserver la position horizontale. La dcoction des feuilles et des fleurs fortifie les nerfs, ramollit les tumeurs et dissipe les enflures. Cette plante, ainsi que les Labies , excite l'action des organes, et d- veloppe momentanment les fonctions de la vie. On em- ploie aussi cette plante comme emmnagogue pour sti- muler l'utrus. On conoit que, d'aprs ces proprits sti- mulantes , il serait inconvenant de prescrire cette plante des tempramens irritables ^ et mme en cas de paralysie et de tremblemens musculaires, elle ne doit tre indi- que que si le sujet est lymphatique , ou peu impres- sion uable ^ il en est de mme si l'on a traiter une leucorrhe invtre , ou une mnhorragie rebelle, ainsi qu'un rhumatisme errant. On apprcie ses vertus contre les poisons, et dans le cas de maladies contagieuses et quelques fivres d'accs. Mode d'administration. On prpare avec les fleurs de Sauge une conserve et une eau distille. La dose de la poudre est d'un gros, soit en suspension dans une infusion , soit en pillulcs ou en opiat. La teinture a- ( 3o7 ) coiolique se prescrit par un gros. L'huile essentielle se donne depuis cinq jusqu' dix gouttes dans un jaune d'oeuf. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT DIX-HUIT. La plante est dessine demi-grandeur naturelle. 1 . Calice. 2. Corolle. ( 3o8 ) ^V\\AA'VV>iVVA/V>'VV\\'VX\/V^iV%iVV't'VVX VVVVV>A/V'^VV\^V'VVIVV%VV\/VV\IVVVVV\VV\V\A'VVX^ ORANGER A FEUILLES DE MYRTE. (^udlexitere interne.^ Synonymie. Aurantium mjrtifolluni. Lin. Polyadelpiie ico- sandrie. Tournefort. Clas. 21. Arbres rosaces. Sect. 6. Juss. , famille des Orangers. En espagnol, Naianj'o/ en : portugais , Tarangeira; en anglais, Orange-tree. Caractres gnriques. Calice cinq divisions ; cinq ptales -, environ vingt tamines -, les filamens comprimes, runis infrienrement en cylindre, diviss en plusieurs faisceaux antlirifres ; un style 5 un stigmate en tte ^ une baie celluleuse, partage en plusieurs cloisons mem- braneuses, longitudinales, entoure d'une corce paisse, ride et glanduleuse j ses semences sont cartilagineuses. (FI. d. D.) Caractres particuliers. Feuilles trs-petites et trs- rapproches. Epines courles et dures. Histoire r;ATURELLE. Il suffit de prononcer le mot Oranger pour que Fimagination se reporte au milieu des belles forts du Nouveau -Monde , o les pommes d'or de cet arbre enchanteur contrastent si bien avec la riche ( 3o9 ) verdure de leur feuillage et la blaucieur de leurs fleurs j car on y voit toujours ensemble les progrs de la vg- tation. L'Oranger qui nous occupe a toutes ces pro- prits, et ne diiTre de TOranger de la Chine que par quelques caractres botaniques , tels qu'un feuillage plus serr et des feuilles trs-petites-, par des pines courtes et des fleurs moins dveloppes , ainsi que par des fruits infiniment plus petits-, aussi la stature de l'arbre est-elle beaucoup moins leve. Il n'atteint gure que laliaueur de dix douze pieds-, son bois est galement dur, d'un blanc jauntre , d'un grain compacte, fin et uni. Par une sage prvoyance, le Crateur, selon l'observation juste de Virey, a garanti les germes des semences des vg- taux en les entourant d'un prisperme olagineux -, car toutes les huiles fines des vgtaux se trouvent dans cette partie presque uniquement : de mme l'piderme de tous les animaux terrestres est naturelleuient huil par cette merveilleuse prvoyance. C'est daprs cela que le D. \ irey a reconnu aux huiles volatiles la proprit de prserver les plantes de la moisissure. On sait que lorsqu'il se forme des moisissures sur la surface des grais- ses , ou des huiles, c'est lorsque ces dernires contiennent encore des substances mucilagineuses, ou glatineuses, capables de passer la fermentation acide et la putr- faction : mais quand les corps gras sont parfaitemicnt purs, ces vgtaux ne s'y dveloppent pas. Suivant le mme chimiste , plusieurs parties fort dlicates des vg- taux souffrent , et mme prissent par l'application des huiles volatiles. Celles que les fleurs et d'autres parties des plantes forment et reclent naturellement sont ren- fermes toujours dans de petits utriculcs particuliers qui (3io) les isolent du parenchyme. Ainsi, dans les semences des Ombellifres , dans Fcorce du fruit des Hesprides , riiuile volatile est spare de l'embryon de la semence , car son contact immdiat ferait prir le germe. Le doc- teur Mac-Cullocli , d'Edimbourg , empche l'encre de moisir en y jetant un peu de Grofle ou de son huile volatile. Le Camphre produit le mme effet. On confit les jeunes fruits avant leur maturit-, les cuisiniers re- cherchent Fcorce comme condiment. Caractres physiques. On a dj reniarqu , diiPoi- ret, que mme dans les individus sauvages il y avait trs- peu de diffrence entre les Orangers et les Citronniers ^ plus forte raison parmi les varits produites par Fart ou par la nature. L'Oranger feuilles de Mvrle offre l'as- pect un feuillage diffus, serr, sans ordre, partie oppos, partie alterne. Les feuilles sont persistantes , ovales, ai- gus, lancoles , et petites comme celles du Myrte , l- grement dentes, trs-proches les unes des autres-, les fleurs sont blanches comme celles de l'Oranger ordi- naire , trs-odorantes , et par bouquets l'extrmit des rameaux. Les fiiamens sont runis en faisceau par une membrane , qui ensuite se dchire en plusieurs segmens chargs chacun d'un certain nombre d'tamines. Les fruits sont de la grosseur et de la forme d'une pomme d'api moyenne, le plus souvent sessiles, d'un jaune dor l'extrieur et pointill , et blanc en dedans , diviss en plusieurs loges par des cloisons membraneuses et trans- parentes, renfermant chacune des semences sans pcris- permc. (3ii ) Analyse chimique. Les Hesprides de Des vaux, ou Orangers, offrent abondamment un acide citrique fort agrable, quelquefois ccmibin un principe amer, comme dans la Bigarade, ou un principe colorant rouge , comme dans l'Orange de la Chine , mais plus souvent contenant une matire sucre dans une pulpe vsiculeuse. L'enveloppe extrieure de ces fruits est em- preinte d'une huile volatile suave , dans un parenchyme fongueux , amer. Les feuilles et les fleurs des Orangers , selon Boullav, contiennent aussi une huile essentielle volatile cj[u'on obtient facilement par la distillation. La fleur surtout, indpendamment de cette huile, produit de l'actate de chaux , de l'acide actique en excs , de l'albumine , un principe jaune amer , soluble dans l'alcohol, insoluble dans l'ther, et une matire gom- meuse. Proprits MDicmALES. D'aprs Fexamen chimiifue des parties constituantes du feuillage , des fleurs et des fruits des Orangers qui offrent un acide, de l'albumine, du tannin, etc. , il est facile de concevoir pourquoi les naturels les emploient contre les empoisonnemens. L'eau distille des fleurs est cordiale , hystrique et vermifuge. Elle fortifie l'estomac, active la circulation, fait mourir les vers des enfans, et apaise les contractions de l'ut- rus. Son usage journalier dans les maladies nerveuses sert prouver qu'elle est minemment anti-spasmodique. Poupe-Desportes recommande comme dtersive, dans la gonorrhe et la leucorrhe , une tisane faite avec une once de limaille d acier, un demi-gros de sel ammoniac, une pince d'corce d'orange-myrthe, de liane savon, ( 3i.. ) de gommier et de bois marie ^ une demi -pince de verveine puante pour trois chopines d'eau rduites deux. Mode d' administration. Les naturels recommandent la poudre d'corce sclie de Torange-myrte la dose d'un gros dans une infusion hystrique contre les tran- ches des nouvelles accouches. Ils prparent aussi avec une pince de safran introduit dans une bigarade qu'on fait cuire sous la cendre, et qu'on met infuser dans une bouteille de vin blanc, un remde i^mmnagogue dont ils font le plus grand loge. Ils appliquent aussi sur le nombril des jeunes enfans attaqus de vers une orange creuse et remplie de deux gros de thriaque et bou- cane sous la cendre chaude. Les mdecins prescrivent Veau distille la dose d'un quatre gros. Poupe-Bes- portes donne encore la composition des bols fbrifuges suivans. Prenez corce d'orange-myrte et de citronnier pulvriss , un gros de chaque*, sel ammoniac et limaille de fer porpliyrise , de chac[ue un scrupule 5 sirop de fleurs d'orange , quantit suffisante. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT DIX-NELF. La planche est dessine de demi-grandeur. jy. 22i T%eo/at^ De^rour^h/K, J*^ (^fie/ Sett^ - OHAIVGR PA^n^E.MOrS'K -rilADEi^ . 3i3 ) ^/vvv>vvvvv^%v^v\.^\'V'^'VV\v\''vv\vv^lVV^vvvi'vv^^AAvv\xv\^/v>vv*vv\^,v'/vv*'Vv^vv^vv^'vv\vv*/vv-\ w ORANGER PAMPELMOUSSE. {Alexitre interne.) Synonymie. Vulg. Chadec , ou Citron des Barbades. Chadock, ou ScLaddeck , tte d'enfant. Citrus Decumana. Lin. Polvadelphie icosandrie. Tournef. Arbres rosacs. JussieUj famille des Orangers. Citrus petiolis alatis , foliis obtusis emarginatis. Lin. , sjst. reg. 58o. Malus Aurantia fruclu rotundo maximo pallescente caput buma- num excedente. Sloan. Jam. 212. Hist. 1 , p. 4i ? tab. 12, fol. 2,3. Limo Deeumanusj Pampelmoes. Rumpb. Amb. 2, p. g6 , t. 24 , f. 2. Aurantium fructu omnium maximo Pampelmus dicto. Burm. Zeyl. , p. Sg. - Citrum arbor eximia, foliis majoribus, fructu maximo et acriori. Poupe- Desportes. Caractres gnriques. Calice 5-fde, cinq ptales oblongs ^ antbres vingt filets conns en divers corps ^ baie neuf loges-, loges vsiculeuses. Caractres particuliehs. Ptioles ails-, feuilles ob- tuses , margines. ( 3.4 ) HisTOiiiE NATURELLE. L'Omiiger Pampeimoussc diffre de l'Oranger par ses feuilles et par ses fruits plus grands, par ses fleurs plus en grappes, et par ses grappes ve- lues. 11 a t apport des Indes par le capitaine Clia- dock ou Schaddeck , auquel les liabitans des Indes oc- cidentales Font consacr par reconnaissance. Cet arbre parait avoir dgnr par la culture. On lui reconnat pour varits: lo le Pampelmousse des Barbades , ou Schaddeck sans pines, dont les feuilles sont paisses, ovales-, les fruits, ainsi que les feuilles, ont le talon trs-large -, i^ le Pampelmousse , ou Pampelnios du Levant j 3^ le Pampelmousse d'Amrique : le fruit est aigre et sa chair d'un jaune ple^ ^o le Citronnier de Combara , ou Citron la grecque , dont les feuilles sont presque rondes, crneles ; l'aile des ptioles est plutt ovale qu'en cur, aussi grande et souvent plus longue que la feuille. Les pines sont plus fortes. Le port de l'Oranger des Pampelmousses est majes- tueux ; il joint la noblesse des formes la riche dimen- sion des feuilles et des fruit'S qui sont normes. La vue et l'odorat sont galement satisfaits la rencontre d'un de ces arbres dans les jardins enchants des Hesprides. Le parfum qu'il exhale embaume nos valles; Toujours blanchi de fleurs, il ajoute leur prix Le vert des fruits naissans l'or des fruits mris. (ROSSET.) On multiplie cet oranger par greffe. Il se propage aussi de marcottes faites comme celles du Grenadier. ( 3i5 ) Les branches prennent difficilement de bouture ^ le se- mis et la greffe sont donc les plus srs moyens de le re- produire. Les semences de Bigarades doivent tre pr- fres parce qu'elles donnent des sujets plus vigoureux, et qu'on peut greffer beaucoup plus tt les sujets qu'on en obtient. Le meilleur terreau pour ce genre de cul- ture se compose avec parties gales de fumier de coucbe et de moutons, de marc de raisin et de feuilles pour- ries. Ce terrain tant bien consomm, on le mle avec quatre parties de terre franche et douce. Le quartier des Pampelmousses est ainsi nomm rile-de-France , belle patrie de Paul et Virginie , par la quantit des arbres de cette espce qu'on y rencontre. Ce souvenir aimable qui ne peut vieillir, et sera de tous les ges , conserve cet pisode , modle inimitable de grces et de sentiment, des lauriers que la basse ca- lomnie voudrait en vain ternir. Cette couronne , tresse par le bon got , doit rester ternellement sur la mo- deste tombe de l'illustre auteur des Harmonies de la Nature. Caractres physiques. Cet Oranger diffre des autres par ses ptioles ails, et par ses fruits d'une grosseur monstrueuse, ordinairement plus forts que la tie d'un enfant. L'arbre est d'une grandeur mdiocre. Il se di- vise en rameaux tals avec ou sans aiguillons. Les feuilles, parsemes de points transparens comme dans tous ses congnres , sont dentes , parses , ovales , Tome III. 55* Lh'raison. 25 (3,6) quelquefois obtuses et chancres leur sommet ^ les ptioles sont garnis d'une aile cordiforme d'une gran- deur remarquable. Les fleurs sont disposes en grappes lgrement tomenteuses et plus longues que dans les autres espces. La corolle est blanche, trs- odorante , compose de cinq ptales rflchis. Son fruit est une Laie sphrode d'un jaune verdtre , divise intrieu- rement en douze loges et plus ^ la pulpe est rouge ou blanche, aigre ou douce. L'corce est excessivement paisse , trs-peu volumineuse et fongueuse, d'une sa- veur trs-amre. Les semences sont ovales , presqu ai- gus , au nombre de deux ou trois dans chaque loge. Analyse chimique. Le suc du fruit contient un prin- cipe amer, de la gomme, de l'acide malique , de l'acide citrique , et beaucoup d'eau.. PROPraTs MDICINALES. La poudre des feuilles tonne quelquefois les praticiens par ses effets dans le traitement des maladies nerveuses, de l'hystrie, del'hypochondrie, ajouterai-je de Tpilepsie? La dcoction des feuilles a guri plusieurs enfans affects de convulsions et de catalepsie , et uti homme d'un certain ge , qui avait perdu l'usage de ses facults intellectuelles , et particulirement sa mmoire. Deux onces de la dcoction, dit Alibert, chan- grent sa situation , et dans l'espace de six jours tous les accidens se dissiprent. Or les produits des feuilles des Orangers divers tant les mmes , j'ai prfr tayer (3i7) mon assertion de faits curieux qu'affirme rarclnlre que de faire des citations de faits qui me sont personnels , et parfaitement identiques avec les premiers. Rano , mdecin danois, a soulag promptement une femme de trente ans dans ime violente hmorragie utrine , avec une forte dcoclion d'corce d'Oranger. On peut faire le chocolat et le caf avec cette dcoction , et dans d'au- tres cas la rendre vineuse. Le suc acide des Oranges sures et des Schaddecks convient pour neutraliser la vertu narcotique des alcalis vgtaux. C'est pourquoi l'on^ peut faire usage sans inconvnient de la morelle tomate, qui joint la proprit narcotique des solanes un acide qui en devient le correctif. L huile essentielle de l'corce, que Ton obtient au moyen de rpes, et le tabac vert combins avec l'huile de Ssame se prescri- vent en embrocations sur l'pigastre dans la cardialgie et la dispepsie. Mode d'administration. La dose de la poudre est depuis un scrupule jusqu' deux dans de la coniiture , ou en suspension dans un liquide \ celle des feuilles , une pince pour une infusion d'une pinte. Le sirop des fleurs est principalement employ dans les affections nerveuses. On sait que l'eau distille de fleurs d'o- ranges est prfrable lorsqu'on n'a choisi que les p- tales ^ le calice et les autres parties nuisent la dli- catesse de son parfum, et lui communiquent une odeur vireuse^ * (3'8) EXPLICATIOT* DE LA PLANCHE DEUX CETT VIKGT. La figure est au quart de sa grandeur naturelle. 1. Graines. P/.221. J^^Jare J)et-ivurt.\. J'ina- COlLNSOmE. ( 3i3 ) IVV^*,VVV*A'VV'VVVVV< VWVVVVVVVV VVVVVVlVV\iV.VV'VVVV^ VV VV\AA/\/V^^ /V^-Wt^V COLLINSOiME DU CANADA. (^Alexitre externe.) Synonymie. Collinsonia canadensis. Lin. Diandrie Monogy- nie. Jussieu , famille des Labies. Collinsonia. Hort. ClifiF. i4, t. 5. Cold. Noveb. 8. Kalm. it. 2 , p. Siy. Caracteiies GNPdQUEs. Corollc illgale*, lvre in- frieure niullifide , capillaire. Une semence. Caractres particuliers. Le fruit consiste en une semence globuleuse, situe au fond du calice; les trois autres avortent. Histoire naturelle. Cette belle Labie dont les amis de rhumanit soufrante savent tirer un parti avanta- geux dans certains empoisonnemens , croit nalMrelle- ment dans les forts du Canada et de la Virginie. Je l'ai rencontre plusieurs fois aux Antilles, et particulire- ment Saint-Yago de Cuba et Saint-Domingue. On la propage de graines semes en pleine terre , et garanties par de la litire contre les grands froids , ou de boutures Tome ll. 56* LU'raison. 26 ( 320 ) faifes en t rombre. Ou doit tenir en Europe cette plante , pendant l'hiver , dans une serre tempre. Caractres physiques. Cette belle plante , de la fa- mille des Labies , qui se rapproche des Sauges par quel- ques rapports , a des feuilles qui ressemblent beaucoup a celles de V Hy drangea. Ses liges sont droites , ttrago- ns , assez simples , hautes de deux trois pieds. Ses feuilles sont opposes , presqu'en cur , pointues , den- tes en scie, glabres , rides , et portes sur des ptioles courts. Elles ont quatre cinq pouces de largeur sur une longueur de plus de six pouces , en y comprenant leur ptiole. Les fleurs sont jauntres, nombreuses et disposes au sommet de chaque tige sur une panicule pyramidale, ramifications opposes. Chaque fleur a : i un calice monophylle, campanule , court, persistant, cinq dents pointues et ingales ; 2*^ une corolle monoptale infundibuliforme , beaucoup plus longue que le calice , irrgulire , lvre suprieure presque nulle , le limbe sa place tant divis en quatre dents fort courtes , et lvre infrieure grande , frange, partage en beaucoup de dcoupures capillaires \ 3 deux tamines plus longues que la corolle , dont les filameus droits et stacs portent de petites anthres vacillantes; 4** un ovaire suprieur , quadrifide , charg d'une grosse glande, et d'un style stac aussi long que les tamines, inclin , purpurin, stigmate bifide. Le fruit consiste en une semence globuleuse situe au fond du calice. Le nombre naturel des semences parait devoir tre quatre , comme dans les autres Labies ; mais il n'y en a qu'une qui vienne perfection , les trois autres avortent. ( Encycl. ). ( 3^1 ) A;]SALYSE CHIMIQUE. Si V OU vei se daiis une iifusion de Collinsonie une dissolution de sulfate de fer, on y reconnat la prsence de l'acide gallique. L'eau se sa- ture des principes amer et astringent ^ mais le principe aromatique , comme dans beaucoup de Labies , no peut tre extrait que par ralcohol. Cependant l'eau distille de la plante offre un certain arme. On remarque la surface un peu d'huile essentielle. Proprits mdicinales. La Collinsonie offre aux voyageurs d'outre-mer et aux habitans de ces rives for- tunes un des toniques les plus puissans pour combattre la myotilit nerveuse. Elle est recommandable dans les fivres de mauvais caractre , dans l'atonie des viscres abdominaux que l'on observe dans Thypocondrie et l'hystrie : dans les fivres muqueuses continues ou in- termittentes, dans la dyspepsie, dans les cas d'puise- ment signal par des digestions lentes , dans une torpeur de la locomotion et de la mmoire et dans beaucoup de cas de mlancolie. Je l'ai souvent prescrite dans des cas de leuchorre chronique , par suite de morosit et d'une vie sdentaire , ainsi que dans les sueurs nocturnes qui affaiblissent si prodigieusement les malades. On ne doit pas en faire usage si la peau est sche et brlante. On fait beaucoup de cas de son infusion vineuse pour laver les blessures faites par les animaux venimeux, comme aussi pourdterger les aphthes des nouveau-ns. Mode d'administration. Une pince de feuilles sert pour une livre d'eau bouillante. L'eau distille se combine avec d'autres moyens pour la confection d'une pulioii 2b* ( 322 ) ant-spasmodique. La teinture alcoholique se mle aux infusions aqueuses qu'on veut alcoholiser : la dose est d'une cuillere caf pour une livre d'infusion. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-UN. La plante est dessine demi-grandeur. 1. Fleur vue de face. 2. Calice vu de face. 3. Graine. i JV. :.'22 l'At-Oi/orc JK\fC)turli/\ J^m^v SARMETE r>:i>KE. ( 323 ) IW V^^ VVIW''VWVVWV'W'VV'W%WW\VVV' WA'VWW^ WN'WVW WX W>/VV'W>'VV>W\iWX'VVVWVVVVW SARRIETTE CONDEE. (^u4lexitre externe,) Synonymie. Saturcia americana. Lin. Didynamie Gymno- spermie. Juss. , famille des Labies. Tournef. Clas. 4> sect. 3. Satureia foliis linearibus , obtusis subarcuatis; floribus solitariis , sessilibus ; caule fruticoso , subaculeato. Poiret. Satureia Condea. Juss. Condaea frutescens, Saturei foliis; flore albo. Desportes. Plum. Miss. Desc. Plant. Amer. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , a fleurs labies , verticilles ou axillaires , ayant des feuil- les opposes , ponctues dans quelques espces. Le ca- lice stri , cinq dents ; une corolle labie quatre lo- bes -, le lobe suprieur presque blanc; quatre tamines peine aussi longues que la corolle. Caractres particuliers. Feuilles sessiles et lg- rement pineuses sous leur principale nervure \ fleurs axillaires et fascicules. Histoire naturelle. On doit la connaissance de cette plante utile au docteur Poupe-Desportes qui le premier (3^4 ) l'a recueillie Saint-Domingue. On l'emploie, ainsi que la Sarriette d'Europe, pour relever le calalou et l'aro- matiser \ elle se sme d'elle-mme. Humble comme la violette , et toujours cache sons l'herbe o son parfum la fait dcouvrir, elle est broute avec ardeur par les cabrits. On peut lui appliquer les deux vers que M. De- fontanes adresse la violette : Et toi qui te cachas, plus humble que tes surs, Sarriette mes pieds verse au moins tes odeurs. La Sarriette effile ( Satureia vmiriGa ), commune la Jamaque, jouit des mmes proprits. Caractres physiolks. Cette plante a des tiges gla- bre^.^ ligneuses , cjlindnques , divises en ramaiix gr- les, lgrement anguleux, nombreux, rougetres> h- risss sur leurs angles de trs-petites pointes pineuses , garnies de feuilles opposes , presque sessiles , linaires , lancoles, troites, longues d'environ un pouce, en- tires, la plupart obtuses leur sommet j rtrcies en un ptiole court a leur base, vertes et glabres leurs deux faces, un peu courbes en arc , munies sur leur dos, le long de la principale nervure, de trs-petites pointes pineuses : des aisselles de ces mmes feuilles sortent , ou de petits rameaux courts , ou d'autres feuilles plus courtes , presque fascicules. Les fleurs sont trs- petites , blanchtres , solitaires , sessiles , axillaiies et opposes. ( Encycl. ), Analyse chimique. L'eau se charge proniptcment d'une partie extractve anire , et l'infusion brunit si on ( 325 ) y ajoute du sulfate de fer. On obtient de cette pknte, par l'intermde de ralcohol , un principe rsineux trs- abondant. L'huile essentielle de cette Sarriette dcom- pose le muriate de mercure suroxid : sa couleur est facilement altre par l'eau de chaux. Proprits mdicinales. Plusieurs praticiens des An- tilles ont employ avec succs la Sarriette Conde contre les atonies du systme nerveux, telles que vertiges, pa- ralysie et contractions de l'estomac. Elle soulage les personnes affliges d'asthme nerveux, et surtout celles affectes de chlorose complique d une dbilit des vis- cres de l'abdomen , ou d'une trop grande susceptibilit organique de ces parties. Son infusion vineuse convient dans les diarrhes chroniques qu'on observe si souvent aux colonies , et qui , en puisant les forces , conduisent le malade un marasme redoutable. Quelques-uns re- commandent l'injection dans Toreille d'une forte infu- sion de cette plante dans le cas d'affection soporeuse , mais j'ignore jusqu' quel point on peut compter sur ce remde. On prescrit volontiers son infusion dans les angines muqueuses. Cette plante offre un bon bchi- que incisif. On en fait des applications , le plus chaude- ment possible, dans les douleurs rhumatismales, et en fomentation pour bassiner les parties nerveuses et mus- culeuses trop affaiblies et trop gonfles ; dans les dmes chroniques et les gangrnes atoniques des vieillards. J'ai prouv de bons effets de son huile essentielle comme moyen auxiliaire dans plusieurs cas d'empoisonnemens par les narcotiques. Mode d'administration. On emploie communment ( 326 ) la Sarriette Coude en infusion aqueuse on vineuse. Son huile es^^entielle se prescrit la dose de deux quatre gouttes dans un jaune d'uf. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-DEUX. La plante est dessine de grandeur naturelle. 1. Fleur. 2. Calice entier. 3. Calice ouvert. 4 Graine^ M. 323. TAt>*Jor'e yWrt^/fA. ../fcJ* - CKIIMAXDUKE KKXFLKK (327 ) \^A VV> VVI\^A'% VV VV^\VVVV\\A/ VV\ VV\ VV> VV\ VV>A/ VV\ VV\ VV VV> VV VV\ VV/VV\ VV VV- VV^/V^ VV 'VV* vv^ GERMANDREE RENFLEE. {Alexitre externe.) Synonymie. Teucrium inflatum Swartz. Lin. Didynamie Gymnospermie. Jussieu , famille des Labies. Tour- nefort Teucrium, Chamaedris ; Chamaepitis ; Polium. cl. 4 Labies. Teucrium foliis oblongis , acuminatis , inaequa- liter serratis, pubescentibus ; spicis sessilibus, terminali- bus ; calicibus inflalis, villosis. Swartz. Prod. 88. et Flor. Ind.-Occid. 3, p. ioo3. Aiton. Hort. Kew. 2. p. 277. Teucrium subbirsutum , foliis ovatis , dentato-serralis ; spicis strictioribus, crassis , terminalibus. Brown. Jam. 267. Eu espagnol, Camedrio ; Encinilla. En anglais, Ger- mander. Caractres gnriques. Plantes a fleurs monopta- les, de la famille des Labies, feuilles opposes et fleurs axillaires ou terminales , remarquables par leur corolle , dpourvues de lvre suprieure peu sensible , et partage en deux dents , d'entre lesquelles sortent les taniines \ calice monoplivUe \ corolle monoptalc irr- gulire -, quatre tamines didynamiques , portant des an- ( 328 ) thres ovodes ; fruit contenant quatre semences nues au fond du calice. Caractres particuliers. Fleurs infrieures , quel- quefois verticilles ; calice renfl et pubescent. Histoire naturelle. La Germandie renfle , dont l'odeur est comparable celle du Marrube , crot la Jamaque , aux lieux ombrags et gazonneux. Je Fai ren- contre Saint-Domingue et dans les environs de Saint- Yago-de-Cuba. Caractres physiques. Les tiges de cette Germandre sont hautes de deux pieds , droites , mdiocrement ra- meuses , fragiles , pubescentes ; les feuilles ptioles , oblongues , acumines , obtuses leur base , pubes- centes, ingalement dentes en scie ^ les ptioles allon- gs , pubescens ; les grappes solitaires , terminales , longues de deux ou trois pouces ; les fleurs infrieures souvent verticilles; de petites bractes lancoles, ai- gus , de la longueur des fleurs-, le calice renfl , pubes- cent \ sa division suprieure plus grande \ les autres gales , aigus -, la corolle purpurine : le lobe interm- diaire de la lvre trois fois plus grand que les latraux , ovales, convexes. (Encycl.) Analyse chimique. Cette Germandre , ainsi que ses congnres, fournit un extrait amer qu'on obtient par ( 339 ) Tintermde de Teau et de Talcohol -, Textrait aqueux est beaucoup plus amer que Fexirait rsineux obtenu par l'alcohol. Proprits mdicinales. D'aprs son analyse clii- niique , il paratrait que cette Geimandre possde des vertus mdicamenteuses , et qu'on peut l'employer comme tonique , diurtique , sudorifique , attnuante , inci- sive, etc. Quelques praticiens l'ont recommande dans les engorgemens de la rate ou splnite chronique ^ l'ic- tre , qui en est un symptme ^ les obstructions des vis- cres , la mnorragie , certaines fivres rebelles , l'ana- sarque son dbut, l'asthme et les autres engouemens des bronches pulmonaires. Quelques novateurs qui ne dcrivent les plantes que pour contester ridiculement leurs proprits, disent de toutes , et-en particulier de telle ou telle , qu'elle ne peut exercer une plus grande influence que telle autre qui a les mmes vertus mais ce n'est pas l refuser une vertu qu'ils reconnaissent. C'est un mauvais genre que le moyen ge nous a donn de tout dsapprouver par un excs d'amour-propre qui nous porte croire que nous ne pouvons plus rien ap- prendre , et que nos devanciers sont des sots et des su- perstitieux , comme si de nos jours nous gurissions mieux et plus promptement ! O fatalit des systmes !... On la recherche dans certains cas d'empoisonnement, lorsque la priode inflammatoire est moins intense. Mode d'administration. On prescrit l'infusion aqueuse ou vineuse de la Germandre renfle. Son extrait , sui- ( 33o ) vaut les cas , se donne la dose d'un gros. La poudre , quelquefois utile comme fbrifuge , tant associe celle du ppin de citron des halliers , augmente de vertu. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-TROIS. La plante est dessine demi-grandeur naturelle. 1 . Calice. 2. Corolle. 3. Ovaire surmont du pistil. y'/.22S. jnieoJare //e,)'C4?nr/z7--. JkhiV . 3IO>Mr;SiE TIMPBTLLE. ( 33i ) WVV'VV\'\AVV% VV% VV^ VV \.V V\%VVt VV^'XAA W> WWV^ WXXVNWk W>W V\A W\'VV%VV%VV\'V>.VV>W^ MONNIRE TRIPHYLLE. ( Alexitre interne et externe. ) Stnontmie. Monnieria trifolia. Lin Spec. Plant, vol. 3, p. 376. Diadelptie Pentandrie. Juss. Plantes d'un sige incertain. Jaborandi. i. Pison. Brass. p* 2i5. Mon- nieria trifolia. Aublet. Guiane. vol. 2, p. 73 1; vol. 4> t. 293. Monnieria. Juss.gen. Plant, p. 421. Lam. illust. t. 596. Caractres gnriques. Herbe fleurs monopta- les , ayant du rapport avec les Borragines. On la dis- tingue par le calice irrgulier cinq divisions ^ la co- rolle monoptale , deux lvres *, deux filamens chargs , le suprieur de deux , l'infrieur de trois anthres ; cinq capsules monospermes. Caractres particuliers. Calice persistant , cinq dcoupures *, deux filamens aplatis , chargs de deux anthres cornes. Cinq capsules comprimes pour fruit. Histoire naturelle. La Monnire triphylle crot naturellement dans File de Cayenne , et dans beaucoup d'autres lieux de l'Amrique mridionale. On la ren- ( 332 ) contre en fleurs et en fruits , clans presque tous les mois de l'anne. CARACTPiEs PHYSIQUES. La racne de la Monnire est rameuse et compose de beaucoup de fibres. Elle donne naissance une lige herbace, droite , cylindrique, gri- stre , feuille , mdiocrement brancbue , souvent di- cholme , qui acquiert jusqu' un pied et demi d'lva- tion. Cette tige est giabre , dure , et d'une consistance presque ligneuse vers la base ^ mais elle a les sommits lgrement velues ou pubescentes. Les feuilles sont m- diocrement grandes ', les infrieures opposes , les su- prieures alternes. Chacune de ces feuilles est compose de trois folioles , lgrement pdicelles, ovales, oblon- gues , pointues , entires , velues des deux cts , molles , minces , vertes , plus ples en dessous , nerves obli- quement , finement et obscurment cribles de points transparens , longues de prs de deux pouces sur une largeur de neuf dix lignes , et portes l'extrmit d'un ptiole commun, cylindrique, velu, qui souvent n'a gure moins de longueur qu'elles. La foliole moyenne est plus grande et plus fortement pdicelle que les la- trales : celles-ci ont leur moiti intrieure un peu moins large que l'autre moiti. Il vient aux sommits de la plante, soit entre ses divisions ou dichotomies, soit dans les aisselles des feuilles suprieures , des p- doncules isols , plus ou moins longs , qui se partagent l'extrmit en deux ramifications florifres, diver- gentes, recourbes en deliors , obscurment flexueuses , dpourvues de bractes. L'une des fleurs est situe dans la bifurcation du pdoncule 5 les autres sont ranges prs prs le long du ct interne ou suprieur des ra- ( 333 ) mifications. Elles sont blanches, assez petites, portes sur des pdoncules propres fort courts , et forment , parleur assemblage, des pis bifides, ouverts de ma- nire prsenter une sorte de corymbe analogue ceux qu'on rencontre dans plusieurs Borragines. Chaque fleur offre : i un calice persistant, divis fort bas en cinq dcoupures ingales *, l'une suprieure, li- naire, plus allonge, couche sur la corolle-, une se- conde extrieure, lancole, une fois plus courte que la prcdente. Les trois autres courtes et obtuses ; 2. Une corolle monoptale , irrgulire , compose d'un tube cylindrique, arqu, rtrci son milieu^ et d'un limbe deux lvres *, la suprieure entire, ovale, arrondie l'extrmit ; l'infrieure droite quadrifide , dcoupures oblongues , obtuses 5 3. Deux filamens aplatis, membraneux, dont l'un, suprieur, concave, bifide au sommet, est charg de deux anthres cornes ; valves du ct interne , les- quelles entourent et cachent le stigmate *, pendant que l'autre, infrieur, plane, trifide , en soutient trois, arrondies, trs-petites, que M. Poiret croit striles-, 4. Un ovaire suprieure, arrondi, cinq angles et cinq lobes , accompagn sa base , du ct infrieur , d'une petite caille ovale appele nectaire par Linn , et surmont d'un style filiforme , qui se termine par un stigmate capit , oblong , plane intrieurement , orbicu- laire et bord tranthant. Le fruit consiste en cinq petites capsules ovales , com- primes , monospermes , qui s'ouvrent longiiudinalement en deux valves. Les semences sont ovales, noiitres, finement chagrines ou tuberculeuses , et ont le bord interne plus droit et plus obtus que Texterne. Chacune ( 334 } d'elles est environne d'une coilFe ou tm.ique propre, sclie, bivalve, caduque. ( Encycl. ). Analyse chimique. On obtient par la distillation de la racine de la Monnire , un huile paisse et trs-acre ; plus, un extrait rsineux. Proprits mdicikales. Les proprits de la Mon- nire paraissent rsider dans une. matire rsineuse qu'on obtient par l'alcoliol ^ en sorte que l'extrait spiritueux pos- sde plus de vertus subtiles que l'extrait aqueux. La Monnire agit sur notre conomie comme excitant acre ; c'est ainsi que Pison l'a caractrise le premier : il ajoute que, prise intrieurement, elle provoque les sueurs et les urines, qu'elle est alexipharmaque , et qu'il a t lui-mme tmoin de ses bons effets sur un capi- taine qui avait mang des champignons vnneux. Mode d'administration. La dose de la poudre de la racine est depuis cinq jusqu' vingt grains sous forme d'opiat, en dcoction, depuis un scrupule jusqu' un gros. On peut la confire au sucre en la coupant par tranches. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-QUATRE. La plante est dessine moiti de sa grandeur. 1. Racine. 2. Fleur. 3. Calice. 4. Ovaire. /y. -^^. 77i,'t>4/are J}f^xvuf'tilx jPi^r Aiii.s''roa.oc:iif: i^oattl-ke '( 335 ) VW\\WWVWVVVW WVVW WXVW VWVWtWWWWWVt/WWV W VW WV WVWVWWW\WVVVWV\WVVV\ ARISTOLOCHE PONCTUE. (ulexitre interne et externe.) Synonymie. Aristolochia punctata. Lin. Gynandre Hexan-' drie. Juss. Famille des Aristoloches j Tournef. Classe 3- Personnes. Aristolocliia foliis cordatis, ad basm auri- culatis , caule volubili ; lingulis florum longis , tribus punc- tulorum rubentium ordinibus maculatis. Poiret. Aristo- lochia folio cordiformi , flore longissimo j atro purpureo , radice repente. Plum. Spec. 5. Burm. Amer. t. 34- En anglais, Rooted Birthwort ; en espagnol, Aristoloquia. Caractres GNRIQUES. Plantes fleurs incompltes , grimpantes , h. fleurs dont le calice est d'une seule pice , color , tubul , irrgulier , ventru sa base , largi vers son orifice, et dont le bord, tronqu obli- quement et sans divisions, se termine d'un ct par une languette plus ou moins longue : en six anthres Tome III. 67* Livraison, 27 ( 336 ) ftessiles , portes sur le pistil , et situes au-dessous des divisions du stigmate ; et en un ovaire infrieur , ovale , oblong , anguleux , surmont d'un style trs-coiut , que termine un stigmate concave , six divisions. Le fruit est une capsule ovale, hexagone, et divise intrieu- rement en six loges qui renferment chacune des se- mences aplaties ^ feuilles alternes , fleurs axilaires. ( Encycl. ) Caractres particuliers. Feuilles auricules, tige vo- lubile , fleurs jauntres languette longue et ponctue. . Histoire naturelle. Ayant eu Foccasion , dans le cours de cet ouvrage, de dcrire plusieurs espces d'Aristo- loches , j'ai indiqu l'tymologie de ce nom , driv du grec et^iTTo , excellent , et de >iOKtu , lochies , parce que cette plante parat doue de proprits hystriques. Les Aristoloches aiment la chaleur et se plaisent le long des haies ou au pied des arbres ou arbustes qui doivent leur servir de tuteur. En Europe , ces plantes demandent le plein air , une bonne terre et l'exposition au soleil. On les multiplie ft^cilement , soit de couchages faits au printemps, et qu'on peut lever Paaiomme suivant , soit (337) de semences , quand elles mrissent. Elles aiment la terre de bruyre. Caractres physiques. La racine de T Aristoloche ponctue est longue de deux pieds , paisse d*un pouce et demi, rameuse, noirtre et ride en dehors, jau- ntre en dedans , et s'enfonce perpendiculairement dans la terre. Elle pousse une tige un peu plus grosse qu'une plume d'oie , qui fournit quantit de rameaux fort longs , menus , lesquels s'entortillent autour des arbres de leur voisinage. Ces rameaux sont munis de feuilles alternes , ptioles , cordiformes , larges leur base , o elles ont deux lobes arrondis en oreillettes , vertes en dessus , et d'une couleur ple en dessous. Les fleurs sont axil- laires , solitaires , soutenues par d'assez longs pdon- cules 5 et ont trois pouces de longueur. Elles sont jau- ntres , droites , tubules , et se terminent par une lan- guette un peu troite et fort longue , qui est marque en dedans de troi? ranges de points rouges. Les fruits sont des capsules ovales, hexagones et noirtres. Les se- mences sont aplaties. Analyse cHmiQt e. Le suc de la racine rougit le pa- pier bleu , et son infusion aqueuse n'est point altre par le sulfate de fer. Son odeur nauseuse et sa saveur ^ acre et amre annoncent qu'elle possde une vertu m- 27' ( 336 ) dicameiiteuse. On en obtient un extrait gommo-isinu'x trs-court , qui a beaucoup de rapports avec celui d i'Alos. Proprits mdIcinles. On ne peut douter aux colo- nies de la vertu alexitre de cette Aristoloche qu'on y met sans cesse l'preuve ; on l'administre intrieure- ment et extrieurement. On use de ce dernier moyeu lorsqu'il s'agit de rappeler les lochies supprimes , ou de provoquer les menstrues. Son infusion dulcore offre au mdecin un diurtique et un emmnagogue , tandis qu'on ordonne la poudre dans son infusion vineuse dans les cas de chlorose , de leuco - phlegmasie , de fivres intermittentes , d'asthme humide et d'anorexie glaireuse. Extrieurement , les noirs s'en servent pour dterger les ulcres sordides et atoniques. C'est avec regret que j'adresse quelques/reproches ces vastes es- prits qui comptent pour rien les libralits du Crateur j et qui ne voient dans toutes les merveilles qui les en- tourent 5 que des choses purement naturelles et dues au hasard. Pour moi , que ce sophisme rvolte , je rpterai avec le vertueux chantre des Harmonies de la Nature , que u je prfre un cep de vigne une colonne ^ et )) j'aime mieux enrichir ma patrie d'une seule plante mdicinale ou alimentaire . que du bouclier d'argent )j de Scipion. ( 339 ) Mode d'administration. La poudre de la racine et l'extrait se prescrivent la dose d'un gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-CINQ. La plante est reprsente demi-grandeur naturelle. ( 34o ) AAA.VVVVVVVV\A( VV^ VV-IVVX VV> V\\VV>'VV% VVXVV^ VV> Vi^lVVa^^ POIVRIER A FEUILLES TRANSPARENTES. (^Alexitere externe.^ Synonymie. Vulg. Petite queue de Lzard. Herbe Couresse. Piper procumbens. Lin. Diandrie trigjnie. Jussieu , famille des Orties. Saururus minor procumbens, Botrj- tis folio crasso , cordato. Plum. impr. p. 54, et vol. IV, p. 78. En anglais, Cuves s-Estail. CaractpuES gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs incompltes , grimpantes ou rampantes , dicho- tmes , rameaux presque articuls ^ feuilles alternes ou opposes ^ fleurs axiliaires ou opposes aux feuilles dis- poses en un cbaton troit, allong. Le caractre essen- tiel est d'avoir des fleurs runies en un chaton fili- forme , point de calice ni de corolle , deux anthres presque sessiles \ une baie une seule semence. Caractres tarticuliers. Feuilles transparentes. Tige rampante. /y. :i:^(>. TTt^adore 7M^ci>urft7\. Poi^t , vnxm^: u riixy s i'Aio:^' i^ ( 34i ) Histoire natuuellf:- On appelle la Martinique Herbe Couresse le Poivrier feuilles transparentes. Ou en trouve une quantit considrable au quartier du Fort-Saint-Pierre , infect d'animaux venimeux; comme si la nature indiquait ce moyen curalif , car elle place toujours le remde ct du mal. On l'appelle Herbe Couresse , nom d'un serpent menu et long , chamarr de noir, de jaune et de gris. Cette couleuvre est peu venimeuse, car on la manie sans danger, mais elle est ennemie , dit-on , des autres serperis venimeux. Elle les attaque , les presse si fort en les entortillant qu'elle les touffe : on prtend dans le pays, que si elle se sent mordue par ces serpens, elle a recours cette plante comme un contre-poison, d'o lui vient le nom de Plante utile la Couresse. Voil du merveilleux , mais tout n'est-il pas merveille dans la cration I On ne peut approfondir beaucoup de ces faits: multa latent in maj es- tate natur. Caractres physiques. La racine est menue et fi- breuse , traante j la tige est courte , paisse de deux trois lignes, ronde, unie, tendre, blanchtre, un peu purpurine , entrecoupe de quelques nuds , et poussant aussi quelques branches noueuses de mme grosseur et de mme consistance. On remarque chaque nud une ou deux feuilles d'un pouce d'tendue, cordiformes, ten- dres, paisses comme celle du pourpier, mais transpa- rente^, lisses, d'un vert fonc en dessus, blanchtre par dessous, avec des nervures dans leur longueur, ac- compagnes d'autres nervures latrales arques. Il se trouve chaque nud un ou deux fruits de deux trois ( 34-^ ) pouces de longueur, et d une ligne d'paisseur, sembla- bles la queue d'un rat ou d'un petit lzard. Ces fruits sont couverts de quantit de grains ronds, d'abord verts, puis jauntres et enfin noirs l'poque de leur maturit. Cette plante rampe , et elle n'a que deux pieds d'tendue -, chaque fleur offre : i un spadice trs-simple , filiforme , charg de fleurs^ point de calice, de trs-petites cailles entre chaque fleur ^ 2 point de corolle^ 3 deux ta- mines -, les filamens peine sensibles ^ deux anthres opposes , arrondies , situes la base de l'ovaire , 4" ^^^ ovaire suprieur, grand, ovale, sans style sensible, surmont de trois stigmates stacs, hispides. Le fruit est une baie arrondie , charnue , une seule loge , ren.- fermant une seule semence globuleuse. Analyse chimique. Je ne l'ai point prouve. Proprits mdicinales. Tous les Saururus ont des proprits alexitres plus ou moins prononces , mais pour les employer avec plus de sret, il faut scarifier la blessure avant d'appliquer dessus le suc de la plante 5 telle est la mthode des naturels, et ils gurissent in- continent ! Je fus appel pour traiter un ngre qui ve- nait d'tre mordu par le serpent appel Fer-de-Lance ^ les progrs du venin taient effrayans. La jambe tait horriblement tumfie 5 j'avais employ infructueuse- ment tous les moyens avous par l'art. Un ngre se prsente et me demande la permission d'appliquer le remde du pays. Le malade tait sans espoir de gurison^ il s'agissait de la vie d'un homme ^ je ne balanai pas; je vis en peu d'instans le venin neutralis par l'applica- lion simple d'un topique d'herbe "i Couresse. Tous les ( 343 ) accidens cessrent la troisime application. Comment avec des faits semblables refuser de croire la vertu des plantes puisqu'elles sont indiques par des milliers d'expriences heureuses ? EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-SIX. La plante est dessine demi-grandeur naturelle. ( 344 ) VV\ VVWWW^t^A W> WWV VVWV\'VV W WVWMWWVX VV'X'VSA'W XVXA^A* WV EUPHORBE A FLEURS EN TETE. (^Alexitre externe.) Synonymie. Vulg. la Malnomrae. Rveil-matin des jardins, velu et dentel. Poil-de-Chat ; Herbe Serpens. Eu- phorbia capitata. Lin. Dodcandrie trigynie. Jussieu, famille des Eupborbes. Tournef. Titbjmalus. Cl. 1. Campan. Eupliorbia. Subdicbotoma villosa, foliis ovali- bus, acutis, serrulatis, oppositis, pedunculis unis. S. bieapi- tatis axillaribus. Poirct. Tithjmalus americanus, humifu- sus, serratus , floribus in capiluluin alis adhaerens congestis. Plum. Spec. 2. mis. 4- t 4* Tithymalus dulcis parietariae foliis hirsutis, floribus ad catdium nodos conglomeratis. Slonn. Jam. Hist. i. p. 197. Raj. Suppl. 43i- Caacica S. Herba colubrina. Pis. Bras. 3ii. et Marcgr. 7. Ti- thrmalus botrjoides zeylanicus, cauliculis villosis ; Burm. Zel. 223. t. 104. Eupborbia birla. Lin. Peplus hor- tensis birsuta et serrata. En carabe, Araouebara, Caa- tia. Alaourou Coulri. Caractres gisriques. Corolle de quatre , souvent de cinq ptales, assise sur le calice ^ calice monophylle, ventru \ capsule trois coques , pdicule , lastique. CARACTiiRES PARTICULIERS. Dicliotmc j fcuillcs dcn- Pr 22/. T^e^^'iore /Kvcvur/e/\ /'i/t.r El'i'IiOitilK rAPITKE. ( 345 ) tes en scie, ovales, aigus-, pdoncules en ttes axil- laires j tiges poilues. (Annuelle.) Histoire naturelle. KEupliorbe fleurs en tte est d'un grand secours dans la mdication des naturels des Antilles. Son suc est blanc et laiteux comme celui des Tithymales ^ les habitaiis l'appellent la Malnomme ou Poil-de-Chat. C'est l'herbe la plus difficile dtruire lorsqu'elle se plat dans un terrain. Elle repullule per- ptuellement, mais, dit Plumier, elle rcompense de son importunit par ses grandes vertus. C'est le meilleur alexitre qu'on ait prouv contre la morsure des Ser- pens \ c'est pourquoi les Portugais l'appellent Derua Cobra , Herbe Serpens. On rencontre aux Antilles deux Malnommes : la premire, feuilles de Pari- taire, dont le fruit ressemble des verrues-, la deuxime, feuilles de Serpolet^ espce de Titbymale, dont les vertus sont astringentes , et convenable la fin des diarrhes pour les empcher de passer l'tat chroni- que. Cette plante prcieuse croit aux Indes orientales et occidentales , o les serpens venimeux se rencontrent souvent. Caractres physiques. Les racines fibreuses de la Malnomme poussent plusieurs tiges menues , rondes , rougetres , charges de poils jauntres ou rousstres , principalement vers le sommet. Elles sont tales, plus ou moins couches, feuilles et un peu rameuses. Les feuilles sont opposes, presque sessiles, ovales, oblon- gues , larges d'un demi-pouce, et longues dun pouce, pointues , denteles au bout , un peu scabres , lgre- ment velues en dessous, et ont lebir base un cot plus ( 346 ) troit \ elles sont dessus d'un beau vert glac de rouge. Il nat alternativement dans les aisselles des feuilles des pdoncules communs solitaires , quelquefois peine longs d'une ligne , et quelquefois ayant jusqu' quatre lignes de longueur. Ces pdoncules soutiennent quan- tit de fleurs trs-petites , d'un blanc rouge ple , ra- masses en une tte simple , ou qui semble simple sur les pdoncules les plus courts, et en ttes gmines sur les plus longs , ce qui arrive souvent sur le mme indi- vidu. Les calices sont chargs de poils courts ainsi que les capsules. Le fruit est triangulaire , de la grosseur d'un grain de millet, rouge d'abord et vert ensuite. Analyse chimique. Le suc laiteux de l'Euphorbe Malnomme contient : une rsine acre , du caoutchouc, une gomme bruntre , une matire extractive , de l'al- bumine ^ vritable antidote , une huile grasse , de Tacide tartarique en petite quantit, et un peu d'eau. Proprits mdicinales. Marcgrave et Pison recom- mandent, comme tmoins oculaires en mille circonstan- ces, l'Euphorbe Malnomme pour arrter les ravages des blessures venimeuses. Ils l'employaient pile , et tout simplement applique en topique sur les morsures des btes venimeuses. Pison assure que cette plante tant mche et applique sur la morsure des serpens , non-seulement apaise la douleur atroce qu'prouve le malheureux patient , mais mme qu'elle neutralise ce venin et gurit les plaies. Il dit aussi qu'une pince de sa poudre , prise dans un vhicule convenable , fortifie le cur, et rpare les forces perdues par la violence du venin. Poupe-Desportes prescrit pour tisane lnitive ( 347 ) dans la gonorrhc, les feuilles del Liane cur, V- corce de la Liane savon , les racines du petit Balisier, du Marcgrave ombelles , de la IMalnomme , de la Ver- veine puante, et surtout les racines de l'Herbe Collet, auxquelles il donne par-dessus toutes la prfrence. Mode d'administration. La dcoction se fait avec une poigne de la plante pour deux livres d'eau qu'on fait rduire d'un tiers ^ l'infusion , au moyen d'une forte pince pour une tasse d'eau bouillante. La poudre s'administre depuis un scrupule jusqu' un demi-gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-SEPT. La plante est dessine demi-grandeur. 1. Feuille de grandeur naturelle. 2. Fruit vu au microscope. ( 348 ) ^v\^AAA/v\vv>vv^vv^vv>\^A/vv\v^^^/v\^/v^vvvv^vv^vv^^AA^A/vvvvvv\^^^lVv^vvx^^^A/v>vv^'vv^^/v^'^^^ EUPHORBE CARLATE. {^Alexitre externe.) SynonYxMIE. Eupliorbia punicea. Swartz. Lin. Dodcandrie trigjnie. Juss. famille des Euptorbes. Tournef. Ti- thvmales. Euphorbia umbella quinquefid, trifid; in- volucellis ovalibus, acuminatis , eoloratis; capsulis glabris ; foliis obovato-lanceolatis , subts glaucis. Swartz. Flor. Ind. Occid. 2. page 873. Ait. Hort. Kew. 2. pag. i43. Smith j Icon. pict. 3. tab. 3. Jacq. Icon. rar. 3. tab. 484 > *^t coll. 2. p. 179. * Caractres gnriques. Corolle de quatre et souvent cinq ptales, assise sur le calice^ calice monopiiylle , veutru ^ capsule trois coques, pdicule , lastique. Caractres particuliers. Tige ligneuse \ rameaux dichotmes ^ feuilles presque sessiles , ovales , lanco- les , d'un rouge vif souvent leur base. Histoire naturelle. L'Euphorbe carlate, par la bi- garrure des couleurs de son feuillage et de ses fleurs, offre des contrastes qui flattent la vue. Cette plante crot /y. :.':^S'. '/7n-j,u;- 7)i'^^i/rfi7\ Pt/i.v EUlMOiUlE ETILATK . ( 349 ) la Jamaque, sur les montagnes o Swartz Ta oljsdNce l'un des premiers. Les insulaires l'emploient en cas de blessures venimeuses. Cauactres physiques. Les tiges de cette Eupliorhe sont ligneuses et s'lvent fi quinze ou vingt pieds, la- meuses leur sommet ^ les rameaux lisses , dicliotmes , tals, renfls leur bifurcation *, ils portent vers leur sommet des feuilles agrges, presque sessiles , ovales, lancoles, peine aigus, d'un vert fonc en dessus, glauques en dessous ^ souvent d'un rouge carlate leur base, les ombelles droites, terminales, cinq ravons trilides , pubescens : les invoucres partiels composs de deux folioles sessiles, oblongues , acumines, entires, d'un beau rouge; les fleurs jauntres^ le calice ventru, pubeseent , pileux en dedans -, cinq six ptales jaunes , tronqus, persistans, insrs sur les bords du calice^ douze quinze tamines entremles avec des filets nom- breux ^ l'ovaire pdicell, inclin, d'un vert rougetre ; le style rouge , trifide son sommet ] les stigmates noirs, obtus ^ les capsules glabres, arrondies, de la gros- seur d'une petite cerise ^ les semences glabres et brunes. Analyse chimique. Le suc laiteux dont cette plante abonde a une saveur un peu sale, et rougit considra- blement le papier bleu. Proprits mdiciisales. La principale vertu de l'Eu- pliorbe carlate est d'tre alexitre , et c'est d'aprs l'indication qui m'en a t donne, que j'ai fait cet gard des expriences concluantes. On Tcmploie de la mme manire et dfaut de Fespce prcdente , la 3/aZ- ( 35o ) nomme. Comme souvent on l'emploie en mdecine dans les cas d'hydropisie , de jaunisse, d'obstruction des vis- cres, et des fivres quartes ou autres maladies chroni- ques rebelles, on a la prcaution de la faire macrer dans du vinaigre pendant vingt-quatre heures avant de s'en servir, afin de dtruire son cret. Mode d'administration. On administre cette plante en substance, aprs la macration indique, depuis uri scrupule jusqu' une drachme. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-HUIT . La plante est dessine au tiers de sa grandeur. 1. Fruit. h /y.^- DiiACONTE l^EKFOMKE. ( 35r ) ^/vvvvvvv''VVVVV%vvvvv^^/vvvv<(/v*vv\vv^/vvvvvv^lVVvvv^'VVVVv\v^'^^/v^AA'V\^vvvvvv^ DRACONTE A FEUILLES PERFORES. ( Alexitre externe. ) Synonymie. Vulg. Bois de Couleuvre. Dracontum pertusum. Linn. Gjnandrie Polyandrie. Juss. famille des Arodes. Dracontium foliis pertusis, caule scandente. Linn. Mili. Dict. n" I. Et Icon. t. 296. Arura liederaceum, amplis fo- liis perforatis. Plum. Amer. 4o- t. 56. 5y. Tournef. i5g. Rag-. suppl. 578. Moris. sec. i3. t. 6. f. 28. Lignum co- lubrinum. i. Acostoe. DalecK. Hist. 1911. Ed. Gall. v. 2. p. 673. En anglais : Dragon Herb, Hobly Eoderj en espa- gnol : Elitta-di-Maravara. Chactres gnriques. Plantes uiiilobes , de la famille des Gents , ayant des rapports avec les Pothos ; dont les feuilles ont un ptiole erigan la base, et dont les fleurs naissent sur un chaton accomnasrn d'une spatheoblongue, cymbiforme et ligiilaire. Calice de cinq folioles colores et presque gales , sept tami- nes et filamens portant des anthres , droites , oblon- gues , quadrangulaires ; un ovaire suprieur, ovale, charg d'un style cylindrique , stigmate trigone. Le Tome III. 58* Lwraison. 28 (352 ) fruit produit par chaque fleur est une baie arrondie con- tenant quatre semences ou plus. Caractres particuliers. Feuilles perfores, lige grimpante 5 ayant les plus grands rapports avec le Lo- thos. Histoire ]saturelle. La perforation rgulire des feuil- les de cet Arum au milieu de leurs nervures les rend d'un aspect curieux et remarquable : on peut les comparer A ce lierre aux cent mains , la vigne amoureuse Embrassant de l'ormeau la tige vigoureuse. Le mot Draconte a t donn cette plante par Tho- pbraste , cause de la ressemblance qu'il croyait lui trouver avec le dragon , ^pu>cov. On multiplie cet Arum en France par boutures , et de graines venues du pays , que l'on sme en bonne terre. Il faut aux jeunes plantes beaucoup d'eau et de chaleur p Tidant leur vgtation, et la serre tempre, ou au moins une bonne orangerie pour l'hiver. Caractres physiques. Cette plante s'attache contre les troncs d'arbres , de la mme faon que nos lierres. Sa tige, qui monte en serpentant, a un peu plus d'un pouce de grosseur, parat comme caille par l'elfet des cica- trices des feuilles tombes , et s'attache aux arbres par quantit de racines vermicules et latrales. Ses feuilles sont alternes, ptioes, ovales, lancoles, pointues, arrondies leur base, et la plupart remarquables par ( 353 ) lies ouvertures oblongues, places entre les nervures la- trales. Ces feuilles sont irandes , lisses , dun beau vert, ont jusqu' un pied et demi de longueur sur une largeur de neuf dix pouces , et leur ptiole s'insre par une gaine courte, fendue en devant. Les spatlies nais- sent dans les aisselles des feuilles suprieures ^ elles sont ovales, lancoles , cymbiformes, longues de plus de six pouces, lisses et d'un blanc jauntre en leur face in- terne. Le chaton est cylindrique , obtus , jaune , long d'environ cinq pouces sur un pouce de diamtre , et ressemble en quelque sorte un pi de mas. Analyse chimique. La racine de cet Arum dessche et soumise aux ractifs produit une huile grasse , une matire extractive analogue au sucre, ciistallisable ^ de la gomme , une espce de bassorine , de l'amidon et de l'eau. Proprits mdicijnales. Comme dans presc[ue toutes les familles monocotyldones, les racines seules offrent des propiits utiles la mdecine, et dont l'conomie do- mestique sait aussi tirer parti. Cependant le suc Acre et caustique de cette espce ne permet point de l'em- ployer intrieurement. On en use comme d'un escaro- tique tr5-a( tif pour neutralisera l'instant et dcompo- ser le virus des morsures venimeuses j et les naturels n'ont qu' se louer d'une dcouverte peut-tre due au hasard , mais qui n'en est pas moins prcieuse Tliuma- nit. Mode d'administration. On exprime tout simplement sur la plaie le suc de Draconle , qu'on renouvelle tous 28* V ( 354 ) les quarts-d'heure. Des mdicastres du pays font usage de bains de la dcoction dans certaines maladies de la peau. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT VINGT-NEUF. Le dessin est rduit au huitime de grandeur naturelle. JV. :>3o JUM^reM^a^uruZ^na' ( 355 ) VVWWVV\ VVVVVt'VVVV\^/VVVV\VV\VV\'VV'VVVVV\^A'\'W'VVWWWt POIVRIER A QUEUE RECOURBE. {Alextre externe.) Synonymie. Vulgairement: Queue de Lzard fruit recourL. Queue z'a Rat'. Piper foliis ovato-lanceolatis, nervis alternis , spicis uncinatis. Linn. Heptandrie Ttragjnie. Juss. Famille des Naades. Piper frutescens , diffu- sum , flexile ; foliis ovatis; venis plurimis, obliqua arcuatis, refertis. Brown. Jam. 121. n 3. Piper longum, folie nervosoj pallidi viridi^ humilius. Sloan. Hist. 1. p. i35. tab. 87. fig. 2. Saururus arborescens fructu adunco. Plura. p. 5g. tab. 77. C'est le Nhandi et Jaborandi de Pison. Caractres gnriques. Fleurs en chaton -, spadice filiforme couvert de fleurs rarement environnes d'une spallie ^ calice et corolle nuls -, deux anthres la base de l'ovaire ^ style nul^ trois stigmates hispides, une baie monosperme \ tige frutescente. Caractres particuliers. Les pis trs-lougs , recour- bs d'une manire sensible et opposs chaque feuille. ( 356 ) Histoire naturelle. On trouve cette Piprine pis recourbs sur le bord des ruisseaux du petit Goave et du Port de Paix, Hati , et dans les environs de Saint- lago , le de Cuba , surtout auprs de rembarcadre o les marins vont puiser de Teau. Son port est pittoresque , et annonce une nature sauvage. On la multiplie par mar- cottes , et plus srement des boutures faites en avril sur couclic , sous cloche et l'ombre : elles prennent racines en deux mois. Caractubs physiques. Ce Poivrier ressemble parfai- tement aux noisetiers d'Europe *, ses racines produisent douze tiges droites, longues, grosses comme le bras, noueuses et articules-, le bois blanchtre est fragile 5 l'corce cendre est rugueuse et comme recouverte d'asprits semblables des verrues ^ les tiges poussent au-del de leur moiti des branches qui se dirigent vers la cime-, celles-ci en produisent d'autres plus menues, entrecoupes de nuds loigns d'un pouce , avec une feuille chaque, semblable celle du Laurier Amande, de la longueur de neuf pouces sur trois ; elles sont rudes , d'un vert paie en dessous , traverses par une nervure saillante, et quelques ctes courbes, blanches, traver- ses par plusieurs veines ^ le dessus est d'un vert trs- tendre. Yis--vis de chaque feuille , l'insertion du ptiole de la seconde feuille qui n'existe pas , s'lve un fruit ou chaton recourb, de couleur ple, relev et imitant la queue d'un lzard -, il a environ six ou sept pouces de lon- gueur sur trois lignes de largeur la base : ces fruits sont (357 ) courbs vers le mme ct, et couverts de grains en losange disposs comme par anneaux serrs. Analyse chimique. Les fruits , les feuilles et Tcorce de ce Poivrier ont une saveur acre , chaude et assez agrable, qui est due une huile volatile particulire-, on trouve aussi une rsine, une matire sommeuse colo- re , un principe extractif amer et quelques substances salines. Proprits mdicinales. Les feuilles et racines de toutes les espces de Poivrier tant acres , les naturels les conservent sches pour les employer dans les bains contre les oedmes, et particulirement la leucophleg- masie. Les Brsiliens , qui ont dcouvert la vertu de ce Poivrier aux Portugais , s'en servent au lieu de Pyrthre ; ils en font une panace , et surtout le recommandent comme alexitre. Une poigne de la ra- cine frache pile et infuse dans du bon vin chasse la force du venin parles sueurs et par les urines. Comme sternutatoire , les feuilles sches et aspires, aprs avoir t rduites en poudre, excitent vivement la membrane pituitaire par son aigreur mordicante. Poupe-Desportes prescrit cette racine en masticatoire comme drivatif du catarrhe oculaire , et Marcgrave lui attribue les mmes vertus dans Todontalgie , la lin des gonorrhes , et contre les graviers des reins et de la vessie. Mode d'administration. La dose des feuilles pour les ( 3.08 ) bains est de deux poignes. On ne doit jamais passer celle de douze grains comme sternutatoire. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TRENTE. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fruit. 2. Graine. /y, 3jj. IVi^ai/o/'c ^^^o * *-'i*f 'it ^ j (ftt> J^ere^ Sc^i^Ip GO TET 011E1L;LE. (359) 'Vvvvv^vv'^'\A/\vv^lVv^lMA/\/v\vv^vv'VV\vv\^AAVv\vv\xv^/vv^^vvvvv'\^A/^^ GOUET OREILLE, (^Alexitere externe.) Synonymie. Vulg. Draconte grimpante triphylle. Arum auri- tum. Linn. Gynandrie Polyandrie. Tourn. Glas. 3. Per- sonnes. Juss. Famille des Arodes. Arum caulescens radicans , foliis ternatis , lateralibus unilobatis. Linn. Mill. Dict. n 18. Arum tederaceum triphyllum et auritum. Plum. Amer. 4i t. 58. Dracunculus americanus scan- dens , triphyllus et auritus. Tourn. 161 . Arum maximum scandens , geniculatum , trlfoliatum, foliis ad Lasim auritis. Sloan. Jam. Hist# i. p. 109. Arum scandens triphyllum, foliis exterioribus auritis, petiolis vaginantibus. Brown. Jamac. 33 1. Dracunculus scandens triphyllus et auritus. CaractiRes gnriques. Plantes uiiilobes , ayant des rapports avec les Dracontes , comprenant des esp- ces sans lige , les autres caulescentes , feuilles ptio- les , sagittes , lobes ou multifides , et cliaton nu son sommet. Caract:res particuliers. Le sommet des chatons des Gouets est dpourvu de fleurs, ceux des Galles sont ( 36o ) lleuris dans toute leur longueur, ainsi que dans les Dra- contes et les Pothos , mais les fleurs des Potlios ont de plus un calice qu'on ne trouve pas dans les Gouets , ni dans les Galles. HisoinE NATURELLE. Gctte plante est pariiculire- ment connue Saint-Domingue , Guba , Porto- Rico et la Jamaque, o elle crot dans les forts liumi- des. Les noirs, inspirs par un tact naturel, savent y recourir dans les dangers qu'entranent les morsures des btes venimeuses. J'ai vu plusieurs bons effets de son application. Le chevelu dor et soyeux de cette plante grimpante sur les arbres ou sur les rochers, pro- duit un assez joli effet. Comme toutes les Arodes d'A- mrique 5 le Gouet oreille rclame beaucoup d'eau et de chaleur pendant sa vgtation, et une bonne oran- gerie pour l'hiver. On le multiplie de graines ou d'- clats de ses racines , mais il faut changer la terre qui doit tre bonne. Caractres physiques. La forme des feuilles fait reconnatre cette espce au premier coup-d'il. Sa lige grimpe et rampe sur les troncs d'arbres , et s'y attadie par de petites racines qu'elle pousse de ses noeuds. Elle est cylindrique, plus paisse que le pouce , lisse, nue, noueuse avec des cicatrices annulaires , et comme les autres , d'une nature spongieuse , remplie d'un suc lai- teux trs-acre. Cette tige pousse plusieurs rameaux qui s'tendent de deux cts. Les feuilles naissent au som- met de la lige et des rameaux : elles sont alternes, trs- rapproches , ptioles , composes de trois folioles , ( 36i ) dont trs-souvent les deux latrales ont leur base ex- trieure un petit lobe obtus qui les fait paratre oreil- les. Dans les individus jeunes et cultivs, les trois fo- lioles sont simples et les deux latrales sont remarqua- bles , en ce que leur bord intrieur est presque droit, et l'extrieur est recourb en portion de cercle. Ces feuilles sont lisses, d'un vert plus clair en dessous qu'en dessus^ leur ptiole est long, creus en gouttire inf- rieurement, et engain ou amplexicaue sa base. Les pdoncules naissent dans les aisselles des feuilles, por- tent chacun une spatlie longue de neuf dix pouces , rtrcie et comme trangle dans sa parlie moyenne , verte en dehors , et mme en dedans en sa languette suprieure *, mais d'un trs-beau rouge dans sa partie infrieure et interne. Analyse chimique. Ainsi que toutes les Arodes , le Gouet oreille produit une huile grasse , un principe su- cr , de la gomme , de l'amidon et de l'eau. Proprits mdicinales. C'est probablement cause de la vertu caustique du suc laiteux que contient cette Draconte , que les insulaires l'emploient avec avantage extrieurement contre la morsure des serpens et autres btes venimeuses. Ce caustique parat neutraliser le poison par sa violence. Des gurisseurs ignorans ont l'audace d'employer intrieurement cet Arum contre les dmaties, l'anasarque, et autres infiltrations du tissu cellulaire^ mais je conseille d'en proscrire l'usage, comme pouvant avoir des rsultats funestes. Mode d'adivunistrAtion. On emploie le suc exprim ( 362 ) des racines dont on imbibe des plumaceaux -, ou, si l'on ne peut s'en procurer une assez grande quantit, on a recours une dcoction concentre des racines et de la tire. EXPLICATION DE LA PLAKCHE DEUX CETST TRENTE-LKE. Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 7i.,'./.'rc /Kj;ciir/tA An.c . Jf^ef Jrff^. P\ruUiiAi A ViSO rr.ViLLKS. ( 363 } ^\^^A/^'Vv^'WX'W^w /vv\%/v\vvvxaavv^'Vvvvv\